Alex Varela, l’interview « 10 Bons Sons »

Alex Varela a un parcours atypique dans la musique. Il embrasse très jeune le hip-hop dès le début des années 90 à Toulouse et intègre rapidement le groupe KDD sous le nom de Diesel, à la fois comme rappeur et beatmaker. Si sa carrière de rappeur se termine en 2001, il continue cependant à composer, produire et travailler pour les autres – rappeurs, chanteurs, instrumentistes, marques de luxe – entre Washington, New York, et aujourd’hui Paris. Nous sommes revenus avec lui sur une sélection de morceaux tirés de sa discographie, composée de cinq titres de Diesel le rappeur, et de cinq autres d’Alex Varela le music producer.

Photo :  Amaury Cagniard ©

1 – KDD – « Mon plus beau polo » (1996, Opte pour le K)

Ça me rappelle Toulouse, quand j’avais quinze ans et que je sortais dans le centre-ville avec mes potes, qu’on allait draguer des filles, qu’on portait des fringues qu’on avait acheté à New York, du streetwear bien fresh… Ça m’évoque beaucoup de fraîcheur.

Tu étais déjà allé à New York à cette époque-là ?

Oui. La première fois que je suis allé à New York c’était en famille, avec mes parents et ma sœur, j’avais onze ans. Le New York de cette époque était complètement différent de celui d’aujourd’hui, c’était un peu avant que Giuliani soit élu. Times Square était totalement différent, c’était plus tendu. On sentait une électricité.

Tu rejoins KDD via Dadoo c’est ça ?

Je rejoins KDD quand j’ai douze ans. A cette époque-là, je m’aperçois par le biais de ma sœur et de Dadoo, qu’il y a un truc qui s’appelle le hip-hop, et que c’est le nouveau truc. Jusqu’à présent on était tous fans de Michael Jackson, de Prince… Et puis au début des années 90 tu te rends compte qu’il se passe des choses, tu te demandes ce que c’est. Je vois que Dadoo est carrément dedans, il est un peu plus âgé que moi, et il est avec des acteurs du hip-hop à Toulouse.

A ce moment-là où je ne suis pas encore dans le groupe, je vois que Dadoo est dans des situations hip-hop, et moi petit à petit, avec d’autres potes j’ai mes petits groupes. Puis finalement, mon premier réflexe, c’est de me dire qu’il nous faut des instrus. J’ai aussi envie de rapper, mais comment faire pour avoir des instrus ? Là, j’ai peu d’options, mais il y a les CD de James Brown de mon père. Il a une platine CD qui a une fonction de looping. Tu commences la loop sur A, tu la finis sur B. Sans le savoir, je suis déjà en train de faire du sampling, par nécessité, pour pouvoir rapper sur un instrumental. C’était une façon de reproduire un schéma dix ans plus tard, parce que dans l’historique du producteur de hip-hop, du beatmaker, au début des années 80, beaucoup n’avaient pas de matos ou de boîtes à rythmes, et ils faisaient des stop tapes. Ils avaient des duplicateurs de cassettes, et faisaient des loops en enregistrant un petit bout, en appuyant sur pause, puis en rajoutant un petit bout à la suite… et ainsi de suite. Et moi, je faisais ça de manière digitale, dix ans plus tard, sans m’en rendre compte. Je te raconte ça parce que mon premier réflexe c’était de faire de la prod en fait. Puis avec des potes on commençait à écrire des textes. A la suite de ça je commence à traîner un peu plus avec Dadoo, et puis les affinités font qu’on commence à travailler ensemble.

Dadoo fait partie de ta famille, c’est bien ça ?

C’est mon grand cousin.

Le groupe KDD, à ce moment-là, n’est pas constitué des mêmes personnes que par la suite.

Il y a beaucoup de monde. Au début, on est huit. C’était une époque où il y avait des danseurs dans les groupes, tu pouvais en voir avec IAM, NTM…

Cet album vous place en radio, fait connaître votre nom, et à la fois il peut être vu comme une casserole parce qu’il est plus ouvert que ce que vous ferez après.

Ce premier album nous a permis d’être exposés parce qu’on était en maison de disque, et qu’il y avait des moyens derrière. Mais l’album a été un échec du point de vue des ventes.

D’un point de vue extérieur on n’a pas cette impression.

Parce qu’il y a eu de la promo. Le single (« Big Bang KDD », ndlr) a bien marché, mais l’album n’a pas fait beaucoup de ventes à l’époque. Il y avait la machine Columbia derrière, donc de la promotion et même un clip. On était vus et placés en magasins. Mais ce n’était pas un grand succès en comparaison avec d’autres albums de cette époque. Commencer par un échec nous a finalement permis d’avoir de la longévité. On était tous jeunes à cette époque-là, mais c’est aussi un âge où tu apprends plus vite, tu te rends compte des erreurs que tu fais. Finalement ça te permet de vouloir t’accrocher, de faire les choses plus intelligemment, et de faire les bons choix. C’est vrai que le son du rap en général change à cette époque par rapport à notre album, et c’est finalement bien que ça n’ait pas explosé pour nous. Ça reste une super expérience. On avait envie que tout le monde soit content autour de nous, que ce soit la famille, la maison de disque, les amis ; donc on a travaillé deux fois plus après.

2 – KDD – « Une princesse est morte » (1998, Résurrection)

Ce morceau c’est la maison. Certains sons te provoquent des émotions, et là les deux premières secondes me ramènent à la maison. C’est-à-dire : famille, groupe, hommage à ma mère. Ça me ramène dans une époque aussi, à un état d’esprit où pour nous, avoir du succès et de la notoriété, à ce stade-là, n’était plus important du tout parce que j’avais perdu ma mère. C’était aussi une grosse perte pour le reste du groupe puisqu’on est tous plus ou moins liés par des liens familiaux. Et puis ma mère était mon cheerleader, elle était à fond KDD, elle était trop fière de nous. C’est une histoire qu’on n’a pas beaucoup racontée, mais ma mère était là à nos tout premiers concerts. Quand on avait fait la première partie d’IAM elle avait ramené le gros caméscope de mon père et filmé tout le concert. (sourire) Elle était super fière de moi, de Dadoo, de tout le groupe. La perte de ma mère a mis un coup à tout le groupe, et je pense que c’était un bel hommage à lui rendre.

Si tu vois la construction du morceau, je ne parle de ma mère qu’au troisième couplet. Sur les deux premiers couplets on parle de la femme de Malcolm X, des femmes qui se faisaient assassiner en Algérie, de problèmes de cette époque. La femme de Malcolm X était morte dans un incendie, on avait un peu envie de lui rendre hommage parce que personne n’en parlait. A travers ça j’ai pu trouver l’angle pour parler de ma maman, mais aussi des mamans en général. Je t’avoue que pendant la production de l’album Résurrection, à la suite de la mort de ma mère il y a eu plusieurs tentatives de faire des morceaux en hommage, mais c’était trop tôt, et pas de manière généraliste. C’était un besoin un peu personnel. Mais c’est bien d’avoir été en mode « démo » avant d’arriver avec un point de vue avec plus de recul, un poil plus détaché, mais qui du coup s’adressait à tout le monde.

Quand j’ai rencontré Dadoo pour une interview « 10 Bons Sons », j’avais choisi le morceau « Ma cause » pour parler de Résurrection. Pour toi je n’ai pas hésité deux secondes bien évidemment, mais ce morceau est aussi intéressant parce qu’il est plus lumineux que le reste de l’album qui a une teinte sombre, et que c’est votre premier et plus gros hit.

C’est notre premier hit et notre fer de lance. Parce qu’à cette époque-là, on est derrière ce morceau comme si c’était un bouclier. On s’est dit « ok, sur le premier album, aller faire des concerts à Paris c’était dur, on nous a jugés, c’était difficile, on était un peu jeunes. Là on a perdu quelqu’un de cher, et on se fout complètement du reste, on va venir et tout péter parce qu’on n’a plus rien à perdre. » C’est là que tout s’est ouvert pour nous, parce qu’il n’y avait plus de retenue. On était vraiment soudés parce qu’on avait vécu un truc difficile, et aussi parce que la période après le premier album de KDD était une expérience chargée. On avait envie de faire nos preuves. On a un côté « on part en guerre » dans l’album, tu peux l’entendre, parce qu’on s’en fout.

Un peu avant l’album, il y a un « freestyle 1998 » Cut Killer qui sort fin 1997, avec la Fonky Family, Menelik, Stomy Bugsy et KDD. Et à l’écoute de votre partie je ne vous reconnais pas tout de suite.

Cut Killer a été important pour nous à ce moment-là, entre ce freestyle, la compilation Opération Freestyle, et nos passages dans son émission de radio. Big up à lui. Il y a des intervenants dans la communauté hip-hop en France, qui sont des lieux de passage. Tu as des gens clés qui sont des pierres angulaires d’un moment. Cet échange-là a créé quelque chose pour nous, j’espère que pour lui aussi. Cut Killer est quelqu’un d’important en France.

3 – Driver feat. Diams, Dany Dan & KDD – « On fout l’dawa » (1998, Le grand schelem)

Laisse laisse… Driver ! Avec Diam’s, « baby Diam’s ». Elle avait 14 ans, c’était avant Brut de femme.

Et même avant son tout premier album Premier mandat.

C’était le jour du premier match de la Coupe du Monde, on l’avait vu en studio, et le soir même on partait faire un concert à Dakar. Je m’en rappelle comme si c’était hier.

Driver parle de cet enregistrement dans le « Roule avec Driver » qui vous est consacré. Vous étiez tous présents ensemble pour l’enregistrement ?

Oui, on était tous là, et je me rappelle de Diam’s parce qu’il y avait une pureté dans sa démarche, elle était fan de hip-hop. Elle était tout simplement fière d’être en studio ce jour-là avec nous. Pour elle on était des gens respectés dans le rap, et elle avait envie d’être entendue, de poser, d’être respectée elle aussi dans ce game. Son énergie était celle de quelqu’un qui aime vraiment le hip-hop, ça m’a touché à l’époque.

Comment vous êtes-vous connectés avec Driver ? Il est sur votre album, c’est le seul featuring parisien, puisque les deux autres rappeurs invités sont Don Choa et Le Rat Luciano.

La première fois qu’on le voit on est sur scène à Sarcelles, avec KDD du premier album, de « Mon plus beau polo ». On est dans une salle des fêtes où il y a autant de pitbulls que de spectateurs. (rires) On a la pression mais on y va quand même, et à un moment on voit un mec qui fout le bordel dans le public, c’est Driver. On le voit clairement dans le public. Soprano c’est la même histoire parce qu’on était allé faire un concert à Marseille, et Soprano était dans le public à crier qu’il voulait monter sur scène, on l’a fait monter pour finalement kicker un freestyle avec nous. C’était la première fois que je voyais Soprano. C’est ouf parce que – que ce soit Diam’s, Driver ou Soprano – c’était des gens qui avaient très envie de faire du hip-hop et d’être entendus. Cette envie-là est marquante parce qu’on ne la voit pas tous les jours. Voilà pour la petite anecdote. Avec Driver on s’est croisé plusieurs fois, et on est devenu amis à force de se voir à Paris, vu qu’on l’appelait quand on venait. C’est un bon gars.

Après ce deuxième album vous allez collaborer avec beaucoup de monde, mais lui fait partie des premiers avec qui vous vous connectez en dehors du cercle proche.

Vu qu’on était sur le retour, en mode « clique », soudés, entre nous, on ne voulait faire les choses qu’avec des gens qui s’entendaient bien avec nous, avec lesquels il y avait de vraies affinités. On ne voulait pas faire d’opérations ou des featurings avec des rappeurs qu’on ne connaissait pas, on s’en foutait.

Je connaissais Le Rat Luciano, quant à Don Choa, j’ai commencé le rap avec lui. A une époque où Dadoo est avec des membres actifs du hip-hop à Toulouse comme Skiper ou Bonis, je capte qu’il va à la radio FMR et que tout se passe là-bas. Donc les dimanches je vais à la radio avec Don Choa. J’ai onze-douze ans, lui est un peu plus vieux que moi, il fait du raggamuffin, et il s’appelle Néon. Je te dis ça juste pour te montrer que c’est vraiment des gens du début, et que c’était normal de l’inviter.

On le retrouve sur votre troisième album, sur « Ghetto Cocaïne », puis sur le solo de Dadoo.

Exactement.

4 – KDD – « Qui tu es ? » (2000, Une couleur de plus au drapeau)

Ça c’est… (rires) Ce morceau c’est moi. Avec Dadoo on était tous les deux sur le rap… Mais si ma contribution au groupe KDD a un point culminant, c’est ce moment-là. Déjà le morceau, au moment où il sort, ne ressemble à rien de ce qui se fait en France. Je me rappelle du moment où j’ai créé l’instru, et je me revois juste en studio en train de combiner des éléments comme un alchimiste. A l’époque je fais même usage de ce qu’on appelle aujourd’hui des micro samples. Aujourd’hui c’est une technique utilisée par Justice par exemple, des samples tellement petits que tu ne les reconnais pas, mais que tu utilises pour la tessiture. Là il y a des samples, je ne te dirai pas de qui, ce sont des micro-notes qui sont utilisées dedans. Tout le monde parle d’un moment dans sa carrière avec une étincelle de génie. (Il claque des doigts, ndlr) A ce moment-là c’était pas forcément moi qui faisait la prod, c’était un esprit créatif, un truc ancestral. Moi, j’étais juste le véhicule pour faire que la prod sorte. Des fois c’est tellement facile que tu te dis que c’est peut-être pas toi. Très bon souvenir.

Il ressemble plus à quelque chose qui vient du sud des Etats Unis, influence qui n’est pas du tout à l’ordre du jour dans le rap français en 2000.

Le pire c’est qu’on le fait à la toulousaine. L’identité de Toulouse tu l’entends du début à la fin du morceau.

« Ici, même les mémés aiment la castagne. »

A notre façon on a intégré Toulouse, et je suis fier que Dadoo amène tout ce côté franchouillard du Sud Ouest de la France, alors que moi j’ai peut-être amené ce côté cainri dans la prod. Le sample principal c’est un morceau de Joan Baez, une chanteuse folk très connue aux Etats Unis, un titre composé par un compositeur classique brésilien qui s’appelle Villa-Lobos. A l’époque on avait des vieux vinyles, donc on samplait tout le temps, on piochait à droite, à gauche, et j’ai trouvé ce sample. Pour l’anecdote, y a deux ans j’ai rencontré Joan Baez. Je n’ai pas eu le temps de beaucoup lui parler, et de lui expliquer que je l’avais samplée dans « Qui tu es ». (rires)

Tu fais l’instru de ce morceau, comme beaucoup d’autres dès le deuxième album. A quel moment commences-tu à produire pour KDD ?

Sur le premier album de KDD on est huit, dans cette configuration il y a des gens qui font des prods. J’en fais déjà, mais j’apprends, c’est le début. J’ai les machines qu’il y a chez mon père, et je commence à sampler. « Mon plus beau polo » c’est un peu moi qui fais la prod. Mais on est chacun dans notre case, et Dadoo et moi on est les rappeurs. Même si je suis compositeur, je me déclare comme rappeur. Et puis ma prod est retravaillée par d’autres parce que je suis encore novice, mais déjà j’avais capté le sample. Je voulais progresser en vue de produire pour l’album d’après, et c’est exactement ce qu’il s’est passé. Pour Résurrection la formation a changé, et on se retrouve sans compositeur. Donc c’est une aubaine que DJ Lindsay soit aussi compositeur, et que moi j’ai envie de faire des prods. On se retrouve donc tous les deux. Avec Lindsay on a une super entente, on a les mêmes goûts musicaux et on est super ouverts. Du coup sur le deuxième album je fais quelques prods seul, lui aussi, et des fois on collabore sur d’autres. Pareil sur le troisième album. Autant pour moi c’était un plaisir de partager tout ce qui est lié au rap, au côté vocal, et à l’écriture avec Dadoo, mais le côté composition c’était un plaisir de le partager avec Lindsay parce qu’on s’entendait et on se complétait bien. Par exemple, « Le geste » c’est un bon souvenir parce que c’est une prod de Lindsay à la base, et moi j’ai composé la ligne de basse qui s’imbriquait parfaitement avec le morceau. Je te dis « Le geste » parce que c’est vraiment organique, sans trop parler. « Il n’y a pas de basse ? Ok. » Avec Dadoo c’était pareil : premier couplet, deuxième couplet. On n’avait pas besoin de trop se prendre la tête, de préciser comment on allait se positionner à chaque composition, ou sur chaque couplet.

Après cet album KDD se sépare.

C’était plutôt naturel. A cette époque Dadoo avait fait pas mal d’apparitions sur les titres d’autres artistes, de plus en plus. Ça coulait de source qu’il s’émancipe et fasse un projet solo. Moi dans ma tête ce n’était pas ce qui me motivait le plus, j’avais plutôt envie de collaborer avec d’autres groupes, rappeurs ou chanteurs, et de composer. A cette époque-là c’était une explosion d’idées musicales et d’inspirations, j’avais vraiment beaucoup de choses à offrir, donc ça s’est plus ou moins fait. J’ai bossé avec d’autres groupes, notamment K Spécial, je ne sais pas si tu te rappelles.

Si, très bien, il y a un morceau avec KDD, « Traîtres ».

J’ai beaucoup participé à leur album (Cause à effet, ndlr), j’ai produit quasiment la moitié des titres. C’était cool parce que j’avais vraiment besoin d’ouvrir les vannes créatives et de composer pour d’autres personnes.

Tu parlais de Dadoo, mais on te retrouve rarement en solo dans les featurings, ou même sur les compilations.

C’est vrai, et je vais te parler d’un truc que je comprends maintenant, qui me paraît évident avec le recul. J’en parlais beaucoup avec mon père à l’époque. Dans le hip-hop on sait que le rappeur doit écrire ses propres textes, il n’y a pas trop d’histoires de ghostwriters comme aux Etats Unis. Pour le premier album, avec mes premiers textes, quand j’avais treize ou quatorze ans, j’allais parler de quoi ? Les thèmes abordés dedans, c’est tout simplement qui je suis, comme dans « Mon plus beau polo ». Les choses qui me tenaient à cœur à quatorze ans c’était ça : sortir, aller voir les potes. Finalement je pense que  plus les années passent, plus tu as de choses à dire, parce que tu gagnes en expérience.

Mais quand même, il faut savoir que sur Résurrection je n’ai que dix-sept ans quand on fait l’album. Donc oui j’ai plus d’expérience, mais je n’en ai pas autant qu’un mec de vingt-cinq ans. Après, le truc qui se passe, c’est que j’ai eu une volonté de concentrer de la qualité sur un couplet par chanson, parce que j’avais déjà une autre casquette, celle de composer les titres. Donc très tôt j’ai été exposé à ces deux jobs, être à la fois beatmaker et rappeur. Par conséquent, je n’avais pas forcément l’ambition de vouloir faire des trucs où je rappe seul sur un morceau. Au bout d’un moment, si tu es le mec qui fait la prod seul et qui rappe tout seul, c’est bien, le groupe te supporte, mais c’est plus intéressant en tant que groupe que chacun donne un point de vue différent, ça rend le truc plus complet.

5 – Oxmo Puccino feat. KDD – « Balance la sauce » (L’amour est mort, 2001)

Laisse un peu, laisse un peu… (rires) J’adore ça. C’est bon. Super épisode de ma carrière de rappeur. C’est un de mes moments préférés de studio à Paris. C’est aussi une de mes amitiés préférées, qui en est encore une aujourd’hui. C’est un de mes couplets préférés, je trouve que c’est une bonne balance de tous les trucs que j’aimais à l’époque : flow, lyrics, attitude.

Humour aussi !

Humour oui. Dadoo et moi sommes devenus potes avec Oxmo à cette époque, juste avant, pendant la tournée avec Cut Killer, durant laquelle on est vraiment devenus acolytes.

Tu as participé à la fameuse tournée Opération Freestyle ?

Voilà. C’est là qu’on s’est fait beaucoup d’amitiés : Oxmo, Rim’K et AP… Surtout avec Oxmo, on a beaucoup ri pendant cette tournée. (rires) Et puis de manière organique on a commencé à traîner ensemble. Oxmo venait à Toulouse, il dormait à la maison, et moi je passais le voir à Paris. On bossait ensemble. On a un peu travaillé sur les maquettes de son album L’amour est mort chez moi à Toulouse. J’ai dix-sept ans, j’absorbe pas mal d’inspirations, je suis comme une éponge. J’observe Oxmo, et à travers nos collaborations j’apprends beaucoup, que ce soit dans le beatmaking ou l’attitude lyricale. Cette influence est palpable dans ce couplet, on sent qu’on a traîné ensemble.

Oxmo fait partie de ces artistes avec lesquels quand tu traînes avec, tu ne deviens pas eux, tu deviens plus toi. S’il y a une chose qu’il m’a apprise, c’est de devenir plus moi-même. Il me donnait confiance dans mes propres idées, à essayer des choses qui n’avaient jamais été faites en musique, et justement avoir la confiance pour le mettre en pratique. A ce moment-là, sur ce morceau, dans mon rap, je m’en fous. J’ai une maîtrise du mot, mais je lâche un peu prise, je freestyle un peu plus.

Oui, on le sent avec des phases comme « confidence pour confidence, crème coco et concombre ».

(rires) Je me foutais de la gueule d’un pote qui avait une image très dure, mais qui m’avait confié qu’il aimait avoir une peau saine et qu’il faisait des masques au concombre. Ça m’avait fait beaucoup rire.

On est en 2001, et c’est la période à partir de laquelle on ne t’entend plus rapper, même dans des couplets à droite à gauche.

En 2001, mon baisser de rideau, c’est une mixtape album. J’avais fait un design, je voulais lancer ma marque de t-shirts, mais c’était surtout une excuse pour faire une mixtape qui allait avec, où j’invitais des artistes que j’aimais bien. Elle s’appelle Rapfeller. Vu que le groupe était un peu sur la fin, je commençais à explorer des trucs que j’avais envie de faire. J’avais envie de créer, mais aussi d’avoir des gens autour de moi en studio. J’ai regroupé autour de moi à Toulouse les gens que j’aimais bien : Billy Bats (lire l’interview) qui était sur la montée, K Spécial… Je suis aussi allé à Marseille chercher Soprano et les Psy4, chez Akhenaton, à La Cosca, avec mes bandes. Ils m’ont très bien accueilli, et ils ont posé pour moi. On a traîné un peu à Marseille, c’était très très cool. J’ai un bon souvenir de ce moment-là parce que je l’ai mené jusqu’au bout. Et après j’ai essayé de distribuer un petit peu la mixtape.

6 – Diam’s – « Parce que » (2003, Brut de femme)

A cette époque-là on a un peu traîné ensemble avec Diam’s, et on a commencé à parler de son album. Elle avait déjà des idées précises sur ce qu’elle voulait. Mais à Paris on ne produisait rien, on parlait beaucoup pour voir ce qu’elle avait envie de faire. Ce morceau est plus ou moins un des premiers morceaux que je fais quand je déménage aux Etats Unis. C’est même le moment où j’emménage dans mon appart’ à Washington. J’installe mon matos, je branche tout, et dans les trois premières prods que je fais il y a ce morceau-là. Il fait le lien avec la suite parce que j’essaie de nouvelles techniques. Je joue de plusieurs instruments, je chante un petit peu, je me dis que je n’ai pas besoin de sampler d’autres artistes. Je me sample juste moi. Si tu entends dans l’instru il y a des voix aigues, c’est moi qui ai pitché ma voix, et qui joue de tous les instruments. J’aime ce morceau parce que c’est vraiment de l’expérimentation. C’est cool que tu aies mis celui-là. Sur Brut de femme j’en ai deux, il y a aussi « Amore », pour lequel elle voulait faire une reprise d’ « Ain’t no sunshine » de Bill Withers, à notre façon. Mais moi j’aime beaucoup « Parce que ».

Tu participes donc à cet album qui connaît un succès fulgurant, qui fait de Diam’s star.

Je suis fier d’y avoir participé. Il y avait plus de beatmakers dessus que sur l’album d’après, mais il y en avait plein de très bons. J’étais fier de faire partie d’un album où tout d’un coup pour elle ça explose. Mais vu que j’étais aux Etats Unis je ne me rendais pas trop compte en fait. C’est quand je suis rentré ici et que tout le monde m’a dit « t’es sur l’album de Diam’s ?! »

Y a-t-il eu un avant et un après cet album ?

Non. C’était plus de la fierté. Pour moi Diam’s, dans ma tête, ça restera toujours cette gamine de quatorze ans en studio avec nous pour Driver, qui va kicker son couplet et tous nous exploser. Le truc qui vient après ce n’est que de la fierté, parce que je me dis « elle est partie de là, et regarde ce qu’elle est devenue. » J’ai toujours beaucoup de respect pour elle, et c’est réciproque.

7 – Nuttin’ But Stringz – « Thunder » (Struggle from the subway to the charts, 2006)

Ça c’est « Thunder » ?

Oui.

Super souvenir, et cette fois c’est le premier vrai truc que je vis en déménageant à New York, avec l’idée que tu peux créer ton propre chemin, ta propre voix. Tu n’es pas obligé d’avoir une carrière similaire à tel beatmaker ou tel rappeur, tu peux aussi faire avec ta vision. C’est aussi un peu une des raisons pour lesquelles je suis parti aux Etats Unis. En France, quand tu es beatmaker, on te demande : « Tu pourrais pas me faire une prod à la Timbaland, ou à la truc… » Tu vas aux Etats Unis, on ne te parle pas de ça en fait. On te fait comprendre qu’il faut que tu sois toi, que tu as peut-être quelque chose à apporter à la musique.

Les frères Escobar (qui forment Nuttin’ But Stringz, ndlr), ça part d’une rame de métro. Je suis sur Spring Street et je remonte sur la 44ème rue parce que j’ai mon studio là-bas à l’époque, et sur ce chemin il y a six stations de métro pendant lesquelles je suis assis. Je vois les mecs qui arrivent avec leurs violons, qui sont dans la rame de métro, et qui commencent à jouer « Hey » d’Usher et Lil’John. Au violon. Je trouve ça trop cool. Et les mecs ont un look, avec des tatouages partout, des chaînes. Je me dis « c’est dingue ce truc ». J’aborde un des deux frères, je lui dis : « J’ai un studio, je viens de France, tu n’as pas une carte ? » Il me passe son numéro de téléphone. Le premier truc que je fais en rentrant en studio c’est d’envoyer un message qui dit : « les mecs venez me voir en studio, il faut qu’on voit ce qu’on pourrait faire ensemble ». Ils viennent en petite équipe, je leur fais écouter des prods, eux me font écouter deux-trois trucs. La vibe passe bien, on décide de collaborer ensemble pour voir ce que ça donne. On fait un titre, puis un deuxième, ils signent chez Koch Records pour un album, on le fait, et puis les mecs passent à la télé, chez Oprah, chez Ellen DeGeneres, plein de night shows américains.

L’album sort, le premier morceau qu’on a fait ensemble c’était « Broken Sorrow », et le second c’était « Thunder », avec un format bizarre, il dure cinq ou six minutes… Il y a une intro, on ne sait pas si c’est de la composition de musique de films, du hip-hop ou de la musique classique, et à l’époque on n’en sait rien nous non plus. On marche à tâtons en studio, parce que c’est quoi la structure pour du violon hip-hop ? On cherche, je vais puiser au fond de moi, chercher dans des trucs classiques qu’on va me faire écouter, j’incorpore des trucs que j’ai connus avec KDD… C’est un mélange de plein de choses, et à ce moment-là je me réalise pleinement parce que je trouve que cette ouverture musicale me ressemble, avec des mecs qui viennent du même quartier que 50 Cent, qui étaient prédisposés à être rappeurs, mais qui sont violonistes… Au final je trouve qu’eux et moi on se ressemble dans l’approche parce qu’on a envie d’être curieux musicalement.

On fait ce truc qui est un hybride, et je t’avoue qu’à l’époque personne n’y croit. (rires) Tous les gens à qui je fais écouter ça comme mon manager à New York, Universal… Personne n’y croit mais en même temps chaque week-end ils sont à la télé quelque part. Fast forward, deux ans plus tard les mecs sont invités à la Maison Blanche pour le Black Music History Month. Ils jouent à la Maison Blanche devant le président de l’époque, c’était George W Bush, et les mecs m’envoient des images avec un documentaire qui a été fait sur eux, un petit documentaire de quatre minutes qui passe à la télé, qui a gagné un Emmy Award. Et dedans on les voit jouer ce morceau, qu’on a fait dans mon studio. J’étais fier de me dire qu’on avait commencé dans le métro pour finir entre les murs de la Maison Blanche.

Sur ce morceau spécifique par exemple, quel était ton rôle ? De la réalisation, de l’aide à la compo ?

Tout. Réal, production et co-composition. A l’époque ils venaient toujours avec des petites mélodies qu’ils jouaient. C’était un gros travail, parce qu’à partir de cette petite mélodie il fallait créer l’environnement dans lequel ils allaient jouer et être mis en valeur. Il y a aussi le côté spectacle de la scène auquel il faut adapter le truc. Tu as dû le voir, mais il faut que ce soit eux qui soient au centre, et que la musique les aide à performer.

8 – Keyshia Cole feat. Jadakiss – « Guess what » (The way it is, 2006)

Ça c’est Keyshia Cole avec Jadakiss, c’est le premier morceau que je place aux Etats Unis pour un projet majeur. Le sample qu’on entend, les cuivres, c’est de Sly and the Family Stone, « Crossword Puzzle », mais c’est surtout un truc que je connais depuis gamin, parce que ma sœur écoutait De La Soul, qui avait le même sample sur leur premier album. Pour moi, je trouvais important de faire ce clin d’œil, parce que je vais puiser dans qui je suis, au lieu de me dire « je vais faire du R&B », sachant que je ne savais pas que ça allait aller à Keyshia Cole. Le truc s’est fait parce qu’il y a eu une rencontre avec un parolier qui s’appelle Sean Garett, qui écrivait des chansons pour tout le monde, avec beaucoup de succès : Destiny’s Child, Beyoncé… Ce morceau était destiné à Jennifer Lopez à la base, mais a fini pour Keyshia Cole. Je suis assez content parce que c’est mon premier disque de platine. A l’époque c’était un accomplissement parce que je ne m’attendais pas à un succès pareil. Le simple fait qu’il y ait un mec comme Jadakiss sur le titre c’était dingue.

Avec qui as-tu collaboré ensuite aux Etats Unis ?

Il y a eu une collaboration avec une chanteuse de R&B qui s’appelle Amerie, on avait fait un super morceau qui s’appelle « R&B girl » mais qui n’est pas sorti sur son album à cette époque-là, à cause d’un sample qui n’était pas clearable. Mais c’était cool d’être avec elle en studio. Et après j’ai plutôt opté pour bosser avec des gens que je voulais développer. Vu que je viens d’ailleurs, je n’aime pas qu’on me mette dans une case spécifique, j’aime bien faire du R&B en amenant mon côté hip-hop. Si je fais un truc hip-hop je vais ramener mon côté musicien, compositeur. J’aime bien essayer des choses, faire des mélanges, c’est ce qui me stimule le plus. Les violonistes, Nuttin’ But Stringz, se séparent par la suite, mais je continue à travailler avec Damien Escobar. De nouveaux niveaux sont atteints à travers ça, et je trouve ça intéressant.

9 – Joey Starr – « Hot Hot (hâte-toi) » (Gare au jaguar, 2006)

Trop cool. Super expérience. Il faut quand même comprendre que moi j’étais vraiment fan de NTM quand j’étais gamin.

Tu le dis dans « Mon plus beau polo » : « Le DJ passe un morceau du Suprême Nique Ta … »

Ouais ! (rires) Je suis un gros fan à l’époque, j’adore. Et juste de faire un truc avec lui… Les premières fois où on le rencontre c’est avec KDD, quand il nous invitait à son émission B.O.S.S. dans sa cave. Que dire ? Tu es en studio avec un mec dont tu es fan depuis que tu es gamin, et qui approuve la musique que tu fais. En plus on a fait ce morceau sur place avec lui. On l’a fait parce qu’il y avait une énergie dans la pièce. A droite tu as Dadoo (qui réalise l’album, ndlr) assis à côté de la console, à gauche tu as Joey qui est debout en train de nous préparer des ti punchs. (rires) Tout le monde est bien, et c’est comme ça qu’on réussit à capturer l’énergie du morceau.

Quand tu es à côté de ce mec-là c’est comme avec Oxmo, tu deviens un peu plus toi-même. Des mecs comme Oxmo te font avoir confiance en toi artistiquement, alors que des mecs comme Joey sont des accélérateurs de charisme.

Sur cet album, tu retrouves Dadoo des années après la fin de KDD.

Tout se fait naturellement avec Dadoo, que ce soit avec KDD ou pour l’album de quelqu’un d’autre, c’est vraiment facile.

10 – Disiz « Peter Punk » – « Monstres » (Dans le ventre du crocodile, 2010)

C’est marrant que tu aies choisi celui-là. Je l’aime mais mon préféré de l’album c’est « Trans Mauritania ».

Tu produis tout l’album c’est ça ?

Oui, c’était une fierté énorme. Il n’y a pas beaucoup d’artistes qui ont le courage de faire un album qui sort complètement du cadre de ce qui se fait. Disiz n’a jamais eu peur de partir dans des délires un peu différents, et lui et moi on a réussi à faire ce truc. C’était basé sur des goûts musicaux qu’on avait à cette époque, et sur le fait qu’on n’avait pas peur. On a fait ce qu’on voulait, et on l’a sorti. C’était un succès de la presse, on a eu de super critiques, dont une dans Rock’n’Folk dont je me souviens, et j’en suis très fier. Ils ont bien défini l’album. On ne s’était fixé aucune limite. On a été à New York pour le faire, à Williamsburg, un quartier de Brooklyn, coupés de tout, dans un univers où le hip-hop partait vers la dance avec David Guetta, Kid Cudi. Nous on était plutôt dans les King Of Leon, on aimait aussi beaucoup Phoenix. On avait envie de mélanger tout ça, et on l’a fait.

Tu recollabores avec Disiz sur Lucide, qui paraît en 2012.

Oui, notamment sur le single « Best day » qui a bien tourné en radio. Il y a aussi un autre morceau, « Combien de Temps » qu’il a joué à Taratata, sur lequel j’ai ramené Damien Escobar. C’était énorme de réunir les deux pour moi.

Si on suit tes apparitions discographiques, après l’épisode Disiz, tu mets le rap de côté. Tu te consacres à de l’habillage musical sur des défilés de mode sur toute la décennie 2010.

Quelqu’un qui travaillait déjà là-dedans m’a proposé de travailler en équipe. C’est comme ça que j’ai découvert ce monde complètement différent. Il s’agissait d’illustrer musicalement des moments très courts. Un défilé dure entre huit et douze minutes, mais la musique en est un élément très important. Tu mets la musique au service d’un créateur, et quelque part ce n’est pas si loin de la production.

Moi je suis un music producer en temps normal, mais dans ce cas c’est plus de la curation pare qu’on choisit des titres qui existent déjà. Super intéressant, parce que ça requiert une connaissance musicale assez développée, et du coup il faut que tu écoutes des choses nouvelles, qui viennent de sortir, ou que tu ne connaissais pas avant. Il faut avoir une culture musicale assez poussée pour pouvoir sortir un morceau à quelqu’un qui te demande ce que t’évoque sa collection. Ça m’aide à devenir meilleur dans la production parce que tout d’un coup on parle d’émotions, et on va chercher des morceaux qui renvoient à des émotions très précises.

Donc je fais ça pendant deux ou trois ans, pour les fashion weeks de Milan, New York et Paris. J’apprends beaucoup, j’observe, puis je me rends compte qu’il y a une demande de musique originale, de plus en plus. Certaines marques ont besoin de faire du contenu digital, de mettre des vidéos en ligne, pour lesquelles il est plus avantageux d’avoir une musique originale parce qu’il n’y a pas à demander l’autorisation aux artistes. A ce moment-là je me dis que c’est génial, que je vais pouvoir mettre mes services à disposition, parce que ce qui m’intéresse au final c’est créer. Même si c’est une forte expérience et que j’apprends beaucoup de choses dans le sound design, moi mon but c’est de créer, et de pouvoir allier les deux. Je commence à répondre à des appels d’offre pour des gens qui ont besoin de musiques originales, puis en 2015 la demande est tellement forte que je crée ma boîte dans l’univers de la musique, une boîte de sound design qui propose des services de composition originale. Là beaucoup de choses se font, je travaille avec de grosses marques de luxe, et je me sens dans mon élément parce que je suis en train de créer.

Tu fais autre chose que ça aujourd’hui ?

Oui, d’abord je fais des prods pour des albums en cours. Et puis je garde la porte ouverte sur quelque chose où je produis aussi pour moi. J’ai fait beaucoup de choses, j’ai beaucoup appris, j’ai pris de l’expérience dans plein de situations différentes. J’ai travaillé et développé des choses qui me servent au quotidien. J’ai fait ça pour pouvoir avoir de l’indépendance et de la liberté, au service de la création artistique. Je suis dans une posture où je me sens très libre. Il n’y a plus de murs autour de moi.

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Olivier LBS

Doyen et autocrate en chef de cette incroyable aventure journalistique. Professeur des écoles dans le civil. Twitter : @OlivierLBS

Un commentaire

  • Quel plaisir de « re » mettre en lumière ce talentueux Artiste. Et quel parcours !
    Passionnante description d’une époque si prolifique pour le Hip-Hop. Bravo !

Commentaires

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