Dooz Kawa et 3rd Lab présentent aujourd’hui le premier maxi de la série Narcozik. Le titre définit assez bien l’effet que nous procure chacune des œuvres du MC strasbourgeois, un goût de reviens-y et un mal au cœur quand le son s’arrête. Voilà un opus composé de seulement cinq morceaux, cela nous change de la dernière bombe Archives lancée par l’artiste (gratuitement) il y a quelques mois sur la toile. Cela ne gâche en rien notre réjouissance auditive, quantité ou pas Dooz Kawa (lire notre récente interview du MC) privilégie la qualité. Et sur Narkozik il nous prouve une fois de plus son éclectisme et sa large culture musicale, composantes essentielles de sa musique.

Première écoute, quitter le sol pour une fusée vers les étoiles. Du piano, une douce voix déchirée, une vie triste « d’un prince qui ne mérite pas d’amour », des scratchs qui épousent des essoufflements électroniques aux voix féminines. Fidèle à lui-même, le poète décalé tend toujours vers le côté sombre de l’humain, la langue de bois Dooz Kawa ne connait pas. On pourrait pourtant se lasser de ces artistes engagés venus apporter une vérité absolue teintée de morale aux maux de notre société, accompagnés diction « faites ce que je dis et pas ce que je fais ».  Dooz Kawa lui ne s’engage à rien, à part nous rapper, à la manière d’un pigiste qui en a trop vu, la dure réalité de nos vies.

Dooz Kawa - Le Bon Son

Sur ce projet on sent que l’artiste a mis sa belle voix de côté pour exprimer sa mélancolie à travers des instrus toutes aussi différentes les unes que les autres. On retrouve avec plaisir les cordes qui lui sont chères, et on plane en douceur, en libres voyageurs sur « Les oies sauvages ». De la poésie accompagnée de musique aux puissantes sonorités des pays de l’est, dans un mélange de couleurs et de cultures. « Utopiste debout » fera lever le poing au plus passif des citoyens endormis et si ce n’est pas par la force des mots, ce sera par le mélange d’électro, dubstep et sonorités Hip-Hop qui viennent frapper au bon moment.

Et les claques se suivent, l’artiste sait nous surprendre, encore et encore, avec « Mister Tosh » un morceau aux sonorités jamaïcaines, à placer sur un gros sound-system, pour une critique de l’industrie de la musique et du monde du rap. Laissez-moi vous abandonner avec « Berceuse pour insomniaques », qui porte bien son nom : “berceuse” pour la mélodie (qui n’est pas sans rappeler Au coeur de la vie de par le sample des Choristes utilisé), “insomniaque” pour lyrics. « Sur le mic, j’cace-dédi d’faire l’effort pour les faibles / Comme Jedi et Cassidy, j’ai de la force pour les frères ».

Dooz Kawa – Narcozik #1 disponible depuis le 18 décembre sur CD1D.

Écouter sur Deezer.

Lire aussi : Entretien avec Dooz Kawa

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