Le Jour Gee. C’est le nom de l’EP évènement de Eff Gee sorti fin octobre. Installés sur le bord du Canal de l’Ourcq, dans son 19ème arrondissement, au nord de Paris, on a évoqué ce dernier opus de celui qu’on appelle parfois le Chef. Généreusement, il nous laisse déborder sur le timing fixé pour nous parler de ses sons avec passion, de ses potes de L’Entourage, de sa recette de l’album parfait ou de sa release party du 26 novembre au Batofar. Et on s’excuse d’avance auprès de Jazzy Bazz si on a retenu Eff Gee trop longtemps avant le derby Paris FC – Red Star, qui avait lieu cet après-midi là.

Salut Eff. Pour commencer, est-ce que tu peux nous présenter ton projet avec tes mots ?

Mon projet s’appelle Le Jour Gee. C’est un projet que j’ai mis deux ans à faire entre le premier son et le dernier. J’ai pris pas mal de temps, même si franchement, pendant un an, je ne l’ai pas bossé. En fait, j’ai bossé le début, puis la fin après. C’est un projet dont je suis fier, que je ne saurais pas cataloguer dans un délire précis parce que j’essaie de faire plusieurs trucs différents. Voilà.

Justement sur ce nouveau projet, on a lu les commentaires à droite à gauche, pas mal de gens disent que ton rap évolue, s’affirme par rapport à il y a quelques années. Sur « Années Lumières » on se faisait nous-mêmes un peu la même réflexion. Tu es d’accord avec ça ?

Je suis d’accord avec ça. Maintenant, ça fait deux ans que les gens commencent à me dire que j’évolue, que je progresse, etc, et j’en ai marre d’entendre ça. J’ai envie d’entendre « Ouais, ce que tu fais c’est lourd ». Donc ouais « maintenant je progresse », j’estime que qu’au début j’étais pas prêt, mais ça fait bien deux ans, depuis l’album de l’Entourage qu’on me dit « ouah, tu progresses ». À chaque fois que je lis ça sur les commentaires, on dirait que les mecs me disent ça ous les jours. Au bout d’un moment ça veut dire que je suis fort quand même, tu vois ce que je veux dire. Si au bout de 20 sons à chaque fois, tu me dis que j’ai progressé, c’est bon. Arrêtez de dire que j’ai progressé. (rires)

« Ça fait deux ans que les gens commencent à me dire que j’évolue, que je progresse etc. et j’en ai marre d’entendre ça. J’ai envie d’entendre ‘Ouais, ce que tu fais c’est lourd’. »

Au niveau des instrus, on a remarqué notamment En’zoo et Cruz Kvanh qui font deux belles pistes. Globalement, comment tu as choisi les instrus, les producteurs ?

Cruz est un mec que je connais depuis sept, huit ans. Je ne me rappelle plus vraiment comment, mais certainement par l’intermédiaire d’Espiiem, Ils avaient fait un son ensemble, et moi j’étais dans le Gers avec Espiiem, et on écoutait des prods de Cruz, donc ça devait être à cette période-là sûrement. Et pour Le Jour Gee c’était super simple avec Cruz, je lui ai dit simplement que j’avais besoin de prods, il m’en a envoyé quelques-unes, et il y avait celle-ci que je trouvais trop chaude et que j’ai kickée (« Non Merci » , ndlr). Après on a fait un petit taf de réal, mais c’est surtout lui qui s’en est occupé.

En’zoo, c’est Nemir qui me l’a présenté il y a trois ou quatre ans, et j’ai toujours adoré son taf. C’est vraiment super fort, c’est un des plus forts dans le rap français aujourd’hui, il fait partie du Graal je trouve. Chaque fois que j’écoute un truc de lui, je trouve que c’est une tuerie. À la base, j’avais fait ce son sur une prod de Lo’. Au final avec Lo’, qui est très fort aussi, on n’arrivait pas à trouver la magie du truc sur ce coup-là. J’ai envoyé des a cappella à En’zoo, il m’a fait une version bêta, qui a été réarrangée derrière, et que j’ai trouvé très chaude. Et pareil, je n’ai rien eu à faire sur cette prod, juste envoyer les a cappella.

Un de tes titres phares s’appelle « Los Santos », on se demandait si tu kiffais GTA, les jeux vidéos, ou si c’était juste un prétexte pour aborder un thème un peu plus léger.

Le thème est super léger, et il parle pas vraiment de GTA, mais Gros Mo dit « On passe nos nuits à défourailler sur Los Santos ». Et il se trouve qu’Esso Luxueux, Gros Mo et moi, on s’est tués sur Los Santos, on a joué ensemble en ligne etc.. On y joue plus trop en ce moment, mais j’ai hâte que la suite arrive.

Pour rebondir sur cette question, on trouve qu’il y a pas mal de sons orientés west coast, de LA, G-funk… Est-ce que c’était quand même une volonté de ta part d’orienter l’EP en ce sens ?

Quand on est arrivé avec L’Entourage on était à fond New-York. Moi, à la base, je kiffais aussi tout ce qui se faisait à Houston aussi, il y a déjà sept ans voire plus, et je kiffais ce qui se passait à Los Angeles. Maintenant dans mon projet, il y a quelques sons G-funk, je ne peux pas le nier, mais je n’aime pas trop être catalogué. Parce que j’essaie de faire pas mal de trucs différents. C’est vrai que quand j’ai écouté le projet à la fin, je me suis dit qu’il était assez west, mais c’était pas une volonté. Je marche au kiff, et tu peux retrouver un son sur un BPM très lent, tu aurais pu retrouver un son de trap, un son de boom bap à l’ancienne. Ce sont des choses non coordonnées qui ont donné ça au final.

Il y a des instrus plus new-yorkaises ceci dit, c’est vrai.

Oui, j’estime par exemple qu’ « Années Lumières » n’est pas très west coast…

Il y a deux trois sonorités type « sirènes » qui rappelleraient un peu du Dre… Même si le son est au début, plus profond.

C’est vrai, mais c’est parce que c’est En’zoo. Tu ne peux pas le cataloguer. La boucle de base, je la trouvais new-yorkaise. Ensuite lui a apporté des tas d’améliorations. Et finalement, tu sais quoi ? Je le classerais plus dans un truc Détroit, encore autre chose.

Le début d’ « Années Lumières » nous  rappelle « Pucc’Fiction », d’Oxmo (feat. Lunatic). Peut-être parce que tu es du 19ème. C’est fait exprès ?

Je vois ce que tu veux dire. Mais non, ce serait mentir de dire que c’est fait exprès. Mais big up à Oxmo, et à tous les rappeurs du 19ème, je les valide à fond.

On parlait de tes goûts en matière de son américain. Dans « Décennie », tu parles de tes goûts, de Kool G Rap. Au sein de L’Entourage, c’est toi le deuxième spécialiste après l’intouchable Alpha Wann ?

Ouais, Alpha, il connaît tout sur tout. C’est une encyclopédie, il est vraiment cultivé à fond. Je peux pas test. Ou alors, allez sur 40% de ses connaissances. Mais non, je ne peux pas dire que je sois la deuxième encyclopédie après lui. Comme on a tous des influences différentes, l’un va plus connaître ce qui se passe à Chicago, l’autre va plus connaître ce qui se passe à Houston, un autre à New-York ou Los Angeles. On a chacun notre culture.

Vous vous influencez les uns les autres…

Ouais quand tu ramènes une vibe d’un morceau, sur laquelle toi tu as été influencé, mais que les autres ne connaissent pas forcément, ils vont se servir de cette influence au travers de toi.

Et justement, tu conseilles quoi toi en ce moment ?

Il y en a beaucoup ! Déjà tout ce qui se passe à Los Angeles, je trouve ça chaud. C’est sans doute pour ça que mon projet sonne West. J’avoue qu’en ce moment j’ai été pas mal influencé.

« Dans mes sons, je parle de toutes mes envies, mais il y a des jours où je vais avoir envie d’avoir une Bugatti, le lendemain je vais trouver ça ridicule. Ça dépend de mon humeur. »

Sur ton EP, on voit plusieurs facettes. Une première, assez matérialiste, tu parles de Ducati, de caviar sur les grecs… Tu en penses quoi ?

On vit tous dans une société de consommation, et on a envie d’aller le plus haut possible. Je disais « L’argent ne fait pas le bonheur, mais on cherchera quand même les billets pour en être sûr« , c’est ça. Je préfère rouler en Bugatti que de rouler en Renault 1. Et je pense que c’est pareil pour toi. Je ne dirais même pas que c’est matérialiste. Dans mes sons, je parle de toutes mes envies, mais il y a des jours où je vais avoir envie d’avoir une Bugatti, le lendemain je vais trouver ça ridicule. Ça dépend de mon humeur. J’arriverais pas à répondre vraiment à ta question.

Mais d’ailleurs on parlait de cette première facette, mais en écoutant « Décennie » , encore, on te trouvait plus introspectif. Et il nous semblait que parler de toi te permettait d’aborder des thèmes plus profonds : le quartier, une génération un peu perdue…

C’est pas volontaire, je ne vais pas calculer ce que je vais écrire. C’est vraiment du feeling. J’écris ce que je pense et des fois ça me mène à un sujet, puis à un autre. Et des fois même sur mes propres textes, certains peuvent trouver que c’est un défaut, d’autres une qualité, je trouve que je vais divaguer, passer d’un truc à l’autre. Sans parler de meurtre et ensuite parler du fait que j’aime ma mère, puis de parler de baiser des putes, mais je peux aborder plusieurs thèmes dans un couplet. Parce que j’ai une mentalité un peu freestyle, et qu’il y a un jour où je vais kiffer tout ce qui est matérialiste, et le lendemain, je vais trouver ça ridicule. Et par exemple, rien que ça peut se ressentir sur un couplet. C’est un petit peu illogique, mais c’est comme ça que je suis.

« Je pense que je suis tout simplement un reflet de ma génération. On est là, on galère et on veut faire du bif, on veut briller. Et d’un autre côté il y a des choses plus sérieuses qui nous intéressent aussi, tout simplement la peur de demain. »

On a quand même trouvé sur les thèmes plus introspectifs des sujets qui reviennent :  la peur de l’avenir, la peur du temps qui passe… 

Je pense que je suis tout simplement un reflet de ma génération. On est là, on galère et on veut faire du bif, on veut briller. Et d’un autre côté il y a des choses plus sérieuses qui nous intéressent aussi, tout simplement la peur de demain. Je commence à avoir 27 ans, ça y est, je peux mourir à n’importe quel moment. Quand tu vois autour de toi les gens partir, tu te poses forcément plein de questions.

Tu parles aussi beaucoup de la nuit, un thème qui revient souvent chez les rappeurs. Tu te présentes comme un oiseau de nuit, un aigle de nuit. Tu vis surtout à ce moment-là, tu écris mieux la nuit ?

Avant, oui. Maintenant je t’avoue que la nuit me fait déprimer des fois. Là ce matin on a le soleil, on est bien, je suis content. Par contre j’écris mieux la nuit, ça c’est indéniable. Quand je bosse la nuit, je suis mille fois plus efficace. Quand je bosse le jour, j’ai quarante millions de trucs qui me divertissent, qui me changent les idées, je reçois des appels tout le temps, c’est compliqué. Avant, je me couchais tôt le matin, et je me levais vers 16h. Maintenant, j’essaie de devenir un homme un peu plus mature.

On va reparler un peu de L’Entourage. En 2014, vous rappiez « On est toujours là » sur Jeunes Entrepreneurs. Cette année, vous êtes nombreux à balancer des trucs : Nekfeu bien sûr, bientôt Jazzy Bazz, quelques lourds sons de Deen Burbigo et j’en passe. Il y a une stratégie L’Entourage derrière tout ça ?

Non, si on pouvait on ne ferait pas du tout ça, mais tout le contraire. On mettrait vraiment quatre à cinq mois sur un seul artiste. Le problème, c’est qu’on est dix. Et que mettre quatre mois sur chaque artiste, ça fait que même si ton projet est prêt, il ne sort peut-être que dans deux ans. Et ce n’est pas possible. À la base, on était sur un projet en groupe, à un moment donné, on a décidé de faire des projets solos, et on arrive à un moment où on a presque tous fini. Moi je l’ai sorti, Nekfeu l’a sorti, il reste encore Ivan (Jazzy Bazz, ndlr), Alpha, 2zer, Mekra et Framal qui font un projet en commun, Doum’s, Deen… Il faut bien que ça sorte, et là on se retrouve un peu à se marcher sur les pattes. C’est un peu dommage, mais ce n’est pas une volonté. Mais on est dix, et c’est aussi dix fois plus facile d’être présents. Et je ne pense pas qu’on devienne absents très longtemps à un moment donné.

« Faire de la musique ça se partage, et je m’emmerde quand je finis par faire trop de sons tout seul. Au bout moment il manque ce truc, cette envie de la compétition. »

Puisqu’on a parlé de Nekfeu, tu pressentais son explosion ? 

Ah ouais. De loin. Dans « Décennie » je dis « le prochain disque d’or de Nekfeu« . Ce morceau, je l’ai écrit il y a deux ans. C’est le premier morceau que j’ai fait. Je savais déjà. Mais peut-être pas aussi rapidement, et pas aussi largement, mais j’en étais convaincu.

L’avenir pour toi : est-ce qu’après cet EP tu digères un peu ? Ou est-ce que t’écris toujours et tu prépares autre chose ? 

Là je suis à fond. C’est maintenant que ça se passe, et c’est pas dans dix ans. Bon, ça ne fait que deux semaines que j’ai sorti mon projet. Je t’avoue qu’hier j’ai essayé de gratter des rimes, je me suis endormi. Mais je suis en train de rechercher des prods, d’essayer de préparer un nouveau truc encore. En me remettant en question continuellement, pour toujours faire mieux.

« Je ne suis pas dans les thèmes politiques, je trouve que c’est un peu consensuel maintenant. Certains s’en battent les couilles mais jouent là-dessus. »

Si tu devais justement décrire, l’EP, ou l’album parfait, ce serait comment ?

Premièrement ce serait un album d’Eff Gee. En ce moment je fais des trucs où il y a beaucoup de feats. Un album j’estime qu’il ne doit pas avoir autant de feats que ça. Mais l’album parfait serait forcément avec des feats de mes gars. Faire de la musique ça se partage, et je m’emmerde quand je fais trop de sons tout seul. Au bout moment il manque ce truc, cette envie de la compétition. Un album parfait tu as quelques hits, que tout le monde connaît, des égotrips trop chauds, et tu as des trucs sincères et vrais, plus poussés. Après je ne suis pas dans les thèmes politiques, je trouve que c’est un peu consensuel maintenant. Certains s’en battent les couilles mais jouent là-dessus. Moi la politique tu sais… Avant je me sentais représenté mais aujourd’hui, je ne ne le suis plus, et je n’ai confiance en aucun d’entre eux donc je ne vais pas en parler. Même si je sais que certains rappeurs aiment bien s’engager, tout ça.

En sondant un peu les profondeurs d’Internet, on entend souvent que tu as joué un rôle important dans la genèse de L’Entourage.

Tout ne s’est pas fait autour du moi, ça serait mentir de dire ça. Disons qu’à un moment, j’ai pris les rênes pour que le truc devienne sérieux. Il fallait que quelqu’un le fasse. J’étais au lycée avec Espiiem, Esso et L’Etrange qui étaient connectés avec Jazzy Bazz. C’est comme ça que j’ai rencontré Jazzy Bazz. Après, nous on s’est vraiment tous rencontrés dans les open mics. On a commencé à s’appeler pour aller kicker à droite, à gauche. À chaque fois qu’il y avait un plan, on s’appelait. Et à la base, on était beaucoup plus, sans doute une trentaine… Il y avait trop de monde, si je commence à tous les citer je vais en oublier plein ! Au bout d’un moment certains on fait leurs trucs et un noyau dur est resté. Au final, on est resté sur dix têtes qui étaient toujours là dans les évènements. On cherchait des blazes et on s’est appelé L’Entourage. Mon rôle ça a été de structurer un peu le truc, tout simplement.

Beaucoup de MC’s de cette génération restent très connectés à L’Entourage.

Oui, il y a des connexions qui se sont faites, bien sûr. Des mecs comme Espiiem, Esso ou Lomepal, on les connaissait avant de péter. Et il y a des gars comme Nemir qu’on a connu une fois qu’on était dans le rap.

Aujourd’hui tu vois des crews émerger ?

À Paris, il y a Panama Bende qui commencent à faire parler d’eux, et en bien. J’ai écouté quelques sons d’Ormaz et ils m’ont vraiment impressionné. Ils progressent vite en plus.

Ça se structure autour de l’écurie 75ème session.

Oui, ils ont leur studio et ils les aident à enregistrer des trucs, donc c’est clair qu’ils jouent un rôle. Après ceux qui m’influencent le plus, ce sont les mecs de mon crew, Infinit’, Caballero…

Un peu ethnocentré tout ça !

C’est ceux qui m’influencent le plus ! Je ne vais pas te mentir et dire que j’écoute Lacrim ! Les belges sont chauds, les Suisses aussi, 13 Sarkastick… En province ça bouge pas mal avec Gro Mo, Nemir, Set&Match… La province prend de plus en plus d’ampleur, ça donne un second souffle au rap. Un souffle différent. Le rap parisien, c’est une identité typique et c’est bien que des mecs de Montpellier amènent leur truc. Ils ont la mer, ça sent plus le soleil que la sombritude de Paname ! C’est une bonne chose que le rap se décentralise.

« Le rap, ce n’est pas forcément dans les salles de concert, il vit au jour le jour, dehors, dans la rue. Si tu te promènes un peu dans Paris Nord, il y a plein d’endroits où ça freestyle. Et puis, L’Entourage a ramené Paris Sud sur la carte. »

D’après toi, où vit le rap à Paname ?

XVIIIème, XIXème, XXème. Il y avait la Miroiterie, il y a la Bellevilloise… Et puis le rap, ce n’est pas forcément dans les salles de concert, il vit au jour le jour, dehors, dans la rue. Si tu te promènes un peu dans Paris Nord, il y a plein d’endroits où ça freestyle. Et puis, L’Entourage a ramené Paris sud sur la carte. Quand on freestyle entre nous, il y a toujours des petits combats Paris Sud / Paris Nord. Deux équipes, deux écoles !

Pour repartir sur une question plus légère, sur le titre « Hustler » tu parles de Ginobili et Tony Parker. T’es plutôt NBA ou Ligue 1 ?

Je suis plutôt Ligue 1, je suis français ! C’est plus facile de suivre le football. Même si j’aime beaucoup la NBA et que je regarde quelques matchs depuis la reprise. D’ailleurs, il y a beaucoup de gens qui n’ont pas compris cette rime : « Devant un 3 points de Ginobili je pète un De Nobili« . Un De Nobili, c’est un cigare, tout simplement.

Noté ! Et tu roules pour qui en NBA ?

Thunder !

En cette belle journée de derby Redstar / Paris FC, tu restes PSG ?

Je reste PSG, je n’ai qu’un cœur ! Mais j’ai beaucoup d’affection pour tous les clubs Franciliens.

Prochain mercato ? Ligue des champions pour cette année ?

J’aimerais bien ! On a perdu contre le Real mais on méritait de gagner. Après on parle de Cristiano Ronaldo… Je n’y crois pas spécialement mais tout est possible.

Pour continuer dans la légèreté, dans ton imagerie, tes paroles et tes clips, tu as l’air d’un garçon porté swag. Quelques conseils pour nos lecteurs ?

Je ne connais pas assez la sape pour ça. On a fait Can I Kick It avec Dabaaz, on est un peu connecté à Poyz & Pirlz. C’est vrai que dans le rap, dans les clips, tu dois envoyer du style. J’aime bien en  avoir mais je ne suis pas là, à checker ce qui sort. Je ne suis pas dans le sape jeu. Je m’en bats un peu les couilles… Mais j’aime bien être frais. On est à Paris merde ! Le délire de Vald avec son pull, j’ai trouvé ça rigolo. Quand un rappeur n’envoie pas de jeu dans son clip, j’ai envie de dire : oh c’mon man ! Ah si, dans les marques, rajoutez Grandeville Eastborough et Charles David Créations !

Toujours sur la sape, je suis en train de faire une petite enquête sur le complot Ralph Lauren. Fixpen Sill porte et hashtag Ralph, Caballero rime Ralph, Alpha Wann sort Alph Lauren… C’est une OPA ?

C’est une marque de luxe et nous on fait du rap. On a tenté, on a tenté ! Je ne vais pas te mentir et te dire qu’on n’a pas cherché le sponsoring de Raphaël mais il ne veut rien nous lâcher… C’est nous qui lui donnons énormément d’argent !

Petite question sur le morceau « Gee Cole » : c’est une question de droits si tu ne l’a pas mis sur l’EP ?

C’est une face B, tu ne peux pas. Je ne l’ai pas fait pour le sortir dans le cadre du projet. C’est juste un freestyle comme ça, rien de plus. J’avais des phases à droite, à gauche, que je voulais kicker avant de partir à Amsterdam, je voulais faire un clip là-bas. Et finalement, je suis revenu avec deux clips, dont un avec Jehkyl…

Tu parlais de Can I Kick It, des scènes à venir dans le même genre ?

Ce n’est pas prévu. Moi ce que je trouverais lourd, ce serait de faire une vraie tournée L’Entourage. Il y a des choses à faire. Pour l’instant, je suis sur ma tournée Le Jour Gee. Je vais sans doute suivre Deen sur la sienne. Nekfeu est sur la sienne. Chacun fait son truc en ce moment.

Comment tu tournes ?

J’ai une date à Paris, le 26 novembre au Batofar. Le 10 novembre à Marseille, le 12 à Lyon. En décembre, Montpellier et Valence… Je tourne avec Esso en DJ et backeur puis quelques guests dont je tairai les noms !

On verra ça le 26 au Batofar

Et vive Le Bon Son !

Le Jour Gee

Merci à Eff Gee pour sa disponibilité.

Propos recueillis par Wyatt et Green.

Date de sortie : 23 octobre 2015 // Label-distribution : Musicast
Pour vous procurer Le Jour Gee ça se passe ici ou chez n’importe quel bon disquaire.

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