Le Bon Son vous propose aujourd’hui la chronique de l’album « La Clef de la Cave » de Saké.

Saké (lire l’interview ici) a commencé son aventure solo il y a un peu plus de 2 ans. Qui n’a pas  été traumatisé par “Musique de poète” quand le maxi est sorti en 2009 ? Ça a commencé comme une parenthèse de l’aventure “Zakariens”. Du chemin a été parcouru depuis, avec à chaque fois plus de vues à chaque sortie, et le long format est sorti, le 27 février (lire ici l’article sur le jour du verdict). Le Bon Son vous propose une petite chronique de « La Clef de la Cave ».

Commençons la chronique par l’intro. Et l’intro est à l’image de Saké : hip hop, patate, scratchée, avec une personnification du rap réussie « Le rap céfran, j’l’attache sur ma table à torture / Mon voisin fait l’17 tous les 2 soirs pour tapage nocturne « . D’une certaine manière, elle annonce la couleur du reste de l’album, qui possède une cohérence et une imagerie qui colle bien au titre « La Clef de la Cave ». La pochette montrant Saké tenant fermement la clef rajoute encore à l’impression d’avoir à faire à un taulier, un pilier, un des gardiens du hip hop. D’ailleurs ce n’est pas sans rappeler le titre de Scylla “De l’encre sur les mains”, que l’on retrouve donc sans surprise en featuring sur “Chiens Sales”.

L’écriture est soignée, comme d’habitude, et on sent que Saké s’est appliqué à éviter les rimes superflues “Moi j’aime la phase quand c’est pas trop facile” (Appel aux vrais). Les punchlines sont efficaces et vont droit au but. Le flow a évolué depuis l’époque Zakariens, mais il est toujours carré et maîtrisé. Cependant, même s’il colle parfaitement aux prods, on aurait apprécié un peu plus de variations, histoire d’ajouter un peu d’air entre les tracks.

Les sons envoyés sur le net avant la sortie de l’album relevaient principalement de l’égotrip (“Tord-Boyaux”, “Viens m’voir”, “La Clef de la Cave”), alors que l’album est finalement beaucoup plus varié quant aux thèmes abordés. La bonne surprise vient de “Bleu Blanc Rouge”, titre sur lequel Saké se met dans la peau de différents personnages pour aborder le problème de l’intégration en France. Sur ce titre Grödash signe un gros refrain en forme d’hymne qui reste dans la tête un bon moment. D’autres titres élargissent la palette des thèmes comme « Carte Postale », « la Spirale », ou « Je m’en sors bien », qui nous laissent entrevoir d’autres émotions comme la mélancolie, l’espoir ou la détermination.

Côté feats, peu de surprises, à part le new-yorkais Absouljah sur « Carte Postale » (une sorte de version internationale du concept « Correspondance » de Fabe feat. Al), on ne retrouve que les proches : son acolyte Wira, L’indis, Guizmo, Grödash ou Swift Guad. La plupart des prods sont signées par Crown ou Nizi, et l’alchimie est toujours au rendez-vous.  Ils n’en sont pas à leurs premiers faits d’armes ensemble et ça s’entend : du sur mesure pour le flow rentre-dedans de Saké.

Pour terminer, il est clair que Saké a beaucoup travaillé pour nous livrer un album de qualité, et “La Clef de la Cave” ne décevra pas son public. Il a bien mérité qu’on le supporte et comme dit Haroun “Si tu respectes le concept, obligé tu l’achètes / Dans l’rap j’suis une bastos, mais j’peux rien faire si tu presses pas la gachette”.

Album « La Clef de la Cave » : dans les bacs depuis le 27 février