Rencontre avec Alban, tourneur et jeune entrepreneur

Originaire de la région marseillaise, Alban est avant tout un passionné de rap. Après avoir produit plusieurs projets pour le rappeur Blacky Blaak, il s’est fait peu à peu un nom sur la scène rap nationale en tant que booker et programmateur de soirées. Autodidacte depuis ses débuts, nous avons eu la chance de pouvoir échanger avec lui sur son parcours. Entretien exclusif mêlant soirées underground, tournées et concerts dans de grandes salles.

Quels sont tes premiers souvenirs en tant qu’auditeur de rap ?

J’ai découvert le rap à l’âge de sept ans. Je suis tombé sur Skyrock. J’ai pris une claque direct. C’était l’époque de la Fonky Family et du Secteur Ä. Je kiffe direct Passi et son album Les Tentations, Doc Gynéco, la réédition de L’École du Micro d’Argent, Urban Peace, l’école marseillaise. Pour le rap américain, j’ai découvert Will Smith avec Big Willie Style vers l’âge de neuf ans. En grandissant, j’ai écouté 50 cent, Eminem, Snoop, 2Pac,  Dr Dre. J’étais attiré par la West Coast, notamment par Tha Dogg Pound, Kokane, Daz Dillinger, Bishop Lamont. Vers 2008, je me suis plutôt tourné vers la East Cost, notamment avec l’album Graduation de Kanye West qui a inspiré de nombreux artistes. Je me plonge dans Nas, Busta Rhymes, Notorious BIG, Jay-Z, Flipmode.

Tu te tournes ensuite vers l’écriture ou la production d’instrus ?

Au collège, je sympathise avec Blacky Blaak rapidement. Il était dans un groupe de rap qui s’est séparé. Il est venu vers moi pour qu’on travaille ensemble. Moi j’étais un simple auditeur, je ne m’y connaissais absolument pas. J’ai appris à produire des instrus. Dans mon village, les gens sont venus me voir pour commencer à enregistrer des maquettes et on a formé un petit collectif de quatre ou cinq rappeurs. Avec le temps, il ne reste plus que Blacky et moi. En 2009, on sort le projet Renaissance. Je fais une rencontre très déterminante pour ma carrière. Je fais la connaissance de Sadik Asken qui n’est autre que Tony Danza, du collectif de beatmakers French Kick du label Neochrome. Il devient mon mentor de l’époque. Il m’apprend à faire des prods, à enregistrer. Je me lance à fond car je sens que j’ai quelqu’un de confirmé à mes côtés, qui a un vrai bagage. C’est le début de YouTube, des clips maisons. Par le plus grand des hasards, je me retrouve en studio avec le 3ème Oeil et sans le savoir, une amitié commence à naître.

Par la suite, tu montes à Paris. Comment se passe ton arrivée dans la capitale ? Tu commences à te faire un réseau à l’échelle nationale ?

On sort le projet Renaissance avec Blacky et je rentre en école de cinéma. Au mois de février je dois faire un stage. Je monte donc à Paris. Je fais de la promo sauvage dans la rue, en distribuant des flyers et en vendant le cd. Un jour je suis posté à la station de métro Olympiades et je rencontre Stunner. On parle musique et il m’explique son concept de Rap Contenders. Il m’invite à aller voir la première Draft qui a lieu le week-end suivant. Stunner me réinvite durant deux ou trois éditions ce qui me permet de rencontrer Lunik, Nekfeu et d’autres membres de L’Entourage. Je vois qu’il y a un vrai esprit hip-hop, un collectif qui va dans tous les open mic pour kicker. À Marseille avec Blacky, on faisait pareil. Il y avait les soirées KGB à L’Enthropy une fois par mois. C’était les seuls concerts underground de la ville. Du coup cette émulsion me motive à continuer à me bouger. À ce moment je sens qu’il faut que je fasse quelque chose dans la musique mais je ne sais pas encore quoi. 

Tu commences à songer à organiser des concerts et des soirées ?

Avec Blacky, on sort un nouvel EP intitulé Show Time qui a un petit succès dans l’underground marseillais. Grâce à ce projet, Keny Arkana l’invite à poser un six mesures sur le morceau « De l’opéra à la plaine 2 » ce qui nous donne une plus grande exposition. On se lance donc dans la confection d’un album et en parallèle le bar L’Enthropy ferme. On se retrouve donc sans salle pour les soirées underground. Je décide donc d’organiser des concerts avec des artistes locaux. De là naissent les soirées Hip Hop Session, une fois par mois. Quatre artistes de Marseille sont invités. Je ne mets pas de barrière et je convie tout le monde : des mecs des quartiers nord, des quartiers sud, du centre-ville, de la Pointe Rouge. Je commence à me créer un petit réseau. Je rencontre Animalstaf, Napo, Jul, Allen Akino, Naps, le 11.43, MOH… J’ai pas mal de bons retours. Cela dure environ un an. Le Molotov ouvre et au même moment Nasme me contacte. Il organisait sur Paname les soirées Réflexion Capitale et il souhaite importer le concept sur Marseille par le biais de concerts. On organise donc ensemble la première soirée Biffmaker dans ma ville. 

Quelle était la philosophie de ces soirées Biffmaker à Marseille ? Faire venir des rappeurs de Paris et les mélanger à la scène locale ?

Exactement. Le but était de faire le même concept que mes soirées tout en rajoutant des parisiens. On a eu des artistes comme Djel, Flynt, Swift Guad, REDK, Paco, A2H, Lunik, les X-Men. Cela a duré deux ans. Flynt, qui était sur scène avec Nasme, parle de moi à son tourneur Globe CO2.

C’est le début d’une nouvelle aventure avec l’équipe de CO2 Activity. 

Globe m’appelle pour me proposer de bosser avec eux. Au début en free lance. La première date que j’arrive à booker, c’était A2H et Busta Flex à Tours. Grâce à CO2 je commence réellement à bosser dans le booking. Morgan, qui était le tourneur de Taïro, me prend un peu sous son aile. Il m’apprend le métier. Je me sentais vraiment redevable vis à vis de Nasme. Sans lui je n’aurais jamais connu ni Flynt, ni Swift Guad, ni CO2. C’est comme ça que née l’idée d’organiser une tournée Biffmaker avec lui dans plusieurs villes de France. On loue un van et on part à l’aventure. Un petit réseau se met en place et beaucoup d’artistes parisiens me sollicitent pour monter leur concert à Marseille, en plus des soirées Biffmaker. Cela me permet de programmer avec ma structure New Castle créée depuis le début. Je commence à avoir une bonne relation avec Swift. Je rencontre Demi Portion sur internet et  je l’invite lors d’une carte blanche organisée à la MJC d’Aubagne. À ce moment-là, les artistes dormaient chez moi, c’était esprit hip-hop, la débrouille. En 2014, l’album Jeunes Entrepreneurs de L’Entourage sort. Ils me proposent de bosser avec eux. Je rentre donc officiellement en tant que booker de CO2 Activity avec Swift Guad, Demi Portion et L’Entourage. Aussi, grâce à l’intermédiaire de Nekfeu, j’ai rencontré le Panama Bende lorsqu’ils avaient à peine seize ans. C’est moi qui ai géré leurs premiers concerts en dehors de Paris.

Quand tu rentres dans l’équipe CO2, est-ce que tu te rappelles des artistes qu’ils avaient déjà au sein de leur roster ?

Dans leur catalogue, ils avaient Flynt, Taïro, Busta Flex, Rocca, Deen Burbigo, Jazzy Bazz…

À quel moment décides-tu de monter ta nouvelle structure de booking, Otaké Productions ?

CO2 a fermé en 2015. Dans la boîte, il y avait Globe, Fabien, Morgan, Damien et moi.  Morgan part chez Auguri avec Arsenik, Lino, Demi Portion, Aladin 135, A2H et Deen Burbigo. Finalement, je reprends contact avec le 3ème Oeil et je reforme le groupe. Avec Damien qui est lui aussi un mec du sud, on décide de former Otaké Productions à Marseille, avec le même esprit que CO2 Activity. Un des objectifs était vraiment de collaborer avec des artistes de chez nous. 

Quels sont les artistes qui vous accompagnent dans cette nouvelle aventure ? Avez-vous dû en démarcher de nouveau ?

Swift Guad est le premier à nous avoir suivis. Le 3ème Oeil aussi forcément. Je voulais bosser avec Djel que je connaissais d’avant. Il était motivé. On découvre également Davodka et je me prends une claque. C’est le premier artiste que l’on fait signer chez Otaké qui n’était pas dans notre microcosme. Ensuite, quand Demi Portion a commencé à songer à la première édition du Demi Festival, il m’a appelé avec Mehdi son manager. Ils m’ont dit: « Il y a un rappeur qui est très fort en ce moment, c’est Dooz Kawa. »  J’ai découvert ses sons et j’ai adoré. Je l’ai contacté en lui proposant de bosser avec lui. Chez Otaké, notre gros plaisir c’est de collaborer avant tout avec des artistes dont on apprécie le travail. Je me suis retrouvé aussi à programmer Don Choa de la Fonky Family lorsqu’on a lancé Otaké

Quand tu bosses avec un Dooz Kawa ou un Davodka, qu’est-ce que tu lui apportes en plus bien évidemment des dates de concerts ?

Il faut savoir que les artistes indépendants sont livrés à eux-mêmes. Chez CO2, j’ai vite appris que notre boulot n’était pas exclusivement du booking. Nous étions tourneurs avec une valeur ajoutée. On les accompagnait dans la gestion de leur intermittence. Quand j’ai commencé à collaborer avec Swift Guad, il bossait avec les jeunes de Montreuil au sein de la mairie. Une fois que l’on a commencé à bien tourner, on s’est rendu compte qu’il fallait vraiment qu’il devienne intermittent. Cela demande un véritable suivi. Sans boite de production derrière, c’est difficile pour un artiste d’y arriver. Pas impossible mais très difficile. 

Tu as appris à gérer la Sacem et les intermittences de manière autodidacte ?

J’ai appris sur le tas effectivement. Quand je suis rentré chez CO2, Nicolas Christin, le patron d’une salle mythique de 1400 places est venu me chercher. Je me suis donc retrouvé co-programmateur urbain pour la salle du Moulin à Marseille.

Tu as des souvenirs de gros concerts dans cette salle ?

Une de mes grandes fiertés, c’est le concert de L’Entourage. C’est le seul et unique concert de ce groupe à Marseille. J’apprends donc le booking avec CO2 mais la production pure de concerts avec cette salle. J’ai pu faire venir Damso, Niska, Nekfeu, L’Animalerie… À un moment donné, je m’occupais de quatre concerts par mois car je continuais à organiser des concerts rap au Molotov. Notamment de groupes américains : Pete Rock & CL Smooth, The Beatnuts, Gavlyn, Reverie, Afu Ra, Jeru The Damaja. Quasiment toute la scène new-yorkaise old school.

Tu nous as expliqué auparavant que tu avais un rôle de manager avec certains rappeurs, est-ce que tu t’es déjà penché sur la direction artistique ?

Pas du tout. C’est vraiment un aspect que j’ai toujours voulu laisser de côté. Je ne voulais pas me mettre dans une position de « maison de disques ». J’ai préféré resté dans l’accompagnement de tout ce qui touche à l’argent: l’intermittence, la production, la Sacem.

À quel moment as-tu commencé à vivre de la musique ?

Ma première intermittence, je la valide quatre ou cinq mois avant que CO2 ne ferme. Pendant très longtemps j’étais au RSA et je ne faisais que ça à côté. Lorsque je demande à un artiste de venir gratuitement à un événement, je ne peux pas prendre d’oseille derrière. Quand je faisais un petit bénéfice, je le gardais dans mon asso et j’essayais de l’injecter pour essayer de pérenniser mes activités. Petit à petit, j’ai réussi à monter un premier gros concert qui m’a rapporté de l’argent et m’a permis par la suite d’en organiser des plus petits. Ce mode de fonctionnement fait que je n’ai eu aucun scrupule à programmer Vegedream pour derrière booker Kacem Wapalek. Il faut savoir aussi qu’avec mes associations je n’ai jamais demandé une seule subvention. 

Quel est le premier artiste qui t’ait fait confiance et permis de faire de l’argent sur un gros événement ?

C’est Nekfeu qui m’a permis de réellement gagner de l’argent lors de la tournée de son album Feu. Grâce à lui, j’ai pu consolider ma cagnotte et faire que mon association vive. Je me suis retrouvé avec une belle somme d’argent pour investir dans d’autres concerts et avoir un fond de roulement suffisamment intéressant  pour faire des dates dans des petits café-concerts comme le Molotov. Malheureusement, les concerts dans ce genre d’endroits ne sont pas rentables mais c’était très important de continuer à collaborer avec des artistes indépendants. Les petites scènes peuvent permettre à certains rappeurs d’éclore. 

Justement, tu n’as jamais un coup de cœur et souhaiter  prendre sous ton aile un  jeune artiste en participant à son développement ?

À l’époque, je n’ai pas eu réellement de coup de cœur. Cependant, je savais que lorsque tu appelles un artiste indépendant, même pour une date, c’est très important pour lui. C’est dans ce sens que j’ai donné des coups de pouce. En 2017, j’ai eu un coup de cœur pour Melan. J’avais envie de m’occuper de lui en mode tourneur. Lui et son équipe avaient aussi envie de bosser avec moi. C’était gratifiant pour moi parce qu’ils savaient que je charbonnais. Début d’année 2019, je suis tombé sur une vidéo de Bekar, j’ai aussi eu un vrai coup de cœur artistique. Il n’avait pas de tourneur, pas de label. Je l’ai signé direct. 

Depuis quelque temps, tu travailles dans une grosse boite, Arachnée Productions. Comment arrives-tu au sein de cette équipe ? 

Les deux premières années d’Otaké, Davodka a fait plus de 80 concerts. Dooz Kawa et Don Choa une soixantaine. À cette même époque, je programmais au Moulin. Avec un rendement pareil, j’ai reçu pas mal de propositions. À l’époque, j’avais sympathisé avec Florent Montigny avec qui j’avais fait venir Damso. Il travaillait chez Arachnée. Il m’a appelé un jour pour me dire qu’un booker de leur équipe était parti. Au final, le boss de la boite m’a appelé pour me proposer un emploi. J’avais déjà refusé des offres d’autres grosses structures mais le projet chez Arachnée m’a plu.

Qu’as-tu appris chez Arachnée et quels sont tes objectifs dans cette structure ?

En un an, j’ai appris beaucoup sur le fonctionnement du business de la tournée. Quand je suis arrivé chez Arachnée, Davodka, Dooz Kawa et le 3ème Oeil m’ont suivi. Même si j’intégrais une grosse structure, c’était fondamental  de continuer à bosser avec ces artistes. Mon objectif est de leur faire passer un cap, sans travestir leur musique. Je veux pouvoir programmer Davodka aux Ardentes ou à Rock en Seine. Ça ne veut pas dire qu’avec uniquement Otaké je n’y serais pas arrivé, mais ça aurait pris beaucoup plus de temps. Ces artistes le méritent. 

Tu as aussi commencé à travailler avec de nouveaux artistes qui n’étaient pas dans ton catalogue. Quelle expérience en tires-tu ?

Au début, j’étais très méfiant vis à vis des artistes qu’on allait m’imposer. Le premier avec lequel j’ai collaboré est Zola. En commençant à bosser avec lui, je me suis rendu compte que mes à priori sur les artistes issus de maisons de disques étaient infondés. À l’heure actuelle, c’est l’un des projets que j’apprécie le plus faire avancer. J’ai envie de le développer scéniquement. J’ai la confiance des managers. Il a fait disque de platine avec Cicatrices et je suis très fier. Quand Alkpote est venu me voir pour bosser avec moi, le jour de sa signature chez Sony, c’était fou aussi. Je n’avais même pas envisagé de collaborer avec lui.

Quels conseils peux-tu donner aux jeunes artistes qui n’ont pas de tourneur et cherche à défendre leur musique sur scène ? Aujourd’hui le live est incontournable pour vivre de la musique. 

Pour un artiste indépendant qui décide d’essayer d’en vivre, la scène est très importante. Les cachets et l’intermittence sont  les seuls moyens pour l’artiste de vivre. Même si tu fais un disque de diamant, il faut que tu sois intermittent. L’intermittence c’est des sous qui rentreront tous les mois et cela te permettra de cotiser pour ta retraite. Souvent, un jeune de 19 ans ne va pas penser à cet aspect.

Les showcases sont aussi un type de production de concerts à la mode. Peux-tu nous parler un peu de cet univers ?

Il y a plusieurs années, je programmais déjà des showcases sur Marseille. Le problème principal de ce format de concert est qu’il y a énormément d’intermédiaires. Tu bosses pour des sous-agents  qui bossent déjà avec certains clubs. Ils prennent une commission. Je ne bosse uniquement qu’ avec des artistes que je connais personnellement ou avec lesquels j’ai une très bonne relation. Ils savent que je ne permettrais jamais de prendre plus de ce que je dois prendre. Mon rôle est aussi de vérifier que chaque intermédiaire prenne le bon pourcentage. Il ne faut pas oublier que si le club se remplit, c’est grâce à l’artiste. Je dois défendre d’un point de vu financier ce que l’artiste représente. 

Concernant l’annulation des rassemblements dus au virus, tes artistes ont-ils été durement impactés ? As-tu réussi à reprogrammer certaines dates ?

Pour Zola, j’ai eu de la chance car sa tournée s’est arrêtée juste avant le confinement. Pour Alkpote, il ne lui restait que deux dates. Cependant, ces deux artistes étaient programmés dans beaucoup de festivals. C’est donc tombé à l’eau et c’est dommage. Alkpote reprendra en 2021. C’est plus problématique encore pour Dooz Kawa qui avait à peine commencé sa tournée. Il venait de sortir son album Nomad’s Land fin janvier. Il a besoin de la scène pour promouvoir sa musique. J’ai tout de même pu reporter toute sa tournée et trouver de nouvelles dates à partir d’octobre. 

Quels sont tes projets pour le futur ?

Avec Arachnée, nous sommes en train de travailler sur plusieurs de nouveaux projets. En parallèle, depuis le confinement j’ai un rôle de producteur, de directeur artistique pour le futur album du 3ème Oeil. J’ai la sensation de boucler la boucle. J’ai rencontré le groupe sur un album qui n’est jamais sorti. Là je suis dans le projet non-stop. Je bosse aussi sur l’album de Djel en parallèle. Enfin, avec Damien, on veut développer au maximum notre structure Otaké, former des jeunes pour prendre la relève. Enfin, mon but à la longue ce serait de monter une autre structure. Prendre un peu de ce que font l’Affranchi, le Moulin, les centres sociaux et tout concentrer dans un seul et unique lieu. Comme fait le Flow à Lille et La Place à Paris. Avoir un studio, une salle de répétition, des formations pour les managers… Transmettre.

Le mot de la fin?

Crois en toi, pas en ce que les autres pensent.

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