On a écouté « Let the ghosts sing » d’Al’Tarba

Entrer dans un album d’Al’Tarba, c’est un peu comme traverser une forêt en pleine nuit : c’est excitant, on sait que l’on va frissonner, on ne sait pas trop sur quoi l’on va tomber et l’on n’est pas absolument certain d’en sortir indemne. Ce dont on est certain par contre, c’est que l’on met les pieds dans un lieu où la couleur est clairement définie quelle qu’elle soit. Et c’est ce que laisse penser la pochette de cet album, élaborée par l’excellent Shalik, déjà auteur de la pochette d’Acid & Vicious, l’album d’Al’Tarba et Lord Lhus, qui illustre parfaitement le titre, en mettant un orchestre de fantômes en scène.

Au-delà de toutes ces considérations visuelles, Al’Tarba c’est avant tout un nom qui fait partie du hip-hop depuis quelques années déjà. De ses premières apparitions sur disque avec Mysa (Le cercle, Bagnards et geôliers ou encore J’m’excuse sur le classique Les poésies du chaos), à ses innombrables collaborations avec Swift Guad en passant par un EP Dissection et de nombreux retournements de scènes avec sa Droogz Brigade, le MC/beatmaker a un CV long comme le bras. Il a également semé sur son chemin quelques projets solos qui restent dans les mémoires, notamment le magnifique Lullabies for insomniacs, jusqu’ici point d’orgue de sa carrière.

Une petite année après un EP consacré à la gente féminine Ladies and ladies, le toulousain exilé à Paris revient avec un nouvel album composé majoritairement de musique avec seulement quatre morceaux sur lesquels il fait appel à des voix. Si son étiquette d’abstract hip-hop le fait partir dans différentes directions musicales, Al’Tarba garde certains points fixes dans la plupart de ses productions : des drums très puissantes, des ambiances venues d’ailleurs et des samples qui s’entremêlent pour un résultat qui retourne le cerveau. L’exemple parfait est l’excellent Dusty Signal, magnifiquement imagé par Louis Colmant, offert en extrait avant la sortie et déjà présent sur son dernier EP The sleeping camp, et qui possède le bpm le plus élevé du disque. D’autres sonorités sont également mises en avant. Dans Torcher, on retrouve l’ambiance patate de Blood out connections Vol. 1 avec Lateb, MC de Boston du groupe Heddschotts. On a également un morceau mi-soul mi-reggae sur Gangsters and rude girls où l’accompagnent Danitsa, Bonnie Li et Jessica Fitoussi. Autre invités, excepté le fidèle DJ Nix’on, compagnon de route et de scène du brigadier depuis un certain temps déjà, la chanteuse Paloma Pardal qui apporte sa voix puissante sur l’excellent Siberian vengeance, et le MC de Brooklyn Bekay présent lui sur My vicious side.

En somme, c’est un excellent album que nous livre Al’tarba, parvenant parfaitement à varier les ambiances tout en gardant son univers qui lui est propre depuis ses débuts. En ne gardant que 14 titres, il parvient à ne pas faire dans le surplus inutile et évite une lassitude qui pourrait apparaître dans un projet où les voix sont aussi rares. Car au fond la traversée d’une forêt ne doit pas non plus s’éterniser, au risque de devenir très inquiétante.

Pour acheter Let the ghosts sing, rendez-vous ici.

NB : La Release party prévue à l’occasion de la sortie de l’album prévue le 17 octobre à Toulouse ne se fera pas au Connexion mais au Bikini.

Si vous avez aimé cet article, n’hésitez pas à le partager avec les petites icônes ci-dessous, et à rejoindre la page facebook  ou le compte twitter du Bon Son.

Partagez:
  •  
  •  
  •  

Commentaires

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *