Le dernier Flynt, la sortie du coffret collector contenant les deux albums de Pejmaxx, le prochain Scylla, leur “touche”… autant de sujets que les Soulchildren abordent dans cette interview, 9 mois après notre première rencontre. Et une interview qui ravira les amateurs de rap français, encore une fois.

Le Bon Son : L’actualité c’est l’annonce par Pejmaxx d’un nouveau projet en collaboration avec vous, qui devrait sortir le 19 novembre. Pouvez-vous nous le présenter ?

Le coffret qui sort le 19 novembre contiendra l’album Porte parole, l’album Enfant de la République, un livre de 60 pages avec tous les textes de Pejmaxx et des photos accaompagnants les textes, ainsi qu’un CD de 4 titres inédits (avec les 4 instrus comme d’habitude).

Qu’est-ce qui vous a motivé à sortir ce coffret ?

L’envie de marquer une étape dans notre collaboration avec Pej. Ça fait déjà 2 albums et mine de rien 7 ans qu’on se connaît et qu’on fait de la musique ensemble. C’est un cadeau pour nous et pour les gens qui nous suivent pour fêter cette longévité.

Il y a aussi l’envie que de nouvelles personnes découvrent notre musique, l’envie d’exposer le talent d’écriture de Pej à travers ce livre qui reprend ses textes et puis l’envie de se faire plaisir et de faire plaisir aux gens qui nous supportent en donnant ces 4 titres inédits.

Sentez-vous que votre collaboration avec Pejmaxx (lire l’interview) continue d’évoluer au fil du temps ?

Paradoxalement non. On a depuis le début cet immense respect les uns envers les autres qui fait que ça fonctionne toujours et qu’on ne va jamais mettre en avant nos égos. Aucun d’entre nous ne bloque jamais une situation. Même s’il arrive très souvent que l’on soit en désaccord artistiquement, notre entente fait que tout finit toujours par un morceau dont on est tous les trois fiers à 100%.

‘Tout est plus ciblé, on est plus sûr ce que l’on fait, de là vers où on veut aller musicalement.’

Par ailleurs, chacun de notre côté on évolue. Pejmaxx a appris des milliers de chose depuis qu’on a enregistré “Les jaloux savent qu’on avance” en mars 2006. Il a développé son rap, son écriture,  son attitude en clip et en live. Et puis sa position de producteur de disque depuis Enfant de la République le rend plus concerné par le petit univers du rap français. Il nous parle d’untel qu’il a croisé ou des chiffres des ventes, de l’importance d’une date de sortie… Il est vraiment devenu un véritable rappeur-producteur. Dans tout ça, Pejmaxx se montre vraiment un type hyper actif et volontaire. On se demande quand est-ce qu’il dort…

Et au sujet de votre “touche” dont on avait parlé dans la première interview, sentez-vous une évolution là aussi ?

J’ai du mal à me prononcer là dessus. Il faudrait demander à Pej plutôt, son regard sera peut-être plus objectif.  Sur le fond, je ne pense pas qu’elle évolue du tout au tout. On s’inspire de ce qui sort et qui nous fait kiffer. Tout ce que je peux te dire c’est qu’en réalité, on fait de moins en moins de son.  Tout est plus ciblé, on est plus sûr ce que l’on fait, de là vers où on veut aller musicalement.

Après ces deux opus, si vous ne deviez retenir qu’un titre, ce serait lequel ?

Retour aux sources.

Et une seule prod ?

Thérapie 2.

Y’a-t-il un 3ème album Soulchildren / Pejmaxx en préparation ?

Ça n’est pas encore prévu en tant que tel. En même temps, on n’a jamais programmé les albums. Ils se sont fait d’eux-même. On enregistre des titres au fur et à mesure et à un moment, on se dit que l’album est en route. Peut-être que pour le prochain projet, on s’orientera vers un EP. On ne sait pas encore !

‘Sur cet album, notre collaboration était bien plus poussée que sur J’éclaire ma ville. On a composé la moitié des titres, réalisé tout l’album avec lui et même enregistré.’

L’autre actualité, c’est Itinéraire bis, le deuxième album de Flynt. Il nous avait dit en interview que c’est vous qui lui aviez remis le pied à l’étrier. Pouvez-vous nous parler de cette collaboration qui dure depuis le premier album ?

Avec Flynt, le fonctionnement est vraiment différent. C’est quelqu’un qui a besoin de beaucoup de temps pour digérer une prod et la valider. Certains morceaux comme “Toujours Authentique” ou “En froid” ont eu un temps de gestation proche de 3 ans. Il aime maquetter, avec une première vision de ce que donne son rap sur la musique, revenir dessus, chercher des arrangement, écrire un deuxième couplet, enlever 4 rimes, en rajouter 2 etc… Il aime aussi beaucoup parler de sa musique. Pendant l’enregistrement, on a discuté des thèmes, de telle ou telle rime…

Sur cet album, notre collaboration était bien plus poussée que sur J’éclaire ma ville. On a composé la moitié des titres, réalisé tout l’album avec lui et même enregistré. C’était un accompagnement du début à la fin. Quoi qu’il en soit, notre collaboration est très seine et agréable. Il est à l’écoute, pose beaucoup de questions et souhaite toujours s’assurer que l’on valide les titres.

Vous avez signé la prod de “Second Souffle” de Scylla (lire l’interview), titre clipé et tiré du maxi du même nom. Avez-vous placé d’autres prod sur le long format à venir ?

Pour Scylla, les titres arrêtés pour son album ne sont pas certains. Mais oui, je crois que nous serons dessus. On a en particulier produit un titre “Tout a un sens” qui est une vraie réussite je pense. On a bossé avec un instrumentiste (piano, guitare) pour donner un aspect semi-accoustique au morceau. Peut-être une des nouvelles orientations pour la “touche” Soulchildren…? Qui sait?

J’imagine que vous êtes souvent sollicités, comment s’effectue le choix des artistes avec qui vous collaborez ?

Oui, on est pas mal sollicités. Parfois plusieurs demandes par jour. Le choix s’effectue assez simplement. On ne fonctionne qu’au coup de coeur. On ne fait des titres que pour quelqu’un dont on apprécie vraiment le travail. Parfois, on est touché par le fond, par la forme. Parfois le fait d’entendre parler beaucoup d’un artiste autour de nous nous pousse à s’y intéresser d’avantage…

Parfois la maturation d’une décision est plus longue, l’un de nous deux est plus motivé que l’autre… Mais il faut toujours que l’on soit tous les deux d’accord.

Des participations à des albums à nous annoncer ?

Il y a des choses en route mais rien encore d’assez précis dans la tête.

Avez-vous déjà pensé à sortir un album “Soulchildren” en invitant les rappeurs de votre choix ?

Oui très souvent. Depuis le début en réalité. On a toujours eu une liste de rappeurs avec lesquels on aimerait sortir un projet. Ce qui nous rebute le plus c’est tout l’aspect organisationnel. Le travail de producteur de disque nous barbe. En dehors de l’aspect artistique, tout est tellement compliqué. Si on se lançait, ça pourrait mettre des années… Si quelqu’un quelque part veut s’occuper de ça, on serait partant je pense.

J’avais entendu une de vos instrus dans un reportage à la télé. Travailler pour la télé ou le ciné c’est quelque chose qui vous intéresserait ? Vous a-t-on déjà sollicité ?

Oui, ça nous intéresserait. En particulier pour le cinéma. Pour ce qui est de la télé, on est sollicité par l’intermédiaire de monteurs qui choisissent nos musiques pour illustrer des reportages. Mais bosser sur un long métrage serait vraiment un grand kif !

Sentez-vous parfois l’envie de vous essayer à d’autres styles musicaux ?

Oui, c’est déjà le cas, mais en sous-marin ! (rires)

Qu’est-ce qu’on peut vous souhaiter pour la suite ?

De la longévité.

Le mot de la fin :

Écoutez l’album de Flynt et guettez le coffret de Pejmaxx le 19 novembre !

Sortie du coffret collector : le 19 novembre / Précommande : lien Fnac

“Haut la main” de Flynt dans les bacs depuis le 16 octobre : lien Fnac

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