Un camping-car, un mic et des caméras à la rencontre d’artistes hip-hop de Suisse, Toulouse et Barcelone. C’est un peu tout ce que nous savions de ce voyage d’une semaine initié par Nathan, a.k.a. Sentin’l pour les intimes, ainsi que Maxime et Travis de Jumo Prod. Il s’agit en l’occurrence d’un projet-pilote destiné à préparer un voyage d’une toute autre envergure à l’horizon 2016 : un tour d’Europe hip-hop de plusieurs mois, toujours en camping-car, intitulé « Ever All ». Nous avons rencontré les trois activistes afin d’éclaircir leur démarche. Interview en direct du fameux habitacle lors de son escale à Toulouse au début du mois de juin.

Est-ce que chacun de vous peut se présenter rapidement et nous décrire son rôle au sein du projet « Ever All »?

Travis : Moi c’est Travis de Lausanne, en Suisse. Je fais partie de Jumo Prod avec Maxime ici présent.

Nathan : Moi c’est Nathan. Je rap, mon blaze c’est Sentin’l. J’ai plus ou moins lancé le concept de ce projet, et j’en ai parlé très rapidement à Travis, dont j’appréciais le travail. Mon rôle est plutôt d’avoir eu l’idée du projet et surtout d’avoir voulu le mettre en place assez rapidement.

C’est une idée qui t’es venue quand ?

Nathan : Il faut savoir que ça fait un peu plus d’un an que je propose aux gens de venir chez eux avec du matériel pour enregistrer des morceaux. J’ai fait ça un peu partout en Suisse romande. Et puis début 2015, j’en discutais avec un pote qui m’a demandé pourquoi je ne prenais pas un vieux van pour faire ça, et ça a dévié sur l’idée de faire quelque chose de plus international, de mondial. Ça s’est ensuite structuré dans ma tête au fur et à mesure.

Est-ce que tu as pu être inspiré par des projets déjà existants, comme par exemple l’European Sound Initiative qui a rassemblé en 2013 pas mal d’MC’s et beatmakers d’Allemagne, France et Espagne entre autres.

Nathan : Ah oui j’en ai entendu parler, je connais un peu. Mais on ne s’est vraiment pas inspirés de ça. A aucun moment je ne me suis dit « je vais faire comme tel ou tel projet ». Vraiment à aucun moment.

Un rapide topo sur Jumo Prod ?

Travis : C’est Maxime qui m’a intégré dans l’équipe Jumo Prod. On a commencé il y a deux ans, sous un pont, à faire de la vidéo et des montages. Petit à petit, on a acquis de l’expérience, du matos, et on a même un peu investi. On se consacre à la photo et à la vidéo.

Vous concentrez pour l’instant votre travail sur la Suisse ?

Travis : Non, on va partout ! On a fait des clips à Berlin par exemple.

Nathan : Maxime est de Lyon, où il a un frère jumeau avec qui il a créé Jumo Prod.

A Sentin’l : il est intrigant de te voir aussi fédérateur, toi grand adepte du thème de la solitude dans tes textes. Ton dernier morceau en date, produit par Metronom et intitulé « Seul », est un exemple criant. On peut t’entendre te demander « pourquoi sortir », partant du fait que l’«on voit la merde du monde dans les télés ». On se demande donc ce qui te pousse à initier cette démarche qui va au contraire clairement vers l’ouverture à l’autre ?

Nathan : Bon là on parle plus de moi en tant qu’MC, mais pas de soucis. C’est intéressant. J’ai toujours été dans le contact, je ne suis vraiment pas quelqu’un de solitaire. Dans tout ce que je fais dans la vie j’ai besoin de mes amis, de ma famille, de contact quoi. Et c’est d’ailleurs pour ça, si on parle de ma musique, que j’ai enregistré à l’heure actuelle plus de feats que de solos. Je pense que ça exprime un petit peu cet aspect de ma personnalité. Donc quand je me lance dans de gros projets comme celui-ci, je n’envisage pas de le faire tout seul.

En plus de ça c’est un projet qui réunit toutes les choses que j’apprécie personnellement, qui m’intéressent dans la vie. A savoir à la base la musique, l’art urbain et le voyage. J’aime également bien conduire. L’inconnu aussi, la découverte. Et pouvoir amener de nouvelles choses. Enfin, étant donné que c’est dur de trouver sa place dans la société actuelle, je me dis que ce projet est peut être un moyen de créer quelque chose de différent. J’imagine même pouvoir vivre d’un concept comme celui-ci à l’avenir.

Cette escale à Toulouse est la deuxième étape de ce projet pilote. Comment s’est passée la première, intitulée « Oboudumic », à Lausanne samedi dernier ?

Travis : On a eu peu de temps pour préparer le concert, et franchement ça s’est super bien passé.

Nathan : Le but de ce premier événement était en gros de couvrir les frais de la semaine qu’on fait là. Finalement c’est plus ou moins ce qu’il s’est passé. On va peut-être devoir trouver des fonds un peu plus tard pour compenser, mais on va quand même réussir à couvrir une grosse partie avec le concert de samedi dernier.

Pour revenir sur le concert en lui-même, on voulait vraiment se baser seulement sur des artistes suisses, ce qui est assez rare en ce moment en Suisse lors de la plupart des concerts. On a aussi fait venir des graffeurs, il y avait des ateliers en extérieur pendant l’après-midi où les jeunes pouvaient venir tester des graffs, des sketchs… Franchement ça a été réussi !

Et à Toulouse cet après-midi, ça a donné quoi de concret ? On a pu constater le rassemblement d’une grosse équipe, avec Omerta-Muzik, Metronom ou encore Spazm et sa team de graffeurs.

Travis : On ne va pas se mentir, on est quand même crevé, on a fait un long voyage !

Nathan : Oui, et puis l’organisation était un peu compliquée, il y a eu des rebondissements.

Travis : Mais c’était une très bonne après-midi.

Nathan : On a pris un peu de retard, mais on est finalement arrivé chez Metronom avec le camping-car, on l’a embarqué puis on est allés à l’entrepro, un lieu que je n’avais encore jamais vu. Ce spot est incroyable ! Sur place il y avait Spazm, qui a graffé avec des mecs de son crew : Xerou, Decibel…

Côté MC’s étaient présents Melan et Fadah d’Omerta-Muzik, avec qui on a tourné un freestyle. On voulait aussi faire une interview, mais ils ont dû partir répéter parce qu’ils ont un concert en Suisse dans deux jours. Et puis plus tard, sur un deuxième spot, L’erreür et Youss MC ont eux aussi posé un freestyle vidéo.

Nathan, étant donné que tu laisses volontairement de côté ta facette de MC sur ce projet, tu n’as donc pas posé sur les freestyles aujourd’hui ?

Nathan : Exactement, et d’ailleurs ça en a étonné certains. Tout le monde ne comprend pas car on n’a pas encore vraiment dévoilé notre concept. Melan par exemple se demandait pourquoi je ne posais pas sur la photo des MC’s cet après-midi. C’est parce que le but de tout ça n’est vraiment pas de mettre en avant ma personne ou mon blaze de rappeur.

Il y a un MC ricain, Jef Jon Sin, qui fait quelque chose d’un peu similaire en ce moment. Je l’ai découvert après avoir lancé le projet. Il se déplace dans un van, mais là c’est vraiment pour faire sa promotion et créer du réseau par rapport à ses projets à lui, en tant qu’MC. Ce n’est pas mon but. On se déplace dans une ville pour découvrir les artistes locaux, les aider à filmer, leur donner des idées, coordonner le truc. Ce n’est pas pour que je rappe. Après je pense quand même qu’à certains moments, certains endroits, je vais indirectement devoir me mettre à faire un petit couplet, mais vraiment juste pour le plaisir !

Le même genre de délire est prévu pour Barcelone à partir de demain ?

Nathan : Voilà, c’est un peu pareil mais de manière plus poussée, vu qu’on y reste trois jours et demi. On va aller sur un spot avec la marque NBQ voir des graffeurs, de manière similaire à aujourd’hui.

On a aussi rendez-vous avec un crew de beatmakers et des MC’s pour une Jam Session. Une rencontre est prévue avec Mago Clyn, un artiste qui a écrit une BD sur le hip-hop accompagnée d’un CD. Et puis on n’a encore rien de prévu pour le dernier jour, on aura surement le temps d’aller voir d’autres artistes, on verra sur le moment.

ever all team+graff BCN

On va maintenant aborder les « vraies choses » : ce projet pilote va vous servir à préparer et financer un Tour d’Europe hip-hop dès mai 2016, appelé « Ever All ». La forme que prendra ce tour est-elle déjà claire dans vos têtes ? On sent en tout cas dans votre discours, et au vu de la diversité des disciplines représentées aujourd’hui, une vraie envie de représenter la culture hip-hop dans son ensemble.

Nathan : La base est posée. L’objectif est d’avoir le véhicule avec tout le studio d’enregistrement insonorisé, et tout le matériel pour pouvoir filmer et enregistrer les gens en bonne qualité. Au niveau du concept, on veut vraiment aller à la rencontre des artistes de la culture urbaine au sens large, c’est-à-dire même des skaters ou des jongleurs. Juste des gens qui ont quelque chose de spécial qui peut nous intéresser.

Le but est aussi de créer petit à petit une vraie communauté, quelque chose de concret d’un point de vue relationnel. De connecter concrètement les gens.  Parce que sur internet, sur facebook, il existe des tonnes de groupes « European hip-hop », « European underground », avec dix mille personnes dessus, mais si tu y partages un projet personne ne suivra, parce tout le monde s’en fout et que la forme ne s’y prête pas. Cela ne crée pas de vrais liens. Je ne dis pas qu’il n’y a rien de bien qui se fait, mais de ce que j’ai pu voir il n’y a rien de vraiment concret.

Pour résumer, le but clair est d’abord de faire un tour d’Europe de trois ou quatre mois, en captant des artistes connus ou non, de tous les horizons possibles, les faire découvrir à tout le monde en leur faisant de la promo, et créer cette communauté. Par la suite tout ça débouchera sur d’autres choses, un tour du monde, ou juste d’autres voyages plus ponctuels. Tout est possible à partir de ce début qui est lui assez clairement défini.

D’un autre point de vue, on souhaiterait aussi pouvoir « faire de l’argent » par rapport à ça, parce qu’on met en place beaucoup de choses, on prend du temps, on y investit de l’argent aussi. Et au final on se dit qu’on pourrait créer une sorte de marque. Une entité à laquelle les gens feraient appel pour venir dans leur pays pendant une période donnée, et ceci même si ce n’est pas pour un projet hip-hop. Là on commence avec ce qu’on aime, avec la culture qu’on veut propager nous, mais c’est ouvert à tout.

Comment et auprès de qui allez-vous tenter de vous financer ?

Nathan : On veut grâce à ce projet pilote récolter de la matière (vidéo, clips, interviews) pour ensuite contacter des marques et des sponsors, des investisseurs privés, et commencer à faire de la promo sur le net. On veut faire plus que seulement clamer qu’on souhaite faire un tour d’Europe sans rien avoir sous le coude pour étayer ça. On veut pouvoir montrer concrètement ce qu’on veut faire, ce pourquoi on demande du soutien.

Privilégiez-vous un type spécifique de financeurs ? Marques, fonds privés, publics…

Nathan : On veut aller voir tout le monde. On acceptera n’importe quel soutien s’il s’agit de quelqu’un intéressé par ce que l’on fait. Notre seule difficulté porte sur comment définir la nature de notre projet dans notre demande, c’est-à-dire s’il y a un but lucratif ou non-lucratif.

Pensez-vous pouvoir conserver une totale liberté d’action en vous faisant financer ? Que cela soit par des marques ou des institutions publiques, c’est souvent synonyme de contraintes artistiques, financières, voire humaines.

Nathan : Pour moi, je ne parle pas pour mes deux compères, si on va voir Red Bull Espagne et qu’ils acceptent de nous financer à condition que chaque artiste boive une canette de Red Bull dans les vidéos qu’on tournera en Espagne, il n’y a pas de soucis. Ça fait de la promo à tout le monde, on reçoit de grosses sommes qui nous permettent de développer encore plus les choses…

Par contre on n’ira pas voir quelqu’un en disant « Qu’est ce qu’on peut faire pour que vous acceptiez de nous soutenir ? ». Là la démarche serait différente. Si on nous dit qu’il faut obligatoirement faire jouer tel artiste, ou aborder tel sujet, peut être qu’à ce moment là ça va aller à l’encontre de ce que l’on veut faire et qu’on va donc refuser. On peut s’adapter au cas par cas, mais l’idée est de rester dans la lignée de ce projet pilote et de ne pas trop en dévier.

D’ailleurs je profite de cette occasion pour dire aux personnes, entités ou marques intéressées qu’elles peuvent d’ores et déjà nous contacter, nous serons à l’écoute.

concert Lausanne modifiée

Vous formerez l’année prochaine aussi une équipe de trois, ou d’autres personnes viendront se greffer à l’organisation de votre périple ?

Travis : Ça dépend du capitaine de bord. (rires)

Nathan : Non ça ne dépend pas ! Moi je pense que oui, on s’entourera de nouvelles personnes. Le seul problème c’est que ça nécessite pour les concernés d’être libres pour partir quatre mois, ce qui est notre cas à tous les trois vu qu’on est actuellement sans emploi. Je n’ai parlé réellement du truc qu’à peu de gens, je pense que vous deux non plus, afin de ne pas trop exposer l’idée. Il en résulte que certaines personnes semblent intéressées, mais tu connais les gens, ils trouvent que c’est génial mais concrètement ils ne sont pas dans le camping-car en ce moment.

Après ça peut évoluer, et certaines personnes peuvent même participer au projet sans être directement dans le véhicule. On aura besoin de personnes pour coordonner le truc, pour le marketing… On aura besoin de plein de gens, pour du soutien logistique avec nous ou à distance. En ce qui les concerne, Maxime et Travis sont là depuis le début, je ne vais pas leur dire « allez vous faire foutre » du jour au lendemain. Ils sont là et ils le restent.

ever all

L’ajout de personnes va être nécessaire, parce qu’on aura même besoin, si on part quatre mois, de quelqu’un qui soit posté sur place, qui gère un site, tu vois, il va y avoir plein de choses à faire. Quelqu’un qui coordonne et qui puisse nous dire « ben voilà dans trois jours vous êtes à Bruxelles, vous allez voir cette TV-là, cet artiste… ». Pas que ça soit nous, pendant qu’on conduit, qu’on est en train de changer la roue du camping-car, qui devions appeler chaque personne pour dire qu’on va avoir deux heures de retard… Rien que pour ce projet pilote, qui dure seulement cinq jours, c’est un peu le bordel. Et c’est pour ça aussi que je voulais absolument le faire dans des conditions proches de la réalité. Juste pour voir comment ça se passe de vivre dans un camping-car. Personnellement je n’ai jamais fait de vacances en camping-car. Donc il fallait expérimenter des questions toutes simples comme « Où est-ce qu’il faut mettre de l’eau ? », ou simplement voir si au bout d’une semaine on ne s’entretue pas (rires). Donc pour moi ces personnes là sont présentes et elles vont rester, mais il y aura besoin de gens en plus, c’est clair.

Quelle sont vos critères de sélection des villes et des artistes ? Au-delà des affinités artistiques, on a l’impression que la dimension humaine est primordiale dans le choix des connexions qui vont être établies. Toulouse semble par exemple pour toi Sentin’l une étape évidente de ce projet-pilote, au vu des nombreuses collaborations que tu as eu avec des artistes d’ici (Metronom, Fadah, Melan, 10vers, MC Beam…).

Nathan : Disons que ce projet-pilote a été réalisé dans la pseudo-urgence, vu qu’on voulait faire les choses assez rapidement afin de disposer de temps pour aller chercher des fonds et faire de la promo. On a donc fait avec les contacts qu’on avait de base. Mais c’est clair qu’il s’agit de gens qu’on apprécie, qu’on considère comme forts, et dont l’état d’esprit correspond au projet.

En ce qui concerne le Tour « Ever All », ou même si on doit refaire un projet pilote, on pourrait aller voir des artistes que personnellement je n’apprécie pas, mais qu’on considère artistiquement utiles et intéressants pour le projet. Ça n’est pas un problème, je suis totalement conscient qu’il faut être large.

Mais là je t’avoue que pour un début, c’était plus facile et plaisant d’aller voir ces gens-là. Idem pour l’itinéraire choisi, on va dans le sud et vu que l’été arrive c’est peut-être plus cool que d’aller en Islande. Et puis on a pas mal de contacts sur Toulouse, pareil sur Barcelone où on a la chance d’avoir Jordi (Le Bon Son/Show Bizness) qui nous cherche des contacts. De plus tout ça n’est pas loin, on peut se contenter d’une semaine de voyage et visiter tout de même trois pays.

ever all mcs lousetou

Envisagez-vous de bouger vers des pays aux langues plus ardues, à l’est par exemple ? Le hip-hop est notamment assez foisonnant en Pologne. Dans ce cas, comment prévoyez-vous de dépasser la barrière de la langue ?

Nathan : La Pologne est obligatoire pour moi.

Travis : Tu m’as parlé d’un beatmaker en plus là-bas, non ?

Nathan : En plus oui. Ca fait quelques mois que je suis en contact avec un beatmaker polonais, Miqu de son blaze. C’est lui qui signe d’ailleurs la bande son du teaser.

Pour ce qui est de la barrière de la langue honnêtement ça ne me fait pas peur. Dès l’idée initiale du projet, il y avait une dimension mondiale. Je me voyais déjà débarquer au Vietnam par exemple. Donc aller en Pologne, il n’y a pas de soucis.

C’est vrai que ça comporte certains risques, mais tu te mets justement en difficulté pour démontrer que c’est faisable partout. Ça peut foirer, c’est le jeu. Et dans ce cas précis le but est de rester assez flexible pour se dire qu’on a quand même rencontré des gens qui au final vont nous permettre d’élaborer de nouvelles choses.

Le but est de mettre en place des partenariats avec des festivals, des medias, qui peuvent nous permettre de développer plein de concepts différents dans de nombreux pays, et ce même si on n’en parle pas la langue. Typiquement dans mon esprit l’Allemagne est une étape obligatoire, pourtant je parle mieux russe qu’allemand, pareil pour Travis et Maxime. Après l’anglais est bien géré là-bas, c’est vrai.

Je me place aussi dans l’autre sens, j’imagine un russe qui aurait eu l’idée de lancer quelque chose de similaire. Ça me saoulerait qu’il ne vienne pas en Suisse sous prétexte qu’il ne parle pas la langue. Je me dirais « Bordel, viens en Suisse et on te montrera qu’on est fort ». Là on va aller en Pologne et ils vont nous montrer qu’ils sont forts !

Questions bonus pour la fin : vous avez un son toulousain favori ?

Un son précis là, c’est compliqué…

Un artiste alors ?

Travis : Furax d’abord, classique.

Nathan : Par rapport à moi, toutes catégories confondues, je dirais Metronom. Mais je le dis par rapport à moi. Il taffe vraiment sur tout : il est beatmaker, ingé son, il mixe tous mes morceaux, il graffe… Et tout ça dans l’ombre. J’ai en plus grâce à lui connu pas mal de monde sur Toulouse.

Travis : Al’Tarba il est bien de Toulouse ? Bon moi je dis Al’Tarba alors.

Nathan : Et en MC je dirai Fadah. Pas pour citer des potes, c’est juste celui que j’apprécie le plus.

Deuxième question bonus du coup : la connexion avec les  Toulousains s’est faite via Metronom ?

Nathan : A la base j’ai connu Metronom par Myspace. C’est moi qui l’avais contacté. Et en 2010 je suis allé tourner un clip à Notthingam, où il habitait à ce moment-là, c’est la première fois qu’on s’est vu. C’était après mon deuxième album, j’avais déjà posé sur deux ou trois prods à lui. A partir de là il a mixé tous mes sons.

Ensuite, un peu indépendamment de ça, c’est surtout par Fadah que j’ai rencontré les autres. Et ce qui est original pour lui c’est que je l’ai connu via un concours que j’avais organisé avec Mani Deïz après la sortie d’Entre Parenthèse sur le net. On avait mis une prod de Mani en libre téléchargement, sur laquelle les MCs pouvaient enregistrer un morceau solo dessus et nous le renvoyer. Le morceau qu’on préférerait serait ensuite intégré au projet. En l’occurrence ce fut le morceau de Fadah. Je l’ai donc réellement découvert et apprécié sur une base artistique. Il m’a ensuite invité sur son album Les Loges de la folie, sur le son « Carnet de Lésions ».

Pour suivre ou contacter l’équipe du projet Ever All, c’est ici.

Si vous avez aimé cet article, n’hésitez pas à le partager avec les petites icônes ci-dessous, et à rejoindre la page facebook  ou le compte twitter du Bon Son.