Nom de scène, ou plutôt de studio : Douze. En seulement trois années d’activité, le rappeur du 92 affiche au compteur un EP et trois albums, dont le dernier en date, Samples et tensions, parait ce lundi 25 avril. Rencontre avec un presqueancien à la culture ample, qui aura pris le temps d’arriver à maturité pour délivrer un rap de qualité, à un noyau d’auditeurs certes assez restreint. Une discussion plus qu’un entretien, dont le fil conducteur chronologique n’a pas empêché les digressions vers des thématiques plus globales.

Il s’agit de notre première rencontre. Peux-tu te présenter succinctement à nos lecteurs et lectrices ?

J’ai approché cette culture au milieu des années 90. En 2006, on a monté un crew avec Euréka et Amer, qui s’appelait Keskler. C’était vraiment super récréatif, du hobby. Ma véritable « naissance rapologique », c’est 2013, quand j’ai sorti Le magicien Douze. C’est vraiment là que j’ai commencé à m’investir à cent pourcent là-dedans. J’ai fait trois albums, en 2013 (Le Magicien Douze), 2014 (Triskaïdékaphobe) et 2016 (Samples et tensions), avec l’EP Madrigal entre-temps.

Le rap tend de plus en plus à constituer une discipline à part, déconnectée de la culture hip-hop. L’envisages-tu de cette manière, où l’inscris-tu dans une démarche artistique plus transversale, pluridisciplinaire ?

Je viens du graffiti. Mon blaze c’était Douze, j’ai fait une transposition dans le rap. Je pense que les disciplines du hip-hop sont plus ou moins indissociables les unes des autres. Aujourd’hui la danse est beaucoup moins mise en avant que le MCing, le DJing, ou même le graffiti, qui est un peu plus underground. C’est la seule discipline à laquelle je ne me suis jamais vraiment intéressé.

Par rapport à ce que tu me disais sur tous ces petits jeunes qui n’ont pas vraiment de background hip-hop, que dire… C’est compliqué, parce qu’on aimerait les orienter, leur transmettre cette culture. Mais je ne suis pas sûr qu’ils soient super réceptifs. Il y a eu un problème de transmission. Bon, on a tous commencé à un moment ou un autre, mais aujourd’hui ça me parait difficile d’écouter du rap français pointu si tu ne t’es pas pris NTM, La Rumeur, ou d’autres piliers de discothèque qui nous ont accompagné. C’est comme dans tous les domaines, c’est compliqué de comprendre les implications si tu n’as pas les bases.

Mais il n’est pas aisé de leur rentrer dans le crâne tout ce que l’on a, nous, dans la tête, car de notre côté on l’a fait chronologiquement, on l’a vécu directement. C’est pour ça que tu ne peux pas leur reprocher. Et puis, il y a tellement de choses qui ont été produites, que même les geeks de son ont dû passer à côté de plein de choses. Déjà, rien qu’à Paris et ses alentours, chaque département a ses petites compiles, ses petites spécificités, qui n’existent que sur place.

Au final, j’ai envie de te dire qu’il en faut pour tous. Le rap est parti dans un dimension un peu clivée, c’est dommage mais c’est comme ça. Il faut juste que ceux qui le peuvent fassent perdurer la matière de l’époque, pour que ceux qui veulent avoir des discussions intéressantes et sérieuses, prétendre avoir de la répartie ou simplement quelque chose à dire sur le sujet, puissent le faire. Mais toute cette matière n’est pas dissociable de ce qui se fait maintenant. Comme le dit Flynt, il n’y a pas de old ou de new school, mais seulement de la true school. Il n’y a qu’une école, celle de ceux qui ont envie de le faire bien.

Il y a des MCs de ton secteur qui t’ont donné envie de rentrer dans le jeu ?

Même s’il y a en a plein, je te dirais que Sinik a été un vrai tournant pour moi. Ses lines simples, ses rimes classiques mais efficaces qui séchaient : tout ça m’a donné envie de rapper. Si je devais n’en retirer qu’un, ce serait Sinik. Saké aussi m’a beaucoup influencé, un petit peu plus tard. Ils font partie de ceux qui m’ont donné envie d’écrire. Même ce que faisait Swift Guad, qui jouait beaucoup avec les mots, et qui a été très productif à une période, a renforcé mon envie de le faire. Alors forcément, il y a aussi des gens comme Flynt, La Rumeur, Less du Neuf, Sëar avec 1 Bario 5 S’Pry, Fabe, la Mafia K’1 Fry… Les Sages Po, toute l’équipe d’ici. Comme tu le disais, il y a un vivier, quand tu habites en banlieue parisienne et que tu as vingt ans en 2001, tu es gâté.

Enfin, plus récemment, je dirais Furax et Scylla. Et dans tous les cas, moi à la base, c’est le cainri. La langue anglaise, c’est génial. J’avais même essayé d’écrire en anglais, mais ça manquait de fluidité, ça manquait de slang, c’était trop scolaire dans l’approche et la rédaction. Mais voilà, énormément de cainris m’ont influencé, j’ai beaucoup diggé. J’étais davantage east coast, comme tu t’en doutes.

Naviguons de projet en projet, pour finalement rallier l’époque actuelle. Tu débarques en 2013 avec Le magicien Douze. Quel est ton état d’esprit, quels sont tes objectifs, à ce moment-là ?

Tout s’est bien goupillé. J’arrivais à la fin d’un CDD de très longue durée, donc j’allais avoir un peu de temps libre. Au même moment, mes amis d’Ekzeko ont ouvert leur studio à Montrouge, ce qui m’a permis d’enregistrer là-bas et d’y rencontrer des gens avec qui j’ai fait des feats, de manière très spontanée. On s’est vu un jour, et c’est parti très simplement. J’avais déjà fait quelques apparitions sur des projets à droite à gauche, et là le timing était parfait pour un album solo.

J’allais vers l’inconnu, sans vraiment d’attentes. Je n’avais jamais eu de retour sur ce que je faisais. J’étais sans pression, j’ai fait ça pour moi, sans me dire qu’il y aurait peut-être des gens qui allaient écouter. C’était vraiment du son entre amis, sans voir plus loin. On a commencé l’enregistrement en mars 2013, et l’album est sorti en octobre de la même année. Depuis, on n’a fait qu’enchaîner, jusqu’à aujourd’hui.

Tu as fini par presser cet album. Qu’en as-tu retiré personnellement, et as-tu eu des retours extérieurs ?

D’un point de vue personnel, cet album a eu une vocation thérapeutique. Ce qui a moins été le cas des suivants. J’avais besoin d’un exutoire, et je ne savais pas trop lequel choisir. Même le graffiti ne me procurait pas ce sentiment de tout lâcher. J’ai trouvé ça avec le rap. Donc à titre personnel, ça m’a surtout fait beaucoup de bien.

Le projet s’est écoulé à mille exemplaires, en indé, distribués main à la main, ce qui est très dur à réaliser. Je ne connaissais personne. Les retours ont été rapides, positifs, fournis, et relativement unanimes. Et puis j’ai fait un petit tour de France, au culot, pour rencontrer des gens, et distribuer le skeud. Les gens m’ont tous très bien accueilli, ça a été une expérience de ouf. Au final, ce projet a été une réussite humaine et artistique. Ça m’a boosté !

Paraît dès l’année suivante l’album Triskaïdékaphobe, à notre sens ton projet le plus abouti. As-tu perçu une évolution dans ton rap avec ce deuxième opus ?

Ça a forcément été différent, parce que j’avais acquis l’expérience du premier. J’avais reçu des retours de la part d’auditeurs. J’étais davantage « formaté », je savais un peu ce que je voulais faire et ne pas faire. A posteriori, je vois Triskaïdékaphobe comme une transition. C’est-à-dire que c’est un album qui m’a permis de passer du Magicien Douze à Samples et tensions, d’acquérir de la maturité. Du coup, il y a plein de choses qui ne sont pas parfaites à mon sens. Je respecte d’ailleurs, bien sûr, toutes les personnes qui ont participé à cet album, qui ont vraiment répondu présent comme il le fallait. Il y a aussi eu DJ Venum, qui a amené par ses scratchs quelque chose que je n’avais pas sur Le magicien Douze, et que je voulais avoir un jour. Il a fait un vrai bon boulot, il a posé sa patte sur huit ou neuf sons, ce qui a donné une identité globale au CD. Big up à lui.

Je n’ai plus fait le travail seulement pour moi, je me suis mis un peu plus de pression. Et ça se ressent, je trouve. Même si au niveau des feats, je suis resté dans la même logique de connexion humaine avant tout. Je peux avoir cette vision d’un album de transition maintenant, deux ans après. Je n’ai bien sûr pas réfléchi comme ça lors de l’élaboration du projet.

Le nom de cet album appelle une recherche immédiate dans un dictionnaire. La triskaïdékaphobie, c’est la phobie du nombre treize. On imagine que c’est en rapport avec ton blaze ?

Voilà, mon blaze étant Douze, ce titre pouvait exprimer une peur du lendemain, une appréhension de la suite. Je le sentais comme ça sur le moment. Ça m’a été suggéré par Subotaï, un beatmaker belge avec lequel j’ai pas mal bossé. Les gens ont été assez interloqués par ce titre, c’est vrai. Bon, le mot étant compliqué, au bout d’un moment c’est devenu « Triska » pour tout le monde.

Venum scratch trois passages de Ham Mauvaise Graine sur cet album, issus du morceau « Ce que j’ai dans le ventre » et de sa « Poignée de punchlines ». Or l’on retrouve, deux années plus tard, ledit Ham sur ton album suivant, Samples et tensions. Ça sonnait un peu prophétique, non ?

C’est marrant, parce que ça n’est pas fait exprès du tout. C’est Venum qui a pris les passages de Ham, bien darks, qui correspondaient bien à mon son « Panne de décence », avec Alma et Das. Je ne l’avais pas vu comme ça, cette évolution du passage scratché au featuring. C’est vrai que ça pourrait être interprété comme ça, c’est marrant.

Que ce soit techniquement ou au niveau des thèmes, as-tu senti des évolutions personnelles significatives entre tes deux premiers albums ?   

Pas spécialement ! J’aime aborder des thèmes, mais il faut que ça soit assez rare, comme une friandise (rires). Je me situe plutôt dans l’égotrip et je suis plutôt mal placé pour m’auto-juger, mais je pense que le style est resté le même, thème ou égotrip, la volonté est similaire. Au niveau technique, je suis à la recherche permanente d’un mot qui fait la différence, ou d’un thème inhabituel, une envie de créer et non de reproduire, sans prétention aucune. La langue française est tellement riche, qu’on se doit de l’honorer et de la mettre en valeur. Pour ce qui est des évolutions personnelles, il faudrait demander à qui tu veux, mais pas moi (rires).

Triskaïdékaphobe a été précédé d’une série de freestyles intitulée Humeur du Jour. Sa vocation était-elle promotionnelle ?

Exactement. On a fait cinq « Humeurs du jours » et on a commencé à les diffuser dix jours avant la sortie de l’album, ça donnait donc un freestyle promo tous les deux jours. C’était pour donner un peu de visuel, parce qu’on sait qu’aujourd’hui, le son sans visuel c’est difficile. Bon, je suis mal placé pour dire ça, parce que mon seul vrai clip à l’heure actuelle, c’est celui du morceau éponyme de mon premier album, réalisé par Ekzeko.

Tu as ensuite sorti fin 2015 un EP commun, Madrigal, avec Das Raïzer et Funky Armenico. Pourquoi cette association, surprenante, entre vous ? Hors raisons évidentes d’amour de la rime et de grande productivité dans l’écriture.

La rencontre avec Das s’est faite lors de mon tour de France pour Le magicien Douze. Il en a résulté un morceau commun sur Triskaïdékaphobe, en compagnie d’Alma du groupe La mine d’or. J’ai aussi participé au morceau « Edison » sur La main à la pâte, projet que Raïzer a sorti en 2015. C’était sur une prod d’Ekzeko d’ailleurs, merci à eux. Du coup, le courant est très bien passé avec Das, que ce soit musicalement ou humainement. Je t’accorde qu’il s’agit de deux univers assez différents, mais il en ressort une complémentarité qui, moi le premier, m’a un peu étonnée, dans le bon sens du terme.

Funky Armenico, lui, avait arrêté de rapper depuis un moment quand on s’est connectés. Et puis il a entendu parler de moi, il est venu me connecter pour faire un son ensemble. Il voulait se remettre dans le bain. J’avais une prod de Subotaï, on a enregistré, et on était super contents du résultat. Dans un second temps, par le fait que j’avais Das en ami, Funky l’a aussi repéré, et l’a connecté comme il l’a fait avec moi. Ils ont fait un son ensemble, « Mine de rien », sur une prod de Ben Maker. Petit à petit, on en est venu à parler de faire un son tous les trois, ce qui a accouché du morceau « Geyser ».

Sur une instrumentale du stambouliote Da Poet.

Voilà, j’étais en contact direct avec lui. Il m’a envoyé un dossier de faces B à lui, mais qui étaient des instrus de morceaux qui n’avaient pas beaucoup tourné. On y a pioché la prod de « Geyser », et ensuite celle d’« Organistza ».

Donc à la base, avec les autres, on s’est juste dit qu’on allait faire un son. On a balancé « Geyser » sans clip sur youtube, et puis au final on s’est dit qu’on n’allait pas s’arrêter là. On a voulu concrétiser les choses par un petit projet commun. On a donc cherché des prods à droite à gauche. On a trouvé trois faces B, ainsi que deux faces A d’Ekzeko et USAP, et c’était parti. Ça a été super rapide : entre le moment où on a enregistré « Geyser », et celui où on a eu tous les sons mixés, il s’est passé un mois et demi. On l’a balancé en free download et on a pressé quelques skeuds.

Ce projet t’a fait sortir des sentiers battus : il est beaucoup moins introspectif que ce que tu produis d’ordinaire, plus égotrip, avec des sonorités que tu n’avais pas l’habitude d’aborder. Comment as-tu envisagé ces changements ?

Je n’ai absolument pas réfléchi. Parfois, un de nous avait kické en premier sur une prod, envoyait son couplet aux autres qui finissaient ensuite le son. Et peut-être qu’inconsciemment, ça a créé une petite alchimie qui nous a tous regroupé sous une sorte de couleur inédite, qu’aucun d’entre nous ne possède à la base. Je pense que mes meilleurs couplets jusqu’ici sont sur Madrigal, même si sur Samples et tensions il y a des choses du même niveau. Parce que c’est plus mûr, plus décontracté, très spontané. Même au niveau du mix, mes potes d’Ekzeko n’ont pas vraiment réfléchi, la direction à prendre était évidente.

En effet, ça m’a fait sortir de mes sentiers battus. J’avais besoin de ça. Ça a été bénéfique. Et d’ailleurs, on part une semaine en mai pour enregistrer Madrigal 2 – qui ne s’appellera sûrement pas comme ça – et ça ne va pas du tout être un projet boom bap. Donc je vais encore plus sortir de ma zone de confort.

Tes précédents projets solos s’étalent sur 2013 et 2014. Depuis, plus rien, si ce n’est l’EP commun de l’année dernière. Tout ce temps a-t-il été consacré à l’élaboration de Samples et tensions ?

Complètement. Les premiers morceaux ont été enregistrés début 2015. Et après, on a pris un laps de temps un peu plus grand. Il y a eu la perte du studio qui nous a beaucoup affecté musicalement, mais aussi plus concrètement pour les gars d’Ekzeko. Ça a fait prendre du retard pour le CD, parce que pendant un moment la vie a un peu repris le dessus sur la musique. Tous les tracks étaient déjà enregistrés il y a quelques temps. Je devais ajouter un morceau avec 10vers, qui ne s’est finalement pas enregistré. Ça se concrétisera sûrement plus tard, sur un autre projet.

Du coup, quand on a fait Madrigal, j’avais déjà treize ou quatorze sons de Samples et tensions. En fait, c’est un projet qui n’a fait qu’évoluer. C’était parti pour être un EP huit titres avec quelques tracks qu’on avait et qu’il fallait sortir, et en fait, petit à petit, les feats se sont rajoutés et l’idée d’un album en mode street tape à l’ancienne s’est imposée. Au final, on est vingt-deux MC’s et neuf beatmakers, pour un projet dix-huit titres. Ce qui était parti pour être un petit bébé s’est avéré être un gros poupon.

Chacun de tes projets rassemble davantage de featurings que le précédent, jusqu’à déboucher sur ces deux dernières productions, toutes deux à forte dimension collective. Pourquoi cette volonté croissante de rassembler ? On aurait pu penser, ton style et ton univers s’affinant avec le temps, que ton œuvre serait de plus en plus personnelle.

Je pense que ça vient d’une certaine boulimie du contact. Ça m’avait fait pareil dans le graffiti, déjà. Je voulais vraiment contacter beaucoup de gens, voir comment ils fonctionnaient. Au final, c’est une sorte d’étude sociologique. Je ne suis ni plus ni moins qu’un sociologue, en fait (rires). Je kiffais faire collaborer, le temps d’un morceau, des gens qui ne se connaissaient pas.

Voilà, c’est vraiment le kiff d’inviter les gens. Petit à petit, il y a des collaborations qui me sont apparues comme évidentes, donc je suis allé solliciter les artistes concernés. Et j’ai aimé, ça a été énormément de tranches de vie, de moments positifs, d’échanges. Ce melting-pot avec des gens d’horizons différents, que j’ai vécu pendant trois ans, c’était une tuerie. Sans même parler de son, en fait.

Il s’avère qu’à partir de maintenant, je vais mettre ce format de CD un peu de côté. Plus globalement, j’ai la volonté de faire une petite pause, parce que je sais que les breaks, dans le son, sont salutaires. Il faut s’aérer l’esprit. En trois ans, j’ai fait trois solos et un EP cinq titres. Il faut que je souffle un peu, ne serait-ce que pour prendre du recul par rapport au son et à moi-même. Ces derniers temps, quand j’écrivais, j’avais l’impression de tourner en rond, je prenais moins de plaisir. Alors que ce qui m’a toujours motivé, c’est le plaisir d’écrire.

La certitude, c’est que mon prochain album sera un solo à 100%. J’ai expérimenté plusieurs choses à travers mes collaborations, je peux passer à un autre format, maintenant. A terme, le but est de fournir un projet solo, bossé dans d’autres conditions que celles que je connais actuellement. Dans tous les cas je travaille avec Ekzeko, c’est clair et net, et pour le moment le studio n’est plus là, donc je suis dans l’expectative.

Le mot de la fin ?

Merci à vous, ainsi qu’à tous mes proches et tous les gens qui me suivent musicalement parlant. Le soutien que j’ai reçu ces trois dernières années est juste incroyable… Le meilleur pour chacun de vous, longue vie à tous les amateurs de hip-hop ainsi qu’aux autres ! Notre salut viendra de la tolérance. Douze.

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