Avec deux ans de tournée, trois disques avec 1995, et des participations à des dizaines de projets diverses et variés, Nekfeu est un des MC’s les plus productifs de ces dernières années. Accompagné du S-Crew, son groupe de toujours, il s’apprête à sortir l’album Seine Zoo, et c’est à cette occasion que nous l’avons rencontré. Nekfeu, pour Le Bon Son :

Le Bon Son : Peux-tu nous retracer tes premiers pas dans le Hip Hop ?

Nekfeu : Mes premiers pas dans le Hip Hop… C’est un peu plus compliqué que ça, parce quand j’ai commencé à faire du rap je n’étais pas vraiment dans le mouvement, je faisais juste du rap avec des potes pour rigoler. On n’était pas vraiment conscients de ce qu’on faisait, c’était avec les membres du S-Crew, en 2001. On avait 10-11 piges, on enregistrait des espèces de clashs entre nous pour rigoler. C’est comme ça que ça a commencé, sur des poste-cassettes enregistreurs, puis petit à petit ça a commencé à devenir des espèces de freestyles, sur des faces B, sans que ça ait vraiment de sens. Puis on a continué comme ça, en se tapant des barres, juste entre nous. Il n’y avait que les gars de ma petite bande qui savaient que je rappais, je ne me définissais pas comme un rappeur. Petit à petit on a commencé à prendre goût à ça, les autres ont fait leur chemin de leur côté, moi j’ai réussi à aller jusqu’au lycée. J’étais donc un peu moins dans le délire pendant un moment, même si de temps en temps j’enregistrais en studio.

Puis à 16 ans j’ai rencontré des gens qui m’ont fait écouter des trucs à l’ancienne que je ne connaissais pas forcément, et c’est là que je me suis encore plus passionné en tant que rappeur, et avec le S-Crew on a commencé à enregistrer vraiment en studio, alors qu’à la base on faisait toujours ça chez Mekra. On avait fait une ou deux scènes par-ci par-là, des trucs de quartier, pour des associations… Puis quand j’ai rencontré Alpha, Sneazzy et Areno Jaz au lycée, mes potes d’enfance taffaient dans le bâtiment, donc ils étaient un peu pris. À la base Sneazzy avait un groupe avec un pote, Fonky Flav pareil, Alpha et Areno étaient ensemble au sein de POS, Lo c’était un électron libre, et moi je faisais partie du S-Crew. On a commencé à faire des scènes en tant que collectif POS, qui est le nom qu’on a donné à cette espèce de formation qu’on faisait pour aller dans les open mics.

Et qui plus tard est devenu 1995…

Voilà. Chacun a plus ou moins arrêté les expériences de groupes antérieures, même si moi je suis resté avec S-Crew. Ça m’a mis dans une situation un peu bizarre parce que tout d’un coup on a commencé à entendre parler d’1995 alors que c’était une formation complètement improvisée au départ. Mais les gens qui nous suivent savent que dès le début, vers 2007-2008, il y avait S-Crew, ainsi que ce qui est devenu plus tard L’Entourage. Du coup mes premiers pas au sein du « mouvement Hip Hop », c’est des open mics et des featurings avec des mecs d’un peu partout, en banlieue, en province, plus tous les concours, impros et clashs qu’on pouvait attraper.

Aujourd’hui, y a-t-il une priorité pour 1995 ?

C’est une question compliquée. S-Crew c’est mes frères de son, c’est grâce à eux que j’ai commencé le rap, c’est Mekra qui m’a motivé à m’y mettre. L’emblème S-Crew existe avant même qu’on rappe. Et donc le plus important, et le plus cher à mon cœur, c’est que le S-crew brille en tant que groupe et en tant que famille. Mais à part ça, 1995 c’est ma priorité aussi, dans le sens où c’est mes reufs. On essaye d’expérimenter des trucs assez dingues et j’aime explorer d’autres horizons musicaux, avec six entités qui ont chacun leurs goûts propres… Mais c’est pas pareil. Et puis je me prends pas la tête sur ce qui est ma priorité ou pas, j’essaie de faire les choses plus ou moins dans l’ordre. Avec 1995 on était prêts plus tôt à enregistrer, alors qu’avec S-crew c’était à l’arrache au départ… On a enregistré notre première mixtape dans un studio clandestin, notre ingé son ne parlait pas français. On a donc mis plus de temps à se professionnaliser. C’était vraiment une passion, on ne se voyait pas forcément en faire notre métier. Alors qu’avec 1995 on est devenus vite très pros, et cette expérience me permet d’en faire profiter le S-crew, ce qui fait qu’on est tous super carrés.

Notre génération s’est un peu fait blaguer par un manque de culture rap.

Mais voilà, il n’y a pas de priorité, c’est comme ça. Les membres d’1995 ont toujours su que je ferais mes trucs avec S-Crew. On a toujours fonctionné comme ça, avec une liberté immense. Et puis on est tout le temps ensemble avec 1995 et S-Crew. Au final on a donné L’Entourage comme nom à ce collectif pour ne pas avoir à se prendre la tête sur ça, que ce soit une bande dans laquelle il y ait tout le monde, et nique sa mère on fait du son. Comme au sein de la Cliqua il y avait des espèces de possees qui se formaient entre certains membres par exemple.

Comment en es-tu venu à écouter et connaître les classiques du rap français alors que tu devais être super jeune quand ils sont sortis ?

D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours été passionné de rap et de musique en général. Donc je m’y suis intéressé quand j’étais petit, qu’on a commencé avec S-Crew. J’écoutais les trucs qu’on nous passait dans notre quartier, qui étaient pas forcément les meilleurs sons : c’était surtout des trucs très caillera de l’époque, il n’y avait pas énormément de « classiques » qui tournaient. Mais parmi tout ça il y a des mecs qui avaient déjà une carrière d’old timers. Donc j’ai découvert Booba, Rohff, et puis Sniper aussi à cette époque-là. Mais après, en vrai, je n’ai aucun mérite parce que pour tout ce qui est des classiques, c’est Alpha que j’ai rencontré au lycée qui m’a vraiment mis là-dedans. Je suis un fan incontesté de Lunatic depuis que je suis petit, mais je ne connaissais pas forcément l’école de Time Bomb, Les Sages Po’ je connaissais vite fait de nom, Dany Dan par « Crie mon nom ». Notre génération s’est fait un peu blaguer par un manque de culture rap, on se tapait la radio et les sons de rue un peu bêtes qui sortaient.

Du coup vers 16 ans, avec Alpha qui était un passionné et une bible du rap, je suis tombé encore plus amoureux du truc, j’ai vu une autre facette et le côté « mouvement » que je connaissais pas avant. Darryl Zeuja en est venu à ça par ses grands frères, d’autres pas des potes. On écoutait aussi la Scred Connexion depuis longtemps et on kiffait. Au final c’est la passion qui fait que tu t’intéresses à tout ce qu’il y avait avant, tu trouves des similitudes avec ce que toi t’es en train de faire alors que c’est pas forcément calculé…

Avec S-Crew c’est donc votre premier vrai album, même si vous aviez sorti d’autres projets avant…

Yes, notre projet d’avant, Métamorphose, c’était une mixtape. C’était une ébauche d’album qu’on avait commencé à bosser il y a deux, trois ans, et qui même si elle nous plaisait, n’était pas représentative de ce qu’on fait maintenant, et de ce qu’il va y avoir dans Seine Zoo. Et Même signature, écrite en 2008/2009 et sortie en 2010, c’est limite une maquette…

Quel regard portes-tu sur le chemin parcouru depuis Même signature ?

Une grande fierté. J’ai encore de l’amour pour ce projet parce que c’était une ambiance, on vivait des moments un peu difficiles à l’époque, mais on réussissait quand même à prendre le temps de faire un projet. C’était vraiment pas les meilleures conditions, c’était complètement à l’arrache. Et pour te dire, pour les autres, c’étaient des textes qui dataient déjà de quelques temps parce qu’ils taffaient à côté… C’était une période assez compliquée. On a toujours mis sur internet ce qu’on faisait, et au final Même signature c’est plus un brouillon qu’un projet. Par rapport à maintenant et à Seine Zoo qui va sortir, c’est comme si ça n’avait rien à voir.

L’emblème S-Crew existe avant même qu’on rappe.’

Qui va-t-on retrouver à la prod sur Seine Zoo ?

Beaucoup de monde, et pas forcément des noms connus. On a le grand plaisir d’en avoir une d’Hologram Lo, Mario, Nizi, Lord Mac, qui a fait plein de classiques du rap français, un pro de la SP-12 avec son gars DJ SimSima qui a fait des scratchs dans l’album. Y a beaucoup de monde, j’ai peur d’oublier des noms [rires]. ROBCorp qu’on a rencontrés sur internet, Orkim, le poto Lumi. Y a d’autres noms que j’oublie. En fait y a beaucoup de gens qui sont un peu comme nous : des pros débutants.

Et côté featurings ?

Tout L’Entourage, dispersé à droite à gauche, Nemir qui fait quelques petits chœurs sympathiques sur un morceau, et Morad de la Scred Connexion.

Un featuring qui doit avoir une importance particulière donc…

C’est clair ! La Scred Connexion, c’est le groupe auquel on s’est le plus identifié, qu’on a le plus écouté, dès nos débuts. C’est super cool parce que que j’ai rencontré Mokless il y a quelques années, puis le reste de la Scred par la suite, on a fait quelques concerts avec eux, et ça s’est donc fait naturellement.

Entre le 1995, S-Crew, le 5 Majeur, les tournées, etc. on a l’impression que tu es toujours sur la route ou en studio, que tu ne te poses jamais. Tu ne ressens jamais le besoin de calmer un peu le rythme ?

Très franchement, ce que je vis en ce moment, c’est tellement ouf que j’ai pas envie de me mettre à réfléchir à la vie. J’ai jamais été aussi heureux qu’en me noyant autant dans ma passion. Je pense que c’est pareil pour tous les gars du crew, on est à 100% tout le temps. Et puis une séance studio c’est quoi ? T’es avec tes potes, ça parle de tout, ça se met bien pour certains, ça fait du son… C’est plutôt les heures de sommeil qu’on compte un peu…

Que du plaisir en somme.

Ouais, en plus on voyage. Et on a des traditions dans l’équipe, on bouge avec tout le monde : Georgio, L’Entourage, Lomepal, nos gars de Belgique… On se fait des petits séjours de 4-5 jours dans le sud, c’est toujours la joyeuse vadrouille !

Le seul truc qui me fatigue et qui me demande beaucoup de temps, c’est la gestion, que je n’avais pas au début. Avec le S-Crew on gère tout nous-mêmes, sans manager. Avec 1995 c’est Flav qui gère un peu cette partie-là, et je me rends compte maintenant du taf de dingue que ça représente. Pour un mec comme moi qui n’a pas l’habitude de faire des papelards c’est assez dur. C’est le côté relou de l’indépendance, mais on apprend tous les jours et on commence à être dangereux dans notre petit biz.

Tu écris beaucoup, on t’associe souvent aux rimes multi-syllabiques, as-tu une technique d’écriture particulière ?

Je ne sais pas si ça va intéresser grand monde, mais moi j’ai vraiment l’impression que ma technique évolue constamment. Je dirais que ça fait six mois que j’ai passé un nouveau cap. Je suis assez exigeant dans l’écriture, dans un délire d’autiste. Les rimes multi-syllabiques doivent rester un outil, elles m’ont vite gavé chez d’autres rappeurs.

‘Je ne veux plus que la technique influence mon texte, mais que mon texte influence ma technique.’

En m’entendant parfois en miroir, je me suis rendu compte qu’il y avait une certaine facilité à faire ça, plus qu’à trouver des placements sans s’appuyer sur ce genre de colonne vertébrale multi-syllabique. Et du coup, sur les derniers trucs que j’ai sortis, je ne sais pas si ça s’entend, mais j’ai essayé d’être plus dans la sonorité, sur les assonances, les consonnes, rebondir, plutôt que de faire rimer en voyelles.

Les cainris sont grave dans ce délire multi-syllabique, mais ils ont une langue un peu plus moelleuse, et donc les consonnes ne s’entrechoquent pas. En France, certains ont tendance à vouloir faire ça et ne pas articuler, moi le premier, et c’est pour ça que je ne peux plus écouter mes textes d’il y a quelques années, ou même d’il y a un an. Je trouve ça trop amateur. Je me suis rendu compte qu’en français on avait des consonnes et qu’il fallait s’en servir et rebondir dessus, et du coup je suis parti dans un autre délire. Si ça se trouve ça n’existe pas ce que je raconte [rires], mais je me crée mes petits défis…

Les 10’ me parlaient de leurs critères en écriture justement, qu’ils étaient quasiment les seuls à comprendre, sur lesquels ils avaient du mal à mettre des mots…

Moi c’est pareil. Il y a quelques gars de ma bande avec qui on parle de ça comme si c’était normal. Mais quand je sors de ce cadre-là, personne n’y comprend rien. Je me rends compte que c’est très abstrait au final, et que c’est souvent dans notre tête. Le plus important que j’ai appris dans mon évolution, c’est que je ne veux plus que la technique influence mon texte, mais que mon texte influence ma technique. Tu me demandais si j’avais des techniques particulières, je te dirais « plus maintenant ». Avant j’avais des espèces d’aides qui me venaient naturellement, avec un flow sur lequel j’adaptais mon texte. Alors que maintenant je tords ma pensée de manière à ce qu’elle fasse un flow qui m’intéresse. Mais je t’avoue que maintenant ça se fait instantanément.

Cette année il y a eu Marche Arrière et le freestyle promotionnel pour Seine Zoo… Mais sinon tu apparais peu en solo, y a-t-il une raison à cela ?

Et le Freestyle nº4 [paru le 17 janvier, ndlr]. Et « Marche arrière » c’était pour les potos du Gouffre, et entre le moment où il a été enregistré, et le moment où il est sorti il s’est passé un an et demi ou deux ans, donc pour moi toute une vie de rappeur. Sinon pourquoi je sors peu de solos, je sais pas trop. J’en fais plein, j’écris tout le temps des solos, pour moi. Mais même si j’essaie de bosser sur un album, de voir comment ça se passe, je me concentre d’abord sur le S-Crew. J’ai pas envie que les gens se focalisent sur une éventuelle carrière solo, ce n’est pas encore d’actualité. Du tout.

Mais il y a un album solo en préparation…

En fait j’ai commencé vers 2010-2011 à faire un album solo, qui a dû avorter parce que j’avais des problèmes avec les gens avec qui je bossais à l’époque. Puis il y a un ou deux ans pareil, je m’étais remis à bosser sur un album solo et ça s’est super mal passé avec les gens chez qui on était signés. Du coup j’ai dû encore y renoncer. Je prends tout ça comme des espèces de signes pour que je taffe vraiment le truc avant de le sortir. Je ne peux pas me permettre d’arriver avec le même délire que dans les featurings que je fais, faut que j’aie mon propre truc. Et puis les premiers albums c’est super sacré chez nous, donc j’me mets beaucoup la pression. Et vu que j’évolue d’un mois sur l’autre, je peux détester un couplet que j’aimais avant, et ça me rend un peu ouf. Donc je jette pas mal de taf au final…

On n’annonce pas encore de date pour l’album de L’Entourage parce qu’on ne veut pas décevoir les gens, mais là on est sur un gros gros truc.

L’album de L’Entourage est annoncé depuis longtemps, il en est où ?

On est en plein dedans. Au moment où je te parle, je dois me rendre au studio juste après pour finaliser mes trucs. Je sais que les gens l’attendent depuis super longtemps. À la base on avait prévu de faire une mixtape, qu’on a faite, qu’on n’a pas trouvée convaincante. On a une méthode simple pour savoir : on laisse le truc reposer un mois, puis on le fait écouter aux sosses. Vu que pour nous c’est un délire de collectif à la Wu-Tang, on veut que le truc soit tellement puissant qu’il nous représente à fond et qu’il n’y ait rien à dire. Et vu qu’on est plusieurs entités ça a été assez compliqué, mais là on a réussi.

Donc ça va se présenter sous la forme d’une mixtape pour présenter L’Entourage à ceux qui ne connaissent pas, et ils sont encore très nombreux. Et ensuite l’album, dans la foulée. On n’annonce pas encore de date parce qu’on ne veut pas décevoir les gens, mais là on est sur un gros gros truc. Ça explosera en temps et en heure.

Même question que pour Sneazzy West et Alpha Wann : si tu pouvais choisir un MC et une époque, pour poser avec ? Par exemple « AKH en 1994″…

[Il réfléchit un moment] Je veux pas qu’on croie que parce que je donne une année je ne suis plus fan aujourd’hui, mais je dirais Dany Dan en 2001.

C’est marrant, Sneazzy m’avait dit Dany Dan en 2002, et Alpha aussi, mais en 2006.

C’est notre LL Cool J à nous, donc on lui rend hommage dès qu’on peut !

D’ailleurs tu poses pour un feat. sur l’album Dyfrey d’Ol’Kainry qui sort le 30 septembre, sur le même morceau que Dany Dan. Vous avez posé ensemble ce jour-là ?

Non, disons que je les ai « rejoints » sur le morceau. Je ne sais plus comment ça s’est passé, mais je ne pouvais pas me rendre au studio le même jour, mais j’ai répondu à l’invitation d’Ol’Kainry dès que j’ai pu. C’était un grand honneur, et ça me fait plaisir que tu en parles, ça me flatte parce que c’est un son que j’aime beaucoup, et les deux font partie de mes rappeurs préférés. Son album sort le même jour que nous et ça fait plaisir parce que ça fait deux belles sorties.

Ta dernière claque en rap français ?

Les gars du Kartel. C’est des gars avec qui on roule depuis quelques temps. C’est un collectif qui fonctionne un peu comme L’Entourage, et il y a deux de leurs membres, Saiga et John H, des potos de Vitry, qui vont sortir un projet. Je pense surtout à une phase qui m’avait choqué : « La plupart du temps, un bon vivant c’est un mauvais mort ». J’ai ça en tête parce qu’elle m’a marqué. Je peux être choqué par un mec juste sur une phase.

Le mot de la fin :

On sort Seine Zoo le 30 septembre. On a mis toutes nos tripes, tout notre sang, et tout notre argent dedans. On sort des gros clips, on essaie de faire les trucs en grand en termes de vidéo, et tout ça c’est de notre poche. Donc soutenez-nous la famille ! C’est une affaire de famille, de sincérité,  on une des premières divisions de L’Entourage à se lancer sur un album, et j’espère que les gens vont kiffer.

S-Crew – Seine Zoo : sortie le 30 septembre (Précommande : Fnac)

5 Majeur – Variations : disponible depuis le 27 mai

1995 – Paris Sud Minute : disponible depuis le 31 décembre

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