Souffrance, l’heure de vérité | Interview

Une écoute d’un morceau de Souffrance suffit à réaliser que le rappeur a de la bouteille, tant dans la technique que de par le vécu qui transparait de ses textes. Malgré cet état de fait, il est vu par une partie du public comme relativement nouveau sur la scène rap, notamment parce qu’il s’est fait discret jusqu’à ces derniers mois. Après des couplets de haute volée avec son groupe L’Uzine et des saillies régulières en solo, les projecteurs se sont brusquement tournés vers lui il y a quelques jours, grâce à un freestyle lors du Planète Rap de 7 Jaws, laissant en état de choc le public en présence. Une mise en lumière qui tombe à pic, puisqu’il sort le 21 mai son premier album, Tranche de vie. C’est à cette occasion que nous avons interviewé Souffrance, avec qui nous avons abordé son cheminement singulier, son attachement à son département, et son premier album.

Tu sors enfin ton premier album, après plusieurs EP, une pause, et déjà pas mal d’années de rap au compteur… Comment te sens-tu à quelques jours de la sortie ?

Vu le temps que ça fait que je rappe, pour moi la sortie de mon premier album n’était pas un évènement de ouf. Je n’avais pas de pression particulière. Ça fait quinze ans que je rappe, et je n’ai rien sorti de concret. Enfin si, il y a eu des EP, mais pas un truc qui représente vraiment ma pratique. C’est pour cette raison que je le sortais à la base, et là je t’avoue que maintenant c’est en train de devenir un évènement grâce au freestyle Skyrock, tout simplement. Comme quoi, c’est complètement fou, ça part juste d’un gars qui m’appelle à la base.  (7 Jaws, ndlr) Donc en ce moment je suis un peu dubitatif, j’attends de voir. Je suis content, je suis bien. En général ce qui me met la pression ce sont surtout les concerts. A cause du Covid, c’est un album dont j’ai retardé la sortie au maximum pour essayer de le défendre sur scène, mais il n’y aura pas un show case pour me mettre la pression.

Chez beaucoup de rappeurs le statut du premier album est particulier, on dit souvent qu’on vomit tout son vécu dedans, et que le second est plus compliqué, parce qu’on a des fois moins de choses à raconter, c’est moins facile à sortir. Est-ce que tu le vois comme ça ?

Effectivement, et j’ai fini par faire un album triste, où je raconte ma vie, que j’appelle Tranche de vie. Ce que je vois surtout c’est que pour un premier album tu as le temps, tu prends ton temps pour le faire. Moi j’ai mis cinq ans. Sur le deuxième album tu es pris par d’autres choses qui sont plus de l’ordre du business à mon avis. Il y a de l’argent qui est rentré. Une fois que l’argent rentre en jeu, que tu as eu la chance que ton premier album marche, ton deuxième doit sortir plus rapidement. A une autre époque ce n’était pas comme ça, mais aujourd’hui si.

Dans « Montreuil state of mind », en 2016, tu déclarais : « Pour l’album je vous ai préparé un festin, zéro feat » Tu savais déjà qu’il n’y aurait aucun feat dans l’album ? C’était déjà clair dans ta tête ?

Ouais. En fait j’ai fait cet album comme si je n’en faisais qu’un, comme si après il n’allait plus rien se passer, comme si cet album c’était ma mort. Je ne voulais pas de feat, que du Souffrance, parce que pendant quinze ans les gens m’ont beaucoup entendu sur des collaborations, ou sporadiquement. Je voulais mettre un pavé quoi. Tout le monde m’a dit « vingt titres c’est beaucoup ». Je m’en foutais, je voulais envoyer un gros pavé d’enculé dans la vitre.

On aurait pu imaginer voir apparaître L’Uzine, et à la fois vous sortez d’un album de groupe il y a un an.

Je ne voulais balancer que du Souffrance. Et puis je l’avais tellement dit que je ne pouvais pas revenir en arrière.

Il y a eu un arrêt de 2011 à 2015, une période durant laquelle L’Uzine faisait de belles choses avec leur double album A la chaîne, leurs premières grosses scènes, comment tu l’as vécu ?

Je l’ai bien vécu. Pour moi le rap c’était terminé puisque j’avais changé de vie. J’avais un pavillon, une femme, je cherchais absolument à m’insérer dans la société. Pour moi le rap devait coller avec un mode de vie que je n’avais plus. Et puis je n’y ai jamais vraiment cru, j’essayais de réussir par d’autres moyens. Donc je venais aux concerts, comme au Nouveau Casino par exemple. J’étais là, j’étais toujours connecté, et quoi qu’il arrive j’étais content que ça avance.

« Un rappeur doit être capable de rapper sur tout. »

Ce n’était pas compliqué de revenir et de s’insérer dans une espèce d’équilibre installé avec trois MC’s, en mode un couplet pour chacun ?

La chance que j’ai eue c’est que quand je suis revenu la porte était grande ouverte. Il y en qui auraient pu dire : « Attends ça fait quatre ans que tu n’es pas là, nous on a avancé, ciao. » Et la porte était grande ouverte. Après effectivement il a fallu que je me rattrape, ça a été beaucoup de taf, même au niveau de l’écriture. Pendant ma pause je n’écrivais vraiment plus rien. J’ai dû en écrire cinquante avant d’être content d’un texte. Sur les rimes je ne m’y retrouvais plus, je n’étais pas content de mes placements…

Le vrai gros travail que j’ai eu aussi à faire, c’était sur la scène. C’est là que ça a été le plus dur à suivre parce que les mecs sont des tueurs à gage. Il a fallu que je bosse à fond.

Et l’album de L’Uzine est finalement sorti pendant le premier confinement.

Le 10 avril 2020 oui. On n’a pas pu performer cet album, et on est toujours dans cette situation. J’espère pouvoir performer un jour pour cet album.

Ce retour au sein de L’Uzine m’a rappelé l’état d’esprit qu’il pouvait y avoir avant dans certains collectifs, d’intégrer des gens qui avaient dû faire une pause pour revenir ensuite.

On se connaît depuis vingt piges maintenant, on a tous dépassé la trentaine. C’est des liens forts qui nous unissent. On est un des seuls groupes à tenir encore, dans le rap je n’en vois plus beaucoup. On travaille ensemble, on fait tout ensemble. Quand je fais mes clips tout le monde est là. Cenza est à la  D.A., Tony ou Skud à la réal, Vakeso est là aussi. On voit les choses en groupe pour chacun de nos projets. Comme je suis un mec assez solo, c’est une vision qui a été assez difficile à faire entrer dans ma tête, de rentrer dans une dynamique de fourmi, de tous bosser pour la reine et d’avancer vers le même endroit. C’est la seule dynamique qui marche maintenant je pense.

D’où vient ton blaze ? Ce n’est pas anodin j’imagine et à la fois ça peut paraître lourd à porter…

Moi c’est Sofiane, et on m’appelait « Souff ». Et puis c’était à l’époque de Sarkozy, ça parlait beaucoup de la France d’en-dessous. (Jeu de mot avec Sous-France, ndlr) Et j’avais rencontré un gars au lycée Paul Eluard à Saint-Denis qui rappait super bien, qui s’appelait Tristesse. Son blaze m’avait marqué.

Et puis je trouvais que Souffrance matchait avec mon vécu. Il y a aussi cet aspect de personnage Marvel un peu. Je fais une phase d’ailleurs, qui fait : « Ils se foutent de la gueule de mon blaze… » (Il hésite) Et je rajoute quelque chose sur leurs phases qui sont flinguées. Alors qu’aux Etats Unis il n’y a pas ce truc-là, il y en a plein qui s’appellent « Pain », comme T-Pain, ils ont plein de « Souffrance ».

Ce nom permet aussi de te démarquer, on le retient bien.

Mais il y a aussi le truc où tu as des mecs, s’ils lisent Souffrance ils n’écoutent pas. Ils s’attendent à du rap « pleurniche ». Donc c’est une barrière aussi, mais c’est mon blaze, il est arrivé naturellement, je ne me suis pas trop déchiré à le chercher. Aujourd’hui je le porte, et j’en suis fier.

Tony Toxik disait dans notre interview parue l’an dernier à l’occasion de la sortie de l’album de L’Uzine : « On était obligé avec Souffrance de refaire un album comme ça. », en parlant des sonorités du rap de New York de la fin 90’s. C’est quelque chose qui te définit ?

Ce qui est sûr c’est que c’est mes influences. Moi je suis très rap français à la base, je n’écoutais pas le rap américain… J’ai commencé par le rap français parce que ce qui m’intéressait c’était les lyrics, et comme je ne captais pas ce que racontaient les américains, je n’écoutais pas leur rap. Même le 2001 de Dre, il est passé devant moi mais il ne m’a pas mis une punch’, à part les clips ou leur arrivée sur scène. Je suis plus dans l’image.

« Cette symbiose entre le texte et la prod est une chose sur laquelle j’ai beaucoup bossé. »

Et puis au niveau des instrus New Yorkaises dont tu parles, c’est les sonorités qui m’inspirent oui. Je viens d’une époque où le MC doit savoir poser sur tout. Moi aujourd’hui, je le fais dans mes freestyles, je pose sur de la musique classique par exemple, sur le son « Jamais assez » dans la mixtape. Dans les deux « Wire » j’ai voulu aller dans des instrus un peu plus actuelles. Après j’ai plus l’habitude du nineties, c’est ce sur quoi je suis le plus à l’aise. Si tu écoutes bien, sur « The Wire 1 » je chante, je mets du vocoder. Je n’en ai rien à foutre, je fais ce que je veux. Et puis c’était pour montrer aux gens que je ne suis pas dans cette scission entre le rap old school et le nouveau. Un rappeur doit être capable de rapper sur tout. Après j’essaie d’éviter le vocoder parce que je suis nul à ça, et c’est une vraie technique. Tu as l’impression que quand tu mets du vocoder, ça y est, c’est la magie, mais ce n’est pas le cas.

Sur Noctambus, il y a un passage vocodé si je ne me trompe pas.

Oui, sur « € », le feat avec Tony, son fameux album new school. C’était cool.

Tu rappes aussi sur « Pookie » dans Noctambus.

Ouais exactement ! C’est parce que c’était le son préféré de ma meuf. J’ai écouté l’instru, et je me suis dit que c’était possible de rapper là-dessus, mais vraiment rapper tu vois ? Donc je me suis fait un kif.

Les membres de L’Uzine me disaient aussi que tu te retrouvais un peu dans la démarche de Karlito, que tu aimais être en retrait, mais on a l’impression qu’aujourd’hui montrer ta tête te pose moins problème.

Si, je suis toujours aussi casse-couilles avec ça, mais en réalité tu n’as pas le choix. Et puis j’ai décidé de tout mettre sur la table. Je me suis dit : « Je vais le tenter, mais je vais le tenter pour de vrai, à 100%. » J’irai jusqu’au bout, et l’objectif de ça est de ne pas avoir de regrets, de ne pas se réveiller à quarante-cinq piges en se disant « j’aurais pu faire un truc. » Avec tout ce que je fais en ce moment, je suis au moins sûr que je me suis donné à 100%. Et même si ça se casse la gueule contre le sol, je n’aurai pas de regrets et je serai fier de mon parcours.

Tu rappes depuis les années 2000, mais j’ai l’impression que ton nom ressort aussi dans les new comers à suivre, je pense au freestyle dont tu parlais plus haut avec 7 Jaws dans Planète Rap.

A mon avis c’est parce que je ne me suis pas assez montré justement, et que tout d’un coup je me montre. Je n’ai pas été très productif non plus, et d’un coup je le deviens. Et puis je me dis que c’est une énorme chance d’avoir ce côté nouveauté. Les gens ont l’impression de découvrir un truc. Je pense que c’est un gros avantage que j’ai actuellement.

Le freestyle dans « Planète Rap » est posé sur l’instru d’« Arrêtez » de Despo Rutti, mais dans « Racialiste » tu refuses poliment la comparaison avec lui. Aujourd’hui on arrive à faire de l’introspectif générique sans âme, toi on sent que tu y vas franchement, sans particulièrement vouloir faire ressortir un côté flatteur ou reluisant. Je trouve que tu as ça en commun avec Despo.

Effectivement quand je dis ça sur le morceau, c’est du Despo que je fais, surtout sur ce morceau-là. Enfin ce n’est pas vraiment du Despo Rutti mais l’inspiration est forte. Ce que j’aime chez lui, c’est que c’est un peu le rappeur… (Il cherche ses mots) Il avait une plume de ouf, et en même temps c’est le rappeur maudit.  C’est une légende ce gars ! Et il vient du 93 aussi. Il y a Despo, mais aussi Tandem. J’aurais aussi pu faire ce freestyle sur « 93 Hardcore » de Tandem. Je ne sais pas si ça l’aurait fait, mais pour moi c’est la même puissance.

Ton freestyle est en train de devenir viral, qu’est ce qui t’a poussé à choisir ce texte en particulier, qui date de l’EP Le peuple a faim qui sort au moment où tu reviens en 2015 ?

A la base ce son ne vient pas de l’EP de 2015, mais de mon premier EP en 2007, et j’ai dû l’écrire en 2005. J’aurais dû faire ce texte à Skyrock en 2007. C’est un texte sur lequel j’ai eu pas mal de retours, il me tient à cœur.

A l’heure où la bicrave et les sacoches sont à l’honneur, tu dédies un morceau au thème sous la forme d’un désbusé « Blues du bicraveur ». J’ai trouvé qu’en un morceau on en apprenait plus sur la vente de drogues qu’en dizaines de morceaux qui en parlent depuis quelques années.

Dans tout mon album c’est un thème qui revient énormément, parce que c’est quelque chose que j’ai pratiqué pendant très longtemps, dans cette tranche de vie. J’ai été bicraveur, c’était ce qui me définissait. J’avais envie d’aborder ce thème sans illusion. C’est ce que j’avais aimé avec l’arrivée de PNL, quand ils abordaient ce thème il n’y avait pas d’illusions, avec des phases comme « J’ai rien construit depuis le premier kil’ ». Malgré que nos univers soient différents, ils avaient ce truc-là que j’avais moi aussi. Et puis j’en avais marre… Comme je dis dans « Sous les pavés », dans « la périféérie » on idolâtre tout ce qui est vente de drogue, rue et braquage, alors que la réalité c’est loin d’être ça.

Dans tes textes on retrouve aussi un mélange d’espoir et de résignation, on sent que tu questionnes souvent ton investissement dans la musique. Je pense à « Dernier texte ».

Quand tu fais ta musique, surtout sur un premier album, en réalité tu es seul. Quand tu es dans l’étape de création tu n’as aucun retour, parce qu’un album c’est une étape de création longue où tu enchaînes les morceaux sans les montrer. Tu passes par plusieurs phases. Après je me contredis beaucoup comme tous les rappeurs, mais tu passes par plusieurs phases. A des moments tu te dis « je vais tout péter », à d’autres moments tu te dis « je n’y arriverai jamais ». C’est dans les discussions avec les gens, quand ils te racontent leurs parcours, que tu vois que c’est très difficile. Donc c’est toujours un peu des deux, des fois tu as cet espoir, et des fois tu te dis « non mais en fait c’est mort ».

Sur un morceau comme « Périphérique » on sent que l’instru a été réalisée sur mesure, c’est pareil avec « AMD », également un peu sur « Danny Glover ». Tu avais déjà le texte pour ces morceaux, et tu as commandé un type de prod ?

Ça dépend des textes. Par exemple « Périphérique » est un des morceaux les plus anciens de l’album. J’avais écrit le texte sur une prod de Rohff, je ne me rappelle plus laquelle. Ensuite j’ai rencontré DJ Duke, paix à son âme, qui m’a envoyé pas mal de prods, et quand j’ai écouté celle-là, je me suis dit « c’est celle-là pour Périphérique ». Pour « Danny Glover », le mec m’a envoyé la prod, j’ai commencé un premier texte dessus, et puis après j’ai viré le texte, je l’ai mis sur un autre instru, et j’ai commencé un autre texte direct sur cette prod.

« J’ai fait cet album comme si je n’en faisais qu’un, comme si après il n’allait plus rien se passer, comme si cet album c’était ma mort. »

Et enfin, pour « AMD », on créé la prod ensemble avec Tony. C’est une histoire particulière en fait… et au mix je lui ai dit que je voulais cette ambiance aquatique, et tu l’entends dans la voix. Il y a un travail de mix derrière qui accentue le lien entre le texte et la production. D’ailleurs cette symbiose entre le texte et la prod est une chose sur laquelle j’ai beaucoup bossé. C’est un truc que je n’avais pas forcément avant. Je suis content parce que sur cet album il y a des morceaux où il y a vraiment cette symbiose, tu as vraiment l’impression que le texte est avec la prod, et que tu ne peux pas les dissocier.

Noctambus, les EP, l’album… On sent que tu avais du stock, comment as-tu choisi les sons de l’album ?

Pour cet album j’ai dû écrire en tout vingt-six sons, et je les ai choisis avec l’équipe. Je faisais écouter les sons à chaque fois et en réalité, dès l’enregistrement on savait s’il allait ou pas dans l’album. Je ne suis pas un mec qui écrit cent morceaux. Je vais écrire, et si je ne suis pas content je jette le texte direct, et sinon je le mets. En réalité il n’y avait pas beaucoup de choix, ça s’est fait naturellement.

Pour finir, je voulais parler de « 93ème zone », je trouve qu’il tranche un peu avec le reste de l’album, par son côté chanté. Et puis tu parles du département plus que de Montreuil, ville à laquelle ton équipe est très attachée. Comment est né ce morceau ?

Ce morceau je l’ai écrit il y a quatre ans. Tony m’envoie une prod qu’il avait d’abord faite pour Davodka, et c’était une période pendant laquelle j’avais envie de chanter, et j’avais déménagé de Montreuil. Comme je te disais, c’était une époque où le rap devait coller à mon mode de vie, et comme je n’étais plus à Montreuil, tout en faisant pas mal de villes du 93, je me suis mis plutôt mis en mode 93. Sur les autres morceaux je n’ai pas cet attachement de ouf à une ville forcément, et aujourd’hui je suis plus attaché à mon département qu’à une ville, même si Montreuil est la ville qui m’a fait grandir artistiquement.

Le mot de la fin ?

Si t’aimes pas la souffrance, c’est que t’aimes pas le rap.

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Olivier LBS

Doyen et autocrate en chef de cette incroyable aventure journalistique. Professeur des écoles dans le civil. Twitter : @OlivierLBS

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