Avant d’écouter l’album de REDK j’avais dans l’idée que ça allait pas me plaire. Peut-être à cause de son album commun avec Soprano. Bref, c’est sceptique que j’appuyai sur Play, et comme vous pouvez vous en doutez au vu de cette introduction, j’ai revu mon jugement…

Ce qui frappe directement, et dès les premières écoutes, ce sont le qualités de rimeur du rappeur. Je ne rentrerai pas dans le détail de ses schémas de rimes, mais ça frappe sur pas mal de syllabes quand même. On le savait déjà, mais le rappeur marseillais s’est appliqué et démontre qu’il est difficilement prenable sur ce terrain-là. Je vois déjà venir les “technicophobes”, chaque jour plus nombreux : “C’est bien beau la technique, mais si c’est pour enchaîner des punchlines et oublier le message, à quoi bon ?” (Ça c’est la version polie, comme vous l’aurez compris) Et bien là aussi, non seulement on a des morceaux à thèmes, mais aussi un discours cohérent tout le long de l’opus, “ghetto conscient”. Bon, on n’échappera pas à quelques egotrips un peu balourds (Laisse-nous faire, MARS Music), mais force est de constater que ça tient la route, pas de morceau hommage à la maman suivi d’un storytelling relatant les excès du samedi passé.

Une de mes craintes concernait les refrains, qui pour moi constituent le problème principal d’un rappeur ayant droit à une semaine spéciale dans Planète Rap (même si ça n’a pas été le cas sur cet album). Là non plus, à part deux ou trois refrains moyens signés REDK lui-même (MARS Music, REDK), pas de refrain pimpé par une artiste R’n’B en devenir ou des modifications de voix peu maîtrisées. Bon si, il s’est payé deux refrains de Kayna Samet, mais on est loin de la moyenne des artistes R’n’B en devenir, il n’y a qu’à voir ses classiques.

D’ailleurs côté feat, le membre de Carpe Diem a tapé dans le haut du panier, outre l’interprète du refrain de “Destinée” on retrouve Lino, Ali, Carpe Diem et Soprano. Sur son duo avec Soprano, Laisse-nous faire, bizarrement, c’est lui qui ne convainc pas, notamment à cause du refrain. Il éclipse un peu Ali et Carpe Diem sur Murderer et Quintessence, mais trouve en Lino un adversaire à sa taille sur Un mal pour un bien. Un duel entre Bien et Mal de haute voltige, les deux MC’s croisent le mic à coups de passe-passes et revisitent le genre avec succès. Un chef d’oeuvre, qui sent la vraie collaboration et non l’envoi de pistes par mail. Rien que pour ce morceau, l’album mérite qu’on se penche dessus, et REDK ne s’est pas trompé en dévoilant le clip le jour de la sortie de l’album.

Autre crainte : les prods. Le principal avantage sur cet opus, c’est qu’elles lui permettent de kicker sec, et nous renvoient à quelques classiques de la décennie passée. Rien de très innovant, mais peu de faux pas non plus (De mal en pis, #peur). Ce n’est pas ce qui fait la force de l’album, mais elles ont l’avantage de souligner ses qualités de rappeur. Côté beatmakers la liste est variée, jugez plutôt : Soulchildren, Akos, Medeline, Cannibal Smith, Ladjoint, Isma, Nass, Stan-E music, Saîz (mention spéciale), Sidrek, Fabio Giovi, Yopsis, Kill Foster, Mech…

Et puis plutôt que de terminer sur des “craintes”, voici les morceaux qui méritent toute votre attention, outre le duo avec le membre d’Ärsenik : Le début de la fin dont on vous avait déjà parlé il y a quelques mois, Plus laide la vie qui parle de Marseille mais pas à la sauce France Télévision sur une belle prod de Saîz, Quasiment tous qui nous rappelle les affinités musicales d’REDK avec Mysa, Amnezik qui nous prouve qu’il ne l’est pas et revient sur son parcours et ses valeurs, Couplets décalés qui tire sur les clichés avec humour et auto-dérision, et le soulful  Chant de vision qui vient clôturer l’album avec Kayna Samet pour un refrain façon Alicia Keys.

R.E.D.K.-Chant-de-vision - Le Bon SonEt pour vous faire vous-même votre avis, “Chant de vision” est en en écoute sur Deezer et disponible depuis le 10 mars sur toutes les plateformes de téléchargement légal.

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