Coelho, l’Odyssée suit son cours | Interview

Voilà maintenant un mois pile que le troisième projet de Coelho intitulé Odyssée est sorti sous le label Mezoued Records. L’occasion pour nous de revenir en détails sur le parcours du rappeur nantais. Dans cet entretien nous évoquons ses débuts, son étroite collaboration avec son frère Be Dar, producteur de talent, les processus créatifs de l’ensemble de ses opus et sa tournée des Zéniths avec Vald. Entre autres.

Tu as vingt-cinq ans aujourd’hui. Des artistes comme Kamnouze, Hocus Pocus ou Prince d’Arabee ont marqué une certaine époque dans ta région.  As-tu écouté la scène rap nantaise ou angevine lorsque tu  as commencé à t’intéresser au rap ?

Quand j’étais plus jeune, il y avait peu de rappeurs nantais. Je me rappelle avoir écouté des artistes comme Kazam Le Cazaoui et Wanderlei Silver qui sont des mecs de quartiers vers chez nous. Prince d’Arabee aussi mais cela me parlait moins. Kamnouze, qui faisait partie de Factor X, je kiffais effectivement. J’accrochais plus avec les couplets d’Ol’Kainry et de Jango Jack. Je suis né en 1995, j’ai écouté du rap en primaire, entre 2000 et 2005, les américains avaient déjà une très grande place. On écoutait beaucoup 50 Cent, cela reste mon premier souvenir. Au collège, par la suite, beaucoup Hocus Pocus.

Ton frère Be Dar, qui est aussi le beatmaker avec qui tu travailles en binôme, a eu une place importante dans ta découverte de la musique.

Il écoutait à fond le rap marseillais et plus particulièrement la F.F. C’était quelque chose que j’aimais moins. Après on écoutait ensemble La Rumeur. On kiffait vraiment le morceau « Le coffre-fort ne suivra pas le corbillard », l’ambiance particulière que dégageait ce titre.

Ses productions semblent transmettre qu’il n’a pas grandi en écoutant exclusivement du rap.

C’est un batteur à la base. Il a écouté beaucoup de jazz, de future jazz. Il aime des artistes comme Thundercat ou Yussef Kamaal. C’est pourquoi il se tourne souvent vers des mélodies différentes.  Lorsque nous étions plus jeunes, notre père nous a beaucoup fait écouter ce style de musique. 

C’est à force de l’écouter jouer que tu as eu envie de commencer à écrire tes premiers textes et à chanter?

On écoutait du rap depuis des années. Lui et ses potes ont commencé à faire du son. Chez nos parents, il y a un garage. On y a installé du matériel à partir de 2007 pour faire de la musique. Ses amis venaient tout le temps. Moi j’étais petit et je ne pouvais pas trop sortir de chez moi. J’étais toujours dans leurs pattes. J’ai fini par m’acheter un micro chez Darty pour 15 ou 20 euros. C’est comme ça que j’ai commencé, en piochant des instrus sur internet. Il n’y avait pas encore de type beats, il fallait prendre des packs de faces B sur Emule ou YouTube. Ce n’était donc pas sur des prods de mon frère que j’ai commencé.

À quel moment avez-vous décidé de commencer à bosser sur votre premier EP commun Philadelphia. Le processus de création a-t-il duré longtemps?

En fait, on avait déjà fait des sons avant, que j’avais sortis sous un autre blaze. Ce n’était pas aussi carré, pas aussi défini. Durant l’été 2016, j’avais dit à mon frère : « Viens on fait un projet sérieux, toi et moi. On essaie de passer un cap, d’enregistrer dans un vrai studio à Paris. On essaie d’attirer des oreilles professionnelles sur notre musique ». En novembre nous sommes partis à Paris pour visiter le studio d’Espiiem. Nous leur avons fait écouter nos maquettes, nos instrus. Ils ont bien aimé et nous avons fixé un nouveau rendez-vous pour février. Nous sommes partis une semaine là-bas. Arrivés le lundi et repartis le samedi. Tout était enregistré, mixé et masterisé. Les prods étaient prêtes et les morceaux écrits en avance. C’était notre première expérience dans un vrai studio. 

Avant de sortir Philadelphia, tu as donc sorti d’autres projets mais sous un autre pseudo. Parle-nous de cette période.

Avant je me faisais appeler Wess Smith. Ce n’était pas un blaze de ouf mais j’ai sorti un projet par an entre 2012 et 2017. La qualité n’était pas la même mais cette étape m’a tout de même formé. Je savais ce que représentait de sortir un projet, le temps que ça prenait de trouver un graphiste pour la cover, de penser à la tracklist, au mix… Pour Philadelphia, on n’a fait qu’un clip car je ne pouvais pas en payer plus. Mais il était plus qualitatif que tous ceux que j’avais sortis précédemment. 

Pour Philadelphia, les prods sont assez variées, tournées vers plusieurs univers. Avez-vous choisi de faire un projet pour expérimenter des sonorités?

Mon frère se buttait toujours au jazz. On avait aussi beaucoup l’influence d’Espiiem pour les sonorités, même si les drums restaient rap. En 2016, je m’étais pris le projet de Solange, A Seat at the Table et aussi Blonde de Franck Ocean. Ce sont des opus très acoustiques. Je pensais vraiment aller dans cette direction pour ma carrière. C’est ce qu’on a fait pour Philadelphia. Pour Vanités aussi mais plus partiellement. Pour Odyssée, nous nous sommes tournés vers quelque chose de différent. 

Philadelphia vous a permis d’avoir une belle carte de visite pour un premier projet sous le nom de Coelho. Explique-nous comment vous finissez par être contactés par Mezoued Records, le label de Tunisiano. 

Lorsque je te parlais auparavant des potes de mon frère qui venaient rapper chez moi, l’un d’entre eux était le neveu de Tunisiano. À la sortie du projet, cet ami me dit: « Mon oncle aimerait te voir, il a bien aimé votre taff ». Moi j’étais refait, c’était inattendu. Je savais que c’était son oncle, mais en 2016, l’aventure Sniper semblait lointaine. Je savais juste qu’il bossait avec Vald mais je n’ai jamais songé à lui démarcher ma musique. Ce n’est pas le genre de démarche que j’aime faire. Là c’est lui qui est venu vers nous, ça nous a fait très plaisir. Un succès d’estime qui pouvait aussi nous amener à faire de belles choses derrière. Un de mes objectifs avec Philadelphia était d’essayer d’attirer des professionnels de la musique.

En quelques mois vous passez au projet suivant. Vanités voit le jour. 

Nous nous sommes vus en juin 2017 avec le label et en octobre 2018 nous avons sorti Vanités

Est-ce que vous avez sorti cet opus dans l’urgence où avez-vous eu le temps de bien réfléchir à ce que vous vouliez faire. Tous les morceaux ont été enregistrés pour l’occasion?

Tout a été enregistré exclusivement pour Vanités. En soi, ce projet a un peu été un prétexte pour pouvoir faire la tournée avec Vald derrière. Il devait sortir en mai 2018. Au final, cela ne s’est pas fait car nous n’avions pas eu le temps de tourner tous les clips et nous étions encore en pourparlers pour les contrats. L’été est arrivé donc nous avons attendu encore un peu. Cela nous a permis de rajouter trois morceaux. La tournée commençait en novembre, nous l’avons donc sorti juste avant. L’objectif était d’en faire la promo en live. 

Où l’avez-vous enregistré ? Sur Paris ?

Nous avons fait plusieurs aller-retours sur Paris. À chaque fois nous enregistrions cinq morceaux. Au début, nous sommes allés dans des studios différents mais nous avons fini par en trouver un qui nous plaisait vraiment. Il s’agit d’Haxo studio, situé au nord-est de la capitale. Le producteur Skread a notamment un studio là-bas. 

En un peu plus d’un an, tu passes de sortir Philadelphia à une tournée des Zéniths avec Vald et des dates avec Sniper. Comment as-tu vécu cette expérience?

Le rôle de Tunisiano et Merkus a été de nous intégrer sur la tournée de Vald. La première date a été Clermont-Ferrand. Un van est passé nous prendre à Nantes. Nous étions trois, dont mon frère et un pote qui était sur scène avec nous. Une fois sur place, nous avons fait connaissance avec toute l’équipe. Nous avions répété notre set pendant un mois, on le connaissait sur le bout des doigts. On avait un peu de stress car il pouvait y avoir des imprévus mais nous avons été très bien reçus par le public. C’était un bon signe pour une première date. Au fil du temps, nous avons amélioré notre prestation scénique. Nous avons pu goûter à l’expérience du tourbus, à l’ambiance de la troupe. L’expérience au Zénith de Paris, c’était vraiment un truc de fou. On a vécu quelque chose d’incroyable. Il devait y avoir entre 6000 et 7000 personnes. Même pour notre passage, les gens étaient trop chauds alors qu’ils ne nous connaissaient pas. L’Olympia avec Sniper a eu aussi une saveur particulière. Je n’y avais jamais mis les pieds. Je comprends maintenant l’engouement. 

As-tu réellement ressenti les bénéfices de cette tournée au niveau de ta fan base?

J’ai senti une différence effectivement. Mais avec l’équipe on pensait que ça aurait plus d’impact. Vu que Vanités était déjà sorti au moment de la sortie, j’ai plus ressenti cela avec Odyssée. Je me souviens que Vald nous avait partagé dans sa story en disant: « Coelho en première partie sur la tournée ». On avait gagné des followers mais pas autant que je pensais. Là par contre récemment, Booba a partagé un de mes freestyles sur Instagram sur le titre « Murciélago ». J’ai vraiment senti une différence, c’est assez fou. Il doit avoir une aura particulière.

J’allais te parler de l’anecdote Booba. Tu as dû être agréablement surpris.

Grave. En général il reposte des mecs du 92i ou des gens qui chantent sur certaines de ses instrus. Rien ne prédestinait à ce qu’il partage. Cela nous a fait vraiment plaisir car ça signifie qu’il a vraiment trouvé ça cool. 

Pour revenir à Vanités, quel a été concrètement le rôle de Mezoued Records en termes de management ou de direction artistique?

En fait j’avais déjà une petite équipe de constituée. J’avais déjà sorti des projets avant tout seul. Sur Nantes j’ai un graphiste, un photographe. Un pote à moi me faisait les clips. Je savais déjà ce que je voulais faire et vers où je voulais aller au niveau de la D.A. Après on discute beaucoup, ils me donnent des idées. Ils essaient de me faire avancer en me faisant réfléchir. Le but c’est que je ne tourne pas en rond dans ma façon de penser et de faire. Par exemple, pour un clip, ils vont me dire : « Est-ce que tu veux rester dans la même direction ou tenter quelque chose de nouveau, essayer d’aller plus loin ?« 

Avec ton frère vous travaillez en duo. Cela a évidemment des avantages, mais est-ce que tu ne penses pas que tu peux être limité du fait de votre collaboration quasi exclusive?

Je n’ai pas du tout l’impression d’être limité car quand je suis avec lui on peut faire quasiment tout ce que l’on veut. Il est talentueux et sait faire des choses qui sortent de ses habitudes. C’est ce qui est intéressant. Cependant si je croise le chemin d’autres producteurs qui me proposent des beats qui me plaisent, pas de problème. En tout cas pour le moment, je me rends compte que beaucoup de rappeurs travaillent avec les mêmes producteurs. C’est peut-être eux qui sont limités. Tant qu’on arrive à surprendre, on continuera dans cette ligne directrice. C’est très naturel et fluide lorsque l’on bosse ensemble. On a notre propre direction artistique. Je pense que c’est plus intéressant que d’essayer d’aller piocher une topline de Le Motif ou une instru de Junior Alaprod. Même si je les trouve très talentueux, si tout le monde travaille avec les mêmes personnes, on se retrouve tous avec les mêmes albums. Après je me répète, je ne suis pas du tout fermé à travailler avec d’autres beatmakers. 

Parlons maintenant de ton nouveau projet. Odyssée est sorti il y a un un mois. Quand avez-vous commencé à travailler dessus avec ton frère ? Avez-vous enchaîné direct après Vanités ou avez-vous laissé passer un peu de temps ?

Vanités est sorti le 26 octobre 2018  et après nous sommes partis en tournée pendant un mois et demi. J’ai commencé à écrire fin décembre début janvier mes premiers morceaux. Ensuite j’ai continué avec une quinzaine d’autres chansons et nous sommes allés en studio fin mars pour enregistrer dix morceaux. Nous en avons gardé sept. Nous avons discuté avec des maisons de disque pour avoir une plus grande visibilité. On a eu entre temps six morceaux supplémentaires. Sur les sept gardés en mars on en a enlevé trois. Après les négociations ont continué mais au final il n’y a pas eu d’accord. Fin 2019 on a commencé à tout clipper pour envoyer l’EP en mars. L’expérience de la tournée nous a donné envie de faire des morceaux qui tapaient, plus rythmés, de faire des meilleurs refrains. Vanités était plus sentimental et expérimental.

Vous avez réussi à faire des morceaux qui restent dans la tête des auditeurs. Comment avez-vous opté pour le choix des singles ? Plusieurs morceaux auraient pu être sélectionnés…

Le choix des singles appartient à la sensibilité de chacun. Certains peuvent penser que « Liqueur » aurait plus eu sa place que « Yeyo ». Dans notre top 3, on retrouvait tous « Yeyo ». Le morceau est plus léger, plus pop que les autres. On s’est dit que c’était le morceau le plus ouvert. En plus, le concept sur le clip du livreur Deliveroo était une bonne image pour commencer et m’identifier en tant que rappeur. C’est aussi un choix de positionnement.

Pour le clip tu as collaboré avec Ulysse Dikoumé A, un autre nantais.

Ulysse est un ami à nous. Il bosse sur des documentaires et de la vidéo sportive. C’était parfait car nous voulions un clip très brut. Un peu documentaire en soi. Lui fait beaucoup de vélo de descente, il filme aussi du skate, du BMX. C’était le candidat idéal pour filmer un clip sur ma vraie vie. En plus, c’était son titre préféré du disque.

Les images ont été tournées sur une longue période?

Le clip a pris du temps car il nous fallait plusieurs météos, plusieurs ambiances, plein de moments de vie. On l’a tourné entre novembre et janvier. Il faisait froid mais ça a valu la peine. Nous avons eu des belles images, certaines tournées en pleine manifs.

Pour le clip d' »Odyssée », vous avez bossé avec une autre équipe, celle avec qui tu as l’habitude de tourner.

La boite de prod s’appelle Bijoute Production mais le réalisateur est Benoît Coutansais. C’est lui a fait « Longue vie » sur Philadelphia, « Santa Maria » mais aussi « Anyway ». Il a eu l’idée d’un clip avec des références cinématographiques, avec une arme. Il a une esthétique que j’aime beaucoup. Je trouve qu’il a un style léché, vraiment efficace, dans un délire un peu asiatique. 

Tu as invité GAB sur « Excuse-moi » mais ce n’est que le deuxième featuring alors que tu as sorti trois projets. Pourquoi ce choix?

Pour l’instant, vu que je ne suis pas encore vraiment identifié sur la scène nationale, je ne me sens pas d’aller vers quelqu’un que je ne connais pas. Je ne me sens pas très à l’aise avec cette démarche.

Après avoir sorti Odyssée, tu ne te sens pas plus légitime maintenant pour contacter quelqu’un dont tu apprécies le travail?

Je ne me sens pas encore tout à fait légitime car mes chiffres ne sont pas énormes. Il y a encore une étape à passer. J’avoue tout de même que je pense que je pourrais me tourner vers un Isha, même s’il fait beaucoup de vues. Je sais que Tunisiano et lui se connaissent donc pourquoi pas. Ça me dirait bien. Après, lorsque je fais un morceau, je le fais naturellement tout seul dans mon coin. Je ne pense pas à laisser un couplet pour quelqu’un d’autre. C’est quelque chose qui ne me traverse pas l’esprit. 

Sur Odyssée, ton écriture semble plus épurée, plus directe. C’est un aspect que tu as travaillé?

J’ai essayé de simplifier. Tunisiano m’a conseillé de pousser mon écriture, d’avoir des phases plus fortes, d’essayer que les gens retiennent mes punchs. Lorsque tu me demandais quels rôles ils avaient au sein du label, cet aspect en fait partie. En mars en studio, j’avais des morceaux qui ressemblaient encore à Vanités, ils n’apportaient pas de nouveautés. C’est là que Tunisiano m’a conseillé d’aller plus loin, d’essayer que les auditeurs retiennent des phases lors de la première écoute. Sur Vanités tu pouvais retenir des émotions, des pensées, mais pas forcément des phases. 

La cover d’Odyssée apporte une réelle couleur au disque. Peux-tu nous parler de son créateur et du concept que vous avez voulu transmettre ?

Elle a été réalisée par Tade, un pote à moi qui a réalisé toutes mes pochettes précédentes. Il avait le titre comme directive. Je ne voulais pas qu’elle renvoie au passé, nous sommes jeunes et tournés vers l’avenir. Avec la 3D, les couleurs thermiques, il a réussi à la rendre futuriste. 

Concernant les mélodies, comment est-ce que vous travaillez avec ton frère ? Tu reçois les productions et tu chantonnes directement les refrains dessus avec de l’autotune ?

Clairement je reçois la prod et je fais « du yaourt » dessus. J’ai mon autotune chez moi. Je structure ensuite l’instru pour qu’il y ait mes refrains ou mes pré-refrains. J’écris toujours avec la prod.

As-tu déjà pensé à prendre des cours de chants? 

J’y ai pensé quand je faisais Vanités. Au final, j’ai laissé tombé car j’aime ma façon de chanter. Je ne prétends pas être chanteur, ce n’est pas ce que j’ai envie de faire. J’ai envie de chanter comme Drake chante. Avec un peu d’autotune. Je ne veux pas faire ça de manière trop scolaire, trop lisse, trop belle. 

Pour bien chanter avec l’autotune, il faut tout de même avoir une certaine technique. 

Il y a des notes que je peux faire et que certains ne pourront pas faire. Et inversement. Je sais que lorsque je fais mes « yaourts », je ne me sens pas limité.

Lorsque j’avais interviewé Pedro Le Kraken, nantais lui aussi, il était assez critique sur le fait que les projets de la scène locale n’étaient pas assez soutenus par la collectivité. Est-ce que tu l’as aussi ressenti au niveau des aides, de subventions ou de disponibilité de salles?

À Nantes l’association Pick Up Production reçoit les trois quarts du budget pour le rap. C’est des anciens qui gèrent notamment le festival Hip Opsession. Ils font un peu la pluie et le beau temps. Après il n’y a pas beaucoup de studios, la majorité sont des home studios. Il n’y a quasiment pas de label rap. Nantes reste une ville électro. C’est notamment pour ça que lorsque nous avons fait Philadelphia, je souhaitais me tourner vers une autre ville comme Paris. 

Justement, partir vivre à Paris pour la musique ne te tente pas ?

Merkus et Tunisiano sont déjà à Paris pour moi. Si j’étais là-bas je pourrais aller à des événements, me montrer plus. Mais est-ce que c’est vraiment obligatoire ? Je ne pense pas. Le fait d’être à Nantes me donne aussi une particularité. À l’échelle nationale, personne ne représente cette ville niveau rap. Je vais essayer de prendre ce créneau. Comment représenter Nantes si je n’y vis pas ? Je raconte ma vie d’ici. Si je bouge à Paris, je risque de me fondre dans la masse. Si j’ai vraiment besoin d’y monter, j’y suis en deux heures de train.   

Pour finir, avec la crise actuelle du Covid-19, as-tu été impacté par l’annulation de futures dates de concerts ? Es-tu plus productif actuellement ?

Pour nous, les annulations ne sont pas très graves. Nous avons perdu deux dates dont un festival fin juin à Saint-Nazaire mais nous serons reprogrammés l’an prochain. On devait avoir une date le 17 avril au Lieu Unique à Nantes, mais elle est annulée. En général, nous n’avions pas eu d’avances financières donc tant mieux. On perd des rendez-vous avec le public mais ce n’est pas une catastrophe contrairement à d’autres artistes vraiment touchés par cette crise. Concernant ma productivité, elle est semblable à celle du reste de l’année. La différence c’est que je ne peux pas sortir. Même hors confinement, je suis très souvent chez moi à faire du son. 

Le mot de la fin ?

Pour finir, je dirais que mon nouveau projet Odyssée est disponible partout depuis le 27 mars. Soyez curieux, suivez @coelhomayr sur instagram pour ne rien louper. On se voit bientôt !

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