Demain, lundi 11 avril 2016, sortira l’EP Confortable du jeune rappeur fougueux Joey Larsé et du beatmaker Dj Yep. Nous avons eu la chance d’écouter cet excellent projet en exclusivité et de pouvoir échanger avec le duo bordelais. Interview exclusive pour Le Bon Son.

Bonjour à tous les deux, pouvez-vous vous présenter pour commencer ?

JL : Joey Larsé, 22 ans, rappeur, businessman un jour j’espère. Je travaille ma musique pour en faire quelque chose d’intemporel. Originaire de Montreuil en Seine-Saint-Denis. J’ai fait mes classes là-bas jusqu’à 15 ans avant de venir vivre sur Bordeaux.

YEP : Constructeur de rap progressif et DJ. Je fais de la musique depuis 2007 environ. J’ai sorti mon premier album intitulé Au milieu de nulle part en 2009.  Récemment j’ai bossé avec Swift Guad pour « Paris mon amour » sur Vice et Vertu 2, mais aussi avec Fayçal, EXPérimental.

Joey, tu as sorti ton premier projet intitulé « C’est l’art et la manière » en 2013. Peux-tu nous en parler ?

JL : Effectivement, c’est une sorte de tape composée de neuf titres constitués de faces B. Avec Dj Saï Saï on a fouillé sur le net pour dégoter les meilleures prods. C’est une tape assez sombre, dans la lignée de ce qui se faisait à New York à l’époque car c’était ce que j’écoutais principalement. Aujourd’hui je me suis ouvert à d’autres choses, j’aime tout tant qu’il y a un truc intéressant dedans, même ce qui est à première vue nul m’inspire… Mais quand tu commences et que tu découvres un style que tu aimes, tu t’enfermes assez facilement dedans. J’ai clippé le morceau « Mon café noir » en 2014 issu de C’est l’art et la manière et j’ai eu pas mal de bons retours.

Comment vous êtes-vous rencontrés sur Bordeaux ?

JL : En fait Yep m’a contacté suite à la sortie de C’est l’art et la manière. Il a vu le clip du morceau éponyme et ça lui a plu. Moi je voyais qui il était par rapport à Fayçal et nous nous étions croisés à quelques évènements. Je suis passé chez lui, on a bien accroché et on a décidé de bosser ensemble. Maintenant on est potes au-delà de la musique.

Pour « Confortable », c’était clair depuis le début que vous souhaitiez faire un EP avec uniquement des prods de Yep ?

JL : Ça s’est fait naturellement. On a la même vision du rap et de la musique en général. Je vais par la suite bosser avec d’autres beatmakers de notre entourage mais pour ce projet-là, c’était clair depuis le début. Il n’y aura pas de feat, seulement mon rap et ses instrus.

Est-ce qu’aussi vous n’avez pas eu la sensation d’avoir envie de faire le même genre de son au même moment ? Après plusieurs années à bosser avec exclusivement du boom-bap, une envie de vous tourner vers d’autres horizons musicaux ?

YEP : En fait, ce que l’on va sortir pour Confortable ce n’est pas du tout ce que l’on a commencé à bosser initialement. Au début on a travaillé sur des choses beaucoup plus sombres, on a cherché une identité nouvelle pendant un an et demi. Finalement nous avons réussi à trouver un style qui nous définit.

Joey, quand tu es arrivé sur Bordeaux, est-ce que tu connaissais la scène bordelaise ? On a l’impression qu’elle a du mal à s’ancrer dans le panorama national.

JL : Je ne la connaissais pas du tout. Il y a quelques gars qui font leur trou quand même comme Sam’s qui fait le job, Fello commence à faire parler de lui aussi, c’est un bon présage.

Pour revenir à vote identité musicale, est-ce que l’on peut dire que le titre « Je survole », présent sur la compilation Du Bon Son 2, marque la transition entre les sonorités 90’s que vous utilisiez auparavant et des productions dorénavant plus modernes ?

YEP : Exactement. C’était l’idée que l’on avait en tête. On voulait arriver avec une chanson aérienne et différente, pour que les gens ne s’attendent pas à ce que l’on sorte un projet dans la lignée de « C’est l’art et la manière ». Il nous a servi de transition. Après on ne pense pas suivre une tendance particulière. C’est une suite logique. On fait notre propre sauce sans perdre nos racines.

Le Seize s’est chargé du mix du projet « Confortable » à Bruxelles au BlackaRed Studio. Pourquoi ce choix ?

JL : Avec Le Seize, nous nous sommes connectés il y a un an et demi environ via Facebook. Très bon producteur, nous avons discuté de toutes sortes de choses. Puis il y a quelques mois de ça, on a parlé un peu mix, master etc… Il m’a dit qu’il était ingénieur du son ce que je ne savais pas. Du coup, je lui ai directement proposé de mixer notre EP. Il a une vraie patte pour ça. C’est un artiste qui a, entre autres, co-produit avec Jean Jass Le Pont de la Reine de Caballero, des sons sur Doube Hélice et aussi le projet Les cieux en face des trous de Tonino. Quand on a fini d’enregistrer le projet, on est allés à Bruxelles pour le boucler et l’équipe nous a très bien accueillis. Salutations à eux !

Pour le clip du premier extrait « Confortable », vous avez travaillé avec Tony Faucampré. Pouvez-vous nous parler de cette expérience.

JL : Tony est un réalisateur indépendant travaillant pour Winter Film, c’est une boite de prod basée sur Bordeaux. Un sombre associé m’a parlé de son travail et nous a présentés. Je lui ai fait écouter ma musique, il a tout de suite compris où je voulais aller. Ce qui est cool c’est qu’il a un regard artistique, il est sensible à pas mal de choses. J’ai regardé ses réalisations, j’ai totalement validé et on a décidé de bosser ensemble. Aussi simple que ça… Quand tu as la même ligne directrice qu’un autre artiste c’est beaucoup plus facile d’avancer.

Après ce EP Confortable, vous avez prévu de sortir dans la foulée un autre projet plus long qui s’intitulera « River Glen Motel ». Pourquoi ce choix ?

JL : Arriver avec du contenu, présenter quelque chose de vraiment sérieux. Chaque projet est travaillé et réfléchi. Confortable c’est genre « Wassup on est là ! ». Cela va nous permettre d’ouvrir quelques portes, histoire de sortir River Glen Motel dans les meilleures conditions possibles. Les deux EP sont différents : Confortable est très aérien, très atmosphérique. Les quatre titres se suivent mais ne se ressemblent pas… Ils s’assemblent. C’est le genre de disque que tu peux écouter en peignoir posé avec tes G’s en soirée ou même avec une petite meuf (rires). On « science » encore sur River Glen Motel, on est sur la fin… Ça va être flamme !

YEP : Au final « Confortable » est un projet super introspectif, aux teintes claires et obscures à la fois.

Allez-vous défendre ce projet sur scène prochainement ?

JL : Nous ferons la première partie de Vald le 12 mai à la Rock School Barbey de Bordeaux. Il y aura d’autres dates, mais rien d’officiel encore. De toute façon, on donnera toutes les infos sur les réseaux sociaux.

Sur la scène française, quels rappeurs se rapprochent de votre univers ?

JL : On taffe chaque jour notre musique pour avoir notre propre univers, différent de celui des autres. Mais il y a plein de rappeurs français que nous apprécions comme Perso, S.pri Noir, Eazy Dew et d’autres mecs…. En fait des gars qui ont un style propre à eux.

Et au niveau des beatmakers ?

JL : Ici à Bordeaux,  il y a des producteurs très chauds. On roule avec Pandemik Music, c’est un duo « Bachir » et « J-Lock ». Ils ont entre autres bossé sur le projet No Name de Joe Lucazz. 1Up World composé de Kobe the K.o kid, R.F.D.O et maintenant Plae Casi, qui a récemment rejoint le duo. Ce sont eux qui ont produit « Ma Dope » de Nekfeu et S.pri Noir par exemple. Pour en revenir à Plae Casi, c’est un claviériste très talentueux qui a d’ailleurs fait des arrangements sur l’EP. Il est sur deux morceaux « Confortable » et « Pour vrai ». Pour finir Gizzle qui a bossé avec Kekra, Fello et Eff Gee entre autres… Tout ça, ça roule dans la même berline.

YEP: Après hors de chez nous, The Forty Fivers, Just Music Beats et d’autres…

JL : Richie beats, Everydayz…

Après la sortie de Confortable et River Glen Motel, avez- vous déjà d’autres projets?

JL :  Je risque de bosser un EP avec 1Up World.

YEP : Je travaille toujours avec Fayçal pour ses futurs projets, accompagné de Thibaut Despagne à la basse. Nous avons aussi plusieurs dates de programmées: le 14/04 à Bordeaux, le 16/04 à Grenade, le 29/04 à Lyon. Je suis également sur un EP instrumental et mon objectif serait de le présenter sur scène. On pourrait le qualifier d’ « Hybrid Music » avec des sons plus expérimentaux, psychédéliques. Il sortira peut-être à la rentrée.

Le mot de la fin ?

JL : On boit de la tisane de thym tous les jours et on est plus gangster que vous.

YEP : Un grand MERCI à toutes les personnes qui ont bossé et participé au EP, Plae Casi pour ses arrangements claviers et son oreille en or, Le Seize pour le mixage et le bidouillage chirurgical (BlackaRed Studio), Meshac pour le Master et sa patience, Tony Faucampré, Valentin Campagnie et Guillaume Carey pour l’imagerie.

JL : Merci également à toute l’équipe: Bachir, Kobé, Dj Saï Saï et Gizzle.

joeylarse

Vous pouvez télécharger dès le lundi 11 avril le EP Confortable ici.

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