Beaucoup d’auditeurs revendiquent les débuts du rap, affirment que c’était mieux avant, ou bien sont tout simplement nostalgiques d’une certaine époque. Chez les rappeurs cela peut se traduire par un hommage sous forme de clin d’oeil aux anciens au détour d’une rime, ou d’un couplet/titre entier dédié à ça. Le Bon Son vous propose de découvrir ou redécouvrir 10 titres rendant hommage aux classiques du Hip Hop français, plus ou moins récents, mais tous sortis après une époque que certains considèrent comme “l’âge d’or”. L’occasion aussi de tester ses connaissances en termes de classiques…

Bakar – Classik (2006)

Ce titre représente un des premiers hommages à l’âge d’or du rap français. Bakar reprend sur ce track quelques instrus mythiques, enchaînant références et clins d’oeil, allant même jusqu’à adapter son flow pour coller au maximum aux versions originales. Au-delà de la qualité du track et de l’exercice de style, le clip et ses guests de marque auront permis au morceau de devenir un classique du genre, à tel point qu’une suite vit le jour trois ans plus tard.

Sëar Lui-Même – Boom Back (2009)

Il s’agit ici d’un registre différent, puisque Sëar décrit l’ambiance de l’époque en tant qu’acteur et témoin privilégié pour un hommage à Time Bomb, collectif et label considéré comme une influence et une référence en terme de flow et d’écriture. “Boom back” représente un des titres préférés de son public, et nous invitons tous nos jeunes lecteurs à aller se renseigner sur les quelques noms cités en fin de morceau.

Diam’s – Mon répertoire (2003)

Et tant qu’on est dans le name dropping, comment ne pas mentionner celui de Mélanie sur “Mon répertoire” ? Elle aussi a assisté à l’émergence de collectifs mythiques. On pense notamment à ses apparitions radiophoniques ou discographiques aux côtés de la Mafia Trece, Driver ou le Ménage à 3.

Medine – Lecture aléatoire (2006)

Medine a préféré se concentrer sur 5 hommages. Le premier couplet fait références aux deux groupes à trois lettres pionniers du genre et incontournables : IAM et NTM. Le second couplet se concentre sur la fin des années 90′ avec Ärsenik et Lunatic, et leurs albums sortis respectivement en 1998 et 2000. Le morceau se terminant par un couplet poignant retraçant le parcours de Kery James. La construction du morceau, le concept du Petit Apple en lecture aléatoire, l’instru signée Proof, la technique d’un Medine au top de sa forme et l’interprétation qui va avec, font de ce morceau un chef d’oeuvre bien parti pour devenir lui-même un classique…

Les Spécialistes – Le son des puristes (2005)

Dans la catégorie jeux de mots et clins d’oeil parsemés tout au long d’un morceau, voici le morceau de Tepa et Princess Aniès, ex membres du DA System, et spectateurs privilégiés eux aussi des heures de gloire du mouvement, en témoignent leurs participations aux diverses compils et albums mythiques de l’époque. L’exercice est maîtrisé, et ce ne sont pas les seuls à s’y être essayés, comme vous pourrez le constater avec les titres suivants…

Scylla – Marqué au fer (bleu, blanc) rouge (2009)

Le MC bruxellois témoigne son respect aux grands noms du rap francophone des nineties, parsemant son hommage de titres de morceaux classiques, les intégrant soigneusement à son texte sans se contenter d’un simple listing… Un autre classique du genre, à travers lequel beaucoup ont découvert Scylla.

Fik’s & P.Kaer – 24 ans de rap, mon âge (2005)

Les deux membre d’Ul’Team Atom ont eux aussi connu le rap des années 90, on se souvient notamment de leur tape “At Home” sortie en 1999. Sur ce track, ce sont des phases mythiques qu’intègrent Fik’s et P.Kaer, plutôt que des blazes ou des titres de morceaux ou d’albums, et force est de constater que là aussi l’exercice est réussi.

Fleyo – Aux mages (2013)

Un morceau beaucoup plus récent que les autres, pour un autre concept : cacher des blazes de MC’s ou groupes dans son texte, révélés par les logos pochés sur le store métallique derrière lui. L’hommage ne se cantonne d’ailleurs pas qu’aux années 90′, Fleyo mentionnant quelques collectifs des années 2000.

Cenzino & Masta Pi – Rap, musique que j’aime (2012)

Un peu dans la même veine que le track des Spécialistes, le suisse Cenzino et le belge Masta Pi revendiquent leur attachement à l’âge d’or du rap en plaçant des titres classiques dans leur ode, et en reprenant le titre du célèbre Rap, musique que j’aime de Zoxea.

Paranoyan – L’école du micro sans argent (2013)

Pour Paranoyan, ce n’est pas d’un hommage qu’il s’agit sur ce track, mais d’un exercice de style comme il nous le confiait dans son interview pour Le Bon Son : “Concernant le morceau « L’école » et les références, je sais que ça a déjà été fait plusieurs fois, mais plus comme un hommage. Moi ce qui m’intéressait c’était plus de le faire comme un couplet de rap normal, en y insérant un max de références. C’est à dire que quelqu’un qui ne connait rien au rap des années 90 peut écouter le morceau comme un morceau de rap parmi tant d’autres. Et celui qui connait, lui va identifier  toutes les références. C’est ce concept-là précisément qui me plaisait, et ça pour le coup ça n’a jamais été fait auparavant.”

>> En écoute sur BandCamp ici.

Bonus Tracks :

K.ommando Toxik – Retour vers le futur (2005)

Ce n’est pas d’un titre qu’il s’agit ici, mais d’une tape entière. T.killa et Beksoul reprennent des classiques en rappant sur les instrus originales, et en s’adaptant aux thèmes et aux sonorités des morceaux originaux. Côtés invités, c’est avec soin qu’ils ont choisi les MC’s, de façon à coller au plus près aux ambiances des titres repris, les membres du K.ommando allant même jusqu’à inviter certains artistes originaux sur leurs reprises. Une tape que l’on vous recommande vivement, qui au-delà de l’hommage démontre les qualités microphoniques des deux MC’s du Val d’Oise.

Cut Killer & The Kid Daytona – Classic Shit (2013)

Sur ce deuxième et dernier bonus track, ce ne sont pas des MC’s francophones qui rendent hommage à l’âge d’or du rap français, mais un DJ français (un certain Cut Killer) qui enchaîne quelques instrus de la première moitié des nineties, sur lesquelles le MC New Yorkais The Kid Daytona se promène avec nonchalance. Plus subtil que les titres précédents dans les références, mais non moins efficace.

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