10 Bons Sons sur la ville de Marseille

En ce 26 mai, nous célébrons le 27ème anniversaire de la victoire de l’OM en Champion’s League. Si les Olympiens sont fiers de leur club, ils sont surtout amoureux de leur ville. Il n’y a qu’à voir le nombre de morceaux dédiés à la Planète M.A.R.S. Pour tout rappeur marseillais, c’est quasiment un rite de passage. Chaque MC a donné une vision de sa ville qui lui est propre.

A travers une sélection de dix morceaux, c’est à un voyage entre les différents quartiers de Marseille, entre passé et présent, que nous vous convions. Au programme, des groupes légendaires, des artistes solos à l’identité forte, des Marseillais pur jus, des DJ’s, des beatmakers, des jeunes, des anciens, afin d’apprécier la diversité de la scène marseillaise.

Et en complément de ce 10 Bons Sons sur Marseille, les plus curieux pourront écouter l’émission Double Neuf sur l’historique Radio Grenouille et se reporter au livre de Julien Valnet M.A.R.S. Histoires et légendes du Hip Hop marseillais.

Photo : Marseille Tourisme ©

IAM – Marseille la nuit (Taxi, 1998)

A tout seigneur tout honneur, il est évident de commencer par IAM. Les  « Indépendantistes Autonomes Marseillais » ont construit l’histoire du rap français et pour (quasiment) tout le monde, IAM c’est L’École du Micro d’Argent, « Demain c’est loin », « Le Mia », des millions d’albums vendus, des centaines de concerts, dont un au pied des Pyramides d’Égypte, trente ans de carrière, le premier double album du rap game (US compris), des dizaines de solos, l’aventure Côté Obscur… Tout au long de leur carrière, ils ont porté haut la bannière de la cité phocéenne et ont dédié plusieurs morceaux à leur ville. Lorsqu’ils ont été sollicités par Luc Besson pour faire la B.O. de Taxi, IAM coupe le cake, fait croquer les proches mais pas que. Sur « Marseille la nuit », nous est proposée une ride nocturne entre le Panier, la Place de la Fac, Belsunce et le Cours Julien, bien loin de la Corniche et de la Pointe Rouge. Un peu à la manière de Travis Bickel qui sillonne sa ville du crépuscule à l’aurore, on croise toute une faune haute en couleurs, qui évolue dans le Marseille interlope. Shurik’n, Akhenaton et Freeman nous dévoilent le côté obscur de la planète M.A.R.S. Surtout, on devine la frustration de ces couche-tards ayant l’envie de croquer le monde, terrassés par l’ennui, bien loin d’être les princes de la ville. On y rêve de braquer l’écureuil, de « charmer une charmante » et de s’échapper de cette prison, sous les yeux de Notre Dame, qui veille et surveille. Un mot tout de même sur ce passe-passe entre Akhenaton et non pas Shurik’n mais Freeman qui confirme son arrivée au micro au sein du groupe, après son apparition sur « Un bon son brut pour les truands » et avant la sortie de son album L’Palais de Justice.

A écouter aussi : Freeman « Faits divers » ; IAM « Notre Dame veille »

Bouga – Belsunce Breakdown (Comme un aimant, 2000)

Le succès de ce morceau est totalement improbable. Sur la B.O. de Comme un aimant, il côtoie des monuments de la Soul (Isaac Hayes, Millie Jackson, The Dells) et des rappeurs en pleine possession de leurs moyens (Akhenaton, Chiens de Paille, Psy4 de la Rime, Coloquinte). Bouga est inconnu au bataillon, et semble avoir gagné un pari face à Akhenaton pour se retrouver au milieu d’un tel casting, le morceau clôturant l’album. La structure du morceau est bien éloignée du format radio (une intro instrumentale de plus d’une minute, des « couplets » de quelques mesures seulement, un refrain des MC’s Arabica resté longtemps mystérieux…). Surtout, Bouga ne s’embarrasse pas de rimes et rappe comme il parle (rappe-t-il d’ailleurs ?). Au programme, la vie d’un mec de la rue du centre-ville. Plus que Marseillais, Bouga est un habitant de Belsunce, quartier qu’il aime, où les trois pizzas coûtent 10 euros, où l’on fume des cigarettes de contrebande, où l’on croise des chibanis, et qui a plus de points communs avec Barbès qu’avec la bourgeoise aixoise voisine. Si dans le morceau, Bouga montre bien qu’on peut faire beaucoup avec rien, il se termine par une dose de mélancolie, conforme aux normes marseillaises. Dans le clip, on suit notre trublion déambuler du matin à l’aurore, du marché de Noailles au Panier, de la Place de la Fac à la Canebière, en passant par Porte d’Aix, Centre Bourse, le Vieux Port, le Boulevard d’Athènes pour se finir au petit matin à Notre Dame de la Garde. Le titre est devenu un hymne et Bouga a fait connaître dans la France entière son quartier Belsunce.

Fonky Family – Chez nous (Marginale musique, 2006)

Demandez à n’importe quel millenials quel est LE groupe marseillais par excellence et vous obtiendrez un plébiscite pour la Fonky Family. Après une entrée fracassante dans le game avec le titre « Bad Boys de Marseille », la FF confirme avec un premier album qui symbolise « l’âge d’or du rap français et marseillais ». Leur deuxième album, certifié platine, est celui de la consécration, de la tournée des Zéniths et des premières tensions. Le troisième sera leur dernier album. S’il souffre de la comparaison avec les précédents, il comporte pourtant de bons morceaux et les MC’s sont en jambe, en particulier Luciano, qui a toujours eu les mots pour parler à toute une génération (« J’suis pas trop lèche-vitrine, pas trop boîte, fashion victim, je pue la vie de rue, j’aurais pu naitre à Vitry »). « Chez Nous » a ceci d’intéressant qu’il s’agit d’un type de morceau plutôt présent sur un premier album où l’on se présente, où l’on présente son environnement ; ici, la ville semble être une valeur refuge pour le groupe durant la conception tumultueuse de cet album. Tandis que Sat rappelle à quel point Marseille est une ville singulière, plurielle, qu’il adore même si elle peut être détestable, Le Rat Luciano et Menzo déplorent les changements survenus dans la cité phocéenne devenue une furie sans la foi, ainsi que le regard des autres qui n’est plus le même depuis qu’ils ont connu le succès. Quant à Don Choa, son couplet est à part. Marseillais d’adoption, il prouve qu’on n’oublie jamais son premier amour, ni d’où l’on vient et ne parle pas de M.A.R.S. comme ses acolytes mais de la ville rose, d’où il est originaire. Toulousain un jour Toulousain toujours. Serait-ce la preuve que la capitale des Bouches-du-Rhône ne serait pas si accueillante ? Ou bien est-ce un pied de nez pour marquer la fin de l’aventure F.F. ? Toujours est-il que le groupe demeure encore aujourd’hui la référence pour bon nombre, en particulier Jul qui semble être un de leurs descendants.

A écouter aussi : Carpe Diem « Département 13 » ; Guirri Mafia « Marseille »

INTERLUDE  Don’t Sleep DJ’s : Interstice N°1 : Kif Le Son

Parce que Marseille c’est aussi Djel, Rebel, Kheops, Soon, Ralph, Bomb, Majest’x, Sya Styles (RIP), Daz…

Sat L’Artificier – Marseille City (Second Souffle, 2008)

L’office du tourisme, situé sur La Canebière, en veut encore à Sat pour ce morceau. Loin des efforts entrepris par les opérations d’aménagements dans la ville aux 2600 ans d’histoire pour policer Marseille et son centre-ville, très loin de l’image d’Epinal véhiculée par la série Plus belle la vie, le rappeur de la Fonky Family montre sa ville telle qu’elle est et non pas telle qu’elle devrait être pour certains. Lucide, délaissant le politiquement correct et avec une pointe de fierté, Sat affirme et prouve sur quatre minutes à grand renfort d’arguments qu’elle mérite sa réputation sulfureuse. La drogue, le grand banditisme, la délinquance, la pauvreté, le racisme, l’immigration, l’incivisme sont des caractéristiques de la Porte d’Orient. Le titre n’est en rien maladroit, larmoyant ou un exercice d’auto-flagellation. S.A.T. réussi le tour de force de donner ses lettre de noblesse à sa ville, en dépit de ses supposés défauts. Le côté crade, violent, anarchique, cosmopolite, rapproche davantage la cité phocéenne de ses homologues napolitaine ou algéroise que de Lyon ou Lille. « Marseille c’est déjà plus la France ».

A écouter aussi : R.E.D.K. « Plus laide la vie » ; SCH « Absolu Tome 1 »

Abd Al Malik – Le Marseillais (Dante, 2008)

Massalia est une égérie de choix, et pas que pour ceux qui y vivent. Quand Abd Al Malik sort l’album Dante, ce dernier souffre de la comparaison avec Gibraltar. Ce défi de taille était forcément impossible à relever, tant il est toujours casse gueule de passer après un classique. Cet opus comporte néanmoins son lot de bons morceaux, notamment celui-ci. Plutôt que de raconter l’histoire d’un Strasbourgeois qui s’installe dans la ville de Guédiguian pour la découvrir, Abd Al Malik prend le contre-pied en évoquant le départ d’un Marseillais vers la capitale alsacienne et le quartier du Neuhof, sans que l’on sache pour quelles raisons d’ailleurs. On pourrait reprocher à l’ancien leader du groupe NAP d’avoir rempli un cahier des charges, en plaçant des expressions, des lieux, des plats, des personnalités emblématiques de Marseille pour faire vrai, mais le morceau est terriblement efficace, en particulier grâce l’interprétation, au phrasé d’Abd Al Malik et à la boucle de piano. C’est à travers les yeux des autres que l’on devine qui est ce Bertrand, truculent, rayonnant, mais nostalgique de sa ville et seul parmi tous. Ni bien accueilli, ni ayant vraiment envie de « s’intégrer », on comprend qu’on n’oublie jamais son premier amour, ni d’où l’on vient. Marseillais un jour Marseillais toujours. Différent parmi ses semblables, le personnage imaginé par Abd Al Malik semble ne pas réussir à vivre dans son nouvel environnement, comme s’il ne pouvait vivre ailleurs que dans sa ville d’origine. Adepte du sachet blanc, victime de la drogue, Bertrand est mort, loin des quartiers Nord. Qui sème le vent récolte la tempête.

A écouter aussi : 3e Œil « L’Empire » ; Soso Maness « TP »

Keny Arkana – Capitale de la Rupture (2013)

2008, Jean-Claude Gaudin fanfaronne. Marseille, qu’il dirige depuis 1995, est désignée « Capitale Européenne de la Culture » pour l’année 2013. L’occasion pour lui d’attirer promoteurs immobiliers, touristes et médias. Le projet bénéficie d’un budget de 100 millions d’euros alloués à la gentrification du centre-ville marseillais. En effet, la particularité du cœur de la cité phocéenne est qu’il concentre des quartiers populaires au niveau de vie très modeste. L’occasion va faire le larron. L’évènement culturel international sert de prétexte pour remplacer les occupants historiques du centre-ville (immigrés, personnes âgées, jeunes) par des bobos trentenaires. Keny Arkana, rebelle parmi les enragé(e)s ne pouvait rester silencieuse face à telle injustice. Le titre du morceau annonce la couleur : « Capitale de la rupture ». Dans ce brûlot, rappé avec urgence (quel delivery !), Keny constate les changements opérés qui défigurent la ville à travers des aménagements qui gomment l’identité du centre-ville pour en faire une carte postale aseptisée. Les transformations se font au bénéfice des privilégiés au fort capital culturel, des croisiéristes, au détriment des petites gens. Au bilan de l’évènement « Marseille Capitale Européenne de la Culture 2013 », on retiendra certes que le MUCEM est sorti de terre pour l’occasion, mais surtout l’opposition populaire au concert  de David Guetta, chichement subventionné à hauteur de 400000 euros et l’absence totale de la scène rap marseillaise dans la programmation, snobée par des organisateurs moins soucieux de démocratiser la culture que de satisfaire une élite. Nique la musique, nique la culture de France.

A écouter aussi : Muge Knight « Marseille propre » ; Keny Arkana « De l’Opéra à La Plaine »

Muge Knight – Mon vier maintenant (Fini parti, 2016)

Pour répondre au désintérêt des Marseillais envers les politiques, de plus en plus de voix réclament que la candidature de Muge Knight soit officialisée. Le peuple attend un représentant qui lui ressemble. Bedonnant, faisant des fautes d’orthographe quand il parle, n’hésitant jamais à insulter l’arbitre, le Muge est le Marseillais dans toute sa splendeur. Vous pouvez découvrir son programme au titre explicite dans l’album Fini Parti. Son slogan ? « Mon vier maintenant ». Son QG ? Une terrasse d’Endoume bien sûr. Les mesures qu’il propose ? Chaque Marseillais aura droit à un maillot du PSG en guise de paillasson, des pâtes seront servies tous les midis dans les cantines scolaires, sieste obligatoire pour tout le monde l’après-midi, suivie d’une pétanque et/ou d’un apéro, enfin week-end de 3 jours. Le rap de Muge Knight ne s’embarrasse pas de fioritures et va droit au but. Ne faisant pas son job à plein temps, farniente oblige, l’ex-Mesrime ne pratique le rap qu’à l’occasion mais ne fait jamais le déplacement pour rien, bien entouré de Just Music Beats, Gino, Degom, Maroco & Comodo. Pour un Marseille trop puissant, votez Le Muge ! « Mon vier maintenant ! »

INTERLUDE 2 : Level One Paris Marseille

Faut reconnaitre qu’ils sont bons ces cons…

Soprano – Marseille c’est… (feat. Jul) (Everest, 2018)

Soprano et Jul ne sont pas des habitués de nos colonnes, mais il fallait qu’ils soient dans cette sélection. Sopra est le rappeur préféré de la famille de ton rappeur préféré, quant à Jul, tous les minots l’adorent. A l’échelle des rappeurs marseillais, il y a Soprano / Jul d’un côté et les autres. Mais au niveau national, Saïd M’Roumbaba du Plan d’Aou et Julien Mari de St Jean du Désert représentent Marseille. Ils ont trouvé leur formule, faire une musique qui leur ressemble, sans chichi, qui leur permet de cumuler les disques d’or et de platine. Ces deux poids lourds ont d’ailleurs déjà réussi la prouesse de remplir le Vélodrome (rêve pour tous les artistes marseillais, que même IAM n’a pas – encore – réalisé). Pour leur troisième morceau en commun, ils donnent leur vision de leur ville, à laquelle ils sont attachés, le tout sous autotune. Quelques phases à ressortir du morceau : une de Jul dont il a le secret (« j’vois les gadjis zoner et faire des béquilles en Faizer ») ou une de Soprano sur une ville aux apparences trompeuses (« Une carte postale vue de l’hélico, une carte bestiale vue de nos rideaux »). Dans leur zone de confort, ils livrent un morceau efficace, qui n’a pourtant pas touché le grand public (un petit million de vues sur YouTube ; il faut dire qu’ils n’ont pas clippé le titre).

A écouter aussi : Jul « Freestyle N°10 » ; Psy4 de la Rime « Venez pas chez nous »

Tous Salopards – Kéké Marseillais (Olympe, 2018)

Si dans le rap des différents membres du groupe Tous Salopards, on retrouve une technique tarpin bien, une influence de la Fonky Family, de l’autodérision aussi, il est évident que le personnage principal de leurs deux albums Bouillabaisse et Olympe n’est autre que la ville de Marseille. Les visuels et notamment les clips ont toujours fait la part belle aux paysages et lieux emblématiques de MRS et ses environs. Conçu comme une réponse au « Titi Parisien » de Seth Gueko, les gadjos du Tous détournent le sens premier et péjoratif de l’expression « kéké marseillais » pour mettre du respect sur ce nom et le revendiquer fièrement. La base, c’est d’avoir le sang blanc et bleu, supporter l’OM depuis toujours, avoir le zizi dur quand on parle de Boli, Tapie, Bielsa, faire TB au souvenir de la remontada, être prêt à se canfrer quand ces pebrons d’Aulas et Riolo la ramènent, devenir amnésique quand il s’agit de se remémorer certains carnavals (au hasard, Johnny Ecker et Fabrice Fiorèse). Les gars sont forcément des tchatcheurs qui n’hésitent jamais à siffler les gazières qui n’ont pas de frère tout en abusant du pastaga qui accompagne cacahuètes et tapenade. La belle vie, le zin. Tu reconnais bien là le style des kékés de Marseille.

A écouter aussi : Adikson feat. Muge Knight « Bielsa »

Relo (ex Napo) – Marseille en vrai REMIX feat. Keny Arkana, R.E.D.K., Kalash L’Afro, Dibson, DJ Soon (Plume 13, 2019)

> Clip de Marseille en vrai

Pour boucler la boucle, il fallait s’accorder une dernière ride dans les rues de la ville. Mais surtout terminer par un cypher. C’est ce qu’a dû se dire Relo (anciennement Napo) pour conclure justement son album Plume 13, sorti le 13 décembre 2019. Le rappeur du 13e arrondissement, signé sur le label parisien Néochrome, a convié un casting XXL pour le remix de son morceau « Marseille en vrai ». Relo a réussi à réunir Keny Arkana du Cours Julien, R.E.D.K. de La Rose, Kalash L’Afro de L’Etang de Berre, Dibson de La Cayolle. L’état d’esprit se veut résolument hip-hop et le morceau se clôt d’ailleurs sur des scratches de DJ Soon. Le mot d’ordre est de représenter les siens, son quartier, sa zone, sa ville. Relo, comme à son habitude, n’apparaît pas dans le clip, laisse un jeune Marseillais interpréter son rôle, démontre dans son couplet toute sa technique et son sens de la formule (« ça te garantit pas les cieux d’habiter rue Paradis »). Keny rappelle son attachement au c-v, à l’histoire de sa ville et multiplie les références au rap des grands frères. R.E.D.K. enchaine les punchlines et les multisyllabiques, prouvant qu’il est bien un des plus chauds du 13. La présence de Kalash L’Afro n’est pas anodine puisque toute une génération de MC’s a été influencée par le Cracheur de flammes. Quant à Dibson, un des rookies de la nouvelle scène marseillaise, il vient montrer qu’il faudra compter avec lui à présent. Enfin, si le clip fait découvrir la ville des quartiers Nord aux quartiers Sud, en passant par le c-v et Berre L’Etang, cerise sur le gâteau, les guests sont eux aussi des symboles de MRS : L’ami Caccio, Faf Larage, Mamadou Niang, Mino, Soso Maness, Muge Knight et même René Malleville ! Marseille en vrai on vous dit !

A écouter aussi : Carré Rouge « Génération Scarface »

BONUS TRACK : Isha – Oh Putain (La Vie Augmente, vol. 1, 2016)

Dans le morceau « Marseille », Keny Arkana faisait un s/o aux premières générations de MC’s de sa ville (IAM, FF, Luciano, notamment) en se remémorant cet âge d’or : « Marseille a toujours fait vibrer la France, il fut un temps où tout l’hexagone rappait même avec l’accent ». Quand nous avions interviewé Filigrann à Montréal, il avait reconnu que dans les nineties, les Québécois s’inspiraient tellement des Marseillais qu’ils rappaient avec le même accent qu’eux ! Dans « Oh Putain (avec l’accent du Sud) », Isha se lance dans un concept inédit et arrive à faire un banger avec l’accent marseillais sans tomber dans la caricature, ni être condescendant. Au contraire, il faut voir l’hommage d’un MC trentenaire qui a grandi en Belgique avec Métèque et Mat, L’Ecole du Micro d’Argent, Si Dieu Veut, Où je vis, Hier, Aujourd’hui, Demain, Sad Hill, Chroniques de Mars

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