Session(s) fumette avec Lord Apex | Chronique

Il y a quelques jours, nous étions le 20 avril, date fatidique à travers le monde pour la communauté de consommateurs de marie-jeanne. En effet c’est un peu l’anniversaire du cannabis chaque année à ce moment-là, l’occasion pour beaucoup de s’identifier à sa contre-culture, de se réunir ou encore aux USA, de concentrer la pression sur le Congrès pour légaliser la marijuana. C’est aussi à cette date là que le rappeur Lord Apex a choisi de sortir son troisième opus des Smoke Sessions.

Originaire de Londres, Lord Apex est un rappeur de vingt-cinq ans actif depuis 2014 – 2015. Très reconnaissable par sa patte lo-fi et très texturée, les BPM lents de ses prods et son phrasé bien particulier, le rappeur est vite devenu une pépite du rap UK. Découvert en grande partie sur Soundcloud, Shaeem Wright de son vrai nom a conquis une grande partie des amateurs de ce rap très downtempo, aux effluves évidemment vertes. Remarqué avec le morceau  » Spliff In The Morning » sur son premier opus, Lord Apex confirme le bien qu’on pensait de lui avec cinq mixtapes / EP en seulement trois années et plus particulièrement le volume 2 de ses fameuses Smoke Sessions. Il y déploie alors tous ses skills et développe une patte très identifiable avec des titres comme « EM3 » ou encore « Vintage Garms ».

Nous sommes en 2019 et les choses se passent pour Apex : les Berlinois de Colors l’invitent pour interpréter « Vintage Garms », Yassin Bey (jadis Mos Def) le convie en première partie de sa tournée sur le vieux continent et pour finir, son Smoke Sessions vol.2 enregistre plusieurs millions d’écoutes sur les plateformes de streaming. Jusque-là, et il est important de le noter, Lord Apex offrait ses projets sur Bandcamp et Youtube, en toute simplicité. Dorénavant, il envahit les plateformes bien connues et fait passer sa musique à un tout autre niveau.

En 2020 sort Supply & Demand en collaboration avec le producteur V-Don, un opus très remarqué, notamment avec quelque jolies featurings : Murs et CJ Fly. Les prods de V-Don sont taillés sur-mesure pour Lord Apex et le projet est une véritable réussite.

Nous voici donc en 2021, et le MC londonien nous délivre donc me troisième opus de ses sessions fumettes. Rarement avare, Apex nous offre pas moins de quatorze tracks, notamment un featuring avec Smoke DZA et un très joli morceau collectif avec Finn Foxell, Louis Culture et Maverick Sabre pour clôturer le projet. Contrairement à Supply & Demand manié d’une main de maître par le producteur V-Don, Apex applique la même recette que son précédent Smoke Sessions, à savoir faire appel à tout un panel de producteurs. On retrouve pas moins de onze machinistes, la plupart des producteurs de niche, eux aussi découverts sur Soundcloud. Pour ce qui est
du reste, c’est-à-dire le rap, c’est un sans-faute. Lord Apex explore pas mal de flows, découpe et cisèle, modulant son flow peu importe la prod’, qu’elle soit lo-fi, grim ou boom-bap. Mention spéciale pour les morceaux « Say That » avec son ambiance cuivre inversé et le couplet de Wiki, « Vernacular » et son beat déconstruis, « Like You Know » et son énergie plutôt à l’opposé du reste des tracks ou encore « Rap Spliff » qui représente parfaitement la saga Smoke Sessions.

Irrémédiablement décidé à attirer la lumière vers lui, Lord Apex déroule tout son savoir-faire et multiplie les récitals comme un senseï développant ses katas, avec une épaisse fumée verte en guise de tatami. À l’image de son homologue Knucks, il faut dès lors compter sur le Lord quand on évoque la qualité du rap UK. Et bien que dans le cœur de pas mal de Londonien du Nord il n’y ait qu’un seul Lord, il faut désormais faire de la place pour un second seigneur. 

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