Ce mois-ci on a souhaité faire une sélection des meilleures titres sur les… sneakers. Véritable objet de culte, la basket est un des articles phares de tout bon papier sur les cadeaux de Noël. Ce n’est pas tout à fait nouveau, mais le phénomène sneaker a pris une ampleur grandissante ces dernières années. Les évènements plus hypes les uns que les autres se succèdent un peu partout. Tout le monde en parle.

On peut parfois s’agacer de la boulimie soudaine d’une partie de la population adoptant à l’envi des codes jadis attachés aux gens de la rue. Ceux-là même qui parfois crachaient sur le style des jeunes en Air Max-jogging  avant de se ruer aujourd’hui dans le premier Sneaker-event-machintruc-paye-ta-paire-collector-à-1500-balles. Bref, c’est énervant parfois, mais ce n’est pas pour ça qu’on va bouder notre plaisir devant une belle paire de Jordan 4 et renier un des accessoires marquants du mouvement hip-hop.

Alors, oui il y a des sujets plus graves, et on sait que malheureusement les marques de chaussures de sport ne sont pas toujours les plus éthiques. Oui, « Des crétins écrivent des textes sur des paires de Nike » (Lucio Bukowski, « Impopulaire »). Mais on accepte cette faiblesse, on l’embrasse même, et comme dirait Deen Burbigo : « Comme les autres poiscailles, j’mords à toutes sortes d’appâts, et j’perds un bras à chaque réédition des Jordan 3″. Et puis si on a fait un article sur les pompes, c’est juste qu’il n’y avait pas assez de morceaux sur les casquettes. Voici la sélection du Bon Son spéciale sneakers. Bon essayage.

Raekwon – Sneakers (Immobilarity, 1999)

Pour débuter, on a choisi un titre évocateur. Raekwon, à la fin des années 90, sortait Immobilarity. Son deuxième album studio, sans doute moins connu que Only Built 4 Cuban Lynx. Au milieu, ce titre : « Sneakers »Adidas, Asics, Jordan, Nike, Pony, Fila et même Diadora ou Lotto. Tout y est. La production est signée Pete Rock dans un style purement new-yorkais.

Dom Kennedy – Tennis Shoes (Mixtape 25th Hour, 2008)

Le californien Dom Kennedy est connu pour être un amateur de belles pompes et ça se sent dans ses lyrics, et tout particulièrement sur ce Tennis Shoes, issu de la mixtape 25th Hour . Les références fusent. Entre le fait d’acheter six paires de Jordan Grey 5 juste pour dormir avec, de nettoyer ses pompes « dix fois par jour » ou de kiffer les Air Force 1, et les LA Gear luminescentes, le fanatique s’y retrouvera. Son livret A sans doute un peu moins.

Grems – AIRMAX (Airmax, 2006)

S’il fallait citer au moins un rappeur hexagonal pour évoquer l’amour des sneakers, ce serait lui. Son deuxième album solo porte le nom du célèbre modèle de la firme de l’Oregon, Air Max. Plus récemment, on l’avait retrouvé avec quelques-uns de ses potes sous l’étiquette PMPDJ, Pour Ma Paire De Jordan. Non, on ne pouvait pas passer à côté de Grems. Surtout avec un flow aussi rapide. C’est sur des sonorités très deep house, enrichies en bpm, que Grems martyrise la piste et débite son amour de la running à la virgule. C’est du Moodyman survitaminé, du Kerri Chandler sous amphétamines, c’est rapide, c’est fort et ça sied parfaitement au débit du garçon.

Au passage, il en profite pour placer quelques paires bien connues : Puma Clyde (du basketteur Walt Frazier), Adidas Rod Laver (plus stylées que tes Stan Smith), Nike Alpha Force… Grand graffeur, Grems a signé l’artwork de son album et représenté sa Air Max fétiche sur les murs de Bagnolet en 2013.

Public Enemy – Politics Of The Sneaker Pimps (He Got Game Soundtrack, 1998)

Au-delà de sa filmographie, on connaît Spike Lee pour être un habitué des matches des Knicks de New-York ou encore ses spots publicitaires avec Michael Jordan. Le réalisateur aime LE basket, aime LA basket. En 1998, il sort justement le film He Got Game, cultissime pour les amateurs de la balle orange. La bande-son est signée Public Enemy. Sur ce track produit par G-Wiz, Chuck D et Flavor Flav racontent la chaussure. Dans tout ce qu’elle a de beau mais aussi de plus complexe : le côté mythique de certains modèles, des gamins exploités en Asie pour fabriquer les rêves de kids de l’autre côté de l’Océan Pacifique, des jeunes basketteurs qui signent des contrats publicitaires dès le plus jeune âge…

Run D.M.C. – My Adidas (Raising Hell, 1986)

C’est peut-être le morceau le plus connu de cette sélection. Le beat fleure bon le snare des eighties. À cette époque, Jam Master Jay, Rev Run, et DMC s’affichent avec des Adidas Superstar sans lacets. Sans lacets, comme les détenus dans les prisons. Certains disent que les Run DMC ont lancé la mode des Adidas, d’autres disent qu’ils l’ont juste amplifiée. En tous les cas, le coup des Adidas sans lacets, c’est leur marque de fabrique. La firme aux trois bandes fait des trois garçons les premiers sponsorisés de l’Histoire à ne pas être des sportifs. On parle d’un million et demi de dollars à l’époque. En 1986, ils sortent «My Adidas », l’impact est planétaire.

Mac Miller – Nikes On My Feet (K.I.D.S. Mixtape, 2010)

En 2010, un jeune rappeur de Pittsburgh sort sa 4ème mixtape, K.I.D.S. . Dedans, ce titre. Après quelques longues secondes (minutes) d’intro, Mac Miller balance sa sauce. Une ode à sa vie d’ado, et à ses Nike, donc. Et que cette nappe est bonne, juste saupoudrée du gimmick « Nikes on my feet / make my cypher complete ». Version 2010 du « Suede Timbs on my feet » de Nas (« The World Is Yours »). On a troqué les Timberland pour des chaussures à bulles. Et on kiffe.

L’Uzine – AirMax (La Goutte d’Encre, 2011)

Décidément, Nike a la cote dans le rap jeu, et les Air Max sont peut-être les pompes les plus référencées en France. Il faut dire que comme le duo parisien Stamina,  « on roule en Air Max et pas en Cayenne ». Ici, c’est L’Uzine qui nous balance, après Grems, un deuxième hymne en l’honneur des célèbres modèles. La boucle entêtante est taffée par TonyToxik.

Bun B – Black Friday (2008)

Bun B est un des MC’s les plus réputés pour ses références sneakers. On aurait pu citer aussi son grand pote Wale, le MC de Washington étant sans doute le plus prolifique au monde quand il s’agit d’écrire à propos de modèles de souliers. On a préféré Bun B le texan pour nous causer en un peu moins de deux minutes de son Black Friday, le moment privilégié pour acheter à prix cassés aux États-Unis, le dernier vendredi du mois de novembre. C’est d’actualité, même si ce titre date de 2008.

The Grouch – Clean Nikes (Crusader For Justice, 2004).

Le MC/producteur d’Oakland a lui choisi la paire de Nike, mais pour faire un parallèle avec ses relations personnelles. Sur une production mélancolique réalisée par lui-même, The Grouch nous explique avec tristesse comme on peut vite, à tort, délaisser une paire un peu rayée… Au passage, ce titre nous rappelle à quel point The Grouch, un vieux de la vieille, est bon pour rapper, écrire, et gérer l’instrumentale. On ne saurait que vous conseiller d’aller jeter un coup d’oeil sur ses autres projets.

DJ Premier, Nas, Kanye West, KRS One, Rakim – Classic (2007)

Air Force One. Pour les amoureux de sneakers, ce n’est pas le nom de l’avion du président américain, mais bien l’une des plus célèbres chaussures de basketball de l’histoire. Un classique. Tellement classique que High And Mighty en a fait le nom d’un de leurs albums.

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Et tellement classique que pour les 25 ans du modèle,  Nike a fait mettre la Air Force One en musique par 5 mastodontes du hip-hop. 5 monuments dont KRS One, déjà un habitué des spots publicitaires de la marque au swoosh. Sur un beat… classique, le résultat est plutôt réussi.

Et vous, vous auriez mis quoi dans votre sélection sneakers ?

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