Des albums attendus et annoncés de longue date, quelques surprises moins prévues, ainsi que des découvertes bien sympathiques : trouver du bon son en novembre ne fut pas une tâche difficile. Par contre, en sélectionner 10, si. Voilà le résultat.

Le son de bâtard du mois (le 23 novembre) : Neka, 10vers, Furax & Scylla (Inglourious Bastardz) – Ma hassit wallou 

C’est un des titres les plus poignants de l’album  (commander ici) que les Inglourious Bastardz ont choisi de cliper, trois jours avant la sortie officielle du projet du collectif. Neka revient dessus pour Le Bon Son : « Ma hassit wallou est un des premiers titres a avoir été conçu pour l’album Inglourious Bastardz. Il a été écrit et enregistré lors de la première session d’une semaine, où nous réunissions tous les gens au studio Rootscore. Comme souvent, Toxine nous avait concocté une instru de boucher, et si mes souvenirs sont exacts c’est Furax qui l’a charcutée en premier, on a arrangé les parties de chacun par la suite. Scylla n’était pas là pour la première session, nous lui avons fait écouter les titres que nous avions déjà écrits et pour lesquels nous pensions que l’instru pourrait plaire et il a accroché notamment sur « Ma hassit wallou »… et il a su comme toujours apporter sa touche au truc. Un vrai plaisir de taffer avec ce gars !

« Ensuite Menshen s’est occupé du clip. Ma partie ainsi que celle de Scylla ont été filmées dans une carrière près du studio à Genève, quant à celle de Furax et 10vers, elles ont été tournées sur Toulouse. On devait y intégrer du fond vert mais on a préféré privilégier ça pour un prochain clip… Le titre s’appelait « Ça ne me fait plus rien » à la base, traduction de « Ma hassit wallou », petite dédicace pour nos amis du Maghreb, spécialement d’Oran d’où vient 10vers. C’est le premier titre qu’on diffuse avec Scylla, on a choisi de terminer les freestyles avec lui, pour enchaîner direct avec Ma hassit wallou. Ça ne pourra que renforcer l’arrivée de son album tout bientôt que l’on encourage à tous nos Bastardz à aller se procurer dès sa sortie, avec l’album d’Inglourious Bastardz (lire l’interview collective), si bien sûr vous ne l’avez pas déjà… »

Le bon moment du mois (le 11 novembre) : Mothas la Mascarade feat. Tonio MC, Lomepal & Georgio – Good Time

Une prod entêtante, un thème, 4 couplets sans refrain (et encore une grosse prestation de Georgio décidément partout en ce moment). Mothas nous en dit plus :  ‘Je voulais faire un son avec des feat pour mon EP, mais je voulais que ça se passe en famille. Du coup il était indispensable que je sois avec Tonio et Lomepal, car en dehors de mon groupe c’est les deux MC’s que je côtoie le plus. Comme j’aime bien les feat à 4, je trouve ça symétrique, j’avais proposé à Keroué que je connais bien aussi mais c’etait compliqué pour lui car il était en Bretagne. Du coup j’en ai parlé à Georgio qui a tout de suite été chaud. Pour la prod, Rakma me l’avait envoyée bien avant que je conceptualise vraiment l’EP et avec Lomepal on s’était toujours dit qu’on ferait un son dessus. On en a donc profité et comme la prod imposait d’elle même un thème on a suivi en famille !’

Le conseil du mois (le 16 novembre) : Demi Portion – Continue d’y croire

Ce mois-ci Demi Portion nous livre un titre inédit, histoire de nous faire patienter avant la sortie de son nouvel album Les Histoires, prévu pour 2013. Un hymne au « Qu’importe le qu’en dira-t-on », rappé sur un sample issu du dessin animé Dragon Ball Z,et clippé dans les rues du Queensbridge. Et à propos de clips, nous avions posé la question suivante à Rachid lors de son interview pour Le Bon Son : ‘De nouveaux clips de toi sortent régulièrement, c’est quelque chose que tu affectionnes particulièrement ?. – J’aime beaucoup travailler l’image, donc je n’hésite pas à faire mon apprentissage en réalisant mes propres clips à la maison pour la plupart.’ Ce qui explique ses 5 clips sortis ces 4 derniers mois.

Le concept du mois (le 17 novembre) : Seyté feat. Rizla – Les verrous du son 

Seyté : « Il s’agit d’un morceau qui était sorti sur la compile « On est la la » Vol.2 de La Smala,mon crew, sur une prod de Seize (Césarienne Rekordz). Je l’aimais vraiment bien et j’ai donc décidé de faire un remix pour mon projet solo.Le morceau est enregistré sur deux instrus réalisées à partir d’un même sample,une assez lente et l’autre plus rapide. C’est mon frérot Rizla (en feat. sur le morceau) qui a fait les prods ! Le concept était de réaliser 2 couplets avec la même structure au niveau de la sonorité (ex: Seyté : ‘Avec des rimes bien vicieuses j’suis venu péter les verrous du son / Faut trouver les euros ducon, à quoi bon les résolutions?’ Rizla : ‘Avec un seize bien vener j’suis venu voler la vedette aux cons / quand j’trouverai la recette garçon, j’me fous de tes félicitations!’) Il est issu de mon projet solo Premier jet téléchargeable gratuitement depuis le 15 novembre sur le facebook de La Smala. » À noter que La Smala a annoncé qu’un projet solo d’un des membres du groupe allait sortir chaque mois, et que Premier jet est le premier de cette série. Restent donc les livraisons de Rizla, F.L.O, Shawn-H et Senamo.

Le compte-rendu du mois (le 9 novembre) : Hugo TSR – Fenêtre sur rue

Ce mois-ci, Hugo TSR nous a livré son 3ème album, « Fenêtre sur rue », un album à ‘écouter cul-sec’ comme il le dit lui-même. Pas simple donc d’en extraire un seul titre, d’autant que c’est un sans faute que nous livre le MC du 18ème : une description de son quotidien dans le Nord parisien, à base de samples de classique, de rimes multi-syllabiques, et d’images recherchées. Le Bon Son a sélectionné le morceau « Fenêtre sur rue », parce qu’en plus de toutes les qualités précitées, le MC se fend d’un storystelling réussi à partir d’une journée-type. Bref, les amateurs du membre du TSR Crew ne seront pas déçus.

La désillusion du mois (le 15 novembre) : Malik alias Omar Simpson – La vie en rose

Sur « La vie en rose », Malik énumère une série de rêves brisés sur quelques notes de piano savamment samplées. Le Bon Son a découvert le MC avec ce titre et a voulu en savoir plus. Malik, alias Omar Simpson : ‘La vie en rose’ est extrait de mon premier opus ORNICAR, projet disponible ici depuis le 5 décembre en physique (uniquement dans la street) et en digital sur toutes les plateformes de téléchargement légal. J’ai enregistré ce morceau à La Rochelle, au studio Strass et Paillettes, avec Dub Nukem aux machines. Le morceau date, ça doit bien faire deux ans qu’il était dans les tiroirs. Je me souviens que je suis passé au studio, Dub m’a fait écouter sa prod et les choses se sont faites naturellement. J’avais déjà deux couplets, le refrain et l’idée de la direction musicale que je voulais prendre, il ne me manquait plus qu’une prod. J’ai écrit le refrain et le troisième couplet, je suis rentré en cabine, on a enregistré le morceau et après on a mixé ça avec Dub (ce qui n’a pas été une mince affaire vu mon éternelle insatisfaction… hein Dub ?) Au niveau du thème, j’ai fait comme souvent. C’est à dire que je pars d’une idée générale autour de laquelle je gravite sans trop calculer, j’essaie de laisser sortir le truc : « c’est juste un puzzle de mots et de pensées ».’

Le son aviaire du mois (le 12 novembre) : Guilty – L’oiseau de nuit

Allier technique et thématique sur tout un morceau est devenu peu commun ces derniers temps. Guilty nous gratifie justement d’un morceau alliant fond et forme ce mois-ci, le tout agrémenté d’un clip fait maison. ‘Pour être franc, le thème/titre de ce morceau est venu de facon naturelle, sur l’ambiance de la prod faite par mon pote Terak (un ami lyonnais). Etant dans nos habitudes de veiller tard pour plancher sur le Hip Hop que l’on pratique, c’est partit d’un trip décalé sans s’être vraiment pris au serieux. Quand au clip, il a été tourner dans le même état d’esprit, avec les moyens du bord… Ma seule directive aura été de retranscrire comme possible l’idée de base du morceau en image (avec des oiseaux d’animalerie en fond, la nuit, la tête à l’envers tel une chauve souris). Comme je suis un touche-à-tout, je me suis moi même chargé du montage en essayant d’en faire quelques chose de correct. Ce son est issue de mon prochain projet Le prix de nos peines à venir d’ici le 14 décembre en téléchargement gratuit, puis payant sur certaines plates forme légales.’

Le coffret du mois (le 19 novembre) : Pejmaxx – Espèce en extinction 

Pejmaxx et les Soulchildren ont sorti le 19 février un coffret réunissant leurs deux albums ainsi que 4 inédits dont ce petit bijou. Lors de leur interview au Bon Son, les Soulchildren nous ont expliqué les raisons de la sortie de ce coffret (disponible ici) : ‘L’envie de marquer une étape dans notre collaboration avec Pej. Ça fait déjà 2 albums et mine de rien 7 ans qu’on se connaît et qu’on fait de la musique ensemble. C’est un cadeau pour nous et pour les gens qui nous suivent pour fêter cette longévité. Il y a aussi l’envie que de nouvelles personnes découvrent notre musique, l’envie d’exposer le talent d’écriture de Pej à travers ce livre qui reprend ses textes et puis l’envie de se faire plaisir et de faire plaisir aux gens qui nous supportent en donnant ces 4 titres inédits.

Le son franco-québecois du mois  (le 29 novembre) : St Saoul – Foule sentimentale

Reprendre ou sampler un classique de la variété française peut s’avérer risqué pour un rappeur. Cependant, quand il s’agit de « Foule sentimentale » d’Alain Souchon,  chanson dénonçant le vide de la société de consommation, et que c’est le rappeur québecquois St Saoul qui s’y colle, au micro comme aux machines, eh bien la combinaison fait mouche. St Saoul (lire l’interview) : « J’ai souvent pris des samples de variété, et je trouvais ça intéressant de prendre une chanson surtout axée sur la société de consommation et d’en faire un hymne à ma jeunesse de connards et de mésadaptés sociaux laissés à eux-mêmes. (rires) En gros les paroles de Souchon que j’ai choisies exprimaient complètement un autre état d’âme pour moi. Au final c’est de l’art ! Prendre une matière pour en faire completement autre chose.

« J’ai semi gratté les couplets pour laisser place à quelques phases d’impro. Je n’avais pas d’ingé son. Complètement bourré… Je devais courir de la station d’ingé jusquau booth d’enregistrement pour poser toute la chanson, refaire la même chose pour backer, etc. J’ai moi-même ‘mixé’ la chanson sur place, elle n’a eu aucune retouche avant de sortir. En fait elle faisait partie du matériel oublié destiné à ne pas sortir. Jusqu’à ce que Shaf de One Prod l’entende et tienne à la clipper. J’ai eu envie d’insérer des séquences d’histoires. Le matin même j’ai contacté des jeunes fans locaux pour jouer les jeunes délinquants, et un couple d’amis assez coloré pour bien rendre le truc à l’écran. Le morceau fait partie de ma mixtape Les rues de paris ne sont plus sûres, à paraître tres prochainement via Essentiel International ! »

Le piano-voix du mois (le 26 novembre) : Lucio Bukowski – Ludo 

Le 30 novembre est sorti le tant attendu premier album de Lucio Bukowski (disponible ici). À l’heure où les pianos-voix maladroits se multiplient, le MC de l’Animalerie nous livre un texte réussi sur sa relation à son alter ego dans le civil, Ludo. Lucio Bukowski (lire l’interview) pour Le Bon Son : Ludo est peut-être le morceau le plus intime que j’ai pu écrire… Il s’agit d’un état des lieux mental d’un jeune homme de classe modeste approchant la trentaine. Son constat sur le monde qui l’entoure et sur sa propre intériorité… Ce titre apparaît comme assez noir et plein de désillusion, mais en fait c’est aussi un moyen simple de coucher les choses afin d’avancer libéré de soi et des angoisses.’

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