Ça fait un moment que nous voulions réaliser un véritable entretien avec Dooz Kawa, depuis notre première et très brève première interview du MC pour être précis, réalisée il y a bientôt deux ans. Donc quand on nous a annoncé sa venue à Toulouse pour un plateau en octobre, nous avons sauté sur l’occasion. Et voici le résultat :

Peux-tu nous expliquer les origines de ton blaze ?

Au début on était plusieurs potes dans le quartier, vers 12-13 ans, et on s’était donné un nom : KWA. C’était une dédicace à NWA, et ça voulait dire « Kings With Attitude ». KWA c’était des garnisons militaires en Allemagne, on était tous fils de soldats, et quand tu es fils de militaire tu déménages tous les 3-4 ans, maxi. Donc tous mes potes sont partis, et à la fin j’étais tout seul à tagger KWA et tout le monde m’appelait « Kawa ». Comme je trouvais que Kawa c’était un peu short, et que je voulais rajouter un truc sur le plan esthétique, j’ai rajouté le Dooz. J’aimais bien le côté « 12 carats », et aussi le côté nerveux comme  « 12 cafés ». Et puis j’aimais aussi le fait que ça n’ait pas vraiment de sens, tous les gens pouvaient s’imaginer leur interprétation. Et en même temps je voulais quelque chose qui puisse être taggué avec un chiffre. J’aimais bien le D/O/O, je trouvais ça vachement esthétique. Ça vient du tag en fait.

Puis tu arrives en France…

Je suis arrivé en France à 17 ans, à Haguenau, la grande banlieue de Strasbourg, dernière couronne, et puis après Neudorf, puis la cité Ampère. C’est en arrivant là bas que j’ai connu DJ Nelson, un de mes voisins proches de palier, puis Icare (aka Kayo, qui fait vachement bouger le rap à Strasbourg dans l’univers jazzy) et Skitzo. Ce sont eux qui m’ont mis le pied à l’étrier.

À quel moment se forme le T-Kaï Cee ?

J’ai croisé les différentes structures de Strasbourg, et en étant un élément satellite à tout ça, j’ai fini par croiser des potes de potes, dont Raid-N qui arrivait de Guyane. Il descendait tout juste de l’avion, tout seul, tout jeune, et parlait mieux créole que français. Il faut être courageux pour faire ça… et j’ai connu D.A.X aussi à Haguenau. Comme on était trois éléments un peu indépendants, on a fini par former un crew ensemble. Mais au final, ce que je remarque c’est que j’ai jamais cessé d’etre seul… jamais réellement intégré à un groupe ou à un cercle d’amis.

Tu as sorti Archives, un projet en téléchargement libre, il n’y a pas très longtemps, raconte-nous un peu d’où viennent tous ces titres.

À l’époque ce n’était pas aussi facile de sortir des mixtapes, il fallait vraiment graver les CDs… Je viens d’une génération où trouver des bonnes mixtapes c’était la classe, il fallait creuser. Et souvent c’était des bombes de morceaux, mais en mauvaise qualité sonore, il n’y avait pas de support propre ! Je pense à Opération Coup de Poing notamment, grande référence de K7 indépendante.

On avait sorti Hiver 67 juste pour faire plaisir à nos potes, et puis ça a bien marché, bien flambé sur Strasbourg. Du coup on s’est dit « Tiens on va les sortir comme ça, sans label. » Et on toujours sorti nos projets gratuitement, au début en tout cas.  Archives c’est des morceaux depuis les débuts de T-Kaï Cee jusqu’à un passé assez proche. Ce sont des morceaux qui n’ont pas pu figurer ailleurs, donc ça représente une période assez énorme, presque 10 ans. Et puis un jour je les ai envoyés à Nano, pour qu’il les mixe vite fait, puis mastering vite fait aussi, et on l’a sorti comme ça, un peu à l’arrache. Je suis très content parce que ça a eu un très bon accueil, mais j’étais un petit flippé parce que j’avais peur que les gens disent que ça n’a pas la qualité de ce que je fais maintenant, que c’est vieux, que je ne sais plus quoi sortir, que je fais de la merde… Et finalement non. Au contraire…

Récemment, tu as collaboré avec Jim sur son projet Dark side of the Mood. Est-ce le début d’une collaboration plus poussée ?

Oui, on a fait d’autres morceaux ensemble. Il est jeune et plein de talent, il travaille presque exclusivement en sample, alors que c’est une technique de moins en moins usitée. Ça manque vraiment je trouve. On a donc fait d’autres morceaux, il m’a envoyé des dizaines d’instrus, et c’est un peu en stand-by en ce moment. Je suis quelqu’un qui produis énormément, j’ai dû faire 5 ou 6 nouveaux morceaux sur des prods de Jim, mais ils ne sont pas encore sortis. Mais sur les prochains opus il y aura des instrus de Jim. Sinon en collab live y’a eu Le Bon Nob (qui a sorti un album en collaboration avec Jim), pour la première partie de Youssoupha, et aussi Rhama le Singe de la Droogz Brigade à Toulouse avec PX… ce lascar.

« La punchline c’est comme un spectacle comique, il faut un gag toutes les quelques secondes sinon c’est un fiasco. »

Tu as fait la première partie de Youssoupha ? Je suis passé à côté de cette info…

Ouais, sans être fan de sa musique non plus… C’était à Bobigny il y a 6 mois, ou plus. J’étais un peu déçu parce que quelques jours après il y avait Assassin, Casey, et j’aurais aimé faire leurs premières parties. Youssoupha c’est pas mon type de public, et le concert était un peu un échec. C’est le plus mauvais concert que j’ai fait jusqu’à présent. Il y avait des enfants au premier rang dès 20h30 pour être sûr d’être au premier rang pour le concert de Youssoupha, et il se faisaient ostensiblement chier pendant mon concert. L’horreur.

Dans « Do, ré, mi » tu dis : « Résigné, on n’a toujours pas signé. » Est-ce qu’être signé a fait partie de tes objectifs à un moment donné ?

Oui, mais ça ne l’est plus. J’ai eu des propositions que j’ai refusées. Mais oui à un moment j’ai voulu : j’étais sans taf, je vivais chez ma meuf, pas de diplômes, juste un BAC pro. C’était la merde, je ne savais pas quoi faire de ma vie, je n’avais pas envie d’aller à l’usine. Et puis à cet âge-là tu as tous les vices artificiels qui arrivent, et signer à ce moment-là, à la place de me sauver la vie, ça aurait été un maximum de stress pour être un gagne-petit, et je ne serais jamais sorti de ça.

Qu’est-ce qui te pousse à continuer à faire du son ?

C’est comme aller faire un basket le dimanche après-midi. Quand tu as fait du street ball toute ton enfance, tu te dis que t’aimerais bien aller claquer quelques ballons de temps en temps. Ça fait plaisir mais t’es moins à fond en train de travailler ta détente, tes doubles pas, tes dribbles. Mais tu as une base solide qui fait que tu as quand même envie de montrer un petit peu ce que tu vaux. C’est un petit peu pareil avec la musique pour moi.

Ça fait 15 ans que tu écris, quelle évolution tu vois dans ton écriture ?

On dit souvent qu’au début, en écriture, la marge de progression est assez énorme, et qu’après ça continue de progresser difficilement. Là, dans le rap, ce n’est pas tout à fait pareil, on est dépendant d’une mode, et soit tu es dedans, soit t’es old school. Et être trop précurseur sur les modes c’est être exclu. Mais sans trop intellectualiser le truc, au début j’écrivais des textes à thèmes comme IAM, Solaar, et petit à petit le fond a perdu de son intérêt, au bénéfice de la forme. La punchline. Il n’y a pas de fond, et les gens écoutent des textes dans lesquels ils ressentent une petite émotion toutes les 5 secondes. C’est comme un spectacle comique, il faut un gag toutes les quelques secondes sinon c’est un fiasco. Donc le challenge pour moi, c’est de placer quelque chose de pertinent le plus souvent possible, tout en réussissant à placer un fond. C’est un peu le leitmotiv.

Et là où ça a changé, c’est que j’amène les choses de façon complexe, je ne peux plus l’amener de façon simple. Par exemple « Radio rap», « Transmission pirate », où je double les temps, ou « Poupée de son » où je rappe sur un ternaire, ce qui n’est pas naturel. Il fallait arriver avec quelque chose qui ne soit pas juste du fond, ou juste des punchlines. Du coup l’idée est de faire des démonstrations techniques, mais le danger c’est de perdre en fond. Et si tu perds en fond ça n’a pas de saveur. Tout le monde peut le faire. La majorité des rappeurs font du rap sans fond, sans citer de noms. Et puis ce qui manque cruellement aussi dans le rap, c’est de l’interprétation.

« Si ton objectif est d’être une icône, ton discours est faux. »

Dans le monde de l’électro on a cette même analogie je trouve. Tu avais la hard tech qui cartonnait, en ce moment ce qui défonce c’est le dubstep. Pour moi qui n’y connais rien, ils ont juste ralenti les BPM. Je ne sais pas si on peut dire que c’est mieux, qu’il y a une évolution, on ne devient pas meilleurs que nos pairs. Je parlerais plutôt de variation : il faut juste faire des choses différentes, pour ne pas que le public se lasse. Le rap actuel prend une direction avec moins de fond, mais on va revenir au texte à thème, c’est sûr.

Tu as une diversité de types de morceaux : les morceaux à thèmes, les storytellings, les egotrips… Qu’est-ce qui t’inspire un texte ?

Encore aujourd’hui je n’ai pas trouvé. Souvent je n’aime pas les morceaux que les gens aiment, et inversement. Parfois j’ai une instru qui défonce, et je me dis : « Il faut absolument que j’arrive à poser dessus ! ». Des fois c’est un thème qui me vient, avec un texte qui sort en premier jet. Comme « Bouquet de proses » : j’ai croisé Nano un 24 décembre au soir, on était tous les deux tout seuls pour Noël, avec nos familles loin. Il m’a fait écouter l’instru, je suis rentré chez moi et le lendemain je lui filé le morceau déjà enregistré, écrit d’un jet. Pareil pour « Catharsis ». Ça se sent, ce sont des morceaux fleuves sur lesquels tu ressens ces défauts. Tu ne les connais pas bien donc tu les rappes avec le texte sous les yeux, et ils sont souvent pas super bien interprétés. Tu sens des erreurs, mais les gommer aurait enlevé de la spontanéité.

« Dieu d’amour » par exemple…

C’est un fait de société que j’ai écrit sur du long terme. Mais je le considère comme une erreur. Une erreur de parcours, c’est très mal écrit. À chaque fois que je remarquais quelque chose sur la religion je le notais sur une feuille, et j’en ai fait un espèce de brainstorming sur une longue période.  Mais au final il est trop frontal, et je trouve que si tu fais de l’écriture, ça doit être suggestif. J’aurais dû me poser plus en sociologue.

Ma partie préférée est celle sur le bouddhisme, et Nano l’a super bien rapporté en y mettant des espèces de chœurs. Ça donne une note positive, la récompense d’avoir écouté le morceau jusqu’au bout, une note positive, quelque chose de céleste. C’est à lui que l’on doit le succès de ce track.

Dans tes clips ou sur les pochettes de tes projets, tu passes souvent par le dessin ou l’animation…

Si ton objectif est d’être une icône, ton discours est faux. J’ai envie que les gens écoutent, j’adore le monde du cartoon, le monde fantastique. Avec un dessin les gens peuvent s’imaginer ce qu’ils veulent. Si tu fais trop d’imagerie, de comparaisons, que tu donnes trop de ficelles aux gens, ils vont suivre ton imagerie mentale. L’idée c’est de leur donner quelques ficelles, mais que le reste du chemin les gens le fassent eux-mêmes. Si tu lis un livre et que c’est tout le temps trop précis, c’est chiant, il n’y a aucun travail intellectuel derrière. C’est pareil en musique, et l’auditeur ne s’implique pas si tu es trop précis.

C’est aussi une façon d’interpeller.

Exactement. Qu’il se dise que ça ne ressemble pas aux autres pochettes de rap. Et puis c’est super prétentieux et égocentrique de mettre sa photo, et en même temps ça permet de montrer que le rap n’est pas uni-disciplinaire. Le monde artistique en général peut être uni autour d’un projet : avec des compositions plastiques, de l’animation…

Comme sur « Poupée de son ».

C’est du stop motion. Ça a permis à des plasticiens de s’éclater un petit peu, plutôt que de prendre une caméra et de tourner en bas du bloc. Comme on a fait sur La police recrute. Quel intérêt ? Le rap a le vent en poupe, et c’est bien de faire participer d’autres catégories artistiques. Et puis ça permet aussi au rap de pas être tout le temps cantonné au ghettoisme, et de ne pas tourner toujours autour de nous-mêmes et des mêmes sujets. Ça prouve que tu peux faire du rap et jouer avec des jazzeux, des manouches, des musiciens du conservatoire, travailler avec des plasticiens, des gens qui font de la 3D. C’est un de mes rêves : avoir cette approche de l’art. Faire du rap pour ne travailler qu’avec des rappeurs c’est chiant.

Dans « Catharsis » tu dis : « J’emmerde ceux qui disent qu’ils aiment mon son parce que le soir quand je rentre chez moi c’est la même. » Tu ne recherches plus forcément la reconnaissance ?

Si, c’est quelque chose que j’adore. Tous les jours je vais voir mon facebook. J’adore quand des rappeurs viennent me dire qu’ils aiment bien ce que je fais. Être reconnu par mes pairs. Je serais faux-cul de dire que je me fous de l’avis des gens. Se confronter au public c’est essentiel, sinon c’est comme être un peintre fou qui peint pour lui, ça ne sert à rien, c’est juste cathartique.

Dans « Message aux anges noirs » tu dis : « Le public des mes concerts ne salue plus le président. » C’est quoi le public de Dooz Kawa ?

Ce sont des gens qui ne viennent pas du Hip Hop. La plupart des messages que je reçois en privé, c’est « Je n’écoutais pas de rap, t’es le seul que j’écoute en France. » Un mec comme Lucio Bukowski, il doit en recevoir encore plus des messages comme ça. J’ai la prétention de croire que c’est un public intelligent, avec des revendications et des valeurs. Pas un public juste là pour foutre la merde ou qui suit un phénomène de mode. Des gens qui en ont un tout petit peu dans la tête et qui font partie d’un univers anti-commercial.

Sans parler de commercial, l’album Étoiles du sol a une dimension universelle quand même. Et potentiellement tu peux toucher un grand public.

Étoiles du sol il est réussi, mais c’est moins grâce à moi qu’aux intervenants de l’album. Il commence à être vieux maintenant. Il a eu la chance de ne pas sortir dans une époque où il n’y avait pas cette urgence de sortir des albums. Pour exister il faut être récurrent maintenant. Cet album je l’ai fait sur trois ans parce que les gens que je voulais voir dessus n’étaient pas tous dispos en même temps. Du coup on a eu énormément de temps pour les mixer. Je connais cet album par cœur parce que j’ai pu re-rapper mes couplets plein de fois. C’est un album de qualité, et je pense que je referai jamais aussi bien.

Pour moi le rap français n’a jamais fait mieux que « La Cosca » d’Akhenaton.

Dooz Kawa sur scène, qu’est-ce que ça donne ?

Je crois qu’il ne faut pas que je le dise, j’ai peur qu’en faisant des rapprochements on dise que je pompe. Je ne crois pas que la réussite soit dans le fait d’être un bon ambianceur, en mode « Faites du bruit ! Y a du monde ? ». Je ne supporte pas. Je l’ai fait aussi, mais ce n’est pas moi. J’aime que les gens viennent, participent, rapper au milieu du public… Mais dans ma fiche technique, avant un concert, en plus du matériel habituel je demande un pied de micro. Pour les textes comme « La maison », « Parker Charlie », je rappe mon texte devant mon pied de micro. Ce sont mes parties préférées. Ce qui ne m’empêche pas de me lâcher sur des morceaux comme « Rap de branleur ».

Dans « Catharsis » tu dis aussi : « J’emmerde ton rap, moi j’écoute du Saez ». Tu écoutes quoi parmi les autres rappeurs français ?

VII. Je trouve sa musique pure. La mort c’est pur. Il est le premier sur le créneau en France, il est plus libre que les autres rappeurs. On s’échange parfois quelques messages, c’est quelqu’un de réglo. J’aime beaucoup Salif, je trouve qu’il défonce. Il a commencé par des textes très interprétés, avec un fond très présent, et il a continué dans le fond, en y intégrant la punchline. Mais en rap actuel je n’écoute pas grand-chose. J’écoute encore le Ministère Ämer, Timide Et Sans Complexes, je n’écoute plus IAM ou Akhenaton parce que je les connais trop par cœur. Pour moi le rap français n’a jamais fait mieux que « La Cosca » d’Akhenaton.

Tu évoques le battle dans certains titres, comme sur « Radio Rap », « Catharsis »… On assiste à un retour du battle avec des ligues comme les Rap Contenders. Qu’en penses-tu ?

Quand j’en parle dans mes morceaux, ça reste du texte à thème, ça reste ma vision. Je ne le vois pas comme un morceau purement punchline. Le principe du battle live c’est quelque chose qui me débecte. Je suis boxeur, et si je me suis au rap c’est parce que je trouve la société violente, et que j’avais besoin de me retrouver dans un univers un petit peu onirique, et en même temps dénoncer la société. Retrouver la violence d’un ring dans un battle mesquin, faux-cul, méchant, ça ne me correspond pas. En boxe tu as du respect pour le mec d’en face, les mêmes règles, sans qu’on se connaisse, et pourtant on va se foutre sur la gueule. Le battle c’est de la violence gratuite, dans lequel les coups bas sont permis.

Pareil pour les freestyles, ça ne m’intéresse plus. J’essaie de créer des atmosphères. Si c’est pour me passer des instrus en boucle, et que chacun pose son truc, je trouve que ça perd en efficacité. À part si c’est des copains, comme à un barbecue ou sur un terrain de basket.

Tu as des projets à annoncer ?

Depuis que je me suis un peu détaché du rap, j’ai été bien sollicité. Et j’ai une mécanique en place pour sortir des clips, pour le mixage, mastering, diffusion. Il me reste à faire les morceaux. Des choses vont donc sortir oui. Je dois avoir une trentaine de morceaux de prêts, actuels. J’ai l’impression d’avoir une analyse plus fine, la scène m’a beaucoup apporté, cette confrontation au public me permet de savoir ce qui fonctionne.

Le mot de la fin :

Carpe diem !

Discographie solo de Dooz Kawa (disponible sur 3rdlab.net) : Étoiles du sol (2010) / Message aux anges noirs (2012) / Archives (2013)

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