Muge Knight, Endoume dans le sang, Marseille dans le coeur | Entretien

A Marseille, il y a Muge Knight et les autres. Ovni sur la planète Mars, proposant un rap inclassable, personnel, il mène sa barque à l’écart du game. Nous l’avons rencontré jeudi 29 octobre, à Endoume, son fief, dans un bar enfumé, où une faune disparate et inter-générationnelle n’a que faire du couvre-feu et n’accorde aucune attention au discours de Macron qui annonce alors un nouveau confinement. L’occasion pour nous de retracer le parcours de Muge Knight, ses débuts dans le rap, son attachement à Endoume, à Marseille, son rapport à la politique et son nouvel album. Entretien à Mugeland, avec le maire de la ville.

Pour commencer, pour quelles raisons tu nous as donné rendez-vous ici, à Endoume, dans ce bar ?

Endoume, c’est l’endroit où je me sens bien, où je suis tous les jours. On est là, tranquille et ça te met dans l’ambiance du projet. C’est un Marseille central mais différent du reste. C’est spécial.

J’ai l’impression que tu es plus un habitant d’Endoume qu’un marseillais.

En fait pour les gens de l’extérieur je suis marseillais, mais moi je suis endoumois ! Pour la petite histoire, ici il y avait un très gros club de foot dans le quartier, l’US Endoume Catalans. J’ai connu une époque où c’était le deuxième club à Marseille, avec Rolland Courbis entraîneur, José Anigo joueur… On faisait souvent de beaux parcours en Coupe de France et une année il y a eu un OM / Endoume au Vélodrome. Laisse-moi te dire que j’étais pour Endoume, bien que je sois supporter de l’OM ! Endoume c’est le quartier. De toute façon Marseille c’est très village, la ville est un assemblement de plein de villages. Mais avant d’être marseillais je suis endoumois.

On retrouve ce côté un peu à la marge aussi dans ton rap et ton positionnement par rapport au rap marseillais ?

Ouais, complètement. Je pense que je suis un ancien, je connais tout le monde, mais sincèrement j’aime être différent, dans la marge. Ce n’est pas que je ne m’entends pas avec les gens, parce que dans les soirées hip-hop, je suis avec tout le monde, j’aime bien tout le monde. Mais le côté « game », ça m’a saoulé. Actuellement, je m’en balance. Je fais de la musique, je fais du rap parce que c’est la forme que je pratique. J’ai l’impression de faire un truc qui est à part un peu. Et ce n’est pas voulu. Djel me le disait la dernière fois : « Ce que tu fais, il n’y a que toi qui le fait, il n’y a que toi qui peut le faire et tu peux le faire pendant cent ans, ce ne sera jamais démodé. » A la base je viens du rap classique.

On pourrait d’ailleurs revenir sur ton parcours parce que tu es effectivement un old timer.

Par rapport à des mecs de maintenant c’est sûr ! Mais ça fait toujours bizarre quand on me dit que je suis un old timer parce que dans ma tête, je suis jeune, je suis toujours dehors, dans les soirées, les apéros. J’ai l’impression que le temps est tellement vite passé depuis mes débuts !

Je suis arrivé dans le rap complètement par hasard. Le premier groupe que j’écoutais c’était IAM, parce qu’ils avaient marqué la ville avec la cassette Concept. On les croisait au Vieux-Port, avec leurs coupes de cheveux, mais je ne les connaissais pas parce que j’étais plus jeune qu’eux et je n’étais pas dans le rap. A cette époque, je faisais des aller-retours sur Paris, chez mon père, qui vivait rue Saint Denis, à Châtelet. Et là j’ai découvert des magasins qui vendaient des mixtapes.

Un beau jour, j’ai acheté, sans faire exprès, une mixtape d’instrus de faces B US. Et ça m’a trop donné envie d’écrire ! J’ai commencé comme ça, je faisais mes couplets dans le quartier, avec mes collègues. Puis j’ai fait des freestyles sur Radio Grenouille dans l’émission Tempo Rebel, qui est devenue une émission culte à Marseille : moitié rap français, moitié rap américain et au milieu freestyle. Namor, qui était mon voisin, avait écouté mes freestyles et m’a encouragé à continuer. Un jour, il m’a invité à faire une mixtape, c’était la première fois que je rentrais dans un beau studio et j’étais content parce qu’à l’époque Prodige Namor c’était costaud. Il m’a donc mis le pied à l’étrier. Puis, on a monté le collectif Al Iman Staff. On a sorti un premier album Mets les gosses à l’abri, qui a été un succès indépendant. C’était une bonne expérience, on a fait énormément de scènes, de radios…

Après cet album, Namor préférait faire un projet Prodige Namor mais dans leur groupe, il y a eu des divergences. De mon côté, je me suis mis à faire des morceaux solos et c’est à ce moment que j’ai rencontré Just Music. Le courant est super bien passé et ils m’ont invité sur leur tape. De là, ils m’ont proposé de faire un projet solo et on a fait Marseillistan.

Je me produisais encore sous le nom de Mesrime, je n’étais pas le Muge à cette époque. C’était une autre vie, un autre rap. J’ai changé de nom parce que j’ai changé de vie. Je n’ai pas voulu changer de direction, la direction a changé d’elle-même. Après je suis parti en mode Muge Knight avec le morceau « Mon vier maintenant ». Ma transformation s’est faite avec ce morceau. J’avais changé de vision. Je voulais faire un projet avec une couleur qui me ressemblait plus parce que dans un groupe,  il faut faire des compromis. Donc le Muge, c’est un délire beaucoup plus personnel.

C’est bien que tu fasses le récapitulatif parce qu’il ne faut pas se perdre entre tes différents blazes, Mesrime, Muge Knight, Dédé Bras d’enfant également…

(Sourire) Dédé Bras d’enfant c’était vraiment un projet délire. On l’a fait après Fini parti, avec Gino, c’est un pote, on se fréquente en dehors même de la musique. Si tu veux, lui est d’une famille marseillaise à l’ancienne du Panier, qui ressemble beaucoup aux gens d’Endoume en fait. Avant la Seconde Guerre Mondiale, le quartier du Panier descendait jusqu’au Vieux-Port, maintenant il n’en reste plus qu’un tiers, puisqu’Hitler a détruit ce quartier. Et beaucoup de familles sont venues ici et inversement. En fait les familles italiennes, corses, d’Endoume ont beaucoup de familles qui vivent au Panier. Ces deux quartiers sont différents mais sont très liés.

Du coup, avec Gino, on s’est dit qu’on allait partir dans un délire, que seuls nous allions comprendre. On savait que ça n’allait pas faire rire tout le monde parce que c’est spé. C’était des morceaux qu’on avait abandonnés bien qu’ils aient été produits par Just Music Beats et Medeline ! Avoir de gros producteurs comme ça pour des conneries  (rires) ! Et pendant le confinement on s’est repenchés dessus.

Le clip est bien foutu.

On ne pouvait pas faire le clip et on est parti sur l’idée d’un montage comme ça. C’est Simon Magnani, avec qui je travaille, qui l’a fait et très rapidement en plus. Il a trop compris ce qu’on voulait. Donc voilà, on s’est fait plaisir, on voulait un peu faire rire les gens durant le confinement. Maintenant on nous demande la suite (sourires). Mais ce n’est pas demain la veille qu’elle arrivera. Dédé Bras d’enfant et Jacky Claquette sont en cavale, ils ne sont pas disponibles (rires) !

On va attaquer sur le nouvel album. Contrairement à beaucoup d’autres rappeurs, tu n’es ni de tess, ni de la classe de moyenne, et je trouve que tu représentes bien les personnes de CSP inférieur, qui font un taf alimentaire et c’est un point de vue qu’on n’entend pas.

On va dire que j’ai peut-être un côté social. C’est la galère mais on se débrouille. Alors je ne suis pas un mec de cité, mais en ayant fait du rap, toutes les ginguettes de cité je me les suis tapées, j’ai rappé dans toutes les cités de Marseille. Je suis un mec de vieux quartier donc on a une vie différente. Mais je pense que j’ai une dimension sociale. Je ne mitonne pas, je raconte ma réalité. Je n’aurais pas pu faire du rap bling bling. Je suis attaché au fait que ce que tu racontes ça doit être vrai. Même si pour divertir les gens, il y en a de plus en plus qui s’inventent des vies. Je ne pense pas être très différent de mon personnage de rappeur par exemple.

Dans le même temps, on sent que tu mets beaucoup de légèreté dans ton propos, en ne te prenant pas au sérieux, comme dans « Tia épousé une légende » ou dans « Muge Daddy ».

On se moque de nous-mêmes. On aime se moquer de son entourage. C’est un sport ici ! Et puis c’est un truc qui marche bien dans l’humour, les comiques ont tendance à se moquer d’eux-mêmes dans leur spectacle. Je me moque beaucoup des Marseillais, en reprenant des clichés. Il y a de la légèreté parce qu’on est léger au quotidien. On a des vies difficiles donc l’humour nous permet de nous détendre.

Justement, Marseille a une grande place dans ton rap, dans l’album et je trouve que tu as plutôt tendance à lui rendre hommage plus qu’à la critiquer.

En gros, tu sens que j’aime ma ville. Même si je me moque un peu. Par exemple, dans l’album précédent, j’ai mis Gaudin dans l’intro quand même… Je le critique pourtant mais c’était un personnage que j’aimais bien, parce qu’il avait ce côté pagnolesque, même si c’était un escroc !

Il y avait Chirac au niveau national et à l’échelle marseillaise, il y avait Gaudin.

Exactement ! Voilà c’était comparable. Chirac a une aura alors qu’il en a fait des enculeries. J’aime bien la politique c’est vrai. Tu vois je me fais souvent appeler Renaud Mugelier (reprise du nom de Renaud Muselier, Président de la Région PACA et notable marseillais, ndlr). Je ne suis pas partisan mais je parle beaucoup de politique. L’adjoint au maire de la ville partage souvent sur Facebook mes publications. D’ailleurs j’ai été reçu à la mairie pour lui offrir l’album. Après je ne suis pas comme Keny Arkana, qui est plus concernée, plus politisée, j’aborde ça de manière plus légère. Dans Fini parti, j’avais fait le morceau « Marseille propre » avant les évènements de la rue d’Aubagne…

D’ailleurs, est-ce que le côté cosmopolite de Marseille n’est pas un peu une illusion, la ville étant aussi fracturée que la société française, elle connaît la gentrification que tu abordes justement dans le titre « Marseille propre » et tu évoques également cette fracture quand tu parles de la carte scolaire dans « Rongez nous »…

Faut pas se leurrer, à Marseille, il y a des communautés, tout le monde ne s’entend pas bien avec les autres, on n’est pas à Disneyland. Par contre, peut-être qu’en comparaison avec d’autres villes, on vit quand même un peu plus ensemble. Ça c’est une réalité. Ce n’est pas pour tomber dans un cliché, mais le vecteur du football unit beaucoup les Marseillais, que ce soit l’OM ou les dans les clubs amateurs. Dans l’équipe de mon fils, il y a des gitans, des Sénégalais, des petits blonds du 8ème arrondissement, il y a de tout et ils sont potes. Et puis la ville est un port, les gens se mélangent.

Ces dernières années, effectivement, ça s’est un peu plus communautarisé. Depuis quinze ans, dans les quartiers, ça s’est « démarseillisé ». De plus en plus de mecs portent des maillots du PSG, on entend de moins en moins l’accent, quand tu écoutes les rappeurs tu ne sais pas si c’est un parisien ou un mec d’ici… Mais il ne faut pas dire qu’il n’y a pas de problème. Des communautés ne s’aiment pas, il y a des racistes, faut être honnête. On a reproché aux italiens d’avoir voté FN mais maintenant dans certains quartiers populaires, on brûle les camps de roms… L’humain n’est pas parfait. Ces dernières années, une grosse fracture s’est creusée. Quand tu passes dans les quartiers Nord, tu as l’impression d’être dans un autre pays, c’est le tiers-monde. Les écoles sont pourries, les logements sont vétustes, les routes fracassées, les stades délabrés, tu te dis que la mairie a abandonné ces quartiers. Ne sont améliorés que les quartiers qui ont voté pour le maire, c’est comme ça ici…

Maintenant c’est la gauche qui est au pouvoir, on va voir… Peut-être qu’ils mettront plus l’accent sur les oubliés et ça refera un équilibre. A la mairie, il y en a qui écoutent le Muge, donc je leur fais confiance (rires) !

Si on faisait du rap fiction ou de la politique fiction, on voit ces dernières années que des personnes de la société civile sont sollicitées pour prendre des responsabilités au niveau politique. Imaginons que la municipalité actuelle te demande ton avis ou te fournit un portefeuille pour changer les choses, vu que tu invites les gens à voter pour toi…

(Il coupe) La vérité, faudrait pas me donner de portefeuille ! (rires) Je risque de faire plaisir à des gens, je vais tout dépenser, je ferai la fête. Je ne suis pas trop un gars à qui il faut donner un budget. Ce serait préférable de laisser ces responsabilités à des gens compétents. Moi je serai dangereux. On est en crise, si tu me laisses un chéquier, à tout moment je me prends un nouveau scooter, je m’en vais en voyage. (rires)

Mais tu sais que mon grand-père était maire d’Endoume ?! De 1971 à 1984. C’était un des bras droit de Gaston Deferre. Bon sa carrière politique a très mal fini (rires)… Elle s’est terminée sur des histoires de fausses factures. Mais il est super aimé dans le quartier. Il a fait rentrer tout le monde dans les services municipaux, à l’hôpital, il a permis aux gens d’obtenir des HLM… Il était adjoint au nettoiement. Sous son ère le « fini parti » a été plus que toléré on va dire (rires)… J’ai vu ce qu’est la vie politique, c’est pour ça que j’en parle un peu. Et tu comprends mieux pourquoi j’ai un tel attachement à ce quartier. Les gens connaissent mon grand-père, mon père, le Muge, mon fils…

Tu disais que si tu avais un portefeuille, tu irais ailleurs et il y a justement un morceau intitulé « Partir » dans l’album ; tu as beau être très attaché à ta ville et à ton quartier, si tu étais amené à aller sous d’autres cieux, où est-ce que tu irais ?

Si je devais partir, j’irai dans une ville de la Méditerranée, au bord de l’eau, où on mange bien et où il y a du foot. Je vais très souvent à Barcelone parce que j’ai des amis là-bas, donc ça pourrait être cette ville. Même si Barcelone ce n’est pas Marseille ! Ce qui est sûr, c’est que ça ne pourrait pas être une ville sans mer, au nord.

J’ai trouvé que dans l’album tu réussissais à taper sur les nouveaux rappeurs (comme sur « Muge Daddy ») tout en multipliant les références au rap à l’ancienne (avec les X-Men, Kery James, Assassin) sans sombrer dans un propos de vieux con.

Parce que je pense que je ne suis pas un vieux con en fait. J’écoute beaucoup de rap actuel et j’aime le rap à l’ancienne. Mais je n’ai pas de mal avec ce qui se fait maintenant. Je ne suis pas resté bloqué, d’ailleurs c’est rare que j’écoute des vieux sons, mais parce que j’ai toujours été dans le délire d’écouter des nouveautés, plus en US qu’en rap français. Je suis client de ce que fait Griselda, parce que c’est du rap actuel mais avec des codes qui me correspondent. Je peux aussi être dans un délire plus bling bling avec Rick Ross, ou un gars comme Pusha T, ou encore Action Bronson… Je ne suis pas resté bloqué au premier Wu Tang. Je l’ai saigné cet album mais ce n’est pas ce que j’écoute tous les jours dans ma voiture. Ceux qui disent le rap c’était mieux avant, ils n’ont rien compris. Tu vois dans le foot, bien sûr que tu vas avoir du respect pour Pelé et Maradona, mais tu es obligé de regarder ce qui se passe actuellement, tu ne vas pas te taper un match de l’époque. Le rap c’est pareil. On a connu des époques de fou, avec des équipes de malades, des rappeurs de dingue, mais si tu aimes le rap, tu écoutes ce qui se fait maintenant. Je n’aimerais pas passer pour un vieux con. Même sur les prods, j’aime bien poser sur des trucs assez actuels. Tu vois sur « Crise de la quarantaine », la prod est totalement actuelle.

Ça tombe bien, je voulais qu’on parle des instrus et du travail avec Corrado qui a produit la moitié de l’album. Comment vous avez bossé : il t’envoyait une palette de sons ? Tu lui demandais une certaine couleur d’instrus ?

Corrado a posé plein de prods en effet parce qu’il est tellement talentueux, qu’il a une palette tellement vaste, qu’il sait tout faire ! C’est impressionnant. Après c’est vraiment un beatmaker, il écoute des trucs spé, il est dans son monde, c’est un vrai artiste. La facilité que j’ai eue avec lui, c’est que lorsque je lui disais que je voulais un morceau comme ci ou comme ça, il arrivait à faire exactement ce que je voulais. Je me suis fait plaisir à travailler avec lui. Tu vois par exemple je voulais un morceau reggae, il a samplé un truc reggae des seventies et ç’a donné « Saturday », un régal.

Et encore on n’a pas sorti d’autres morceaux, avec de la musique brésilienne, des trucs incroyables. Donc on a fait pas mal de morceaux ensemble. Dans « Fini parti », j’avais plus de morceaux de Just Music Beats. Buddah Kriss et Oliver c’est des potos, ça fait des années que je bosse avec eux, mais ces derniers temps ils étaient très occupés. Mais je ne calcule pas trop les choses, on fait les choses à l’instinct. On se fait un apéro avec Buddah Kriss, il me dit qu’il a un son à me faire écouter, qu’il est pour moi et de là on a fait « Mugeland », le titre éponyme de l’album. Creestal pareil, je le connais depuis longtemps, je lui ai demandé de me faire un son. Il se trouve que j’avais fait la première partie de Swift Guad sur deux dates et on a fait « Muge Daddy » ensemble. C’est un peu du hasard à chaque fois.

Sur l’album, il y a une grande place accordée aux scratches également, alors qu’on n’en entend quasiment plus.

C’est clair. Djel c’est quelqu’un dont je suis proche, on se voit souvent, parce qu’à côté du rap, j’organise des soirées. Donc il vient souvent y mixer. Sur quelques morceaux, je voyais bien des scratches et je l’ai appelé. Ça fait plaisir de travailler avec lui parce que c’est un monstre, il te pose des scratches propres, rapidement, c’est un régal. Et puis, plus personne ne le fait ! C’est un truc de fou ! Moi j’aime bien les montages de phases scratchées. Donc on en discute avec Djel pour voir quels rappeurs j’aime bien. Bon moi je dis toujours Biggie, parce que je suis un grand fan, c’est mon rappeur préféré, donc c’était normal qu’on le retrouve sur un morceau. (sourire) Après il sait à peu près qui j’aime bien et on n’a pas trop besoin de se parler.

La nouveauté, c’est le morceau avec Amevicious, qui n’est pas du tout rap et c’était rigolo à faire. J’aimais bien DJ Mehdi par exemple, sa trajectoire et les morceaux rap sur de l’electro. Le morceau « Driver » est rap au niveau des BPM mais tu sens que le son n’est pas travaillé à la manière des beatmakers rap. Le son évolue tout au long du titre, ce sont des codes spéciaux, j’aime beaucoup. Je trouve que le texte ressort bien sur ce genre de sonorités.

On arrive à la fin de l’interview, je ne te demande pas quelles sont tes ambitions, mais est-ce que tu en as ?

Je sais que j’ai des gens qui me suivent mais j’aimerai que d’autres personnes découvrent cet album. Pas pour vendre ou faire des chiffres, j’ai ma vie en dehors du rap, je ne cours après pour vivre. Mon ambition serait que l’album tourne bien, ça me ferait plaisir que les gens l’écoutent et rentrent dans le délire. Ce serait kiffant. C’est pour cela que je mets mon travail entre parenthèses et que je suis focus actuellement sur le rap. Ce n’est pas pour vendre des disques. J’aimerais bien entendre du Muge un peu de partout, ce serait rigolo. Mais j’ai de bons retours, les gens aiment bien l’album, ça fait plaisir et on fait ça pour ça. Mon ambition n’est pas de faire du rap ma profession. Après ce n’est pas impossible qu’on n’enchaine pas sur un autre album vu qu’on est lancé. (sourire)

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