Presque un an an après avoir rempli le Bikini (Toulouse) (lire notre live report) une première fois, la Bim Bam Prod remettait le couvert jeudi dernier pour un nouveau plateau réunissant Ärsenik, la Bastard Prod, Pejmaxx, Melan, DJ Logilo, Flev et DJ Jof. Pour ceux qui ne connaissent pas le Bikini, la salle bénéficie d’une excellente acoustique depuis sa reconstruction en 2007, d’une scène de 20 mètres de large, et d’une contenance de 1500 personnes. Un évènement en soi donc, qui méritait largement les 10 euros de PAF. Retour sur la soirée. (Photos et vidéo en fin d’article : DAVINCICORP)

Melan Davincicorp

MELAN

Ce n’est pas vraiment une première partie à laquelle on a assisté après le warm up de DJ Jof. En effet, le public était présent et réceptif malgré l’heure (20h30 c’est tôt), la notoriété locale de Melan et l’annonce de la présentation de son album à venir La vingtaine ont rameuté du monde. Fadah (Omerta-Muzik) et Pedro (CMF) ont assuré les backs pendant la durée de son set, rempli d’exclus de son futur album, dont l’intro et l’outro, un morceau en catalan, son duo « Nuit de chien » avec Fhat-R et le fameux « La vingtaine » en forme de bouquet final… Mais le reste du groupe Omerta-Muzik n’est jamais bien loin et vient partager un moment de freestylerie collective sur une instru signée Melan lui-même, sur lequel le montpelliérain LaCraps vient jouer les guests surprises. Melan paye même son hommage aux anciens avec une petite sélection de classiques du rap français mixée par DJ Hesa qui s’occupe des platines pendant ce set. En bref, ces 40 minutes en compagnie de Melan laissent présager du très bon quant au futur album…

Flev - Davincicorp

FLEV

C’est sans transition que Flev débarque, pour une de ces sessions live MPC dont lui seul a le secret. Le beatmaker est bien connu du public toulousain du fait de ses nombreuses participations aux plateaux Hip Hop de la ville, et la foule l’encourage à chaque nouvelle instru. Ça maltraite donc de la MPC sur des prods patates configurées pour ce genre d’exercice, le tout ambiancé par Konic de la Bim Bam Prod. La rumeur dit qu’un projet réunissant ces instrus devrait bientôt sortir, à bon entendeur…

Pejmaxx - Davincicorp

PEJMAXX

C’est Pejmaxx qui prend la suite, devant un public plus clairsemé que pour les sets précédents. Les spectateurs jouent un peu les timides au début, et s’agitent peu à peu sur les sons du MC de Créteil. Il faut dire que les prods, signées SoulChildren pour la plupart, incitent au brisage de nuque. Avec Hesa aux platines et Seagel de Morovach aux backs, P.E.J jouera une dizaine de titres issus de ses deux albums, en débutant par « Porte-parole », issu de son premier album au titre éponyme, et en terminant par « Enfants d’la République », issu de son deuxième album… au titre éponyme aussi. Une mention spéciale pour le poignant « Les griffes du sablier », remarquablement interprété par le MC de Créteil, et manifestement apprécié par la foule.

Bastard Prod - Davinciorp

BASTARD PROD

Toujours sans transition, la Bastard Prod débarque sur un inédit du groupe regroupant les quatre MC’s 10vers, Abrazif, Sendo et Furax, pour un show beaucoup plus collectif que l’an passé lors de la présentation de l’album Testa Nera (lire l’interview de Furax).  On alterne entre solos des uns et des autres et combinaisons diverses, le tout accompagné par un DJ Hesa décidément infatigable. Barbe Rousse, à l’aise dans son fief comme à l’accoutumée, signe quelques grands moments avec « Fin 2012 » ou encore « La France sans maquillage » et en profite pour rendre hommage à Toxine et ses « 15 ans dans le peura ». Mais les collègues ne sont pas en reste : 10vers avec « Dites-leur » et « Harraga », Abrazif et son duo avec Pand’Or remplacé par Amine pour l’occasion, Sendo sur son couplet de « Qu’est-ce que tu croyais ? » (au rayon « vieilleries »), pour ne citer que ces morceaux. Le public, nettement plus nombreux que pour les sets précédents, est littéralement déchaîné, avec un pic d’intensité sur « Qui m’demande ? », sur lequel les différentes équipes toulousaines rejoignent Furax sur les planches. Un dernier inédit de la Bastard au complet siffle la fin du match, et il est temps d’aller s’aérer avant la suite…

Logilo - Davincicorp

LOGILO

A peine le temps d’en griller une, et c’est Logilo que l’on retrouve derrière les platines pour un set pointu à base de classiques du rap français. Il nous rappelle que c’est un DJ hors pair avant d’être le beatmaker que tout le monde connaît pour ses classiques parus à la fin des 90’s. Dadoo joue les guests locaux pour une poignée d’inédits, puis le beatboxer Wawad investit la scène à son tour pour accompagner Logilo. C’est donc une version totalement vocale de « Sales gosses » qu’interprète Dadoo, bientôt rejoint par le fils de Logilo, qui lui aussi interprètera quelques morceaux solos. Tout ce beau monde laisse ensuite la place à quatre breakers qui viennent clôturer le set de Logilo avant l’arrivée d’Ärsenik…

ÄRSENIK

Passer derrière la Bastard c’est toujours compliqué, mais il semblerait qu’Ärsenik a pris la mesure de la tâche qui les attend. C’est sur un tonitruant « P.O.I.S.O.N » que Lino et Calbo font leur entrée, pour une première demi-heure axée sur les titres phares du duo, dont « Sexe, pouvoir et biftons », « Regarde le monde », « Affaire de famille », « Les mêmes droits »… Les deux frangins font jumper la foule, visiblement ravie de voir les deux MC’s jouer leurs classiques. T.Killa rejoint ses deux frères sur  » Jour 2 Tonnerre », et les accompagnera jusqu’à la fin de leur show.

Arsenik - Davincicorp 2Après un DJ set de classiques de rap US clôturé par « Shaolin – 6ème chaudron », c’est la session « solo » qui débute avec un inédit de Calbo. Le rendu sonore, de bonne qualité (on est au Bikini wesh), permet de souligner le phrasé de Lino, qui enchaîne avec « Musique délinquante », le visiblement très attendu « 12ème lettre », et enfin « V.L.B. », ultra efficace en live. Leur set se termine par « Boxe avec les mots », et laisse un public exténué par plus de 5 heures de show non stop. Le groupe de Villiers-Le-Bel aura accompli sa mission en revenant en une heure environ sur l’ensemble de sa discographie, et en adaptant son jeu à la grande scène du Bikini.

En bref, entre groupes locaux et nationaux, ancienne et nouvelle école, c’est le rap français qui était à l’honneur jeudi soir. Un grand bravo à 10vers et Skip de la Bim Bam Prod pour la  quantité de travail abattue pour que cet évènement ait pu voir le jour, il nous tarde déjà le prochain épisode.

10534590_938506882842147_5062677668816247862_nPhotos : DAVINCICORP (un grand merci)

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