Une Block Party avec les Dawadeluxe, c’est venir voir une bonne partie de la scène rap locale interpréter ses morceaux sur un fond instrumental adapté aux répertoires de chacun. Un travail effectué en amont, qui permet souvent de sublimer les morceaux, et de faire redécouvrir au public certains titres déjà connus. En général, une Block Party est synonyme de grande fête, pour ne pas dire gros bordel, dans une Dynamo bondée et devant des supporters déchaînés. Des moments de musique et d’échange, qui permettent de transcender les genres devant un auditoire éclectique : en effet, aux aficionados des Dawadeluxe, il faut ajouter les supporters des équipes venues expérimenter le concept.

La Dynamo devrait fermer cet été pour cause d’aménagement d’un complexe hôtelier au-dessus de la salle, cette Block Party est par conséquent la dernière à avoir lieu rue Amélie. Un contexte particulier, auquel les Dawadeluxe se sont parfaitement adaptés, en invitant la crème de la scène rap toulousaine, habituée de la salle pour y avoir régulièrement joué ces dernières années, notamment lors des Block Party : Omerta-Muzik, Droogz Brigade, L’erreür, Blast, L’1probable MC, Youss MC, Fils de Plume, Mighz… La grande première étant la présence de la Bastard Prod au casting de cette soirée spéciale, qui collaborait pour la première fois avec les Dawadeluxe. Une dernière qui s’annonçait comme une grande communion en somme, en témoignait la fébrilité ambiante perceptible dans la salle juste avant le début des hostilités.

10615499_1051516454864306_6738167678493873810_n« Préparez-vous pour 5 heures de concert ! » Zelbeck, bassiste des Dawadeluxe annonce la couleur dès 21h30 : ce ne sont pas moins de 45 chansons qui vont être jouées ce soir-là, allant piocher dans les répertoires de chaque invité. Et nous sommes dans la catégorie des chansons de plus de 5 minutes, étant donné qu’il faut tenir compte de la partie instrumentale. Val et Charlus aux deux batteries, Martin aux claviers, Willux au saxophone et Zelbeck constitueront donc la colonne vertébrale de ce grand raout (accompagnés par moments par quelques musiciens en guest), auxquels il faut rajouter les chanteuses Eva, DarRama, Sophie et Laina Ank, qui n’ont cessé d’aller et venir au gré des ambiances et des adaptations. Sans oublier Youss MC épaulant Zelbeck dans son rôle de maître de cérémonie.

Parmi les moments forts, on citera pêle-mêle Omerta-Muzik qui clôt son set dans une fosse déchaînée, l’entrée endiablée de la Bastard Prod sur « Entre temps », le slam façon rock star de L’1Probable MC, l’apparition des Droogz Brigade sur la fin du morceau « I got the blues », sample du fameux « My name is » repris en coeur par le public, les fulgurances de Toulouse Freestyle Club… Côté émotions et chair de poule, « Harraga » de 10vers, « Fin 2012 » de Furax, ou encore « Le Déserteur » repris par L’erreür auront permis à l’audience de reprendre son souffle. Et dans la catégorie « émeute », le set de l’équipe CMF, en dernière partie de soirée (aux alentours de 2h du matin, ou plutôt 3h du fait du changement d’heure) a fini de combler un auditoire déjà bien entamé, avec un set bouillant de la Droogz Brigade au complet, suivis par le duo Parazit, le morceau « Dégénérés » de Stick constituant le point d’orgue de cette grande fête pour les spectateurs encore présents.

Il nous semble important de saluer le travail monstrueux abattu par les Dawadeluxe, que ce soit dans la logistique mais aussi l’adaptation des répertoires de chacun, pour un rendu à la hauteur de cette soirée d’au-revoir à La Dynamo. Un pincement au cœur général était aussi perceptible, cette impression d’assister la dernière fois à ce type de fête dans ce lieu qui aura, des années durant, participé à mettre à l’honneur de nombreux groupes boudés par les grandes salles de la Ville Rose. Le public ne s’y est pas trompé, il savait qu’il était en train de vivre un moment unique et l’a fait savoir. Le fumoir a même été repeint pour l’occasion, pour une nouvelle fresque signée Spazm et Dely. Pour ma part, pour avoir assisté à des dizaines de concerts à La Dynamo, je n’avais encore jamais observé une telle ambiance dans ce lieu (une telle chaleur si par contre, c’est une constante dès que la salle est pleine à craquer). La sueur et les sourires étaient sur les visages de chacun à l’issue de ces réjouissances, il nous tarde déjà la prochaine Block Party… Pour lancer la nouvelle Dynamo au Faubourg Bonnefoy ?

Photos : Astrée Angot ©

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