Entretien avec Perso pour Chambre Noire

Plutôt discret depuis la sortie de Gratte Ciel en 2016, Perso a ravi ses fidèles auditeurs avec Chambre Noire, un excellent EP paru en ce début d’année. Comme d’habitude, l’équipe de Just Music Beats est chargée de la production. L’occasion pour nous de retracer 20 ans de carrière avec le membre du Turf et d’en savoir un peu plus sur la conception de ce nouveau projet.

Tu es originaire d’Avignon. Comment es-tu arrivé dans le milieu du hip-hop à l’époque ?

Dans ma ville d’origine, il n’y avait pas grand monde intéressé par le rap à cette époque. Il n’y avait pas de vraie scène. J’ai des potes d’ailleurs qui sont venus dans le sud et qui m’ont fait découvrir des artistes de plein d’univers différents comme le rock. Ils n’étaient pas exclusivement rap. Comme les gens de ma génération, j’écoutais les freestyles sur Radio Nova, les premiers singles de NTM, NWA pour le rap américain. Les premiers concerts que j’ai faits, je devais avoir 15 ans, on rappait sur des Face B.

À quel moment as-tu rencontré Avicen avec qui vous formiez le groupe Le Turf?

Je devais avoir 19 ans environ. Nous nous sommes rencontrés sur les bancs de la fac. Nous avons accroché très vite. Je faisais des prods sur ma MPC, on ne connaissait personne du mouvement. On avait vraiment la sensation qu’il n’y avait pas de scène rap. 

Tu t’es donc tourné rapidement vers le beatmaking par nécessité.

Exactement. On avait rencontré un pote qui faisait du ragga, il avait un mini magnéto quatre pistes enregistreur et un sampler. Il m’a montré comment cela fonctionné. Dès que j’ai eu l’occasion, j’ai investi dans une MPC 2000XL. Je m’y suis mis du mieux que j’ai pu mais comme tu dis, cela a été vraiment par nécessité. Par la suite j’y ai pris goût, je l’avoue. 

En 2003 sort votre premier projet L’Épreuve Du Temps

Honnêtement ce projet ressemble presque plus à une maquette sauf qu’à l’époque, vu qu’on galérait à trouver des plans studio et a enregistrer du son, on s’est dit: « Autant faire un disque ».

Il vous a tout de même servi de carte de visite.

Je considère Le jour d’après paru en 2006 comme notre premier vrai album. 

Mais L’Épreuve Du Temps vous a tout de même permis de vous faire connaître et d’avoir des invités comme Akhenaton sur Le Jour d’ Après.

Pas tant que ça au final. Quand on a rencontré ces gens-là, ils n’avaient pas encore entendu ce qu’on avait sorti. On leur a fait écouter des sons plus récents, plutôt enregistrés vers 2005 ou 2006.

Comment tu expliques du coup d’avoir pu inviter AKH ou Faf la Rage sur votre premier album?

En fait on était allé à la Cosca. On avait réussi à capter AKH, Shurik’n et Freeman à l’époque. Quand ils sont sortis du studio, on leur a dit qu’on avait des morceaux à leur faire écouter. Ça leur a plu et ils ont accepté de bosser avec nous pour notre album. C’était des artistes qui apparaissaient rarement avec d’autres rappeurs qu’ils ne produisaient pas eux-mêmes ou avec qui ils n’avaient pas d’affinités. Avec des artistes inconnus comme nous, c’était inédit. Finalement, on a fait pas mal de collaborations avec Chill par la suite.

À la même époque, AKH avait son propre label 361 Records. En 2005 notamment, il a produit le projet Tribute de Chiens de Paille. Est-ce que vous avez discuté avec lui pour sortir un album par le biais de son label?

Il y a eu des propositions, des possibilités de sortir un maxi sous 361 Records comme ils le faisaient à l’époque. Pour eux c’était assez complexe car ils étaient novices dans la production, dans les labels. Sans aucun manque de respect, je crois qu’ils ont eu des petits problèmes financiers lors de la sortie du projet de Chiens de Paille. C’était compliqué pour eux de poursuivre l’aventure label. Ils ont préféré lâcher l’affaire ce qui était normal. Dommage mais aucun mauvais ressenti par rapport à cela. C’était déjà très plaisant d’avoir eu l’opportunité d’accomplir ce que l’on a fait avec eux. 

Sur le moment, lorsque vous franchissez les portes du studio de la Cosca, que vous enregistrez avec eux, vous vous rendez compte que c’est le rêve de beaucoup de rappeurs ?

Pour moi c’était très plaisant mais on ne s’est jamais faits de films. Je ne me suis jamais dit: « Tiens, ce que je sais faire, ça peut cartonner ». Vraiment. Contrairement à lorsque j’écoutais la FF ou Psy 4 où je comprenais pourquoi ça marchait. La FF a sorti Si Dieu Veut et c’était vraiment un album pur rap. Populaire dans le vrai sens du terme, ce que les gens voulaient écouter. Je ne venais ni de Marseille, ni de Paris. À l’époque c’était difficile de se faire entendre. Il n’y avait pas internet, ni une grosse scène rap dans notre ville pour nous pousser. 

Dans ta musique, on sent vraiment que tu es une force tranquille, que tu n’as pas besoin de prouver quoi que ce soit. 

C’est tout à fait vrai. L’essentiel pour moi est de faire ce que j’aime et d’aimer ce que je fais. Si cela fonctionne pour un grand public, c’est mortel, je n’ai jamais craché là-dessus. Si ça ne parle qu’à un public restreint, cela me va aussi, pas de problème. Je n’ai jamais pensé qu’il fallait à tout prix que ça marche pour moi, qu’il fallait que je fasse un morceau que tout le monde allait chanter. Je m’embourbe même parfois dans des concepts un peu incompréhensifs pour ceux qui n’ont pas toutes les références. Ce que je kiffe c’est me faire plaisir. Malheureusement j’ai la sensation que tout le monde n’a pas la même démarche. Beaucoup cherchent à plaire au plus grand nombre. Chacun son truc, je n’ai vraiment aucune haine avec ceux qui cartonnent. Tant mieux pour eux.

Trois ans après Le jour d’après vous sortez deux freetapes. Pourquoi avoir choisi ce format ?

C’était le début des réseaux sociaux et notamment de Myspace. C’était un concept très intéressant pour se faire entendre hors de nos villes.  De plus j’avais investi dans une carte son et un micro pas chers du tout. J’avais dû en avoir pour 400 balles. Je me suis donc mis à enregistrer dans ma chambre. Je pouvais enregistrer ce que je voulais, quand je le voulais. On a enchaîné les morceaux. La première tape, on a tout fait nous-mêmes. J’avais même conçu la pochette, qui est aujourd’hui dégueulasse, avec un montage. Je ne connaissais pas encore Photoshop. Pour la deuxième, on a rencontré Just Music Beats et ils l’ont produite en grande partie. Cette rencontre m’a permis de ne me concentrer que sur l’écriture.

Vous sortez ces projets sous le label Éclats De Vers Prod. C’était un label d’autoproduction pur et dur?

Tout à fait. Mon cousin s’occupait plutôt de la partie administrative. À l’époque, ça servait aussi à gratter des subventions même si on n’avait pas de vraie structure. 

Avant de sortir ton premier projet solo, tu fais une apparition sur la mixtape de Deen Burbigo avec le morceau La prose des briques. Il s’était aussi retrouvé sur votre deuxième tape lors d’une collaboration avec Degom. Comment vous êtes vous connus ?

À l’époque de Myspace, il était venu vers nous. Il aimait bien ce que l’on faisait. On était restés en contact longtemps à parler de rap et d’autres choses. Il nous faisait écouter ce qu’il faisait. Il était déjà bon. Dès qu’on a eu l’occasion, on a bossé ensemble. Bizarrement, j’ai le souvenir qu’on a fait le morceau pour sa mixtape avant, bien que celle-ci soit sortie après la nôtre.

En 2011, tu sors ta première mixtape solo avec DJ Stresh mais ton vrai premier album arrive l’année suivante et porte le nom d’ Affaire Personnelle. Tu collabores pleinement avec Just Music Beats pour les prods. Comment décidez-vous de travailler conjointement?

C’est fou mais j’ai vraiment du mal à me souvenir de nos premiers échanges. Je sais que c’est à travers Kriss de Just Music ou Sat de la FF. Je pense que ça a d’abord été à travers internet. On kiffait les mêmes vibes, de Mobb Deep à Just Blaze. On devait être en 2009. Nous sommes devenus très bons potes tout de suite. 

Sat que l’on retrouve d’ailleurs sur votre seconde freetape. Sat, Akh, Deen, Hifi des X-Men, c’était pas mal pour une mixtape gratuite. 

Pour Sat, on m’avait expliqué qu’il avait fait tourner notre son jusqu’à la salle L’Affranchi à Marseille. C’est un lieu où encore aujourd’hui il y a pas mal de concerts de rap. J’avais halluciné en l’apprenant. Il nous avait même invité à la télé sur M6 Music Black pour nous faire connaître. C’était juste avant la sortie de son dernier album solo. Il était presque frustré de ne pas avoir pu nous inviter car son projet était déjà prêt. On a partagé une scène dans un festival de cinglés en République Tchèque. Un super souvenir. Il y avait tout le Boot Camp Click, Sean Price, Masta Ace, Talib Kweli… Sat c’est quelqu’un de très humain que je respecte énormément. Je suis encore très content d’avoir son soutien à l’heure actuelle.  

2013 est une année importante pour toi. Tu sors deux projets, Airline en featuring avec Atis du groupe 70CL et Sous-Entendu en solo. 

70CL m’avait invité sur un de leurs projets avec le morceau « Tontons Flingueurs ». On avait tourné le clip sur Paris pour l’occasion. Par la suite j’ai invité Atis pour Sous-Entendu. Je suis monté à Paris pour régler plusieurs trucs et j’ai finalement dormi chez lui un ou deux jours. On a vraiment sympathisé, on s’est trouvés plein de points communs, à plusieurs niveaux. De là est née l’idée de travailler sur un projet commun. On était tous les deux dans un délire « aérien », d’où le nom Airline. C’est un projet que j’aime beaucoup et je regrette de ne pas avoir fait au moins huit titres ou un volume 2 par la suite. Pour Sous-Entendu, c’était pendant une période de transition. C’était un album mais pas calculé comme tel. Il y avait des morceaux écrits à la même période et d’autres non. Quand j’ai enregistré, je n’avais pas cette idée précise. Pour les autres projets, je savais où je voulais aller et je fonctionnais dans le but d’enregistrer des morceaux pour un album. Pour celui-ci, la plupart des invités sont des gens que m’ont présentés Just Music. 

Ensuite tu enregistres Gratte Ciel au Camouflage Studio, géré par Samm du groupe Coloquinte.

Avec Samm c’est une connexion de longue date. Quand il a décidé d’installer un studio à Marseille, c’était naturel que j’aille enregistrer là-bas. Concernant mon processus d’écriture, je ne fais pas partie des artistes qui écrivent en studio. J’ai la prod avant, j’écris dessus et ensuite je vais enregistrer en studio. Bien sûr, je peux quand même enregistrer quelques arrangements sur le moment mais je viens toujours préparé. Cela vient du fait que quand j’ai commencé, les studios étaient chers. On n’avait pas de temps à perdre. C’est quelque chose que j’ai gardé. Chambre Noire, je l’ai enregistré en deux sessions.

Tu es un rappeur qui a le sens de la formule, l’amour des mots et de la punchline. On sent que plus le temps passe, et moins tu cherches à te prendre la tête sur des thématiques. 

Tout à fait. Quand je repense à Affaire Personnelle ou mes projets avec Le Turf, on cherchait souvent à trouver un concept. Je pense au morceau « Sang, sueur & larmes » par exemple. Un couplet avec des métaphores sur le sang, l’autre sur la sueur et enfin un autre sur les larmes. Maintenant, je calcule de moins en moins de thématiques ou concepts même si je garde une ligne directrice. 

Tu as gagné en spontanéité.

Avec l’âge c’est quelque chose qui est naturel. Plus le temps passe et moins j’ai de titres aussi sur mes projets. Pour Affaire Personnelle, je voulais montrer un éventail de tout ce que je savais faire : des morceaux sombres, d’autres plus éclairés, d’autres plus tempo. Aujourd’hui, je ne fais que ce dont j’ai envie sur l’instant.

Avec internet, mis à part les rappeurs qui misent sur une grande quantité de streams, le EP est un format qui s’est vraiment démocratisé. 

Moi qui écoute beaucoup de rap américain, c’est un format que l’on retrouve souvent. Je l’aime bien. C’est peut-être dû au fait que j’ ai moins le temps d’écouter des disques. Avec toutes les sorties hebdomadaires, c’est sans doute plus agréable d’écouter un 8 titres plusieurs fois qu’un 30 titres que tu as eu du mal à digérer. 

Sur Chambre Noire, on sent d’ailleurs dès l’écoute du premier titre, « Karma », que tu as voulu proposer un condensé de qualité. Quand as-tu commencé la conception de cet EP ?

Mon dernier opus datait de 2016. J’ai 40 piges et j’ai une vie en dehors du rap donc j’ai plein de choses à gérer. Ça m’a pris un peu plus de temps. Au final, un peu plus d’un an. Pas parce que je me suis pris la tête à écrire. Quand je finissais d’écrire un morceau, je le coffrais. Fin d’année dernière, je suis allé l’enregistrer à Marseille. Maintenant je n’y vis plus mais j’y suis allé spécialement pour ça. Je me suis organisé pour réserver deux jours de studio. Tout le concept de Chambre Noire est apparu plutôt à la fin.

Comment avez-vous fonctionné avec Just Music?  Ils t’ont envoyé beaucoup de prods ou tu as passé plutôt des commandes?

À l’époque, on était tous plutôt productifs donc on échangeait pas mal à ce sujet. Maintenant ils me connaissent bien donc ils m’envoient des instrus sachant ce qui me correspond et en général ils se trompent rarement. Si quelque chose me plait moins, j’essaie de prévenir rapidement pour ne pas que la prod reste bloquée pour rien alors qu’ils pourraient la placer. Parfois je donne quelques indications de ce dont j’ai besoin, un peu à la commande. 

Avec le temps, comment t’es-tu habitué aux prods plus modernes pour ce qui est du flow, des placements ?

L’avantage avec Just Music, c’est qu’ils savent tout faire : boom-bap des années 90 ou sonorités plus actuelles. Moi j’aime tout, tant que ça rappe. Je n’ai pas de problème avec ça. Les flows, je les adapte aux prods sans trop de souci. Je trouve ça même enrichissant, ça permet de varier et de renouveler mon style. À chaque projet j’essaie de varier les ambiances, les flows, depuis toujours. Avec Just Music, on essaie de toujours progresser, on aime être actuel. Même si on sélectionne une prod qui pourrait ne pas paraître très récente, en choisissant une manière de rapper ou de travailler le sample, ça ne sonne pas vieux. 

Sur  le titre « Karma », tu ponctue le morceau part une phase sur l’âge d’or du rap français des années 90/2000 et tu sembles être critique avec la scène actuelle. Pourtant certaines personnes avancent que l’âge d’or du rap français, c’est maintenant.

Je pense que chaque génération a son propre âge d’or. Tu ne peux pas reprocher à un jeune de 20 ans de ne pas écouter les classiques du Wu Tang. C’est normal qu’il s’en tape, c’est bien s’il s’y intéresse. Je ne vais pas lui en vouloir. Ce qui me gêne c’est qu’aujourd’hui, beaucoup d’artistes sont qualifiés de rappeurs, mais ils ne rappent pas. Je ne les entends pas rapper. On peut peut-être considérer ça comme un nouveau délire de flow, mais ce n’est pas ce que j’écoute même si au fond cela ne me pose pas de souci. C’est un long débat, on pourrait en parler des heures. Si on vient me dire qu’un mec qui chantonne tout au long d’un morceau avec de l’autotune, c’est le meilleur rappeur, ça va me faire bizarre, que son morceau soit bon ou pas. Ce n’est pas pour dénigrer mais ce n’est pas ce que j’assimile à du rap.

Pourtant, il y a beaucoup de rappeurs issus du boom-bap qui intègrent de l’autotune ou du vocoder sur les refrains. Ce n’est pas quelque chose que tu envisages ?

Tu sais quoi, sur Gratte Ciel, le morceau avec Veerus, « Spécial », en fond il y a des backs autotunés. À la base c’est moi qui devait les faire. J’ai essayé et ça ne me plaisait pas tant que ça. Au final, j’ai laissé Samm le faire. Je peux aimer certaines phases autotunées, bien faites, mais c’est quelque chose que je ne maîtrise pas assez bien pour que ce soit plaisant. Un rappeur que j’adore, Royce Da 5.9, sur sa mixtape The Bar Exam, avait fait toutes ses fins de phrases autotunées  sur la rime. J’avais trouvé ça terrible. De mon côté, je ne pense pas que l’utilisation de l’autotune apporte une plus-value à mon travail. 

Tu collabores avec Just Music, mais est-ce que tu serais prêt à travailler avec d’autres beatmakers?

Il n’y a pas beaucoup de gens qui m’envoient des prods et pendant très longtemps j’ai tellement été bien servi par Just Music que je n’avais pas de raison d’aller voir ailleurs. Sans vouloir manquer de respect aux autres producteurs, ce que je recevais me correspondait moins que ce que m’offraient Just Music. Mais il ne faut pas croire que je suis fermé, si je reçois des prods qui me plaisent, je suis chaud. Après je ne veux vraiment pas « endormir » des prods, en disant que je suis motivé mais en risquant de mettre du temps à sortir les morceaux. Avec Just Music, je n’ai pas ce problème.

Tu en parles dans Chambre Noire mais es-tu conscient que tu peux renvoyer l’image d’une personne « je m’en foutiste » ou un peu renfermée?

En fait je suis quelqu’un de très sociable mais je ne vais pas forcément vers les gens. Comme je te disais précédemment, je n’ai jamais squatté chez une connaissance parce qu’il avait des contacts, ce n’est pas mon délire. 

Pour la sortie de Chambre Noire, tu n’as quasiment pas fait de promo. Tu as annoncé seulement deux semaines avant la date de sortie sur les réseaux sociaux, sans clip ni morceau. 

En fait je n’ai absolument pas cherché de distributeur, j’ai pris une formule basique pour mettre le projet sur les plateformes de streaming. Je ne me suis même pas pris la tête pour faire de la com’. J’ai failli le sortir deux mois avant, lorsque j’ai fait le premier post avec la pochette, encore plus à l’arrache. Un peu avant, pour d’autres raisons, j’ai appelé Deen et je lui ai dit que j’allais sortir un projet. Il m’a dit « Mec, tu sors un projet, tu communiques pas dessus, il n’y a pas de clip. Faut que tu arrives à faire au moins un clip ». Il a essayé de me motiver car il fait partie des gens qui me disent que je pourrais avoir un peu plus que ce que j’ai. Il m’a branché pour faire un clip à Paris mais au final c’était un peu compliqué, il y avait les grèves de transports. Au final, je me suis connecté avec un pote de mon coin pour que ce soit plus simple, mais à cause de diverses galères, ça ne s’est pas fait, mais ça ne devrait pas tarder. Je n’ai pas un budget énorme à mettre dans la musique aujourd’hui, j’ai une vie de famille, d’autres priorités. Je savais que les gens qui me suivent depuis le début allaient être fidèles. Pour le moment je suis content car j’ai eu de bons retours. Il y a tellement de sorties que même si tu teases ton album deux ou trois mois avant, les auditeurs entre temps auront écouté plein de disques en attendant. Limite, ils pourraient t’oublier. J’avoue que j’aurais pu me prendre plus la tête et le sortir dans quatre et cinq mois et sortir plusieurs clips mais je n’avais pas spécialement envie d’attendre. Et dans quatre ou cinq mois, si j’ai l’occasion, je sortirai autre chose. 

Est-ce que tu as déjà essayé de monter une équipe pour démarcher des concerts et aussi pour t’occuper de ta communication?

À l’époque du Turf, mon cousin qui est devenu tourneur, s’occupait d’organiser nos dates. L’énorme partie des concerts que j’ai faits dans ma carrière sont grâce à lui. C’est lui qui bookait et gérait. Après pour la communication, je fais ça actuellement avec ma femme. On fait du mailing mais on ne table pas non plus sur une énorme com’. Concernant une potentielle équipe autour de ça, j’ai déjà la chance d’avoir une team artistique avec des beatmakers et des studios qui jouent le jeu avec moi. 

Sur Chambre Noire, il n’y a pas de featuring. C’est inhabituel pour tes projets.

Effectivement j’en ai toujours eu sur mes projets mais pas énormément. Je n’aime pas les albums où il y a trop d’invités. Pour cet opus, j’ai fait les morceaux dans mon coin, selon mon propre timing. L’occasion ne s’est pas vraiment présentée. D’autre part, vu que je savais que je voulais faire un format court, ça laissait moins de place forcément. Chambre Noire est donc personnel.

Tu y parles une nouvelle fois des wack MC’s. C’est une thématique récurrente chez toi, qui appartient au rap depuis de longues années.

Dans la vie de tous les jours, je ne suis pas du tout haineux envers ce genre de rappeurs. Tu peux trouver super sympa un mec qui rappe mal et inversement. Moi je ne connais pas les gens dont je critique la musique donc je ne les juge pas humainement. C’est un délire de freestyle, d’egotrip. Au fil des années, tu n’as pas forcément de nouvelles choses à raconter, le rap c’est dire de manière différente une phase que tu as déjà dit plusieurs fois. C’est le sens de la formule qui prime, l’aspect de compétition. 

Ton objectif désormais est de faire vivre cet EP mais as-tu d’autres projets pour les mois à venir? 

L’idée est d’enchaîner assez vite avec d’autres  projets, avec le même type de format. Je ne pense pas me replonger dans des albums au format plus long. 

Et des apparitions sur des disques d’autres artistes?

Pour le moment il n’y a rien de fait mais je suis ouvert s’il y a des propositions intéressantes. 

Le mot de la fin?

Je suis content de faire ce que j’aime et d’aimer ce que je fais. Content que cela parle à d’autres. Je commence à bosser sur mon prochain projet. Merci à tous ceux qui m’apportent leur soutien.

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