Annoncé depuis déjà quelques mois, l’EP commun Les Hérétiques du duo MC / beatmaker Rezinsky (contraction de RezO et Pepso Stavinsky) est sorti le 1er juin. Au vu de la pochette et des clips mis en ligne ces derniers mois, il apparaît clair que les deux compères ne se sont pas contentés de soigner le seul aspect musical, et que le résultat final est le fruit d’un réflexion commune en amont. C’est justement parce que nous étions curieux d’en savoir plus que nous avons demandé aux deux protagonistes de revenir sur la conception de cet EP…

LES HÉRÉTIQUES :

PEPSO : J’ai écrit ce titre au mois de juillet dans un petit appart parisien. Je travaillais beaucoup, ma belle avait mis les voiles, elle s’était enfuie sans me dire pourquoi et j’ingurgitais tout les soirs les trois saisons des Borgia et des Doritos sans guacamole, tout en buvant de la Fisher au goulot. J’ai commencé ce texte une de ces nuits sur la prod « Hive » de Earl Sweatshirt, dans l’idée d’écrire quelque chose de bêtement beau. C’était l’état d’esprit du moment. Puis j’ai retrouvé cette prod de RezO, à laquelle il a rajouté peu de temps après ce bruit synthétique crado et bizarre au début du morceau, il ne fait jamais ça d’habitude, ça a donné un rendu tellement intemporel ! Ça ne s’apparentait ni n’appartenait à quelque chose. Ça m’a motivé, j’ai presque tout écrit d’un coup à quelques exceptions syllabiques près. Je voulais créer quelque chose d’invincible ! Après ce morceau, Rezinsky était né.

REZO : Je n’avais jamais proposé à qui que ce soit cette prod, pas évidente à appréhender, je savais qu’il fallait une plume pour que cela donne quelque chose. Pepso voulait un truc un peu barré par dessus, je me suis amusé à triturer les charleys jusqu’à en faire cet effet un peu aquatique ou… je sais pas trop en fait ! Par contre oui, c’est après ce morceau que Rezinsky est né, il en est sorti un clip réalisé par le grand malade Damien Stein. Vidéo qui a divisé, un peu trop dérangeante pour certains, géniale pour d’autres, à peu près là où on voulait aller quoi !

PEPSO : Tu dis aquatique à cause de la rivière (rires) !

Comment s’est faite votre rencontre ?

REZO : Ça fait quelques années maintenant. Par le biais d’Artisanal, un groupe Rennais composé de sales gosses qui accessoirement sont de très bons amis à moi. J’écoute peu de rap français donc je ne savais pas vraiment qui était Sopep. Ils (Artisanal) l’avaient embarqué à la maison pour enregistrer un track ensemble, qui je crois n’est pas resté dans les annales du rap ! (rires) Mais le feeling est passé tout de suite, du coup on est ensuite resté connecté, se faisant découvrir nos univers au quotidien. Pepso organise à Angers des soirées qui s’appellent « Bridging the gap », il m’a proposé de produire un cypher pour lui et Micronologie. Les premières collabs ont commencées à s’enclencher et dans nos différences artistiques on y a trouvé de la complémentarité.

PEPSO : Oui RezO a bien résumé. Pour l’histoire perso, je dirais que je suis tombé amoureux de Rennes en 2011, lorsque le même groupe Artisanal m’a invité au studio de Koolkal pour enregistrer un track, qui n’est lui non plus jamais sorti. Va vraiment falloir qu’on se fasse un morceau qui sorte avec les p’tits pères héhé. Le feeling avec Koolkal est super bien passé, on a décidé d’enregistrer et réaliser ensemble mon premier album solo Voir La Lune. Puis les rencontres humaines et artistiques ont suivi avec notamment RezO, Micronologie et Damien Stein (Réalisateur du clip « Les Hérétiques »). On est tous quasi inséparables maintenant ahah. Je crois qu’à partir de là on a commencé de manière officieuse à former notre écurie.11002645_808444299191499_8926531167962190665_n-500x500

CALIGULA :

REZO : Ce beat a été validé par téléphone ! Pour résumer, Pepso aime les prods assez épurées, là où moi j’ai tendance à valoriser les gros samples souvent de soul, bien larges et remplis. Du coup sur tout l’EP, mon challenge était de moins charger mes prods, de laisser plus de place à la voix. « Caligula » se résume donc à une note de piano, un beat minime et une sub. J’ai foutu le tel en mode MMS pendant la construction, pour savoir si ça l’intéressait. Je lui ai envoyé la vidéo et la réponse fut directe : « Je prend ! » J’imaginais un texte un peu sauvageon, un peu rentre dedans. Quand il m’a dit « Ça parle de femmes », je lui ai répliqué « Encore ! » (rires) Pepso possède une addiction à certains thèmes. Mais quand j’ai écouté son texte je me suis dis « Ah ouais, va pas falloir oublié la mention « Explicit Content », qu’on a oublié d’ailleurs ! » Le refrain, c’est marrant parce qu’en concert, les gens viennent nous dire qu’il leur reste en tête, on ne s’était pas arrêté dessus, Pepso l’a fredonné comme ça, parmi d’autres idées, et j’ai sauté dessus en mode « Ça c’est parfait ! faut garder ! » et le truc est né: Goutamagoutamagoutamagoutamaluxuuuure !

PEPSO : Ce morceau ne parle pas de femmes, il parle d’orgie. D’orgie romaine remise au goût du jour (rires). Une sorte de pulsion, enfouie en chacun et qui reste tabou. J’avais envie d’en parler, c’était peut-être thérapeutique d’ailleurs, en partant du principe que je suis beaucoup plus à l’aise avec une fille dans l’intimité. Musicalement je l’adore, parce que la boucle sonne super boom bap épuré. Lorsqu’on l’écoute on s’attend à un gros son rap, et puis ça commence par « Rêver de faire l’amour à milles filles en même temps ». On se dit merde ils partent encore en couille. Pareil pour le refrain, il rentre dans la tête, c’est peut être celui que les gens chantent le plus en concert et pourtant il met mal à l’aise. Ça donne l’impression de pouvoir les emmener où tu veux. On a réussi à créer un certain feeling, une forme de thème de gros dégueulasse mais avec de la sensibilité, c’est ça que je kiff, c’est l’esprit Hérétiques.

W.A.S.P.

REZO : W.A.S.P. pour « We Are Sentimental Peoples ». Pour ce morceau je voulais un beat épuré, sans fioriture, et rentre-dedans à souhait. On savait qu’on allait vers un projet personnel et introspectif, mais je voulais un gros track freestyle comme celui-ci. J’adore la plume de Pand’Or, j’ai donc demandé à Pepso s’il voulait l’inviter car ils sont bons potes. Puis il a eu l’idée de proposer à Nob et Eli, la parité quoi ! J’ai presque tout réalisé sur ce track, la prod, réunir les gens, trouver Pifou le réal du clip (le gars tu lui files deux bouts de ficelle et il te construit un château), décocher un spot, organiser le voyage, etc. Je crois que par le biais de ce morceau on a scellé l’équipe avec Pepso : « Ouais on kiff faire de la zik ensemble (rires) ! ». J’ai même imposé le thème puisque c’est moi qui ait trouvé le titre W.A.S.P., après il en ont fait ce qu’ils voulaient hein!

PEPSO : Je gardais cette instru pour un hypothétique album solo. Je l’aimais beaucoup, et avais imaginé l’histoire d’un homme qui passe par cinq étapes de sa vie sentimentale. J’en ai écrit deux puis j’ai laissé tomber, classé dans la rubrique des morceaux inachevés. Au bout de six mois, RezO me demande « Bon tu en as fait quoi de la prod ? ». Je lui réponds « Je me suis emmené un peu trop loin, j’ai peut être visé la lune » (rires). Dans son habitude de ne jamais lâcher l’affaire, de rebondir direct, il me propose dans l’instant un gros freestyle autour du thème des sentiments. Ça m’a stimulé direct, je savais déjà que le disque tournerait en partie autour de cette thématique, et ça faisait des années qu’on parlait de faire un morceau avec Camélia. C’est tout naturellement qu’on a proposé à Nob, son binôme de scène, de se joindre à nous, et puis l’idée d’Eli m’est venue. Les deux rappeuses se retrouvaient pour la première fois sur un morceau, on était très curieux de voir ce que ça pouvait donner et on est très content du résultat. Tout s’est passé très vite de l’enregistrement au clip, aidés par un feeling déconcertant.

Au final je n’ai pas totalement lâché mon thème de base, puisque j’ai conservé comme couplet que j’ai développé une des cinq étapes, celle du Don Juan. Lorsque après avoir fait le deuil de la rupture, cet homme reprend confiance, enchaîne les conquêtes et se protège tellement des sentiments qu’il détruit tout autour de lui.

UNE PARMI LES MILLES

REZO : Premier morceau enregistré pour le EP, je ne crois pas qu’on pensait déjà au EP à l’époque de sa réalisation. On se connait depuis pas mal de temps et quand Sopep vient sur Rennes on aime bien kicker un truc quoi. Si je ne dis pas de bêtises, c’est à la suite de cet enregistrement que je lui ait fait écouter le beat de « Les Hérétiques », et c’est à partir de ce track-là qu’on a décidé d’attaquer l’EP. J’aime bien ce beat, sur scène il tabasse vraiment, c’est le côté rentre-dedans qui prédomine. C’est aussi lui qui boucle la face A du disque qui est plus sombre.

PEPSO : Ce morceau est peut être celui que j’ai le plus de mal à digérer. Il symbolise vraiment un état de transition. Je crois qu’on était tout les deux fatigués par nos derniers projets, mais on avait envie de créer quitte à se forcer un peu. C’est un égotrip dans lequel je commence à insérer des métaphores de consciences hérétiques, des références oniriques et épiques. On commence à percevoir les bribes d’une ouverture mais pas encore de liberté, car les règles syllabiques persistent, je me situe toujours dans l’exercice. Ce beat je l’ai kiffé car il ne me ressemble pas, il a la rage, je le prenais comme un challenge. Premier morceau enregistré, dernier de la face A, celle qui ouvre l’accès à la face babtou fragile qui met ses couilles sur la table.

JOLIE MÔME

PEPSO : Ce morceau s’inspire d’une fille que je connais bien et que j’admire pour sa soif de liberté. Voici l’histoire. RezO m’envoie la prod avec l’intro de Tchao Pantin et la boucle lancinante qui suit. Je me dis : « Ce con m’a foutu la pression » (rires). Je me retrouve à vouloir gratter une dizaine de jours après dans un autre appart sous loué à Gambetta. Ça commence bien, un peu trop même, au bout de 12 mesures j’arrête net. Je me dis « Merde ! Je parle d’une fille dont je crois être amoureux et avec qui c’est plutôt compliqué. Elle me tirera sûrement une balle dans la tête si je dévoile ce qu’elle m’a donné et que je suis le seul à percevoir chez elle. » Je décide de ne pas poursuivre ce texte. Quand arrive la session studio je débarque un peu penaud. RezO me regarde avec un grand smile et me dit « Alors tu l’as pondu ce texte ?! ». Je souris gêné, réponds « J’ai 2-3 idées » quand je lui montre les quelques rimes que j’ai écrit . Il kiffe ! Alors j’assume, je me mets à gratter et trois heures après je passe en cabine. J’ai tout écrit d’une traite, je crois qu’inconsciemment j’avais déjà toutes les rimes dans ma tête. Je l’appelle « Jolie môme » c’était mon idée de départ, reprendre Léo Ferré et l’adapter à une fille de notre époque. C’est l’image forte qu’elle m’inspirait. On a trouvé la mélodie de chant du refrain en partant de celui de Ferré. À 19h le morceau était édité. Mis à part le mix, on n’y a plus jamais retouché. On s’est regardé en se disant que c’était peut être le plus beau morceau qu’on ait réalisé. On est partit faire la fête juste après ! Depuis ce morceau produit chez les gens que des anecdotes marquantes, on en est plutôt fiers !

REZO : Là où j’ai su qu’on avait réalisé un beau morceau, c’est lorsque je l’ai fait écouter à un de mes meilleurs amis et qu’il s’est retrouvé les larmes aux yeux à la fin du track. Il n’imagine pas l’impact que cette image a eu sur moi. Là ou tout le monde pense être le meilleur, où les beatmakers essayent de faire marcher le plus de VST et d’arrangements, ils ont pour beaucoup oublié le principal : l’émotion. C’est le but de ma musique, j’essaye de la susciter sans fioritures, juste humblement. Je crois qu’on y est arrivé avec ce morceau.

Maintenant je vais remettre les choses dans leur contexte, Pepso la première fois que je t’ai envoyé la prod ce n’était pas Tchao Pantin dessus, mais une bande son extraite d’une video Youtube où une vieille folle parlait mal des musulmans ! J’imaginais un feat avec Demi Portion ou un MC du même acabit, pour donner une dimension politique au morceau ! Mais Sopep était mal à l’aise, il trouvait cette intro dérangeante et avait peur qu’elle soit mal interprétée. C’est ensuite que j’ai trouvé cet extrait de Tchao pantin et que le morceau est né. Et pour l’anecdote après l’enregistrement j’ai essayé de contacter Akhenaton pour poser sur ce morceau. Je pense qu’il aurait pu prendre encore une autre dimension. Peut être moins intime mais certainement très touchante. Enfin ça reste une supposition car Oasis et Coca Cola ne se seront finalement jamais rencontré.

PEPSO : Je n’étais pas mal à l’aise (rires), je ne savais pas quoi écrire sur ce thème. L’instru m’inspirait autre chose.

NOVEMBRE :

REZO : Novembre, pour l’histoire, ce morceau n’aurait pas du être présent sur l’EP, il ne devait même pas y avoir Pepso dessus. L’instru était destinée à Safirius à la base qui est repartie avec après une séance d’enregistrement pour son projet Darjeeling Speech. Il l’a gardée bien au chaud pendant quelques mois puis est repassé avec. Il voulait à tout prix kicker ce beat mais comme il ne pouvait pas l’intégrer dans Darjeeling, il m’a proposé de l’intégrer dans un de mes projets. Immergé dans l’EP avec Pepso, j’ai tout de suite eu envie de les regrouper à nouveau (Pepso & Saf sont ensemble déjà sur le premier album de Pepso et sur mon premier album). Au final, c’est devenu un des morceaux préférés du EP. Saf est l’une des plus belles plumes de sa génération.

PEPSO : Je dis souvent que Saf est mon jumeau maléfique (rires). Je crois qu’on s’accorde dans nos folies. On écrit sur les mêmes choses, lui d’une manière assez noire et moi peut être plus idyllique. Mais surtout on se retrouve beaucoup dans nos visions de la vie. Lorsqu’on a bu, on tombe vite dans l’extravagance et la sensibilité, on dit qu’on s’aime, on fait les beaux devant les filles, on se prend pour des poètes (rires). La camaraderie comme au temps de Jean Gabin, des résistants et de la poudre à canon ! D’ailleurs ce texte part d’une pensée nostalgique, d’une époque qu’on a pas connu, d’un souvenir d’automne. Lui se met dans la peau d’un homme qui a déjà tout vu, qui erre détaché de tout. Il met à plat ses émotions, parle de sa part de féminité, il n’a plus peur de rien. Moi aussi je me mets à la place d’un vieille homme dans un bar, qui parle à une bouteille de gin. e me livre sans fond et sans fin parce que j’ai bu. Je parle de mes regrets, de mes amours du passé de tout ce que j’aurais pu faire, avec un léger pathétisme. De vrais singes en hiver pour ceux qui connaissent le référence ! C’est ça que j’aime avec lui, on peut parler de tout nos sentiments sans tabou, ce qui est rare avec les rappeurs que je trouve pour la plupart très pudiques en matière d’émotions.

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CESARE :

PEPSO : Le dernier morceau du EP, celui où j’ai le plus galéré. C’est étrange d’ailleurs, car la réalisation des Hérétiques à l’image des prods et des textes s’est faite de manière très brute. Je terminais souvent les textes en studio et on faisait ça one shot. Là j’ai du mettre un mois et demi à l’écrire, et la session studio aura duré deux jours. Pourtant c’est pour moi celui qui transpire le plus la chair à vif. J’y parle de ma condition d’être humain qui fait du rap, qui réside dans le présent et ne répond qu’à ses humeurs.

J’ai souhaité travailler sur la dualité de mon personnage, en partant sur deux couplets qui incarnaient deux émotions opposées, la vulnérabilité et l’invincibilité. Ces deux émotions sont celles qui me traversent le plus souvent lorsque je suis sur la réalisation d’un projet et je pense que c’est pareil pour pas mal d’artistes qui consacrent leurs vies à ça. Je voulais terminer ce projet par cette idée, ça me permettait ne pas lui donner de véritable fin. Il y a aussi un effet double dans ce morceau qui dure 7 minutes. L’instru change après le texte et laisse place à la boucle initiale où se pose l’harmonica de Yarel qui improvise sans véritable début ni fin. Une errance qui ne traverse que le présent.

REZO : J’y tenais à cette prod, c’est ce que j’aime le plus produire, une belle boucle soul, une batterie travaillée sous la forme d’un break et un final avec incorporation de vrais instruments. Pour les accrocs au rap cainris et à l’écurie Stones Throw, Madlib a repris la même boucle il y’a peu de temps. Je me suis posé la question du coup si on le gardait ou pas. Je me la suis posé environ trois secondes à vrai dire ! J’adore ce track, je trouve le flow de Pepso plus nerveux, moins en sécurité dessus, ce qui crée une émotion, une urgence, l’interprétation est comme j’aime dans le rap français : nuancée.

Vous sortez le projet en physique avec une belle pochette et un pressage de vinyle…

REZO : Tous les projets sont importants, si tu ne t’investis pas à fond cela ne sert à rien de le faire. A vrai dire moi j’ai pas mal souffert du manque de travail sur la communication et la promotion de l’album que j’ai sorti avec mon autre frérot de son K.Oni (lire le décorticage), du coup j’étais un peu fatigué par rapport à la musique, Pepso en s’investissant sur tous les fronts, en développant tout un univers autour de Rezinsky a réussi à me redonner la foi et surtout l’envie de recomposer et surtout, il a su s’armer d’une équipe investie et compétente. Que ce soit Silas pour l’univers visuel, mais aussi Robin, Pierre ou Sleeman, qui sont dans l’ombre et font un taf de dingue. Je leur dis « Chapeau bas messieurs », ils meritent d’être félicités, car c’est en équipe que l’on peut faire de belles choses.

PEPSO : C’est vrai, on essaye de s’investir de la même manière sur chaque projet. Le truc cool avec Rezinsky c’est qu’on a reçu un soutien avant même de sortir un morceau. Beaucoup de personnes nous ont soutenu sur KissKissBankBank lorsqu’on a sorti la campagne pour presser le vinyle. Des pros nous ont appelé pour faire des dates alors qu’on avait même pas fini d’enregistrer le projet. Je crois que c’est la réunion des deux entités qui plaisait. Ça nous a boosté grave.

J’ai contacté Silas pour la pochette, parce que j’appréciais vraiment ses dessins. Il m’a fait une proposition et de là si je ne me trompe pas, j’ai tellement kiffé que je lui ai proposé de bosser une illustration pour chaque morceau. Pour moi on tenait un truc qui dépassait le rap. Il m’a dit oui direct. Ce mec a vraiment un talent perché, ce qu’il fait ne ressemble à rien d’autre. De là on a commencé à vouloir créer plus qu’un disque, mais tout un univers artistique qui nous était propre. Je pense que c’est ça qui a fait kiffer Robin et Pierre qui bossent sur le développement du projet. On s’est tous mis à réfléchir à des concepts, proposer des idées, tenter d’offrir au public plus que ce qu’il s’attend à voir et écouter. On a tout fait dans l’ombre, on a gardé ça secret pendant un certain temps.

Le but c’était que chacun trouve sa place dans le projet et puisse se dépasser par la suite. Sans le savoir je crois qu’on a un peu bossé comme une forme de label en développement, c’est d’ailleurs le prochain palier je crois, la structuration. Après on a clairement eu la chance de susciter de l’intérêt chez de plus en plus de monde. On a cherché des solutions pour produire des clips de qualité avec nos budgets d’indés, réaliser une exposition et développer des outils de communication originaux. Le disque est prêt depuis début janvier, mais on a voulu réfléchir à tout en amont. On a réussi à s’entourer d’artistes et d’acteurs très talentueux qui font un boulot de malade pour que ce projet se développe. C’est tout ça l’univers Rezinsky, des personnes qui parfois même ne se connaissent pas mais qui sans le savoir bâtissent ensemble une maison. Sans eux nous n’aurions même pas fait la moitié du chemin.

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Les Hérétiques : disponible depuis le 1er juin.

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