Voilà une belle affiche que nous proposaient là Free Your Funk et Poyz&Pirlz. Freddie Gibbs ayant actuellement une grosse cote, notamment depuis la sortie en mars de Piñata, produit par Madlib. Le MC originaire de l’Indiana revenait ce 24 septembre à Paris, à La Bellevilloise, deux ans après sa précédente apparition dans la capitale.

Son dernier show parisien en 2012 avait visiblement été à la hauteur, et en traînant çà et là sur le net, les échos de cette tournée européenne entamée il y a peu semblent bons.

Je me rends donc plutôt confiant à la Bellevilloise sur les coups de 20h. Les organisateurs ont prévu un petit warm-up sans prétention pour chauffer les enceintes, quelques sons sympas sont crachés (ça fait toujours plaisir d’entendre un “Hip-Hop” de Dead Prez). La salle se remplit peu à peu, ça ressemble à du quasi guichets fermés, malgré quelques places encore en vente à l’entrée.

Sur les coups de 21h15, le DJ de Gibbs fait son entrée, et s’excite un peu derrière ses platines. Je dois avouer que j’ai un peu de mal avec les sons balancés : du Disclosure mal accéléré, un Man Of The Year de ScHoolboy Q un peu saccagé, du Drake, du Kanye West… ça a le mérite de chauffer un peu la salle, qu’on sent impatiente, pendant que la sécurité fait la chasse au spliff. Je ne perds pas espoir, mais l’entrée en matière met peu en confiance.

Et puis Freddie Gibbs arrive. Et met tout le monde d’accord. Très vite la salle, connaisseuse comme souvent  ici, reprend le refrain sur “Lay It Down”, un déjà classique de l’album ESGN sorti en 2013.

Le gars, tout de suite en forme, n’a pas besoin de se chauffer et nous claque quelques bons sons issus de ses mixtapes et autres projets : un efficace “Still Livin Like a Dopeboy”, un énorme “Kush Cloud” (mixtape Baby Face Killa) ça fait une bonne dizaine de minutes que Gibbs est là, et l’assemblée est déjà bouillante.

Quelques “Nique la police” en français dans le texte, pour chauffer un peu plus les têtes qui bougent s’il en était besoin, et arrive “Deuces”, un track produit par Young Chop en décembre 2013. Notre maître de cérémonie a enlevé le haut, montre les muscles, et nous rappelle qu’il est là pour se donner. Quelques a capella de haute volée viennent ponctuer certains morceaux. Pas de fioritures, un style déterminé, une envie de suer, Freddie Gibbs maîtrise l’exercice scénique.

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Si je suis conquis par la performance, je m’éclate réellement sur les enchaînements estampillés “Piñata”. L’album avait su me convaincre, mais le live me rappelle que les rimes gangstas de Gibbs collent on ne peut mieux aux beats de Madlib… “Deeper” est pour moi un des régals du concert, grand fan de boucles soul que je suis. Et pendant que j’opine du chef sur “Harold’s”, “Shitsville” ou l’excellentissime “High”, je me prends à rêver de voir les deux protagonistes de Piñata sur scène. Freddie Gibbs ne ralentit pas, il ne prend quasiment pas de pause, reste concentré, donne de son énergie.

Au passage, j’apprécie “The Hard” (Baby Face Killa), l’évocateur “One Eighty Seven” (l’art. 187 désigne le meurtre dans le code pénal californien) issu d’ESGN, qu’il va vraiment falloir que je réécoute rapidement. Tout juste déconcentré par un “fan” au premier rang qu’il recadre, Fredrick Tipton aka Gibbs finit avec un “Eastside Moonwalker” (ESGN). Une bonne heure qu’il est sous les spots, un traditionnel aller-retour scène – backstage – scène pour le rappel, les fanatiques s’excitent pour le plus grand bonheur de tous une dernière fois sur “What It Be Like”, quelques dernières rimes, un salut à Paris.

See you next time, Freddie, reviens quand tu veux, la porte est ouverte. Et dis à Madlib qu’il ne manquait que lui la dernière fois.

Pour vous procurer Piñata (Stones Throw), ça se passe ici.

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