Yo ! Nous voilà en 2014 après une belle année de rap, et comme un peu partout on en est à l’heure des bilans. Parce qu’il faut savoir qu’entre les quenelles, le mariage pour tous et les bijoutiers ça a rappé un peu en 2013, et pas forcément mal. Alors voilà, je suis le premier à me lancer, écoutez bien ce qui va suivre, aucun ordre spécifique.

Lavokato – Marche arrière (Prod. Char)

A la vue de la tracklist de Marche Arrière, un nom m’a particulièrement accroché et réjoui, et pour cause. Lavokato est probablement l’un des MC les plus doués des quinze dernières années. Mais aussi le plus absent. En effet c’est la toute première fois qu’il nous gratifie d’un morceau solo, et quel morceau ! Je ne vais pas en parler des heures, mais je vais préciser que depuis le 7 octobre, j’ai connu beaucoup de « Dimanche de pluie ».

Vîrus – Des Fins (Prod. Banane)

Des morceaux sur la mort, il y en a eu des dizaines dans le rap français. Mais je n’avais cependant jamais ressenti de telles sensations en écoutant l’un d’eux. Et c’est relativement paradoxal puisque la force de ce morceau serait plutôt l’objectivité, la froideur, la distance que prend Vîrus pour nous en parler. Comme à son habitude, il ne tombe en aucun cas dans la pleurnicherie.

Ce morceau est réellement traumatisant, il vient clore Faire part, probablement le meilleur EP de l’année et l’un des projets les plus sombres de ces dernières années.

Omerta Muzik – Ego sans trip (feat Abrazif) (Prod. Diaz & Toxine)

Ce son c’est mon Je m’en sors bien 2013. Probablement le son que j’ai le plus écouté, que je connais par coeur, que j’m’écoutais en rentrant, titubant, de soirée. D’ailleurs j’aurais presque pu choisir n’importe quel titre de A contre temps, le premier projet du collectif Omerta Muzik toujours disponible en téléchargement gratuit, tant cet excellent album a tourné dans le baladeur. Ce crew c’est la principale découverte de l’année pour ma part. Quant à Abrazif, à force de nous livrer des couplets comme celui-ci de plus en plus régulièrement, on va commencer à espérer secrètement un petit projet solo.

Jeff Le Nerf – Matrix (Prod. Toxine)

Exclue lâchée par JLN à Grenoble, à l’occasion de Solid’art, je l’ai écouté complètement explosé pour la première fois et il m’avait mis une sacrée claque. Depuis que l’album est sorti je l’écoute quotidiennement, le sample déniché par Toxine aidant beaucoup. Pour moi le point d’orgue d’un excellent album, le 4ème du bonhomme et probablement pas le moins bon. Une année chargée pour le grenoblois qui a lâché pas mal de morceaux pas forcément présents sur l’album, et fait énormément de scènes, en plus de la meilleure Poignée de punchlines et d’un 5H Chrono à faire froid dans le dos pour Give Me 5 Prod.

Mesa – Excès d’humeur (Prod. Nizi)

Fallait quand même que je crédite mes soces de Que du rap français pour leurs deux Artistes indé’scriptibles. Le volume 2 étant composé uniquement de sons inédits, il y avait du choix. J’ai finalement choisi celui-ci qui a rythmé mon été, qui est produit par Nizi et qui est un peu le prototype de ce que j’aime dans le rap. Une bonne écriture, de la grosse rime et surtout une intonation, une interprétation qui laisse croire que le mec n’en a pas rien à branler de ce qu’il fait.

Pand’or – La tête haute (feat Le Bon Nob) (Prod. Street Rockaz)

Street Rockaz lâche une bête de prod, c’est une chose. Mais ce qui frappe c’est la complémentarité extraordinaire des deux compères. Pour ceux à qui ça aurait échappé, on a affaire à un exercice de style intéressant, où le début des mesures est le même pour chacun. Peut-être le meilleur duo homme-femme du rap actuel. On peut simplement en attendre un projet commun. En attendant, Dans ma boîte, l’un de mes EP préférés cette année, est toujours dispo en téléchargement gratuit.

Furax Barbarossa – Le Poids du Mal (Prod. Toxine)

Ceux qui me connaissent savent qui est mon rappeur préféré, et surtout savent à quel point j’attends son troisième album solo, prévu depuis très longtemps déjà et maintes fois repoussé dû notamment à de multiples galères de studio. Mais voilà, dans la morosité d’un début d’automne, on a eu droit à ça. Un clip de 10 minutes ambiance mi-Viking mi-Seigneur des Anneaux et enfin un deuxième extrait après le plus gros classique des années 2010, Qui m’demande. Et une confirmation, l’album devrait bien être la boucherie que l’on attend tous.

Lucio Bukowski – Marvin Hagler avec un mic (Prod. Mani Deïz)

Depuis 2011, Lucio a l’habitude de nous arroser régulièrement d’un EP, à chaque fois avec un beatmaker exclusif. Et sur chacun de ces EP, au moins un titre est réservé à l’égotrip. Pour cette année, j’ai choisi la collaboration entre le lyonnais et le beatmaker 2013, j’ai nommé Mani Deïz. Un 7 titres tamponné SP-12 et drums légères. La connection Animalerie/Kids Of Crackling fait mal et l’on en redemande. Comme il en a l’habitude, phrases coup de poing (d’où le titre) et flow aiguisé sont au rendez-vous, agrémentés de furieux scratchs au refrain.

Paco – Mi-fugue mi-résine (Prod. Mani Deïz)

Paco a été sans l’ombre d’un doute l’un des MC 2013. Entre trois nouveaux clips issus de son album qui va voir le jour début 2014, un EP avec Mani Deïz sorti juste avant les fêtes et de nombreuses apparitions sur l’album de Swift Guad ou sur Marche arrière notamment, le montreuillois n’a pas chômé. Autant dire qu’il y avait du choix quant à savoir quel son placer dans ma sélection. J’étais parti sur Bolossé mais ce son était définitivement trop lourd. Pendant 6 minutes Raoul pose ses couilles et nous fait son autobiographie en long et en large, le tout en gardant une ligne technique directrice. L’alchimie entre beatmaker et MC est impressionnante (putain, mais en fait l’alchimie entre Mani Deïz et n’importe qui est impressionnante) et Pacman est certainement l’un des projets phares de ce dernier trimestre, à se procurer si ce n’est pas déjà fait. Santé!

Fadah – Outro 3 Minutes à tuer (Prod. Mani Deïz)

Encore une prod de Mani Deïz pour clore mes 10 bons sons 2013. Cette fois c’est avec le Toulousain membre d’Omerta Muzik, Fadah, qu’il excelle, pour la meilleure outro 2013. Il faut dire qu’avec cet album (mon numéro 1 cette année), il y avait du choix. C’était entre celle-là et J’irai pas chercher l’or à vrai dir,e mais la version live de cette dernière avait déjà fait le tour de la toile bien avant la sortie de l’opus de Fadah.

Ce que j’apprécie particulièrement chez ce jeune MC, c’est sa rime légèrement déstructurée mais tranchante et efficace. Il y a aussi le mix, qui place certaines mesures une fraction de seconde avant la fin de la précédente, qui fait que l’auditeur reste accroché. Pour cette outro on a un texte très personnel et comme je l’ai dit avec Mesa, une intonation, une interprétation qui font la différence.

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