L’équipe des Échos de Hip-Hop tient à remercier celle du Bon Son qui accueille notre dernier article. Pour plusieurs raisons qui nous sont propres, nous avons décidé d’arrêter notre site internet après six ans d’activité. Nous avons tenu à dresser un dernier bilan.

Alex, co-fondateur des Échos du Hip-Hop :

Le jour où nous sommes rentrés dans le rap-jeu, on l’a fait à l’ancienne. Quand aujourd’hui, on peut tout faire de sa chambre : enregistrer des sons trop ghetto juste avant d’ajuster sa mèche, écrire des articles sur le hip-hop sans forcément le vivre, nous, on était partis à l’ancienne. On freestylait dans les halls, refaisait le monde dans les cages d’escaliers ou les caves des centres culturels libertaires. Faire nos classes sur le terrain, c’est plutôt une fierté. Et puis ça nous a permis d’être au cœur du game : on se crée notre réseau d’amis, de haters, de gens qui veulent nous casser les jambes, de collègues. Parce que finalement, contrairement à ce que l’on peut croire, on n’était pas trop derrière notre écran mais bien au cœur du système. Et c’est sur cette base d’amitié que nous sommes partis. Nous l’avons étendu et nous nous sommes enrichis… Humainement. Parce que rêvez pas, le rap ne m’a même pas payé « une banane, deux trois coste-la » malgré tout l’investissement.

Bref, dans cette équipe de potes, certains ont monté la trotinette zèbre de ma fille, ou ont lâché le billet pour que je croise une dernière fois le regard de ces boobs inconnus de cette dame affectueusement appellée «42kg » (les vrais savent). Mais ils étaient là aussi pour des défis FIFA pour éviter que je me heurte à cette froide réalité de la vie. Ouais le rap m’a beaucoup apporté. Est-ce qu’on lui a apporté ? Ça n’a pas empêché le rap de faire des flash mob au Carrefour Market ou de se mythonner des lifes de OG en pare-balle à près de 50 piges (sérieusement mec, c’était comique). Alors c’est préférable d’ « arrêter le rap avant qu’le rap m’arrête » pour paraphraser Youssoupha. Merci à vous, Merci Equity, Young Beuk, Chtef, Ben, Rotko, Julien, David et Yvan…. Et tout ceux qu’on a croisé en bas des halls ou dans une salle de concert. C’était une belle aventure !
Shalom, Salam, Salut

PS : Si vous cherchez notre remplaçant, vous pouvez éliminer celui qui ne mettra pas « To Pimp a Butterfly » au top de son top 2015

Becri, rédacteur des Échos :

« Yo Beuk, tu serais pas chaud d’écrire aux Échos ? »

« Nan gros, moi et le rap français c’est plus trop ça… Par contre, si un jour y’a une rubrique US… » « Vas-y, y’a moyen »

« Même si j’écris foncedé au Hennesy, que j’écris comme je parle et que je lance quelques piques ? »

« Ouais, et t’auras tes places de concert gratos. »

« Deal done »

Et voilà comment le Chtef m’a fait entrer aux Échos. En plus d’être libre dans l’écriture, sans avoir à suivre quelques codes que ce soit, le site m’a permis de rencontrer des putains d’artistes (et rien que pour la rencontre avec Sean Price, ou de checker Frankenstein au téléphone, ça valait largement la peine), de parler de sons enfouis, et de mettre en lumière quelques rappeurs trop sous-estimés à mon goût, ceux qui font vivre le hip-hop qu’on aime. J’espère donc que mon passage aux Échos vous aura permit de découvrir quelques bastos, et que vous aurez autant kiffé lire nos interviews que nous à les réaliser (et souvent, c’était sans les mains !). Merci donc aux lecteurs qui auront kiffé les découvertes de l’underground US bouillonnant, ou encore mes petits coup de gueule (coucou les hipsters !).

Merci à la team de m’avoir intégré (et c’était une bête de team), merci aux lecteurs (même ceux qui me trouvaient extrémiste, c’est aussi pour vous que j’ai fait ça !), vos commentaires m’ont souvent reboosté, et voir que vous me lisiez et kiffiez les sons était ma plus belle récompense. Merci aux rappeurs qui nous toujours bien accueilli et fait réaliser quelques rêves d’ado… Prenez soin de vous… Big up à tous les mecs du under qui font ça pour l’amour du truc, qui donnent de la matière, qui font vivre notre passion…. Les Échos se terminent, mais d’autres trucs chauds se préparent… Keep it fuckin real… Peace !

Rotko, rédacteur des Échos :

Les Échos…

Je garderai en mémoire le souvenir d’une belle aventure et conserverai une gratitude inébranlable pour ses créateurs.

Les Échos, c’est l’histoire d’une passion pour le rap et l’envie de mettre en lumière la majoritaire, inaudible et pourtant qualitative, ribambelle d’acteurs qui se débat dans l’ombre. Une ambition sacrément vertueuse et admirable.

Les Échos, j’ai rejoint l’équipe le jour où je me suis dit que ce serait intéressant de raconter, à la première personne, cette face underground qu’ils s’évertuent à mettre tant à l’honneur. Oui, c’était autant mettre en avant cette culture, cette passion que d’en raconter subjectivement les efforts et les sacrifices qu’elle implique… J’ai donc commencé par des histoires que les copains des Échos appelleront à juste titre « Hip Hop Story ». Narrant la vente de ma MPC à un jeune plein d’entrain, contant mes désillusions matinales à la réécoute d’une prod faite la veille avec engouement, avouant ma peur de l’indifférence à la veille de la sortie d’un projet…

Et puis, j’ai commencé un album solo en me disant que ce serait bien d’en raconter la création… Pour ma chronique des Échos. Pendant plusieurs mois, j’y suis allé de mes petites histoires prenant de plus en plus de plaisir à les partager. Et puis l’idée m’est venue, réunir ces chroniques parues sur les Échos sous un format livre… Oui, un livre !

Les Échos m’ont fait écrire mon premier livre, sans pression, sans même que j’ai cette ambition… Je leur en serai éternellement reconnaissant parce que ça fait partie de la fierté d’une vie d’avoir la capacité d’écrire un livre. Les Échos m’ont rendu fier.

Les Échos, c’est finalement ce son qui même une fois qu’il n’est plus prononcé continue de résonner et de rebondir. J’ai la naïve conviction que c’est ce qu’il se passera pour chacun d’entre nous. Nos plumes s’arrêtent ici pour les Échos mais l’écho de leur encre n’a pas fini de faire du bruit…

Merci pour tout et belle continuation les gars ! Peace
Rotko

Yvan, rédacteur des Échos :

Les Échos ne sont plus à une image près, il aura suffit de la vingt-cinquième.

Les Échos, c’est la répétition d’un son. Un son déformé qui nous parvient après n’avoir que trop longuement parcouru cette infime distance qui siège entre le palpable et l’infini, entre la remise en question et l’ordre établi, entre l’écho et l’origine. Un son qui nous parvient parfois strident, parfois mélodieux, mais qui garde toujours son sens premier. Il faut bien écouter, un cri court dans la nuit.

Ainsi retranscrire, traduire et transmettre sont des missions que Les Échos du Hip Hop a su mener à bien afin de relayer une info différente de celle qui se trouve généralement dans les médias mainstream, d’exposer des points de vue conscients et de prôner la découverte d’une musique qui se respecte.

L’écho saura toujours trouver son chemin, Le Bon Son est là pour ça depuis déjà un bail, n’empêche que cette brochette bien précise va manquer dans le paysage local. La liberté d’expression est une chance qu’il faut chérir, autant l’utiliser à bon escient.

Merci pour l’opportunité, merci pour l’accueil, et que vive le cinéma. Yvan Durraive

Ben, rédacteur des Échos :

A chaque jour suffit sa peine… C’est le moment de faire place aux autres à ce qui se dit.

J’ai pas été beaucoup présent au sein de l’équipe des Échos du Hip-Hop au vu des nombreux délires en cours un peu partout, mais pour moi les Échos c’était synonyme de qualité, tu savais que si les gars prenaient le temps de faire un article il fallait se pencher un minimum sur l’artiste ou le projet en question. Du coup il m’a permis de découvrir pas mal de personnes.

Les Échos du Hip-Hop, j’ai connu via le pote Gui au départ au moment de la préparation à la sortie de Lost Tracks 1 si je ne dis pas de bêtises. De fil en aiguille (coucou 10vers, c’est dans les bacs d’ailleurs ! Disponible sur ShopTonHiphop) j’ai connu Stef, Alex, Becri et Equity en mode chill via Facebook, de très bons gars ! Ce qui m’a fait accepter de bosser (un peu…) pour ce site d’ailleurs.

Je profite de ce billet pour remercier ceux qui achètent encore les projets qu’ils aiment. Car de nos jours, la facilité d’accès à internet ruine littéralement l’envie de faire des projets. On sait tous ou ça nous mène. C’est triste pour cette culture. Beaucoup de projets ne sortent qu’en digital à cause de ça. Alors merci à vous de faire perdurer le délire !

Je vous remercie donc pour la lecture des articles de chacun des auteurs du blog et vous souhaite une bonne continuation pour la suite, Le Bon Son est une très bonne alternative pour lire toutes les informations sur le rap en général, merci pour les bons moment passé sur le blog, j’en profite aussi pour remercier Neka (Rootscore) et Madman qui ont accepté le délire pendant mes articles! Eux-mêmes savent !

Portez vous bien en tout cas. Et bonnes fêtes de fin d’année à vous! Musicalement, paix.

Blaise, A.K.A Equity, A.K.A Blaisy Blaise, co-fondateur des Échos :

8 ans, c’est le temps qu’il aura fallu pour que l’on se connaisse. 8 ans de poilades, de prises de tête, de grosses boucheries, de déceptions, 8 ans passés à peaufiner, élaborer, reculer mais pour finalement grandir et s’épanouir.

Quand moi et Alex avons relevé le défi de créer un site internet autour de la culture hip-hop à un moment où la chose n’était clairement pas banalisée, nous ne savions pas vraiment où cela allait nous mener. Pourtant on y est allé, tête baissée. Du culot des débuts aux dernières sollicitations on a toujours, tant bien que mal, essayé de faire le taf proprement et on n’a jamais eu que le souhait de faire plaisir à notre public.

Si je devais garder en tête quelques moments ça serait la première interview que l’on a fait, c’était la K-Bine au centre anarchiste de Lille dans des conditions pas possibles (pas de lumière et un concert de punk juste en dessous), celle de Zone Libre et Casey (contactés par Myspace si si) où on s’est chiés dessus, celle de Nasme au bout d’une nuit mémorable et ma rencontre avec Oxmo Puccino (et mon fils dans sa poussette).

Pour moi cette expérience m’aura donné plus qu’une leçon. Elle m’a appris un métier d’abord, celui que j’exerce aujourd’hui, des amis, et un goût pour l’écriture. Et même si ces derniers temps je n’avais plus autant de forces pour prendre ma plume pour le rap, par manque de temps et d’envie aussi il faut l’avouer, je n’ai pas non plus l’intention de l’abandonner. Les événements de cette année, ceux que l’on connait mais aussi ma situation personnelle m’ont insufflé d’autres aspirations, et d’autres projets sont en cours d’élaboration.

C’est donc le cœur apaisé et le sourire aux lèvres que je vous dis un grand merci, public, artistes qui nous ont soutenu et toutes ces salles de concerts qui nous ont laissé passer, et vous laisse sur ces derniers mots. Peace.

Les Échos du Hip-Hop (17 février 2009 – 22 décembre 2015)