10 Bons Sons US en avril 2021

En avril ne te découvre pas d’un fil, d’Ariane bien évidemment. S/O Thomas Pesquet.
Les minots profitent de leurs vacances sponsorisées par le COVID tandis que les plus âgés bossent leurs thèse(es). Voilà le genre de jeux de mots merdiques que nous inspire ce mois, en espérant que notre sélection de 10 bons sons US soit de meilleure facture.

Vel The Wonder – Michelle feat. Zoodeville (Prod. Chase Moore)

Vel The Wonder, anciennement Vel 9, est une emcee originaire de Baldwin Park en Californie. Elle s’est faite remarquer en 2012 lors d’une édition 100 % féminine des « Cypher Effect » avec entre autres Reverie, Gavlyn ou encore Blimes. Depuis, elle a roulé sa bosse avec 3 projets solo (Laced With PearlsJoyride & La Sena Ave), un EP commun avec son frère 4th beats (sous le nom de Melotonics) et quelques apparitions de-ci de-là.
Depuis le début de l’année 2020 elle change de blase pour devenir Vel The Wonder et sort plusieurs morceaux, tous clippés et d’une qualité bien plus supérieure à ce qu’elle avait pu faire avant. Toujours très technique mais beaucoup plus tranchante, Vel The Wonder semble avoir franchi un palier. Les productions restent fortement orientées boom-bap mais la rappeuse convoque une énergie et un style efficace qui apporte une fraîcheur bienfaisante… Vivement la suite. – Clément

Cordae – Dream In Color (Prod. Raphael Saadiq, Sample King, Terrace Martin & Sool Got Hits)

Depuis son premier album officiel The Lost Boy (et pas des moindres) sorti en 2019, on attendait des nouvelles de l’ami YBN Cordae avec impatience. Il aura fallu plus d’un an pour revoir le petit prodige sur un morceau : c’était en novembre 2020 avec le single « The Parables » où il profitait de l’occasion pour devenir Cordae et abandonner son YBN. Depuis, le sophomore prépare un second album qui devrait sûrement ne pas tarder. Entre temps, le emcee natif de Raleigh a profité du printemps 2021 pour nous délivrer un EP 4 titres, sobrement intitulé Just Until… et servant concretement de teaser à son LP . Et quel teaser ! On y retrouve Q-Tip et Young Thug, histoire de se faire adouber par deux mastodontes représentatifs de deux écoles bien différentes : le boom-bap et la trap. Des choix intelligents qui montrent la polyvalence du emcee et sa faculté de s’adapter malgré son statut de jeune rappeur. Personnellement, je le préfère sur des instrumentales assez smoothies qui laissent plus la place à ses placements, à son flow et à ses refrains chantés. – Clément

Lil Yachty – SB 2021 feat. Sada Baby (prod. Carlo Anthony)

Sur cette production hallucinée de Carlo Anthony à base de cloches et de synthétiseurs menaçants, Lil Yachty réalise l’un des sons les plus intrigants de son dernier album, Michigan boy boat. Le rappeur d’Atlanta et Sada Baby délivrent des flows déstructurés voir à côté de la plaque. Inaudibles, diront certains, et pourtant, c’est aussi cette manière de se servir de la caisse claire comme d’un marche-pied plutôt que comme d’une porte qui rend la chanson aussi surprenante et réussie. Dans cette ambiance apocalyptique, les deux rappeurs se dressent, seuls contre tous, cultivant leur individualisme voir une certaine forme de misanthropie. – Jérémy

Yelawolf & DJ Paul – Slumafia feat. Big Henri, Gangsta Boo, Seed of 6ix & Bray (prod. TWhy & DJ Paul)

Ce gros posse-cut est l’un des points d’orgues de Slumafia, l’EP commun entre DJ Paul et Yelawolf. On y retrouve des historiques de la Three 6 (Gangsta Boo, DJ Paul), les enfants légitimes (Seed of 6ix), ainsi que Big Henri et Bray, proches de Yelawolf et membres de son label Slumerican. Une drôle de famille recomposée, tiraillée entre l’Alabama et le Tennessee. Et il faut avouer qu’on trouve là une certaine alchimie, même si le clan de Memphis vole un peu la vedette, malgré le couplet XXL de Yelawolf qui vient conclure l’ensemble. Le rappeur semble en tout cas avoir retrouvé un certain entrain puisqu’il enchaîne les projets en ce début d’année 2021. – Jérémy

Conway – S.E. Gang feat. Benny & Westside Gunn (Prod. Daringer)

Teasée dans un live Youtube quelques semaines avant la sortie de La Maquina, on attendait plutôt « S.E. Gang » dans le tant attendu album de Conway, toujours repoussé au rythme des sorties secondaires qu’il nous offre depuis maintenant de nombreux mois. Et c’est finalement sur l’une d’elles que ce morceau, qui nous a longtemps fait saliver, se retrouve. Comme dans un clin d’œil à ses suiveurs de la première heure, il conclut un opus sur lequel il opère plus que jamais (avec une certaine réussite) sur des productions rythmées et modernes en ressortant la bonne vieille formule du quatuor Griselda avec de surcroît un sample de guitare dont Daringer a le secret. Et force est de constater que la magie fonctionne toujours. – Xavier

Freddie Gibbs – Big Boss Rabbit (Prod. Swagyono)

Après une série de projets communs chaque fois dirigés par un producteur unique, le meilleur rappeur en activité revient à des sonorités sudistes telles que celles qu’il avait domptées sur Freddie. Exit donc Madlib et The Alchemist, puisque « Big Boss Rabbit » semble annoncer son prochain opus qui devrait être plutôt dans cette veine musicale. Avec ce single, le MC de l’Indiana revient à ses premiers amours, avec ce flow rapide et cette atmosphère estivale, dans le même ton que « Gang Signs », sorti il y a deux mois en compagnie de Schoolboy Q. De quoi nous faire espérer de belles sonorités ensoleillées pour accompagner la belle saison et les différentes réouvertures qui devraient arriver tantôt. – Xavier

Young Thug – Mack Truck feat. Jim Jones (prod. Veor Leior)

C’est dans la version Deluxe de la (déjà trop longue) compilation Slime Language 2 de Young Thug et sa grande équipe que le jeune voyou reçoit Jim Jones. Ce n’est pas forcément la connexion qu’on s’attendait le plus à voir au vu des nombreuses tentatives de hit sur la première mouture du disque, mais c’est celle dont nous avions besoin. Le morceau ne fait ni daté ni chute de studio même s’il est trop court, mais les cuivres de la prod ne sont pas sans rappeler la légendaire épopée du Capo et des siens. – Wilhelm

DJ Khaled – Sorry Not Sorry – feat. Nas, Jay-Z & James Fauntleroy and Harmonies by The Hive (prod. Tarik Azzouz & STREETRUNNER avec DJ Khaled)

On peut reprocher beaucoup de choses à DJ Khaled mais on peut difficilement nier son amour pour le rap. En se faisant des petits plaisirs à chacun de ses albums, il a notamment participé à ce que Nas a fait de mieux depuis presque 10 ans. Le DJ capricieux reconverti en DA excentrique organise cette fois une rencontre au sommet. Ce n’est pas la première fois que les mastodontes de la grande pomme partagent le micro, mais ce n’était jusque-là pas génial et jamais sur une magnifique production signée par STREETRUNNER et le français Tarik Azzouz. On profite juste de l’occasion pour demander aux rappeurs d’arrêter immédiatement de parler de cryptomonnaie dans leurs morceaux. – Wilhelm

DO, the Outcast & jamvvis – ENZO feat. samaether & funkywhat

Réalisé durant un séminaire du collectif SLUG NTWK, ENZO est un morceau parfait pour découvrir l’univers de DO, the Outcast et jamvvis. Ici, les deux comparses nous proposent une rare éclaircie dans un univers sombre, où les aventures des mangas sont les allégories d’une vie meurtrie par la violence et les traumatismes. Ce rare moment d’optimisme met d’ailleurs en scène les talents d’une partie de leur entourage. En l’occurrence, ce sont leurs collègues Sam Aether et funky.what qui produisent l’essentiel du beat avec un sample de voix trituré à l’aide d’un synthétiseur OP-1, jamvvis s’étant occupé d’ajouter les batteries et DO de poser un couplet de sa voix caverneuse. Le résultat est un véritable moment de grâce signé les secrets les mieux gardés du rap québécois anglophone. – Christophe

Napoleon Da Legend & Akhénaton – Chapter 3 (Prod. Akhénaton)

Avec ce deuxième album produit par Akhénaton, le plus français des rappeurs américains pose définitivement ses valises en Europe. On croirait à une renaissance mais en réalité, ce nouveau jalon agit plus comme un retour aux sources qu’un nouveau défi. On se rappellera que les premières apparitions discographiques du rappeur avaient eu lieu en France. Malgré tout, impossible de parler de retour en arrière. En effet, le propos y est plus serein, le ton déterminé : Napoleon a plus que jamais la tête dans le guidon. Les cuivres qui ponctuent les tambourins de l’instru évoquent la grande époque d’un Akhénaton posant les bases d’une légende discographique en solo. La tension qui règne dans « Chapter 3 » sied parfaitement à un morceau d’ouverture et nous amène même à imaginer une nouvelle collaboration rappée entre AKH et NDL. En attendant, leurs légendes continuent de s’écrire, et avec brio. – Christophe

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