Difficile de croiser quelqu’un, hors du petit monde des auditeurs mélomanes de rap, auquel le blaze Das Raïzer évoque quelque chose. Pourtant, sa plume est une des plus techniques en activité sur la région toulousaine, agrémentée par une voix et un flow atypiques, des références bien placées et une polyvalence intéressante au niveau des ambiances. Rencontre dans le cadre de la sortie en janvier dernier de son premier projet solo, La main à la pâte, qui en annonce une flopée de plus dès cette année 2015.

Tout d’abord, on peut dire que tu as eu un parcours géographique et relationnel assez flou vu de l’extérieur, de la Greytown Army à Limoges avec des MC’s comme Brico et Hunam, jusqu’au « Clan du Wu-Tarn » accompagné de JESX2 et son équipe. Tu peux nous tirer ça au clair ?

D’abord il y a Brico, mon pote depuis le lycée. C’est avec lui que j’ai commencé le rap. On fait d’abord nos skeuds ensemble avant de faire autre chose. Après, la Greytown Army (G.T.A) vient du fait qu’on s’est retrouvés à Limoges avec quinze MC’s que j’appréciais, et qui de plus kickaient bien. On s’est dit qu’il fallait créer un crew pour exploiter cette énergie. Les autres connaissaient depuis longtemps les frères Chestnut et Jiibz, qui sont des beatmakers de fou furieux. On a donc sorti une mixtape, GTA Volume 1, qui est globalement le fruit de tous les couplets qu’on avait et qu’on a rassemblés sur leurs prods. Je trouve que l’alchimie était là. Après ça s’est calmé, les gens ont bougé.

Moi je bouge à fond depuis que je suis tout petit, ma mère m’a habitué à ça. Je suis arrivé à Toulouse en 2013. C’était un vendredi avec Saint-Saoul, et le samedi matin il y avait un clip de Dadoo qui devait être tourné à la Daurade. Vu que Saint-Saoul est assez connecté, il m’avait dit « t’inquiète boy je vais te placer dans le clip, on va voir my man Dadoo !» (rires). Quand on est arrivés là-bas, pas de trace de Dadoo, mais il y avait toute l’équipe d’Headquarters en train de tourner un clip : JESX2, Liltone, Armatur, etc. Jess avait un magnum de cinq litres de whisky (rires). Ils avaient un boomblaster très puissant et du coup on a rappé toute l’après-midi. Voilà, la connexion s’est faite comme ça. C’est une vrai connexion rap, très spontanée.

Et le Grand Méchant Crew ?

C’est une idée qui avait déjà germée un an avant que je quitte la G.T.A. J’ai pris mes potes proches, ceux avec qui j’avais le plus d’affinités. On était quatre, puis en arrivant sur Toulouse j’ai proposé à MC Beam, qui était connecté avec Brico, d’intégrer le truc, et il était carrément chaud. Le nom correspondait bien au trip qu’on avait, du genre « rigolo ». En a résulté une première salve de sons, puis un clip. Mais ensuite les choses ont traîné, du fait que les autres sont à Limoges, à trois cent bornes d’ici. C’est compliqué de gérer un crew à distance. Et puis on n’a pas tous les mêmes attentes, ni les mêmes envies. Pour résumer, le truc est en stand-by et peut repartir à tout moment. On a d’ailleurs un clip signé GMC qui va sortir d’ici cet été. Un clip assez gros moyens quand même, bien fait, sur lequel on s’est pas mal pris la tête. On est quatre à kicker dessus.

Pour passer au projet, d’où vient le titre La main à la pâte ? C’est en référence au fait que, comme tu le dis dans « La Plume », le rap n’est pas mort mais tenu en vie par quelques activistes, ou c’est en référence à autre chose ?

A la base c’est tout simplement parce que je fais de la pizza et que j’adore ça. C’est aussi bien que faire un couplet ! Dans la boîte où je bosse c’est moi qui m’occupe de la pâte, j’ai la main dedans toute la journée. Vu que je cherchais un titre, ça m’est venu comme ça et j’ai kiffé le truc. Et puis c’est aussi lié à la peur engendrée par l’élaboration d’un projet solo. Tu te dis que c’est pas ton pote qui va te dire quels thèmes aborder. Il n’y a que toi et ce que tu as à dire, et tu te demandes si ça va être suffisant. Donc il faut s’y mettre, bosser, mettre la main à la pâte quoi. Ça collait.

Est-ce que tu peux nous situer un peu plus le contexte dans lequel s’inscrit cette mixtape ? Le temps d’élaboration et dans quel esprit les choses se sont faites par exemple.

Le projet est sorti le 11 janvier dernier. Il y a pas mal de vieux sons, comme « La Plume » ou « La Ballade » que j’avais enregistrés un an voire deux ans avant. J’en avais au moins quatre ou cinq comme ça, que je voulais absolument mettre dans mon solo. C’est des morceaux que j’avais validés, qui au fil du temps avaient survécu, et que j’ai gardés dans l’optique d’avoir plus de morceaux sur le projet solo.

Mais je m’y suis vraiment mis deux ou trois mois avant la sortie, aux alentours de novembre. J’ai récupéré quelques prods de Zed Beats, mais j’avais déjà saigné la plupart de ses obus vu que c’est mon gars sûr depuis un bout de temps. J’ai surtout cherché des prods comme celle de « Puget » qui est une folie furieuse, et qui est à la base une production de Jahill Beats sur un son de Lloyd Banks. Je ne savais pas, on me l’a dit très vite mais j’ai tenu à ne pas l’écouter avant d’enregistrer. Maintenant c’est fait et au final l’originale ne m’a pas plus frappé que ça. Sur l’ensemble des prods du projet il y a un peu de tout, je les ai prises sur le tas en fonction de ce qui arrivait à mes oreilles.

On note pas mal de featurings, 7 sur un total de 15 tracks. Tu peux nous expliquer le choix des MC’s ? Et pourquoi autant de feats ? On imagine que ça résulte d’un combo de relationnel et de critères musicaux.

Exactement, c’est surtout un partage avec tous les gens qui m’ont entourés à ce moment-là, ceux avec qui je me suis bien entendu pendant cette période. Et dans une moindre mesure je pense que c’est aussi par peur, parce que je voulais absolument avoir le plus de sons possible. J’ai quand même fait le tri, en enlevant une bonne partie du stock que j’avais, mais je voulais absolument avoir de la matière, ce qui est passé par un nombré élevé de featurings. Au contraire pour mon prochain solo je vais m’enfermer et vraiment essayer de le faire tout seul, avec un ou deux feats maximum.

Pour parler des choix de rappeurs en particulier, il y a d’abord Brico parce que de toute façon il sera sur tous mes skeuds. Après Douze parce que je suis en train de faire un projet avec lui et que c’est vraiment un gars que j’apprécie vraiment, l’inviter était obligatoire. Quant à JESX2 la collaboration vient aussi du fait qu’on est potes, et en raison de son blaze il y a eu deux feats.

Le projet est marqué par des instrumentales assez atypiques, on verra ça par la suite. On compte 7 faces B et 8 faces A. Là aussi, pourquoi ce choix d’un 50-50, si c’est un choix ?

Ce n’est pas un choix, parce que si j’avais pu n’avoir que des faces A j’aurais évidemment opté pour cette solution, et j’aurais prétendu à une autre qualité de skeud. Mais il y a très peu de beatmakers qui font des choses qui me vont, parce que je suis très méticuleux. Très peu ont vraiment le grain précis que je recherche. Et ces beatmakers en question, comme 2rawdeur, Zenghi Zen, Zed Beats ou encore Basic ont plein de demandes, donc même si je suis leur pote je suis bien mignon mais il y a plein de gens qui attendent, ils ne vont pas tout me garder.

D’un autre côté j’ai pas mal de leurs instrus de côté, beaucoup déjà kickées, et parmi ces sons nombreux sont ceux que je voulais mettre dans le projet, mais qui étaient dans des ambiances totalement différentes, et qu’au final je préfère garder pour celui d’après. Là le but était surtout d’avoir enfin un projet solo à mon actif, donc face A ou face B je m’en foutais, j’y suis allé. Pas de Biggie, respect à lui, mais sinon c’est bon. (rires)

Tu signes une des instrus, celle de « La Devise ». Ça illustre une envie de se mettre au beatmaking ou c’est une production ponctuelle ?

Je ne peux pas vraiment dire que je fais des prods, disons que je tape des claviers. Je ne suis pas du tout mature là-dedans. J’ai encore besoin d’apprendre beaucoup de choses. Donc pour l’instant ce n’est pas très aboutit, surtout au niveau du mix. Et pour le rythme de travail, c’est comme le rap, ça va et ça vient… Je beatmake depuis maintenant un an et demi, peut être deux ans, et je commence à m’amuser un peu. En tout cas je m’y mets vraiment. J’ai par exemple fait une prod pour le prochain projet de Brico, une également pour Narko Polo et Nocsil, des potes de Limoges, d’autres pour moi-même, et aussi pour ma copine qui chante.

Sur quels logiciels produits-tu ?

J’étais sur Live d’abord. Puis Reazon beaucoup, mais je trouve ça trop carré, et je n’aime pas le grain. Et là je viens de découvrir Logic et franchement je trouve ça fou, même si je ne maîtrise pas encore le truc. Je vais me lancer là-dessus.

Sur la mixtape sont présentes deux tracks typées « trap » en compagnie de Brico. L’ambiance et les sonorités du projet sont de manière générale très « américaines», modernes et souvent bien énervées. Cela tranche quelque peu avec ce qu’on avait l’habitude d’écouter dans tes premiers sons, marqués principalement boom bap et chill. D’où vient cette évolution ? As-tu des envies de continuer à explorer ce type d’ambiances un peu mois « classiques » par la suite ? 

C’est volontaire de trancher comme ça. Les projets précédents correspondent à une période d’apprentissage, de compréhension des choses. J’essaie de me remettre en question tous les jours, d’évoluer. En fait je me rends compte que je me mettais des barrières. Principalement parce que je voulais correspondre à une vision un peu cliché, avec des prods « underground ». Il fallait que ça sonne dans ce style-là. Maintenant je m’en fous. Si j’entends une prod qui me plaît, qui me pète la gueule, je la défonce. Qu’on dise que c’est commercial ou underground je n’en ai rien à faire. J’ai arrêté de mettre du boom bap partout, Brico aussi, parce que ça transmet quelque chose qui ne nous correspond plus vraiment. Et puis voilà je n’ai plus peur, et je n’ai plus envie de me faire chier à faire un truc qui ressemble à quelque chose. Si une prod sonne bien je la prends, point.

D’ailleurs les sonorités actuelles me rendent de plus en plus fou, et ce n’est pas pour rien. Il y a aujourd’hui des prods avec de nouveaux rythmes, dans des émotions beaucoup plus fines, qui vont beaucoup plus loin… Au contraire du boom bap qui est un peu tout le temps la même chose, qui ne me surprend plus. Parfois c’est super, j’entends des morceaux boom bap qui sortent actuellement et qui me mettent des tartes, mais pour moi-même je ne veux plus ça.
Donc oui je vais continuer à trancher. Je trouve même que les instrus de La main à la pâte sont encore trop « classiques ». Je vais aller encore plus dans l’original et le personnel. Peut être même avec de vrais instruments, de vrais groupes, des choses comme ça. C’est-à-dire plus vers la musique que vers le rap. Le rap, c’est la voix. Le rap c’est ce que tu écris, ce que tu dis. Ensuite, la musique derrière ça peut être n’importe quoi. J’ai entendu des raps sur une guitare au bord de la plage ou avec un type qui tape dans ses mains qui m’ont mis des baffes, on s’en fout quoi. Si ça correspond à quelque chose, à un instant, ça te touche et puis c’est tout. Il faut juste que ça parle.

Donc niveau beatmakers actuels tu serais plus orienté Oster Lapwass et son côté expérimental que Mani Deïz par exemple ?

Franchement, ni l’un ni l’autre. Je ne les connais pas personnellement. Mani m’a mis des baffes en live à la Dynamo, et j’écris parfois sur du Lapwass. Mais leurs prods ne me correspondent pas vraiment.

Quel(s) aspect(s) privilégies-tu en écrivant ? Force est de constater que la technique est recherchée : les multi-syllabiques, le flow et les placements sont travaillés, le tout sur fond d’égotrip. On pourrait penser que cet ensemble là prime, même si le fond est également présent.

Je privilégie le fond avant tout. Et par le fond je veux dire l’émotion qu’on peut percevoir du texte. Parce que la technique c’est habituel, et je ne dis pas ça du tout de manière vantarde. Mes placements je les connais, il y en a plein que je répète, même si je vais poser dessus différentes multisyllabiques et différents flows. Je prends les mêmes parce que je sais que ça marche. Et justement, sur mes prochains albums je vais essayer de me bouger un peu plus le cul pour trouver de nouveaux placements. Mais ça reste quand même de l’ordre de ce qui est acquis. De plus il ne faut pas tomber dans l’écueil de se laisser emporter par la technique, en se disant que c’est bien calé et par conséquent oublier de dire des choses. C’est comme ça que tu te retrouves à réécouter des phases vieilles de deux ans et te demander comment tu as pu écrire ça. Laisser la technique ou le flow emporter le truc par fainéantise, c’est mon pire ennemi.

Du coup je veux plus me concentrer sur les images. Quand je parle d’images j’y mets une dimension personnelle et atypique. Il faut que ça me parle à moi avant de parler à quiconque. Je vais te parler de mon grand-père ou de mon village, ou même de ce que j’ai devant moi sur la table, parce que c’est la réalité. Après on peut aussi se faire des trips particuliers bien sûr. On a par exemple fait un son qui s’appelle « Casino Royale » avec le GMC, qu’on n’a pas sorti : c’est un film de 12 minutes, avec des personnages. C’est super intéressant, mais la recherche principale n’est pas là. Il faut vraiment aller chercher loin je pense.

Tous ces surnoms (Aldous Huxley, Hadès…), c’est quoi le délire ?

J’adore le name dropping, que pratiquent notamment énormément les ricains. Si c’est bien fait, tu associes l’image que ça évoque à quelque chose de complètement contradictoire, je trouve ça super drôle. Aldous Huxley c’est un sociologue et écrivain des 60’s. Il a fait des expériences sur la mescaline, on peut voir des vidéos sur youtube. Il parle très simplement mais de manière personnelle, je valide tout ce que ce type dit. (rires) Des fois il part un peu loin, mais sur le fond il est solide et super intéressant, dans tout ce qui touche au comportement humain. Hadès et Diable c’est sur « Diablo » avec Brico, c’est ponctuel, j’ai écrit le texte comme si j’étais le diable, tout simplement. Et je trouvais que « Diable-Hadès-Raïzer », c’était quasiment la même multi. Pour revenir au name droppping, j’essaie de trouver des petits gars comme ça, que les gens connaissent ou non, en les amenant dans le second cas à se poser la question du « c’est qui ? » et à aller rechercher la réponse.

En parlant de surnoms, quelle est l’origine du blaze Das Raïzer ?

A la base je m’appelais Da Soul, l’âme quoi. Ensuite au fil du temps on m’a appelé Das, parce que Da Soul c’est très ringard. (rires) Et puis après j’ai fait du poker et j’arrêtais pas de raise, ce qui veut dire en anglais « surenchérir », « élever ». Et un pote m’a lancé « oh le raiser là tu t’arrêtes ou quoi ? ». En allemand « Das » veut dire « le », du coup en combinant les deux langues Das Raïzer ça donnait en gros « celui qui élève », et j’ai bien aimé. Il y en a qui croyaient que ça venait du Sida, le das, mais pas du tout.

Envisages-tu de défendre le dernier projet, et éventuellement les précédents, sur scène ? Accompagné par qui ?

Bien sûr. Accompagné de Brico et Silas K, un ami dont j’apprécie le rap et qui va bientôt sortir un projet (disponible ici). Mais la scène c’est plus le kiff de Brico. Moi je suis plutôt orienté studio, faire des sons, rechercher le cocktail parfait. La scène c’est cool, j’irai toujours dans des bars défendre le truc parce que c’est ça le rap, arriver et convaincre les gens, mais franchement je préfère mille fois être dans un studio et bosser.

Même si je dis ça, la scène reste quand même un gros kiff. On a par exemple fait un live avec le GMC au Mix’art à Toulouse en octobre 2013, lors d’un concert organisé par Eux égal MC. Même si le son était pas fou, les gens étaient tellement réceptifs et chauds que c’était mortel. C’est la meilleure scène que j’ai faite. Et puis on pouvait se balader partout le spliff à la bouche, c’était vraiment marrant.

Tu es basé depuis un bout de temps désormais sur Toulouse, pourtant on ne te voit pas souvent présent à la Dynamo, qui est un peu le centre névralgique du milieu rap toulousain. A l’instar d’un Dooz Kawa par exemple. As-tu tout de même des connexions actuelles ou envisagées dans ce milieu ?

Je ne les capte pas trop. Je veux être chez moi tranquillement, et après je vais voir les gens que j’apprécie vraiment. Par exemple j’ai beaucoup capté Jess, Basic et Fish ces derniers temps. Ce peu de connexions, c’est surtout parce qu’il y en a très peu qui me plaisent au niveau du son. De manière générale j’apprécie peu les rappeurs, peu sont vraiment humbles et beaucoup s’y croient déjà. Je ne fais par là aucune agression envers personne, mais je ne vais pas chercher quoi. Après si on se connecte en soirée et que ça débouche sur un son ou un freestyle, pourquoi pas, je suis ouvert. Mais je ne vais pas aller chercher le feat pour le feat. Je ne vais pas aller profiter de la notoriété de quelqu’un pour faire des vues, je m’en fous.

Quid de la suite ? Un album en préparation ?

Je prépare mon solo Nathuram Godse. Je ne sais pas du tout quand ça sortira, pour l’instant j’ai trois ou quatre sons. Mais je sais où je vais et quel skeud je veux faire. Je sais quelles prods il me faut, j’en ai d’ailleurs trouvé quelques unes mais pour l’instant je suis vraiment trop sévère avec moi-même et avec les instrus. J’essaie d’apporter des faces A, ou bien des faces B achetées, avec les droits. Je veux que ça soit un vrai album.

De l’autre côté il y a beaucoup de collaborations en préparation. D’abord un projet avec Douze, un MC de Paris, qui devrait sortir cet été. Les prods seront plutôt orientées rap français. C’est intéressant car il s’agit d’instrus que je n’aurais pas choisies normalement, il y a un gros challenge. Et puis il a une team derrière, Ekzeko Beats, qui ont un studio de malade mental et qui font de bonnes prods. Ensuite il y a Brico qui sort bientôt son skeud sur lequel je suis présent. On prépare également Brico & Das 2 en ce moment, avec déjà trois ou quatre sons au chaud. On fait aussi un skeud avec Greg MoonChild, qui fait des prods très musicales, très particulières, que j’aime bien. Enfin, dernière collab : je suis sur un projet avec mon pote Heegrek, qui vient de sortir une mixtape avec Dick Van Dyke, Space Tape Vol.1. On a déjà quelques sons ensemble, et puis il va venir en mai, on va faire les choses bien.

Question bonus – Tes textes sont truffés de références cinématographiques, bien qu’un peu grand public: James Bond, Matrix, X-men, Terminator, Star Wars, Game of Thrones, Die Hard, Black Mirror… Ou des choses plus « soft » comme The Big Lebowski, Miyazaki, Fantasia et même Dumbo ou Albus Dumbledore. Dans votre feat, JESX2 se met dans cette ambiance en citant notamment Marty Mcfly de Retour vers le futur. On en déduit que tu souhaites montrer ton attraction pour l’univers du fantastique ?

Exactement. C’est parce que j’adore ça, parce que le cinéma est une forme d’expression et que toutes les formes d’expression peuvent être intéressantes. Par exemple les dessins animés comme Dumbo ou Fantasia m’ont beaucoup marqué étant petit. Surtout Fantasia, j’ai des images vraiment floues mais je me souviens de Mickey avec son pouvoir dans les vagues qui s’éclate sans savoir ce qu’il fait. Au final, tu m’as fait la liste et je me rends compte que c’est super mainstream comme références. Même si je me ratrappe sur des Aldous Huxley ou Big Lebowski. Mais bon voilà, Star Wars je me le suis pris. Harry Potter je l’ai lu de A à Z, j’avais 13 ans et je suis désolé mais c’est super chaud, ça défonce quand tu es gamin. C’est bien écrit, et d’ailleurs pourquoi c’est bien écrit ? Parce que J.K. Rowling était dans une détresse énorme quand elle s’est lancée là dedans. Elle était à la rue, il fallait qu’elle nourrisse ses gosses… C’est né d’un grand mal-être, et tout ce qui naît d’un grand mal-être c’est généralement de la folie. Les grands auteurs sont quasiment tous des suicidaires. Pour moi c’est une évidence, il faut avoir vécu beaucoup de mal pour sortir du bien, et inversement. Les gars qui ont vécu des trucs graves arrivent généralement à sortir des trucs chauds. Harry Potter en fait partie, même si c’est gamin. Et Star Wars c’est super chaud je suis désolé ! (rires) Et pour citer autre chose, tout le monde aime Game of Thrones parce que c’est de la patate. Je suis à fond sur les séries, et d’ailleurs au passage je conseille Black Mirror. Pour l’instant il y a deux saisons composées de trois épisodes d’une heure chacun, sans lien les uns avec les autres, et c’est dingue.

La main à la pâte cover

La main à la pâte : disponible depuis le 11 janvier.

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