10 Bons Sons US en septembre 2020

Ce mois-ci chez l’Oncle Sam, c’était la reprise de la NFL avec la 101ème saison de la ligue. Covid-19 oblige, septembre a également été l’occasion de savourer les playoffs et finales NBA (se concluant d’habitude en juin), qui se termineront dans les jours qui viennent. Enfin, le 30 septembre a eu lieu le premier débat -la première farce alors que nous sommes encore loin de Thanksgiving- concernant la prochaine présidentielle américaine, entre le président républicain Donald Trump et son rival démocrate Joe Budden. Euh pardon, Joe Biden. Bref, un mois de plus au pays des cowboys et une nouvelle sélection des 10 bons sons aux petits oignons par vos humbles serviteurs.

Reason – Sauce ft. Vince Staples (Prod. Nils & Bizness Boi)

Dévoilé au compte goutte, le 6ème projet (mixtapes, EPs et albums studios confondus) de Reason devrait bientôt voir le jour. Attendu pour le 9 octobre prochain, ce nouvel opus s’intitule New Begginings et comportera pas mal de featurings : Ab-Soul, Boogie, Isaiah Rashaad, JID ou encore Schoolboy Q.
Après « Show Stop », « Flick It Up » ou encore « Trapped ». Le rappeur de Top Dawg Entertainment nous livre le morceau « Sauce », en featuring avec le toujours très bon Vince Staples. La recette très bangerz des derniers titres est quelque peu mise de côté pour laisser place une instru’ un poil plus downtempo et quelques accords de piano tristounets. Le clip apportait -et depuis retiré- en plus une certaine profondeur au morceau, chose pas forcement mise en avant sur les dernières apparitions de Reason. -Clément

Baby Keem – Hooligan (Prod. Oogie Mane, Jahaan Sweet, Pilgrim & FaxOnly)

Fort du certain succès qu’il a rencontré en 2019 avec son « debut album » Die For My Bitch (que voulez-vous, c’est un grand romantique), Baby Keem (qui n’est autre que le cousin de Kendrick Lamar) a profité de la rentrée pour sortir un morceau que les plus gros aficionados avaient découvert début 2019 sur l’Instagram de l’artiste.
Personnellement je n’ai pas vraiment l’habitude de poncer ce genre de balade mi-chanson mi-rap mais que voulez-vous, la topline m’a pourfendu le cervelet et la petite mélodie sifflée reste en moi comme une éternelle ritournelle. Et pour ceux qui, comme moi, découvrent l’univers de cet artiste, il a sorti en même temps que ce clip un autre morceau intitulé « Sons & Critics Freestyle », à découvrir juste ici. -Clément

Curren$y & Harry Fraud – The Crow’s Nest

Il ne passe pas un trimestre sans que Curren$y sorte quelque chose. On l’avait quitté en juillet dernier avec le très cool projet The OutRunners, produit entièrement par Harry Fraud. Et puis on le retrouve donc en ce mois de septembre, toujours en compagnie de « la música de Harry Fraud » pour un nouvel opus, plus précisément un EP 5 titres, intitulé The Director’s Cut. Bon, on va pas se mentir que ce projet là ressemble de très près à ses prédécesseurs, c’est sûr qu’on ne va pas dire que c’est un renouveau. Mais que voulez-vous, l’adage ne dit-il pas que c’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleurs confitures ? Alors allons-y pour la sempiternelle recette : une instrumentale onirique portée par des voix célestes (rien que ça), un beat doux et minimaliste et bien entendu la voix nasillarde et les vapeurs d’herbes de notre ami Curren$y. Et comme toujours le résultat est le même, ça fly pas mal. -Clément

Mozzy – Death is callin (Prod. Jay B Bangz)

Seulement quelques mois après Beyond Bulletproof, le rappeur de Sacramento a décidé de renouer avec son rythme infernal habituel, avec son nouvel album Occupational Hazard. Et là où le dernier se trouvait être, dans la lignée de 1up du Ahk et Gangland Landlord, une nouvelle plongée dans le démons du MC aux dreadlocks, le dernier est plutôt dans le prolongement de Internal Affairs, dans le sens où il le voit renouer avec des titres plus violents et menaçants. L’architecture musicale reste sensiblement la même que sur l’ensemble de sa carrière, avec toujours ces nappes très G-Funk, la différence de tonalité entre les différents morceaux se ressentant au niveau des mélodies. « Death is Callin » est produit par Jay B Bangz et illustre bien l’ensemble de la palette de Mozzy, et ce tiraillement entre la violence et les blessures profondes. – Xavier

Payroll Giovanni feat. Bianca Badd – What’s a plug ?

La recette ne change toujours pas ; voix nasillarde, énergie débordante, bagout de mafieux, sueurs froides michiganaise, en bref, un 10 titres de notre toujours très productif détroitien favori. Après une escapade avec son compère de métropole Peezy, de moindre facture malgré la qualité certaine des deux MC’s, le revoilà en solo avec Spirit of a Boss. Alors que l’opus se voit plutôt dépourvu d’invités, on retrouve, dans les grandes lignes, l’architecture sonore que l’on connaît à notre huslter, quand bien même, il y intègre les refrains soul de Bianca Badd sur deux morceaux, et notamment « What’s a Plug », que nous avons choisi d’extraire. Et plus encore, ce titre est une illustration de l’ambiance plus solaire de l’album, dans la lignée de ses Big Bossin avec Cardo, plutôt que dans celle de ses dernières sorties. Habitué à être un gage de qualité certaine, Payroll ne déroge pas à la règle pour l’instant. – Xavier

Elzhi – EarlyBird Nightowl (Prod. JR Swiftz)

Detroit encore, mais la génération et l’école sont différentes. A 42 ans, Elzhi nous livre son troisième album solo, près de quatre ans après Lead Poison. Et l’on reste sensiblement dans le même type de sonorité pour l’ancien membre de Slum Village, à savoir, des mélodies assez douces, parfois soulfull, sur des lignes de batterie servant avant tout à la qualité lyrique du vétéran. A ce titre, « EarlyBird Nightowl » en est une bonne illustration, la boucle envoûtante de JR Swiftz laissant libre cours à la plume d’Elzhi, prouvant mieux que personne que contrairement aux apparences, on peut encore faire du rap sans être un demeuré. – Xavier

Dom Kennedy – Bootleg cable (prod by. Troy Noka)

Au début des années 2010, Dom Kennedy faisait partie d’une vague rafraîchissante de jeunes rappeurs de la côte ouest, incluant notamment Fashawn ou Pac Div. Après la sortie de quelques projets sympathiques, sa notoriété s’est peu à peu détériorée. Pourtant, l’artiste californien est encore capable de sortir quelques bons morceaux, à l’image de ce « Bootleg cable » issu de Rap’n’roll. Avec ses références à Nipsey et Spice 1, il s’agit probablement du morceau le plus G-Funk du projet. Dom Kennedy ne cherche pourtant à aucun moment à y faire du pastiche, puisqu’il persiste à performer avec son slow-flow caractéristique, sur une production screw adaptée à son style. Un grand-écart assumé qui fait son effet, et une belle incitation à jeter une oreille sur les récents albums du Californien. – Jérémy

Polo G – Epidemic (prod by. Karltin Bankz, LondnBlue, Dmac & Tahj Money)

Quatre mois après la sortie de son second album THE GOAT, Polo G continue de surfer la vague avec Epidemic. A la première écoute, la production peut sembler forcer un peu trop sur la mélancolie, mais le style vocal du jeune rappeur de Chicago est toujours aussi efficace et parvient à nous faire oublier ce qui pourrait être une faiblesse. L’émotion qui ressort des tragédies qu’il dépeint est réelle, et les quelques punchlines disséminées çà et là font leur effet (« Iced out my Rollie, but I know time cannot freeze »). Parmi les rappeurs-chanteurs du moment, Polo G figure assurément parmi les plus doués. – Jérémy

Lord Apex & V Don – Summer Murda

Alors que les yeux se rivent chaque année davantage vers l’outre manche, certains rappeurs anglais préfèrent toujours, eux, les sonorités plus classiques d’une ville qui boude le sommeil. Et si le fameux « boom bap » utilisé à tort et à travers, qualifie souvent des directions artistiques finalement bien différentes de l’époque référencée, il est difficile de nier le goût de Lord Apex pour celle-ci. En tant que gentleman de de bon goût, et pour ne pas faire mentir la partie « US » du titre de notre article, il s’associe au New-Yorkais V Don le temps d’un album. On retrouve deux grandes tendances dans le travail du producteur : de jolies boucles d’apparence assez simple, souvent très jazzy, ou des amas de samples différents créant un ensemble logique, comme si chacun avait été pensé pour s’empiler sur les autres. Supply & Demand en est une nouvelle illustration et nous avons choisi de mettre en avant « Summer Murda », splendide mélange des deux formules évoquées. – Wilhelm

Conway The Machine feat. El Camino – Forever Droppin Tears (prod. Rockwilder & Eric Sermon)

Nous revoilà face à un long format de Demond Price, le troisième cette année et, normalement, pas le dernier. Qu’en est-il des promesses de renouveau sonore ? Pas grand chose. Et s’il excelle pourtant sur les productions d’Hit-Boy et Murda Beatz, on continue toujours autant à se délecter de la sempiternelle formule développée sur « Spurs 3 » ou « Juvenile Hell ». Mais là où Conway reste intouchable, c’est bien malheureusement dans l’émotion. Le décès récent de DJ Shay, mentor des rappeurs de l’écurie, a profondément bouleversé ceux-ci, les poussant à modifier leur calendrier de sorties estivales. Conway a, à maintes reprises, mélangé la violence et ses plaies, tant physiques que psychologiques, en poussant chacun de ces aspects à l’extrême. Mais les traumas sont si profonds qu’il n’y a jamais de redondance. Pourtant, c’est la douleur seule qui plane sur « Forever Droppin Tears ». Au refrain, il est accompagné par la voix d’El Camino qui renferme tout le deuil qu’il porte également sur ses épaules, lui qui avait déjà perdu sa sœur quelques semaines plus tôt. – Wilhelm

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