10 Bons Sons US en juin 2026

Entre une coupe du monde qui anime l’été américain et les Knicks de New York qui ont enfin retrouvé les sommets après 53 ans de disette (oui, 53 ans, faut se rendre compte), le mois de juin aura offert son lot d’émotions. Côté rap aussi, quelques jolies pépites ont vu le jour. Voici notre sélection en 10 Bons Sons.

Maxo Kream – 6 months clean (prod. JPEGMAFIA)

Deux ans après un album relativement décevant, Maxo Kream est de retour avec un disque entièrement produit par JPEGMAFIA. Souvent agaçant derrière le micro et sur les réseaux, ce dernier n’en reste pas moins un producteur inventif. L’association des deux hommes fonctionne bien sur l’introduction de O.Y.N« 6 months clean ». Les samples lointains et désaccordés de la production donnent une aura supplémentaire à la voix d’outre-tombe de Maxo, d’autant que ce dernier se confie sur sa rechute après 6 mois de sobriété. Il nous confie tous les traumas qui ont participé à cette rechute dans ce morceau frontal, qui ouvre de manière bien tragique ce nouvel album. – Jérémy

Tierra Whack – Siren (prod. MacShooter, RicandThadeus & V Bo)

La petite prodige de Philadelphie montre toute sa palette sur Whack’s museum. Comme souvent chez elle, sur ce morceau, de nombreuses idées sont compressées en un temps réduit. C’est d’ailleurs ce sens de la pastille qui l’avait fait connaître en 2018, lorsqu’elle sortait Whack world, un disque composé de titres d’une minute. Sur « Siren », elle accélère progressivement son flow et chante sur plusieurs tons. La production est relativement réduite, et c’est bien elle qui occupe toute la place par sa prestation, faite d’un puzzle de pensées qui tire sur l’égotrip, le tout drapé d’une quête de bien-être. On vous recommande l’écoute de ce Whack’s museum. – Jérémy

Insyt. – 360° (prod. sziilagyii)

Après l’excellent album Mi Casa, Su Casa sorti en 2024 et le très cool Dancing by Myself l’an dernier, ce ne serait pas étonnant de voir un nouvel opus d’Insyt. pour cet automne. En attendant il distille les singles, un en janvier aux cotés de KOTO? et Soft Eyez, un très récemment (puisqu’à l’heure ou je vous parle, nous sommes au mois de juillet) et le morceau qui nous intéresse ici : « 360° » sorti début juin. Petit boucle presque bucolique, flow lancinant (on commence à avoir l’habitude) et verve infaillible, que demandez de plus ? – Clément

Larry June – The Machinist (prod. DJ Idea)

Je vous parlais de flow lancinant juste au dessus et si il y a bien un représentant des pieds qui trainent c’est l’inévitable Larry June. Il est normal de le retrouver dans nos colonnes fréquemment, surtout lors de cette édition estivale. En bon représentant de la bay area, Larry a fait appel à DJ Idea pour une instrumentale aux effluves au combien west coast shit : lead bien marqué, grosse basse synthétique bien baveuse et drums type TR808/909, bref tous les élements iconiques sont dans la prod. De quoi laisser Larry June s’exprimer et s’amuser, en mettant en avant ses valeurs de discipline, sans oublier le luxe et la richesse (bien evidemment). D’ailleurs son prochain album Who Coppin sortira le 17 juillet prochain, de quoi vous ambiancer dans vos rides en Pontiac (non). – Clément

The Alchemist feat. Kool G Rap – Gutter Pain

Bientôt 60 ans au compteur, Kool G Rap n’a rien publié depuis 2022, mais existe toujours ! Sur Liquid Form, le traditionnel EP estival de l’alchimiste, on le retrouve aux côtés de trois autres cobayes pour un test de forme, et le rappeur du Queens s’en sort avec les honneurs. « Gutter Pain » n’est constitué que d’un gros couplet, un gros refrain, mais finalement a-t-on besoin de plus pour s’assurer que le gros Nathaniel a toujours ce guy en lui ? – Xavier

Benny the Butcher feat. Raekwon – Talk Shows (Prod. Harry Fraud)

5 ans et un bon paquet de disques après The Plugs I met 2 qui reste peut-être encore aujourd’hui son dernier grand disque de référence, Benoît le boucher envoie la (demi) suite avec la version 2.5, EP de moins de 15 minutes qui reconvoque ses producteurs les plus illustres, entre Daringer et Harry Fraud. Du second on retrouve avec grand plaisir les boucles stellaires, en particulier sur ce « Talk Shows » avec Raekwon, toujours dans son registre du vieux sage aux couplets courts, pour une association qui fonctionne parfaitement. – Xavier

Boldy James & Nicholas Craven feat. 218Bojay – Mama Maxine

Intitulé Hell or High Water, le troisième volet de Trapper’s Alley de Boldy James est cette fois plus court et surtout entièrement produit par celui qui semble être devenu son compagnon de route de prédilection, le Canadien Nicholas Craven. Très peu étonnant, la combinaison entre la nonchalance du rappeur de Detroit et les boucles soulful aux batteries légères du Québécois faisant si souvent mouche. C’est encore le cas ici, Craven se montrant particulièrement inspiré sur « Mama Maxine », où le vieux Boldy fait la paire avec nul autre que son propre fils, 218Bojay, qui veut nous montrer que « not all nepo !! ». – Xavier

Sha Hef – Rob Who Take What (prod. Harry Fraud)

Condamné à 5 ans sans liberté, Sha Hef sortait au mois de juin Hustlin Ain’t a Sin, son premier disque depuis qu’il a retrouvé sa liberté. Épaulé par du beau monde tant aux machines qu’au micro, c’est l’excellent Harry Fraud (décidément !) qui opère derrière sur « Rob Who Take What », le morceau qui nous intéresse. Le piano et la voix découpés et rassemblés dans tous les sens selon les techniques du producteur deviennent le terrain de jeu d’un $ha Hef revanchard qui, s’il a perdu le dollar à son nom depuis quelques années (sans doute pour le référencement), conserve l’intégralité de sa hargne depuis maintenant une bonne décennie. – Wilhelm

Navy Blue feat Ka – Circa (prod. Malik Abdul-Rahmaan)

Parachevant sa trilogie de la Chevalerie (Knighthood), Navy Blue présentait le génial Sir Render à l’aube de l’été. La justesse et le soin des mots du rappeur se mêle à ceux du regretté Ka sur la dixième piste, « Circa ». La voix de ce dernier, reconnaissable entre mille, s’empare d’abord du refrain et son timbre renforce la solennité du morceau. L’alchimie et la fraternité entre les deux rappeurs n’est pas une nouveauté, mais demeure évidente et chaque mesure, clamée par l’un ou l’autre, nous plonge davantage dans les profondeurs et l’intimité de chacun. Alors que le morceau se termine, les percussions se ralentissent et sonnent comme un coeur battant, de moins en moins vite, de moins en moins fort. Le producteur, Malik Abdul-Rahmaan, revient d’ailleurs sur la genèse du morceau dans un long post Instagram qui vaut la lecture. – Wilhelm

Estee Nack & Mike Shabb – Estupido

Le rappeur Portoricain et le rappeur/beatmaker Québéco-Haïtien ont décidé de croiser le fer pour un deuxième volet de Live from the Tabernackle. Si le disque se destine, au moins dans un premier temps, à une sortie exclusivement physique, un premier extrait a pu nous parvenir. La boucle de cuivres crados, comme désaccordés de Mike Schabb, s’offre à un Estee Nack en grande forme. Une esthétique dont nous sommes plus que familiers et qui se marie à la perfection aux envolées chantées plus ou moins suaves (mais souvent jouissives) de ce dernier. L’absence de batterie conventionnelle laisse la basse comme fondation rythmique et surtout, les voix et le reste des instruments se chevauchent dans un brouhaha chaleureux. – Wilhelm

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