Les coulisses d’Astéroïde racontées par Buddah Kriss (Just Music Beats)

Alors que le début d’année 2020 les a vus multiplier les projets, les apparitions, avec Perso, Veerus, Ron Brice, Muge Knight ou Mr JL, Just Music beats, le monstre à deux têtes, composé de Buddah Kriss et Oliver, n’a pas chômé durant le confinement en profitant de l’occasion pour se lancer dans un nouveau projet. En deux mois, les deux bougres auront fourni l’écrin à Akhenaton pour la réalisation de l’album Astéroïde, fortement marqué par la pop culture, les Marvels, les mangas, le cinéma. C’est donc dans la boutique Supertoys, dans le 6ème arrondissement à Marseille, que nous avons organisé cette interview pour nous entretenir avec Buddah Kriss afin d’évoquer cet album, AKH, les prods sans beat, la réalisation de ce projet durant le confinement, et le morceau « Mon texte le savon part. IV ».

Tu peux revenir sur votre relation avec AKH, parce qu’elle est assez ancienne…

(Il réfléchit) On l’a rencontré vers 2009-2010 sur le tournage de « Plus que de la musique » de Sat avec Sopra et AKH en feat, parce qu’on avait bossé sur l’album Diaspora, sur le morceau « Sale époque » avec Mesrime et sur « Retour aux sources » avec Faf Larage. Sat nous a donc invités avec Le Turf lors du tournage pour faire une petit guest. C’est là qu’on a rencontré AKH et on avait sympathisé de manière correcte, polie. Après, Perso et Avicen (Le Turf) avaient leur Freetape 2 en chantier et ils devaient enregistrer un morceau avec Chill. Il leur a donnés rendez-vous à la Cosca quelques semaines plus tard et Perso m’a proposé de venir avec lui. Je me suis incrusté et j’ai ramené un CD avec des instrus, que je leur ai fait écouter et voilà… Il commençait à travailler sur le concept de We Luv New York avec Faf Larage. Ils m’ont pris trois prods dans la foulée, qui ont fini sur le projet. Après il y a eu la tournée, ils m’ont proposé d’être DJ avec une MPC, avec DJ Daz. De cinq ou six dates au départ, on s’est retrouvés à en faire plus d’une trentaine. Derrière les collaborations se sont enchaînées naturellement. Il a fait appel à Oliver et moi sur Arts Martiens, sur l’album suivant … IAM, sur son album solo Je suis en vie et durant toute cette période il y a eu beaucoup de trucs sur Me Label, il est venu poser des couplets sur nos prods pour les compils de Samm de Camouflage ainsi que sur l’album de Perso, Affaire Personnelle. Il y avait donc une dynamique où on faisait régulièrement du rap ensemble.

Vous aviez évoqué à cette époque la réalisation d’un projet commun ?

Oui. Ça doit être une discussion qu’on a eue dans un tour bus ou un train. Ça partait d’une connerie. On se disait que ce serait bien qu’on se fasse un projet commun à l’image des cainris comme Curren$y avec Alchemist ou avec Prodigy de Mobb Deep. Un truc avec les mêmes producteurs qui peuvent amener différentes couleurs tout en ayant une cohérence. De là, on a commencé à lui envoyer des instrus qu’il a mises de côté. Mais le problème a été nos emplois du temps, nos vies respectives et les projets sur lesquels on bossait. Et puis Chill faut réussir à le coincer parce qu’il est toujours occupé ! En janvier dernier il me souhaite la bonne année et il en profite pour me relancer. Tu sentais qu’il avait envie et je lui ai dit « Feu ! ». Sur la quinzaine de prods qu’on lui avait envoyées par le passé, on en a retravaillé, il en restait alors sept qui lui plaisaient, qui l’inspiraient. En parallèle, on lui a proposé des nouveautés. D’un EP six titres, on s’est fait déborder par les évènements et on s’est retrouvé à faire un album de dix-sept titres.

Lors de cette phase où vous lui avez proposé de nouvelles prods, Oliver et toi d’un côté, AKH et vous deux de l’autre, vous avez eu une discussion sur la direction musicale envisagée ?

(Il coupe) C’était simple. Les seuls rappeurs avec lesquels on a eu autant de facilités, c’est Perso et lui. C’est facile. En tout cas pour nous, étant donné l’identité musicale qu’on a avec Just Music Beats. C’est facile parce qu’on a les mêmes références, on écoute les mêmes conneries au même moment, que ce soit des mecs de Harlem, BK, du Queens, Yonkers, Rochester ou Buffalo… Quand on va lui proposer une boucle de Soul où il n’y a pas de beat, il ne sera pas perdu. D’entrée il va comprendre.

C’est un des points que je voulais aborder parce qu’il y a pas mal de morceaux (« Astéroïde », « Surprise », « Manu Militari », « Andthebeatgoezon », notamment) sans beats qui pourraient en décontenancer pas mal…

Tant mieux et tant pis pour eux. Ce que les gens ne savent pas, c’est que c’est ce rap-là qu’AKH écoute sur son temps libre. AKH écoute Benny, Elcamino, 38 Spesh et toute la clique. C’est un fracassé de cette école de new « boom bap », le new new yorkais, de ce East Coast Grimey en fait, actualisé, avec des prods très minimalistes, comme sur du Alchemist, du Vdon. Chill écoute ça ! Des fois,  il me  sort « T’as écouté le nouveau gars ?! C’est le pote du pote du pote d’un gars qui est pote avec Conway et tu le voyais dans un clip en arrière-plan, il vient de sortir un morceau ! » Tu écoutes et c’est trop chaud ! Avec Chill, très tôt, on s’est très bien compris en terme de références communes. On s’est captés et c’est pour ça que c’est facile. En terme de rap, on parle la même langue. On n’a pas galérés dans la réalisation de l’album.

Quand on a sorti la prod de « Surprise », on écoutait beaucoup de Roc Marciano et on voulait faire une instru avec quasiment pas de drum ou s’il y en avait qu’ils soient sous-mixés dans le sample, ou s’il y en a dans le sample tu doubles un poil ta caisse claire pour donner un peu d’épaisseur dans le mix. Quand Oliver a fait « Astéroïde », il a fait des loops sur le sample et il n’en fallait pas plus pour que ça tue. On a juste ajouté un sub pour que le morceau ne soit pas faiblard à côté de ceux qui suivaient derrière dans la tracklist.

Pendant la réalisation de l’album, Oliver a trouvé le sample de « Manu Militari » et on trouvait que ça ressemblait au « Palmolive » de Freddie Gibbs avec Pusha T dans la vibe, dans le Madlib, sur lequel tu pourrais mettre Westside Gunn par exemple. On l’a envoyé à Chill qui l’a validé direct. On a rajouté une basse et quelques bruitages. Quelques jours plus tard, Chill avait terminé le morceau. Il commence à parler de soleil qui se lève, d’oiseaux qui chantent, je savais que ça allait partir en couilles. Et ça n’a pas manqué ! Chill avait quelques doutes, mais c’est un de nos morceaux préférés avec Oliver, on a kiffé le faire ! Pourtant, des morceaux comme celui-là, on en a fait avec Perso, avec Ron Brice, mais Chill je crois qu’il n’en a pas fait de tel et ça c’était cool.

En terme de samples, vous avez travaillé différemment avec lui, que lorsque vous proposez des prods à IAM ou à d’autres MC’s ou pas ? D’autant qu’il est lui-même beatmaker.

On a fait le même travail qu’on ferait avec n’importe quel artiste. On s’est fait plaisir. Alors que sa tournée était reportée et qu’on était tous bloqués à la maison, on s’est juste dit « Venez on fait du rap et on s’attaque à ce EP six titres dont on avait parlé ! »

Il y a dû y avoir un côté course contre la montre pour sortir le projet à la fin du confinement ?

On s’est pris au jeu. Mais le rendement de Chill est trop rapide. Il aurait pu faire 10 morceaux de plus s’il n’y avait pas le Ramadan au milieu, qui a un peu ralenti sa cadence par rapport au nombre de prises de voix qu’il pouvait faire ! Vu qu’il jeûnait, c’était surtout le matin qu’il enregistrait. Même si des fois il arrivait à enregistrer deux morceaux la même journée ! Si l’instru lui parle, il te fait un morceau en 3 heures, avec deux couplets de 24 mesures. Parce qu’il n’aime pas les 16… Il tombait les titres, il écrivait, il enregistrait. Il m’envoyait des WeTransfer avec les pistes séparées, je faisais les arrangements et le mixage des morceaux ou je faisais appel à des arrangeurs extérieurs comme Fred Denis (Labo Klandestino) ce vrai rasta ou DANCE (du duo Amin Edge & DANCE) qui nous donnaient des petits coups de pouce pour des ajouts de basse ou de clavier sur des morceaux. Une fois que c’était mixé et validé par Oliver et par Chill, ça partait à Bordeaux chez David Meaume un ami qui est ingénieur du son qui s’occupe de faire nos masters depuis au moins huit ou neuf ans maintenant. Pendant que lui faisait son master, je mixais le morceau d’avant, Chill enregistrait le morceau d’après et Oliver préparait la prochaine prod, c’était du travail à la chaîne ! Le fordisme ! Tous les deux jours on avait des morceaux masterisés à valider, des mix à valider, des nouvelles pistes séparées pour de nouveaux morceaux. On avançait super vite.

On sent dans l’album qu’Akhenaton a une certaine spontanéité, qu’il se fait plaisir, avec toutes ces références, tout ce côté geek…

On n’a pas voulu surfer sur une mode ou avoir une posture, on est vraiment dans un délire. Chill dans sa bibliothèque il a tous les Strange, tous les Nova. Il collectionne les bandes dessinées, il a un côté geek, mais ça tu l’entends dans toute sa discographie sauf qu’en groupe, ce côté-là est peut-être moins affirmé que lorsqu’il est en solo où il va avoir beaucoup plus de liberté. Sur ce projet, c’est lui qui se fixait ses propres limites, il n’y avait pas de D.A. qui cassait les couilles derrière sur le format d’un morceau, sur un sample, etc.

Ça n’a pas été contraignant ce travail à distance, entre tout le monde, les featurings, les scratches à recevoir ?

Tout le monde a été vif sauf les amis du Sud. (sourire) Veust est allé chez Inf’ à Nice, Millionnaire est venu donner un coup de pouce avec son micro et son ordi pour faire les prises de voix. Un dimanche, ils ont enchaîné le refrain, leurs couplets et deux jours après c’était plié.

Les feats sont arrivés deux semaines avant la fin du projet. Et on avait encore des morceaux sur le feu ! Mais vu que Chill avait annoncé la date du 11 mai pour la fin du projet, j’avoue qu’il y a des moments où j’ai un peu transpiré (sourires).

Parlons de « Surprise », qui a été le premier extrait de l’album.

On pensait que c’était le morceau le plus « ouvert », du rap belliqueux, revanchard et ça collait bien avec l’ambiance, la pochette du Galactus vénère, un morceau où ça chie sur l’establishment en disant « Vous pensiez que ça durerait trois jours et ça fait trente ans qu’on est là, niquez vos races ! ».

Avec un extrait de « Ciel mon mardi » !

Avec Lionel D, Solaar et IAM. Je me suis rappelé de l’existence de ce passage où un gars leur disait que le rap n’allait pas durer dans le temps. Je l’ai proposé à Chill et on l’a mis à la fin du morceau. Vengeance. (sourire) Je voulais mettre aussi un rire à la fin mais pas le mien et puis je n’avais pas de micro. On finissait en même temps le mix et les masters du projet de Double Zulu et je lui ai demandé d’enregistrer quelques rires. Il m’en a fait et on les a mis à la fin du morceau. Il ne savait pas que c’était pour le projet avec AKH.

On sait que vous êtes cinéphiles, fans de pop culture, dans ce projet vous vous êtes fait plaisir à mettre des extraits de films, de reportages, en début ou en fin de morceaux comme « Ponce Pilate », « Galactus », « Storytellers ».

Les idées venaient soit de Chill soit de nous. « Galactus » par exemple, c’est lui qui est allé rechercher un dessin animé Marvel des années 1990 qui raconte toute la genèse de Galactus, du Surfer d’argent. Il m’avait envoyé un pré-montage avec tous les passages qu’il avait sélectionnés mais je lui ai dit qu’il était fou. Faut savoir que le passage central était deux fois plus long, déjà que ses couplets sont longs.

Après le skit caché à la fin de « Storytellers » pour introduire le morceau « Le signe V » c’est lui aussi. « Le signe V », c’est un des premiers morceaux qu’on ait enregistré mais c’est à la fin du projet qu’il a eu l’idée d’ajouter cet extrait. Il voulait le mettre en introduction du morceau « Le signe V » mais vu que ça risquait de faire long, on l’a mis à la fin du morceau précédent. Et puis l’extrait en question déchire au sujet du succès populaire et de la critique.

Je me disais justement si le morceau « Le signe V » n’était pas le morceau qui vous ressemble le plus à Oliver et toi, par rapport à son propos sur la France ?

C’est Oliver qui aurait pu te répondre parce que c’est son morceau préféré. Moi, il y a plein de morceaux que je redécouvre maintenant que l’album est sorti. J’avais la tête dans le guidon pendant la réalisation. Je me fiais à ma première impression et après j’écoutais les niveaux, les fréquences et je passais au morceau suivant. Quelques jours avant la sortie, quand je réécoutais tous les masters alignés, j’ai redécouvert ce morceau et d’autres, parce qu’on les avait fait des semaines plus tôt. Ça m’a permis de kiffer par exemple telles basses faites par Fred qui donnent de la profondeur au morceau, les arrangements de guitare sur tel refrain, je réécoutais en tant que musicien.

Abordons à présent un morceau qui était très attendu, « Mon texte le savon part. 4 ».

Sur ce morceau, il était embêté que Ransom ait rappé sur la même boucle quelques mois avant. On a mis un beat bien texan sur la prod. On lui a envoyé l’instru, le lendemain, il avait écrit le morceau ! Cette boucle l’avait vraiment inspiré. Au départ, on devait faire un truc plus ternaire, triolet, trap. Puis il a changé d’avis et nous a annoncé qu’il ferait « le savon 4 » sur cette prod. C’était un sacré cadeau, on était content avec Oliver d’avoir « le savon 4 » sur notre tracklist. Et les gens allaient avoir envie d’écouter ce morceau et le projet.

Le jour où il devait enregistrer « Le savon », je l’ai appelé à 11h du mat’, avant qu’il n’enregistre pour lui proposer que le début du morceau n’ait pas de beat, qu’il commence à rapper et qu’au bout de 12 mesures, on balance tout. Il m’a envoyé le morceau l’après-midi, en l’écoutant j’avais les poils dressés, surtout au moment du refrain. Et pour que les gens comprennent qu’il s’agit du « Savon 4 », on a introduit le morceau avec un bout du sample d’origine de « Mon texte le savon » pour qu’ils se prennent la mélodie avant de mettre un skit radio.

J’avais peur qu’on se fasse critiquer sous prétexte qu’on ait dénaturé le truc, que notre morceau ne soit pas à la hauteur de la légende de ce que représente « Mon texte le savon ». Ça m’aurait vraiment cassé les couilles que les gens disent « Akhenaton a fait ‘Le savon 4’ avec Just Music Beats et le morceau est trop nul ». Oliver testait les morceaux en bagnole, il connaissait d’ailleurs l’album par cœur trois semaines avant sa sortie et il trouvait que « Le savon 4 » tuait. Et les gens ont kiffé.

L’album comporte 17 titres et dans Métèque et Mat, Sol Invictus ou Je suis en vie, par exemple, AKH en a fait 19 pile ; vous avez essayé d’atteindre cette barre ou pas ?

Non même pas. Au début on devait en faire 6, après c’était 13, puis on en a rajouté 3 et le dernier c’était une nouvelle version de « Storytellers », un concept un peu inédit.

Il me semble qu’il n’y a que dans Première Classe 2 où 2 MC’s ont fait un morceau similaire, quand Disiz et Busta échangent leurs textes, leurs flows.

T’as raison, mais ce n’était pas deux couplets en langues différentes. C’était cool et ça nous a permis de faire connaissance avec Napoleon Da Legend, qu’on écoutait depuis l’époque des mixtapes de JR Ewing. Les meilleures mixtapes de l’histoire du rap français d’ailleurs, faut être honnête. Là, on s’est mis à bosser avec Napoleon, c’est un comorien en plus, les connexions communautaires se sont faites. (sourire)

L’album a été fait durant le confinement, ça t’a permis de tenir le coup ? Et si tu n’avais pas fait, comment tu te serais occupé ?

J’aurai bingé des séries et joué en ligne sur la Play avec les collègues tous les jours. C’est ce que j’ai fait les premiers jours d’ailleurs quand Chill était en phase d’écriture et que j’étais en train de finaliser des trucs que j’avais en cours avec Veerus et Double Zulu. Et dès que les premiers morceaux sont tombés, j’étais focus sur le projet de 10h à 22h, à taffer sur les morceaux, à faire les arrangements, je recevais ses enregistrements, j’envoyais les pré-mixs pour qu’ils écoutent les mises à plat, les V1, les V2, les V3, qu’ils valident… Je me couchais à 2 heures du matin. A 2h30, David m’envoyait les masters d’un morceau… C’est vrai que c’était assez fatiguant parce que toutes les personnes qui ont participé à ce projet se connaissent mais ne sont pas forcément en contact les unes avec les autres et je faisais l’intermédiaire entre chacune.

Lors de notre dernière interview, il y avait un truc qui vous dérangeait pas mal avec Oliver c’est le fait que les rappeurs dorment sur des prods, là ça devait être agréable ce travail dans l’urgence ?

Tu envoies quatre instrus à Chill, il t’en prend deux à chaque fois. Ça revient à ce que je te disais tout à l’heure, c’est facile de bosser avec lui. En plus, Chill on le connaît suffisamment bien pour savoir que lorsqu’il nous dit qu’il kiffe cette prod et qu’il va l’éclater, il va le faire. Il ne va pas l’écouter à s’en dégoûter et ne pas revenir dessus pendant des mois et des mois. Par exemple, la prod de « Surprise », je l’ai faite en 2015, je l’ai proposée à différents MC qui n’étaient pas emballés parce qu’elle n’avait pas de beat. Je l’avais envoyée à Chill à l’époque, mais il était dans les albums d’IAM, dans un autre état d’esprit. Je lui ai reproposée cette instru dernièrement, trente minutes plus tard, il m’envoie un message en me disant qu’il allait démonter cette instru. J’avais nommé cette prod « Surprise », je ne sais même plus pour quelle raison, il a gardé ce thème, a eu l’idée du refrain scratché en reprenant un extrait de « Dexter » et Kheops s’en est chargé. Cette prod a terminé au bon endroit (sourires).

La prod de « Storytellers » faite par Oliver est plus ancienne aussi. On l’a rafraîchie pour le projet, parce que Chill l’avait gardée précieusement dans un dossier et elle est revenue très rapidement au début de réalisation de l’album. Deux-trois autres prods sont ressorties parce qu’il voulait absolument rapper dessus. Il a écrit par contre tous les textes durant ces deux mois, si ce n’est le premier couplet de « DVSN RUINE » qui date de Revoir un printemps. Stretch a fait de ces scratches dessus, c’est un travail d’orfèvre ! Et on a ajouté des passages d’« Alien Theory », qu’on regardait à l’époque et on savait déjà qu’on en utiliserait quand on ferait un morceau avec Akhenaton. Au final, c’est un de mes morceaux préférés.

Ce travail avec un MC, sur une durée limitée, ça vous donne envie de reproduire l’expérience ou même de partir sur une compil’ ?

La compil’ avec pleins de gars, c’est un truc qu’on avait prévu de faire depuis pas mal de temps. Le problème, c’est que c’est compliqué de courir après les gens, après un couplet, etc. Peut-être que certains ne nous prennent pas assez au sérieux, même si je ne pense pas…

Mais c’est vrai qu’avec tous les artistes avec lesquels on a des affinités, on pourrait faire un album de rap français qui serait une dinguerie : Flynt, Veerus, IAM, Deen Burbigo, Ol’Kainry, Perso, Ron Brice et la liste est longue, ce serait du grand n’importe quoi…

Vous avez eu de très bons retours sur l’album de Perso, ça devrait continuer avec Astéroïde, vous vous dites qu’il y a peut-être un train à prendre ?

On y était dans le train et on en est descendu. C’est une discussion qu’on a eu avec Oliver la semaine dernière. On est arrivés au stade où on s’en bat réellement les couilles. On ne cherche pas à placer des prods dans un max d’albums, à avoir de la visibilité. On veut juste faire de la musique et la kiffer comme on l’aime. Si un gars nous propose de signer pour faire des morceaux de zumba, à un moment dans la discussion, on risque de devenir grossiers et de parler de sa mère. (sourire) On ne demande pas aux rappeurs de faire des trucs qu’ils ne savent pas faire, on leur demande de faire ce qu’ils savent faire et de proposer de la nouveauté. Il peut y avoir des compromis, on peut aller vers telle ou telle sonorité, tant que ça reste dans ce qu’on aime et qu’on prend du plaisir à le faire. Je n’ai pas envie de me cramer à faire tel type de son, à bosser avec tel artiste. On a été contactés sur certains projets qu’on a refusés parce que musicalement ça ne nous parlait pas. Ma mère écoute mes morceaux, elle pourrait me tarter. (rires)

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Chafik

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