Koma & Mokless (Scred Connexion) – l’interview « 10 Bons Sons »

C’est avant leur concert à la Dynamo le 1er mai dernier (organisé par les assos CMF et Bim Bam Prod) que nous avons rencontré Koma et Mokless. Résumer la carrière de ces deux MC’s en 10 titres s’est révélé compliqué, et puisqu’ils sont deux, nous avons fait une petite entorse au règlement en sélectionnant 15 titres sur lesquels les faire réagir. Retour sur la discographie de la Scred Connexion, de 1996 jusqu’à aujourd’hui.

1 – Koma – Epoque de fou – 1996 (issu du mini-album Tout est calculé de Koma)

Koma : Tu m’as ramené loin… Je vais te dire un truc : c’est le premier maxi indé qui est rentré à Skyrock en playlist. Aucun indé ne l’avait fait avant. Je me rappelle, je l’avais envoyé par La Poste, je connaissais une meuf qui travaillait là-bas et qui m’avait dit : « J’ai parlé aux mecs, envoie-le. » Une fois reçu elle l’a fait circuler, et le lundi il était en playlist. Sans maison de disque ni rendez-vous. Un OVNI. Dix passages par jour.

Mokless : Alors qu’à l’époque il y a des mecs qui se tapaient pour rentrer en radio…

Koma : Avant, le rap c’était des familles, il fallait quelqu’un pour te faire rentrer. Moi c’était Fabe. Donc quand tu fais les premières parties, ou les backs, ou un ou deux morceaux dans son concert à lui, tu es encore dans l’ombre de la personne qui t’a introduit, et c’est normal. Solaar avait Soon E MC par exemple. Et donc c’est dur de sortir de l’ombre de ton pote, surtout quand il est connu, et de montrer que toi aussi tu as un talent, un univers qui n’est pas le sien.

Mokless : Ce titre c’est un peu la carte de visite de Koma. Jusqu’à ce qu’il sorte Le Réveil, pour les gens c’était « Époque de fou ». Et puis il y avait le remix avec Ekoué qui était un beau morceau.

Koma : Ça m’a fait comprendre un truc : pour les gens, la première image avec laquelle tu arrives est celle qu’ils vont continuer à vouloir voir. C’est souvent ça.

2 – Fabe feat. Koma et Morad – Marche ou crève – 1997 (issu de l’album Le fond et la forme de Fabe)

Le Bon Son : Pour moi c’est le premier titre de la Scred, avant qu’elle s’appelle la Scred.

Mokless : C’est vrai !

Koma : Exactement. La première combinaison sur laquelle Morad, Fabe et moi nous mettons ensemble pour faire un morceau.

Tu les connaissais déjà depuis un petit moment ?

Koma : Morad était déjà dans La vie de quartier sur mon mini-album, et Fabe sur « Epoque de fou remix ». Donc c’était dans la suite du truc. En fait dans Tout est calculé il y a déjà écrit « Scred Prod », et on y retrouve donc Morad, qui fait aussi le refrain de « Tout est calculé », Fabe est aussi producteur puisqu’il a mis la moitié des thunes avec moi, et qu’on a enregistré dans la chambre de Stofkry. [DJ / beatmaker de Fabe à cette époque, ndlr]

Vous pensiez déjà à officialiser le truc un petit peu ?

Koma : Non. C’était l’époque où un mec ramenait un mec qui en ramenait un autre. Il n’y avait pas de nom, pas de crew. Avec Fabe on était dans Le Complot Des Bas Fonds [avec Lady Laistee, Sléo, LSO, Beaux Prophètes], mais Morad n’y était pas. Puis à un moment il y a eu une scission dans Le Complot : notre branche à nous, et les autres aussi. On commençait à développer notre identité à nous et les autres partaient dans d’autres délires. Lady Laistee est partie avec BOSS, Beaux Prophètes avec Jimmy Jay… Fabe et moi on a créé notre truc, et on a intégré Morad dans les concerts.

3 – Fabe feat. Koma – Tu peux pas te tromper – 1998 (issu de l’album Détournement de son de Fabe)

Koma : Yvan de Double Pact à la prod, super son.

Ce son illustre un peu votre fonctionnement à deux de l’époque.

Koma : À la base c’est Butch qui nous a mis en connexion, Fabe venait d’aménager à Barbès. On a commencé à s’échanger nos cassettes. Il avait de l’avance sur moi, donc il a commencé a me proposer de venir faire les radios avec lui : Générations, FPP, des trucs undergrounds… Là on a commencé à bien se combiner. Et puis le rap d’avant c’est pas le rap d’aujourd’hui : les mecs ils avaient des longs textes, avec beaucoup de mots, il fallait du souffle. Donc être le backeur de quelqu’un, comme moi à cette époque-là, c’était un truc important. Pas comme aujourd’hui où tu peux arriver tout seul, en chantonnant. À l’époque il avait un vrai rôle le backeur, c’est une formation de la scène : dire le dernier mot d’une phrase, faire le refrain… Pour que l’autre reprenne son souffle. Avant il y avait des roulements, des longues phrases, des couplets de 24 mesures… C’était un sport de ouf ! Tu te rappelles Mokless les concerts d’avant ? On était morts à la fin.

Mokless : Tous morts. Avec nos veines qui sortaient.

4 – Scred Connexion – Opération Freestyle – 1998 (issu de la compilation Opération Freestyle de Cut Killer)

Mokless : C’est là qu’on est apparus, avec Haroun.

Le Bon Son : J’avais lu que le titre de ce morceau avait donné le nom au collectif.

Mokless : La rumeur dit que Cut avait appelé Fabe en lui demandant quoi mettre pour le titre. C’est ça ?

Koma : Ouais, et il avait répondu un truc dans le genre ‘Vas-y, mets « Scred », rajoute « Connexion »…’

Mokless : Ouais mais en même temps le titre c’était déjà « Scred Connexion » au moment où on l’a enregistré, le refrain était là, et ça disait : « Scred Connexion, un nouveau nom dans ta collection« .

Donc c’est un morceau qui présente un peu le groupe…

Mokless : Oui, mais sans qu’on se dise entre nous : « Tu fais partie d’un groupe. » Peut-être que Fabe et Koma voulaient pas trop nous promettre des trucs…

Koma : Moi j’avais fait Epoque de fou, Le choix des armes, tous les Hip Hop Soul Party. Donc Cut me connaît, il connaît bien Fabe, et il nous parle de son concept où les rappeurs un peu connus de l’underground ramènent des moins confirmés ou des mecs de leurs quartiers. Donc 113 ramènent des mecs de leur quartier, KDD pareil, Expression Direkt… Et donc nous on a ramené Mokless et Haroun. On estimait que c’était ce qu’il y avait de mieux dans notre quartier.

Mokless : De mon côté je faisais du son avec un groupe de mon quartier. Pour moi Fabe et Koma c’était des grands, ils avaient déjà fait des trucs sur CD. Quand tu avais ta voix sur un CD à l’époque, tu avais réussi. C’est comme ça que tu vois les choses quand tu es jeune. Alors qu’aujourd’hui ça veut rien dire. Et donc ce morceau il a une importance pour moi.

Koma : C’est le morceau qui a fait que les gens appelaient chez Fabe pour booker « Scred Connexion » pour des concerts, ou pour un projet… Le nom coulait donc de source, ça s’est fait naturellement.

http://youtu.be/4O-Y3c4uN7Q

5 – Koma – Loin des rêves – 1999 (issu de l’album Le réveil de Koma)

Koma : À la base c’est un mec qui appelle Fabe pour participer au projet « La rencontre – De Paris à New York ». Et Fabe ne peut pas, mais il lui propose de faire poser un pote qui s’appelle Koma. Fabe me ramène le mec, et c’est Fabrice Atchinak, avec qui j’étais au collège Clémenceau. Donc ça facilite le truc. Je me retrouve chez Real Up, en disant : « Moi je ne veux pas rapper avec un américain. »

Mokless : Il faisait déjà l’américain ! (rires)

Koma : La compil sort, et moi j’étais le dernier arrivé, et je devais pas être sur la compil à la base, et les mecs de chez Real Up me disent : « On veut te signer. » Ils me font un chèque et sortent mon album Le réveil.

Mokless : En plus ils avaient fait le clip de la compil avec ce morceau-là.

Koma : Je suis parti à New York, et j’ai même pas fait de morceau avec un américain. Tout bénef’. Et en plus j’ai appris le métier grâce à ce morceau : je leur avais demandé une avance de 10 000 francs à l’époque. Avec cet argent je suis allé en studio, j’ai fait le morceau avec Haroun, on a payé le studio, on a partagé l’argent qui restait, et on leur a rendu les bandes en étant producteurs du morceau, sur leur compil. On leur a imposé d’être producteurs de notre morceau dans leur projet.

Mokless : Et en demandant une avance pour le produire…

Koma : Donc ça s’appelle « apprendre le métier ».

Mokless : C’était ton premier clip en plus.

Koma : Le réalisateur c’était un mec qui s’appelait « Cool », qui bossait au Quik à Barbès. Il a aussi fait des pubs de ouf, il s’est bien placé.

Mokless : Comme quoi ça sert le Quik ! (rires)

Koma : Après il a eu le budget pour faire le clip « L’impertinent », puis des clips pour China…

6 – Fabe feat. Mokless – Remballe – 2000 (issu de l’album La rage de dire de Fabe)

Mokless : Fabe était sur la préparation de La rage de dire, et il m’avait dit qu’il fallait qu’on fasse un morceau. De mon côté, même si c’était Befa, je voulais pas attendre après le mec, qu’il me ramène un sujet ou un refrain… J’étais chaud en vrai. J’ai écrit le refrain, je l’ai ramendé à Befa, et il l’a trouvé mortel et on est partis là-dessus. On est partis chez Cutee B, on a posé le morceau, on a fait du passe-passe, c’était marrant de le faire à deux, de se mélanger…

Koma : On fait plus de passe-passe aujourd’hui.

Mokless : Ça se fait de moins en moins c’est clair. Souvent j’entends que dans ce morceau on parle du 113, ou même de Disiz alors que non, et j’en profite pour recadrer ça. Des fois c’est bien de rétablir la vérité, et laisser planer le doute c’est bien pour personne. On n’a jamais vraiment eu l’occasion d’en parler. Les phases de Disiz et du 113 qu’on utilise c’était pas des piques envers eux, mais plutôt une dédicace. Pour 113 on a repris le scratch parce qu’on n’avait pas le choix. 113 était chez Sony, et c’était eux qui devaient le faire en fait, le « La la la ». Et comme ils l’ont pas fait au final, les gens ont cru qu’on se foutait d’eux alors que non.

Alors que sur Des durs, des boss… des dombis ! de Fabe, y’a des piques plus claires, sur « La guerre du rap » de Stomy, Booba s’était senti visé… Donc les gens ont peut-être pensé que c’était le cas sur ce titre aussi…

Mokless : Oui mais sur « Des durs… » c’était clair.

Koma : Il y a un clash qu’on a oublié de l’époque de Fabe : le clash avec Jean-François Richet dans le magazine « L’Affiche ». Richet avait écrit une page, et Fabe lui avait écrit en réponse.

Mokless : Je trouve ça juste comme procédé.

Koma : Fabe dit dans sa chanson « La différence entre Spike Lee, Kassovitz et Richet, c’est que Spike Lee parle de ce qu’il est » [sur le titre « Un nuage sans fin », et il enfoncera le clou un peu plus tard dans une interview pour L’Affiche, ndlr]. Richet rédige une réponse dans le magazine L’Affiche, Fabe appelle le magazine en exigeant un droit de réponse, qu’ils lui ont donné.

Mokless : Ce serait bien de retrouver ces papiers, on ne les a pas…

7 – Mokless & Haroun – Bouteille de gaz – 2000 (issu du maxi Bouteille de gaz d’Haroun & Mokless)

Mokless : Ça c’est la période où avec Haroun on écrivait souvent chez lui. Haroun il grattait des textes en scred, il disait pas au début. Il s’est présenté comme beatmaker, il disait pas qu’il rappait, il l’a pas déclaré tout de suite. Quand je l’ai croisé pour la première fois, il était un peu plus jeune que moi, il devait avoir 14 ans et moi 16, et il faisait déjà des prods. Pour le morceau « Bouteille de gaz », un jour Haroun me fait une prod, et moi j’avais une phase dans un couplet qui faisait : « Peut-être qu’on reste cool, mais sur le beat on gaze, on fait flipper la France comme la bouteille de gaz. » Donc il me fait écouter l’instru avec ces deux phrases plus la suite du refrain. Et il me dit : « Faut qu’on écrive là-dessus. » Et c’est comme ça qu’on a pondu le morceau. De là, en parallèle, le Front National menait sa campagne et distribuait des cassettes dans les boîtes aux lettres. Et donc le discours qu’il y a en intro de « Bouteille de gaz » sort de là. Donc c’est une sorte de réponse à ça qu’on a faite.

Koma : C’est Bruno Mégret qui parle d’ailleurs.

8 – Scred Connexion – Partis de rien – 2000 (issu du street CD Scred Selexion Vol.1)

Koma : Là on a réuni tous les maxis vinyles qui sont sortis.

Mokless : Les gens nous les réclamaient en CD.

Koma : C’était la fin de l’époque du vinyle, pour les débuts de l’ère de la street-tape. C’est le premier projet que tu peux appeler une street-tape vu ce n’est pas un album officiel.

http://youtu.be/8CYZgNk5G14

9 – Scred Connexion – Introduxion – 2002 (issu de l’album Du mal à s’confier de la Scred Connexion)

Mokless : Sur ce morceau-là il n’y a plus Fabe, tu entends l’orage… C’est « Du mal à s’confier », il ne reste plus que nous quatre. Entre temps certains n’ont pas donné cher de notre peau, parce que pour eux le départ de Fabe signait la fin de la Scred.

Koma : On a réussi à faire des morceaux comme « Justice pour tous », « Introduxion », « Renverser la vapeur »… Des morceaux qui nous ont fait connaître. Et en écoutant ces morceaux, tu ne penses pas que Fabe n’est pas là.

Mokless : C’est l’album qui a posé la marque « Scred ».

Le Bon Son : Sans Fabe, il n’a pas fallu trouver un nouvel équilibre ?

Mokless : Au contraire, même s’il y a un mec en moins, et que c’est un handicap, on va pas te mentir. Mais on croyait en nous en vrai, on était jeunes et on savait qu’on était capables de le faire.

Koma : On savait qu’on avait un potentiel. Et ça a libéré le côté indépendant qu’on avait. Fabe c’était le lien avec les maisons de disques. Ça nous a mis au pied du mur de devoir tout faire en indépendant : démarcher, trouver des partenaires et créer un réseau…

10 – Flynt feat. Mokless & Koma – Vieux avant l’âge – 2002 (issu de la compilation Explicit Dix-Huit)

Koma : Morceau issu d’un projet de compil.

Mokless : Il y a un projet qui s’est fait dans le 18, et logiquement on a participé. Après les gens tu fais des feats avec eux, c’est bien sur le coup, aujourd’hui on continue à en faire et on en a fait plein d’autres.

Ce morceau il revêt une importance particulière aux yeux de votre public…

Mokless : Il est important aussi pour nous. Il a parlé à beaucoup de gens, il y a des phrases dedans qui ont marqué. Ce jour-là on devait être en forme… On nous parle encore du morceau, nous-même on le fait encore sur scène.

http://youtu.be/i0Ym2vegtoc

11 – Haroun feat. Scred Connexion – Ça part en couille – 2007 (issu de l’album Au front d’Haroun)

C’est drôle, il y a un trou entre Du mal à s’confier (2002) et l’album d’Haroun (2007)…

Mokless : Une traversée du désert…

Koma : Ça correspond au rap qui s’est perdu à un moment donné. Ça partait dans tous les sens, plein d’artistes un peu à l’ancienne sont tombés. L’hécatombe des mecs de qui ont officié entre 95 et 2000 : ils ont disparu pour la plupart. A part les survivors : la Scred, La Rumeur, Lino & Arsenik, Rocé. Mais vers 2005, 2006, 2007 le rap a changé de couleur, l’électro a pris le pas et le sample est devenu désué. Ça a éliminé pas mal d’anciens qui ont essayé de faire des sons comme ça et qui se sont ramassés.

Est-ce que ce morceau sur l’album d’Haroun vous a redonné l’envie de rapper, a-t-il un rôle ?

Mokless : Non puisqu’on a toujours continué à faire de morceaux ensemble pendant toute cette période-là. Des projets à droite à gauche.

Koma : L’erreur qu’on n’a pas faite c’est de se prendre pour un groupe. On est un collectif d’artistes solos.

Mokless : Quand tu es dans un groupe, tu ne vas pas faire mille trucs à côté. Nous on est des rappeurs solos, chacun fait ce qu’il veut. Pas de comptes à rendre. On s’est donc aussi permis plein de choses pendant ces années-là.

Ce morceau a été fait spécialement pour l’album d’Haroun ?

Mokless : Il préparait son projet, il nous a demandé de poser un morceau en groupe, et il nous a filé l’instru, le thème, le refrain, et nous a dit : « Posez vos couplets. » Un sujet tu le trouves pas à deux au même moment non plus.

Koma :Il y a la méthode de travail où tu peux tout écrire ensemble, machin… mais ça va mettre des plombes.

Mokless : Faut avancer le travail des fois !

Koma : Aujourd’hui on utilise plutôt l’autre méthode, comme pour le titre sur l’album d’Haroun : il y en a un qui amène l’instru, un thème, le refrain et un couplet par exemple. Tu as le décor, tu poses ton couplet.

Mokless : Ca c’est la royale. Tu arrives en disant « Voilà le topo les gars ! » Des fois tu as juste le thème, tu n’as ni le refrain, ni l’instru, rien. Et ton pote va écrire un refrain sur ton thème, l’autre va trouver une instru…

Koma : Tout dépend du timing, des activités de chacun… De plein de choses.

http://youtu.be/VwotJfDdF-M

12 – Mokless – Le temps d’une balle – 2008 (issu de la Bande Originale inspirée du film Mesrine)

Koma : Mokless le spécialiste des B.O. ! « La vérité si j’mens », « Mesrine »…

Mokless : Pour ce morceau on m’appelle au dernier moment. Ils ont demandé à Tunisiano qui pose un morceau s’il connaissait pas un rappeur parisien, vu qu’il n’y avait pas un mec du 18ème, pour une compil sur Mesrine ! Bref, ils me contactent alors que je partais au bled deux jours plus tard. Pour moi ça méritait plus de temps, du coup je leur ai proposé un morceau que j’avais sur l’argent, pas encore sorti à l’époque. Ils me recontactent alors que je suis au bled, et me disent que la fille de Mesrine voudrait que je change une petite phrase. Je leur ai dit que s’il y avait du temps pour changer, alors je réenregistrerais un morceau à mon retour. J’ai commencé à réfléchir au bled, j’étais en vacances, et j’ai enregistré « Le temps d’une balle » à mon retour.

13 – Scred Connexion – Au milieu des jaloux – 2009 (issu de l’album Ni vu ni connu de la Scred Connexion)

Mokless : Pour qu’il y ait de la jalousie, il faut qu’il se soit passé des choses dans notre histoire. C’est un sujet qui nous touchait à ce moment-là, et on a voulu en parler à notre sauce.

Koma : C’est pas un morceau qui m’a marqué.

Quels sont ceux qui vous ont marqué ?

Mokless : Il y en a beaucoup : « La règle du jeu », « Renverser la vapeur », « Touche pas »…

Koma : Il est pas chanmé cet album, je te le dis tout de suite.

Mokless : Il a eu moins d’impact que les autres.

Koma : Moi j’en garde peut-être 5-6. Je changerais les instrus. C’est un grand problème le choix des instrus, tu peux avoir des couplets qui passent inaperçus sur ton album, mais que tu vas faire à la radio sur une face B, et le gens vont le trouver chanmé.

14 – Mokless – Reviens parmi nous – 2011 (issu de l’album Le poids des mots de Mokless)

Mokless : C’est le morceau qui revient souvent. J’étais étonné d’ailleurs, je pensais pas que ça allait parler aux gens. En fait ce morceau-là je ne devais même pas le mettre à la base. J’avais fini d’enregistrer l’album, et Yonea et Willy sont venus chez moi, et j’étais en train d’écrire le début de ce morceau. Et ils ont trouvé ça bien et m’ont encouragé à le mettre.

Koma : Le rap à histoire ça parle aux gens.

Le clip a bien tourné aussi, avec Adel Bencherif.

Mokless : C’est Willy qui l’a fait le clip. Après sur scène il casse un peu l’ambiance, on le joue quand il y a trop d’ambiance ! (rires)

Koma : C’est le moment émotion !

15 – Jamais 203 – Débordé – 2013 (issu de Jamais 203, l’album commun de Mokless, Guizmo & Despo Rutti)

Mokless : Une aventure ! Un bon souvenir de studio, de rap. Moi j’aime bien faire du rap. J’ai mélangé des styles qui sur papier n’étaient pas voués à se mélanger. Nous on l’a fait, ça n’a pas trop marché. Moi j’en garde un truc positif, je n’ai jamais eu l’habitude que ça marche ou que ça explose. Donc voilà, l’histoire continue ! Aujourd’hui j’étais là, demain je serai ailleurs.

Morad nous avait annoncé un nouvel album de la Scred il y a deux ans, « Classico ».

Mokless : C’est un truc qui était entre nous, après dès qu’on a commencé à en parler on l’a vu partout, donc ça nous a enlevé l’envie de l’appeler comme ça. Moi de mon côté je prépare des morceaux solos, et avec la Scred on a dû en maquetter une dizaine. C’est pas fini, pas mixé, on doit être à 30% de l’album. Le prochain truc que tu risques d’entendre c’est un morceau solo. Ou bien un morceau de la Scred…

Plus d’infos sur www.scredconnexion.com.

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Olivier LBS

Doyen et autocrate en chef de cette incroyable aventure journalistique. Professeur des écoles dans le civil. Twitter : @OlivierLBS

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