Le 8 avril sort Culte, le 7ème album du bordelais VII. L’occasion pour nous de chercher à en savoir plus sur cet artiste définitivement atypique.

Salut VII ! Alors premièrement pour nos lecteurs qui ne te connaissent pas forcément, est-ce que tu pourrais te présenter ?

Je rappe depuis 1995, j’ai sorti pas mal d’albums solo et collaboré sur quelques projets en tant que producteur. J’ai un style qu’on peut qualifier de gore, morbide, sombre… en tous cas tout sauf festif.

Comment te sens-tu à quelques jours de la sortie de ton 7ème album ?

Pour moi c’est presque un jour comme les autres, sauf que je vais devoir me taper tout un tas de colis. Ce n’est pas simple d’être indépendant car il faut mettre la main à la pâte à tous les niveaux mais c’est toujours gratifiant au final. J’ai une base de fan solide qui reste fidèle à ma musique donc je ne m’inquiète pas pour les retombées de l’album et je sais qu’il va faire son effet sur ce qui l’attendent.

Pourquoi ce nom “Culte” ?

Ce qui m’intéressait avant tout c’était les multiples sens de ce mot, à la fois l’aspect « dévotion à un culte » et le côté « album classique incontournable ». Ma musique a toujours eu cette connotation spirituelle et obscure. Avec Culte je reste dans la droite ligne de ce que j’ai toujours défendu depuis mon premier album.

Tu as clos ta trilogie Inferno l’année dernière avec “Mémoire d’outre tombe”. Quels sont les retours que tu as reçus à propos de ce triptyque ?

J’ai eu de bon retour, la plupart des gens me connaissent à travers les trois opus d’Inferno… certains ont peut-être été un peu déroutés par la tournure d’Inferno III qui est plus terre à terre et moins violent que les deux précédents, mais au final cette trilogie forme un tout assez cohérent proche de ce que j’avais imaginé à la base.

D’où te vient ce concept de “rap film d’horreur” ?

Tout simplement du fait que j’ai toujours adoré le cinéma gore des seventies, surtout les films italiens, ça a toujours été la principale source d’inspiration de mes textes. J’aime les films de Fulci, Argento, Henenlotter, etc… c’est un genre que je connais bien et qui m’influence toujours aujourd’hui.

Comment se compose ton public ?

Ce n’est pas vraiment un public rap « classique », y’a vraiment de tout dans le lot… Énormément de metalleux mais aussi des fans de rap pur et dur. On ne me fait quasiment jamais jouer aux côtés d’autres groupes de rap, ce sont avant tout des salles à tendance metal qui m’invitent et au final j’ai toujours trouvé ça mieux, ça me permet de totalement me démarquer de la scène rap habituelle !

Tu produis une bonne partie de tes titres. Où vas-tu piocher tes samples excepté dans les films d’horreur ?

Actuellement je ne m’occupe plus tellement de la partie production pour me concentrer sur l’écriture, le chant, le mixage, la composition etc. Mais depuis ma première MPC j’ai vraiment samplé de tout. J’ai touché à tous les samplers : SP-1200, ASR-10, MPC 3000, 2000 etc. A la base j’ai énormément samplé de soul et de jazz puis je me suis tourné vers le rock et les B.O de film qui sont plus rarement samplées. On peut trouver le plus dingue des samples dans le pire des disques.

Qui pourra-t-on retrouver que ce soit aux prods ou derrière le micro ?

Au micro c’est simple, il n’y a que moi sur cet album, je suis peu adepte des featuring… À la production j’ai essentiellement travaillé avec DJ Monark et 2FCH mais il y a aussi une production d’Euphonik et de moi en fin d’album.

N’as-tu jamais eu envie de collaborer avec des non-bordelais ?

J’ai souvent collaboré avec des non-bordelais, personnellement je n’ai absolument aucun attachement à cet endroit. Je ne revendique absolument jamais mon appartenance à cette ville. Je n’ai jamais compris ce besoin de sans arrêt faire référence au lieu où l’on vit, à son département, je ne vois pas l’intérêt.

Pourquoi ce nom “VII” ?

A la base il s’agissait avant tout d’une référence au côté mystique que revêtait le chiffre 7. C’est un nom très simple au final. J’ai opté pour le chiffre romain car ça me semblait visuellement plus intéressant.

Tu dis venir du metal à la base. Comment en es-tu venu au rap ?

Je ne viens pas du milieu metal, j’ai commencé à faire du rap bien avant de faire du metal mais j’ai naturellement toujours écouté ces deux styles de musiques. Mais il m’arrive aussi d’écouter du jazz par exemple et j’en ferai peut-être dans quelques années qui sait… Pour moi la musique est un ensemble, je ne vois tout ça qu’en terme de bonne et de mauvaise musique au final.

Que réponds-tu à ceux qui te reprochent de tourner en rond ?

Qu’ils ont raisons et que ça ne changera pas ! Trop de mecs suivent les dernières modes et n’ont aucune identité artistique propre. Ils passent d’un style à l’autre selon ce qui se fait outre-Atlantique. J’ai un style original et je ne compte pas en changer !

De tous tes albums, s’il ne devait en rester qu’un ?

Culte… je cherche toujours à progresser et aller plus loin d’album en album et je travaille dur pour y parvenir donc je considère souvent mes derniers projets comme les meilleurs même si avec le recul je me rends compte que ce n’est pas toujours vrai.

Merci pour cette interview ! Un mot de la fin ?

Que les gens qui me suivent ne s’inquiètent pas je ne compte pas en rester là. Il va me falloir plus d’une vie pour concrétiser tous les projets que j’ai en tête. En tous cas ma musique va rester dans la même veine, sans demi-mesure ni concession.

Culte : disponible le 8 avril 2014

Culte Le Bon Son

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