Mauvaise Mine sort un nouveau titre aujourd’hui : ‘Sans artifices’. L’occasion pour Le Bon Son de publier l’interview du groupe du 93 que vous avez pu découvrir dans l’édition de mai des 10 Bons Sons, avec ‘Atmosphère sale’, lui issu de leur projet Rien de magique.

Le Bon Son : Pouvez-vous vous présenter aux lecteurs du Bon Son ?

Nous sommes Mauvaise Mine, un groupe de rap originaire du 93, et plus précisement d’Aulnay, Blanc Mesnil, et Montreuil. Le groupe est composé de Dstyl, Absynth et Styr, et évolue au milieu d’un crew qui s’appelle L’Encrier. En plus de Mauvaise Mine donc, vous pouvez retrouver des artistes comme Tupai ou Le Chien Fou comme membre du crew.
Nous avons tous la petite trentaine, et avons un parcours de vie et musical plutôt chargé, ce qui se ressent peut être dans nos écrits…

Pouvez-vous nous résumer votre parcours dans la musique ?

Le groupe Mauvaise Mine a été formé le 1er janvier 2005, après une nuit bien arrosée. À la base composé de Styr et Absynth, amis depuis plusieures années, le groupe se voit renforcé par l’arrivée de Dstyl en début d’année 2007. S’en suivit un 1er projet de groupe, réalisé avec les moyens du bord. Ainsi naquit Malgré les Ratures, projet de 15 titres pressé, avec de nombreux featuring comme AKI la machine, Niksen, Dom Salus, Koshmar de la Razia, Tupai, etc… Puis au fil des années, plusieurs projets gratuits, le maxi solo de Styr « Le tire au flanc », la net tape « Cartouche d’encre volume 1 » (plus de 7.000 téléchargements), les 2 projets gratuits sous la bannière de L’Encrier et intitulés Gouttes de son vol.1 et vol.2. Et enfin notre dernier bébé en date, la mixtape pressée « Rien de magique » sortie en mai 2012 (cf 10 Bons Sons en mai 2012).

Parlez-nous un peu de votre dernier projet « Rien de magique »…

À la base prevue comme une simple mixtape, un peu fourre-tout, afin de sortir les morceaux qui restaient dans nos placards, on a vite changés d’avis. On s’est orientés sur un vrai projet travaillé, avec des morceaux inédits, des clips, un vrai concept et une vraie couleur old school. La rencontre avec Reno du studio les Murs du son a aussi été decisive dans notre envie de produire un travail léché, que les vrais puristes auront plaisir a écouter.

Pourquoi ce titre ?

C’était le titre d’un morceau de la mixtape. Ça reflétait bien notre état d’esprit sur le moment. Tu peux bosser comme un malade, il n’y a malheureusement rien de magique. Rien de magique dans ce monde… La cover devait être une photo d’un clochard faisant la manche sur le trottoir, et déguisé en magicien. Ça explique peut être mieux le titre… Elle a finalement été changée pour une cover en 3D avec notre mascotte de groupe, mais l’idée est restée la même.

Mauvaise Mine - mascotte - Le Bon Son

‘La mélodie des mots, la mélodie des notes, c’est ce qui manque trop souvent au rap francophone.’

Y’a des dédicaces au graffiti, ça a aussi fait partie de votre parcours ?

Nous sommes sensibles à toute sorte d’art, et notamment aux arts picturaux. Et bien évidemment encore plus au graff, partie intégrante du Hip Hop, et trop souvent oubliée. On sait apprecier un beau graff, que ce soit dans son design ou dans sa technicité. Nous avons bien sûr de nombreux amis graffeurs… Plus personnellement, Styr a graffé durant quelques années, sans grand talent comme il le dit lui même. (rires)

On entend des intonations ragga par moments, un mélange ragga-hip hop à l’ancienne…

Oui c’est ce qu’on appelle la « Absynth touch ». À la base rappeur, il s’est découvert, il y a quelques années, un timbre de voix très intéressant quand il poussait la chansonnette. Nous n’avons donc eu de cesse de l’encourager dans cette voie. Cela explique qu’aujourd’hui notre style soit un mélange de rap conscient, old school, avec du chant, de la vibe…

D’ailleurs comment définiriez-vous votre style ?

Notre style est en permanente évolution, il n’est plus ce qu’il était sur le 1er album de 2007, et ne sera plus ce qu’il est actuellement d’ici quelques temps, notamment sur le prochain album. On aime surprendre ceux qui nous suivent, faire évolué nos voix, nos flows, nos productions. Il y a bien sûr toujours une trame de base qui ne pourra être changée. Elle se constitue de textes pointus, parfois en punchlines, parfois en reflexion, et de morceaux mélodieux. La mélodie est très importante pour nous. La mélodie des mots, la mélodie des notes, c’est ce qui manque trop souvent au rap francophone.

Quelles sont vos influences ?

Elles sont nombreuses et variées. Te les citer toutes serait impossible. Mais ca va bien sûr des grands rappeurs francophone, comme IAM, NTM, Oxmo, Sako, Lino et j’en passe, aux chanteurs francais comme Brel, Brassens, Moustaki. On apprécie aussi la Funk, la Soul, le Reggae… En fait je vais te dire, on aime énormement de choses, on est pas sectaires. Regarde en ce moment on a un gros délire sur « Caramel » de B2O. C’est aux antipodes de ce qu’on fait, mais on aime le délire et le « jemenbaslescouillisme » du mec.

Une sortie physique pour un premier projet c’est peu courant aujourd’hui, et pas facile. Qu’est-ce qui vous a motivé ? N’avez-vous pas peur que ça limite un peu la diffusion ?

Si bien sûr, une grosse limite de diffusion. C’est même handicapant, on te le dit clairement. Mais comme nous avons dit plus haut, on est des trentenaires… On a la culture du CD, du vinyle, de l’objet. Il nous faut un support physique, un truc à toucher, à regarder en même temps qu’on écoute l’album.  C’est tellement plus agréable… Mais peut être qu’on se fait vieux. (sourire)

Comment s’est déroulé le processus de sélection des prods ?

Au coup de coeur, comme depuis le début de notre aventure musicale. Nous avons des beatmakers dans le crew, comme Tupai et Le Chien Fou. Ils ont donc beaucoup bossé sur le projet. Puis on a collaboré avec d’autres beatmakers, comme FortyOne, Rakma des Kids of Crakling, Jon.Es… C’est avant tout de bons rapports humains, et ensuite de bons rapports musicaux. À noter qu’il y a aussi une prod de Dstyl… Il fallait le dire sinon il aurait fait la gueule pendant 15 jours !

Quel est le prochain projet ?

Alors le prochain projet… C’est une bonne question ! (rires) Nous ne savons pas si ça sera le prochain à proprement parler, puisque ce qu’on réflechit a un petit projet surprise entre temps. Mais il est sur que le prochain GROS projet sera le 2ème album du groupe Mauvaise Mine. Ça s’appellera Mine 2 Rien, et ça risque d’être intéressant. Nous avons décidé de bosser avec de vrais musicos sur ce projet, en la personne de Zesthal ou de notre pote Chris. Des mecs assez flippants, tu leur passes une gratte, un piano, une basse, une flûte de pan, ils te sortent des folies… Le prochain album sera donc beaucoups plus « musical », varié, avec pleins de surprises mais chut ! On bosse. (sourire)

Que peut-on vous souhaiter pour la suite ?

Faire du biff, de la moula, du caramel ! (rires) Et bien que notre musique soit de plus en plus diffusée, et que notre public grandisse.  Que la santé aille bien, que la famille se porte à merveille, et qu’il y ait encore des sites de Hip Hop comme le tien, qui diffuse les vrais indés !

« Rien de magique » : disponible sur iTunes

Mauvaise Mine : Chaîne YouTube / Facebook / Twitter : @mauvaisemine

Mauvaise Mine - Rien de magique - Le Bon Son

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